Islam : A la coupe du monde des clubs, les femmes arbitres priées de ne pas aller saluer le prince qatari

Des images de la remise des trophées filmée par la chaîne Fox Sports à l’issue de la rencontre semblent suggérer que le successeur de Sepp Blatter à la tête de la Fifa glisse longuement des instructions aux femmes arbitres afin que celle-ci n’aient pas de contact avec Joaan bin Hamad bin Khalifa al-Thani, membre de la famille royale et également président du Comité olympique du Qatar, présent sur le podium.

 

 

Au cours de la séquence, on voit effectivement le membre de la famille princière saluer avec les poings les arbitres hommes, protocole sanitaire Covid-19 oblige, mais les deux femmes, médaille dans les mains, défilent, elles, sans marquer d’arrêt, passant sous les yeux du prince sans échanger le moindre regard.

Une différence de traitement qui a ému sur les réseaux sociaux et qui interpelle alors que le Qatar s’apprête à organiser la Coupe du monde de football 2022. Sollicitée sur le sujet par le Figaro, la Fifa n’a, pour le moment, pas apporté de réponse.

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Le Figaro

Nos remerciements à Les Frères Musulmans (Compte twitter parodique dénonçant l'islamisme)


Rappels :

Le cadeau gênant du Qatar à l’ancien numéro 2 de la FIFA

Près de 2 000 ouvriers sont décédés « de mort naturelle » sur les chantiers au Qatar

Qatar, Guerre d’influence sur l’Islam d’Europe. Un reportage à voir de toute urgence

La Chaux-de-Fonds: des millions du Qatar pour le Musée des civilisations de l’islam

L’argent du Qatar inonde l’islam européen et finance Tariq Ramadan : « Ils ont 113 projets de mosquées en Europe »

Député polonais : Pourquoi le Qatar et l’Arabie saoudite n’accueillent-ils pas de réfugiés musulmans ? Ce n’est pas un problème européen !

 

Qatar : Des examens gynécologiques forcés après l’abandon d’un bébé

Ces femmes, dont le nombre n’a pas été précisé, ont été débarquées de plusieurs avions et conduites dans des ambulances où elles ont subi des examens pour savoir si elles avaient accouché récemment.

Le Qatar pratique la loi islamique qui punit sévèrement les femmes qui tombent enceintes hors mariage.

«(Les fonctionnaires) forçaient les femmes à subir des examens corporels, essentiellement des tests forcés de Papanicolaou (des frottis, ndlr)», a déclaré dimanche à l’AFP une source à Doha qui a été informée d’une enquête interne sur l’incident.

Des Australiennes et semble-t-il une Française ont été l’objet de ces examens forcés.

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20min.ch

Enquête du journal Focus : Pour quelle raison les réfugiés musulmans ne sont-ils pas réinstallés dans les pays riches du Golf, proches culturellement, contrairement à l’Europe ?

Pour quelle raison les réfugiés des camps en Grèce ne sont-ils pas redirigés vers des pays riches comme l'Arabie Saoudite, le Qatar, le Bahreïn ou le Koweït? Après tout, ce sont des pays où vivent de nombreux frères de foi de ces réfugiés (musulmans) et où aucun problème culturel ne devrait se poser.

La réponse du journal allemand Focus.de

Depuis des années, les six États du Golfe (Arabie saoudite, Koweït, Oman, Qatar, Bahreïn et Émirats arabes unis) sont critiqués pour avoir accepté trop peu de réfugiés. En 2014, Amnesty International a publiquement dénoncé leur comportement et a accusé les États du Golfe de "ne pas fournir un seul site d'accueil pour les réfugiés". Les gouvernements de ces pays se sont défendus. L'Arabie Saoudite prétendait à l'époque avoir accordé la résidence à 2,5 millions de Syriens.

Il est difficile de vérifier combien de réfugiés ces nations ont accepté jusqu'à présent. Aucun des États du Golfe n'a signé la Convention de Genève sur les réfugiés. Cela signifie que les personnes déplacées accueillies ne sont pas officiellement enregistrées en tant que réfugiés. Dans aucun pays du Golfe, il n'existe de politique claire en matière d'accueil des réfugiés. Au contraire, ils ont tous créé des barrières bureaucratiques à l'entrée : tels que des visas coûteux et l'absence de reconnaissance officielle en tant que réfugiés.

En outre, la proximité religieuse et culturelle entre les États du Golfe et les pays de la Méditerranée orientale est limitée. Avant la guerre civile, la Syrie était un État multiethnique dans lequel vivaient des chrétiens et des musulmans. En revanche dans le Golfe, l'Islam domine [NDLR : En clair, pendant que l'Europe chrétienne accueille des musulmans, les pays islamiques ont laissé les chrétiens mourir pour préserver l'islam sunnite.]. En outre, les États sunnites du Golfe sont en concurrence avec l'Iran chiite et bombardent le Yémen. La plupart des Syriens choisissent de ne pas fuir une région instable pour une autre.

Ce ne sont là que quelques-unes des raisons qui poussent surtout les réfugiés vers le continent européen. La Grèce est la cible principale depuis un certain temps. Cela a également été le cas l'année dernière. Selon les chiffres de l'ONU, près de 60 000 réfugiés sont arrivés par la mer et près de 15 000 réfugiés par la terre (Turquie). L'État qui doit s'occuper de l'enregistrement et des procédures d'asile pour les réfugiés est régi par le "règlement de Dublin". Selon cette loi, le premier pays de l'UE dans lequel un réfugié est entré devient responsable

En résumé, cela signifie que de nombreux réfugiés décident dès le départ de ne pas fuir vers les États du Golfe. D'une part, la région est instable, d'autre part, il y a des obstacles à l'entrée. S'ils viennent en Europe, le pays dans lequel ils entrent en premier devient automatiquement responsable de ces réfugiés.

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(Traduction libre Christian Hofer pour Les Observateurs.ch)

Focus.de


Rappels :

Suisse. Winterthour: L’imam, au bénéfice du statut de réfugié, aurait poussé sa femme à devenir terroriste

Le Pape veut que les Européens intègrent les migrants musulmans avec leur identité religieuse

Pendant que Sainte-Sophie devient une mosquée, le Pape prie pour… les migrants : « C’est le Christ qui frappe à notre porte. »

Le secrétaire général de l’ONU félicite le Pape pour son action en faveur des migrants

Pape François: bâtir des murs contre les migrants est anti-chrétien

Finlande: le terroriste exprimait déjà sa haine des Finlandais dans le centre pour réfugiés

Manchester: Les premières photos du terroriste, fils de réfugiés libyens. Selon le Premier Ministre, une autre attaque peut être imminente.

Attentat du 13 novembre : les neuf terroristes étaient arrivés en Europe en tant que réfugiés (Der Spiegel)

Ansbach: le terroriste était un blessé de guerre de l’état islamique, arrivé en Europe comme réfugié pour se faire soigner

Attentats de Bruxelles : Le terroriste s’était mêlé au flot des réfugiés

Le Haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés inquiet du « climat de xénophobie » en Europe

 

USA : la démocrate Ilhan Omar accusée d’avoir transmis des informations confidentielles à l’Iran et au Qatar

Rappel : Cette même élue de gauche est soutenue par nos médias romands, comme ici, ou ici, ou encore ici.

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Le Qatar aurait financé la campagne d'Ilan d'Omar au poste de représentante au Congrès des Etats-Unis

La représentante du Minnesota au Congrès des États-Unis, Ilhan Omar, aurait été recrutée par un gouvernement étranger pour transmettre des informations confidentielles à l'Iran, tout en ayant reçu des fonds de ce même gouvernement étranger pour le financement de sa campagne, a rapporté mercredi Al Arabiya.

Le média a annoncé avoir obtenu le 23 octobre une déposition d'Alan Bender, homme d'affaires canadien né au Koweït, qui avait témoigné dans le cadre d'un procès intenté contre le frère de l'émir du Qatar.

Lors d'une rencontre avec trois hauts responsables qataris, Bender aurait appris qu'Omar était "le joyau de la couronne" recrutée par le Qatar et qu'elle a obtenu son poste actuel grâce à l'argent de l'émirat qui aurait financé sa campagne.

Dans son témoignage, l'homme d'affaires a déclaré qu'Omar avait utilisé sa position à la Chambre des représentants pour recruter d'autres hommes politiques.

Elle aurait également partagé des informations sensibles avec le Qatar, qui les a transmises à l'Iran.

Omar, qui soutient le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël, a été interdite d'entrée sur le territoire en août dernier.

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I24news.tv

Nos remerciements à CretinusAlpestris

Rappels :

États-Unis : la sénatrice Ilhan Omar a refusé de soutenir la résolution reconnaissant le génocide des Arméniens par les Ottomans

USA : Ilhan Omar demande que l’ONU prenne le contrôle des frontières américaines pour contrer Trump

États-Unis : la députée Ilhan Omar déclare que les Américains « devraient avoir plus peur des hommes blancs » que du djihadisme

 

 

Le cadeau gênant du Qatar à l’ancien numéro 2 de la FIFA

Des documents inédits révèlent comment le patron du groupe qatari BeIn Sports a financé l’achat d’une villa de luxe utilisée par Jérôme Valcke, l’ancien bras droit de Sepp Blatter.

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Selon le MPC, l’achat de la maison serait lié à l’octroi par la FIFA à BeIn Sports des droits télévisés sur les coupes du Monde de football 2026 et 2030. Mais l’histoire de la Villa Bianca éclaire aussi la politique d’influence du Qatar pour conserver l’organisation de la prochaine coupe du monde, en 2022.

[...]

Tdg.ch

 

Rappels :

Près de 2 000 ouvriers sont décédés « de mort naturelle » sur les chantiers au Qatar

La Chaux-de-Fonds: des millions du Qatar pour le Musée des civilisations de l’islam

L’argent du Qatar inonde l’islam européen et finance Tariq Ramadan : « Ils ont 113 projets de mosquées en Europe »

Près de 2 000 ouvriers sont décédés “de mort naturelle” sur les chantiers au Qatar

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. Selon The Guardian, environ 2 700 ouvriers népalais et indiens sont morts entre 2012 et 2018 sur les chantiers des stades pour la Coupe du monde 2022 au Qatar. Parmi eux, 2 000 seraient décédés de "mort naturelle". Beaucoup seraient des jeunes hommes morts dans leur sommeil.

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Selon l’enquête du Guardian, les travailleurs sur les chantiers du Qatar sont exposés à des chaleurs extrêmes pendant 10 heures par jour, et selon un cardiologue, ce "stress thermique" entraîne fatalement des accidents cardiovasculaires.

Si la "mort naturelle" est retenue, c’est parce que les autorités locales ne font pas faire d’autopsies sur les cadavres, ne pouvant donc pas infirmer ou confirmer la thèse de l’accident cardiaque. Un représentant du gouvernement qatari a indiqué que les familles des défunts doivent approuver une autopsie avant qu’elle ne soit pratiquée, or, plusieurs familles de victimes, avec qui The Guardian s’est entretenu, affirment qu’aucune demande ne leur est parvenue.

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Footballstories.konbini.com

Rappel :

Coupe du monde de foot : pourquoi la décision de la Fifa sur le Qatar et la Russie ne convainc personne

 

 

 

Nadia Karmous, la directrice du Musée des civilisations de l’Islam, reconnaît avoir touché de l’argent du Qatar

La Chaux-de-Fonds : Nadia Karmous, la directrice du Musée des civilisations de l'Islam, reconnaît avoir touché de l'argent du Qatar

 

https://youtu.be/7Uo6uO-X3Co

RTS

 

Rappels :

La Chaux-de-Fonds: le groupe nationaliste « Résistance helvétique » se mobilise contre le musée de l’islam

La Chaux-de-Fonds: Le musée de l’islam sera en partie financé par des donateurs du Golfe. Les habitants sont inquiets.

Neuchâtel: « Il n’y a aucun moyen légal d’interdire le Musée des civilisations de l’islam. Nous ne pouvons pas obliger la communauté musulmane à une transparence financière »

Suisse: Lorsque la présidente de l’association culturelle des femmes musulmanes traitait les victimes de Tariq Ramadan de « frustrées ».

 

Syrie – Le Tsar et le Sultan

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Michel Garroté  --  Le dictateur islamiste turc Erdogan va effectuer les 23 et 24 juillet 2017 une tournée dans le Golfe qui le conduira notamment au Qatar et en Arabie saoudite, en pleine crise diplomatique dans cette région. Erdogan se rendra également au Koweït, principal médiateur entre le Qatar et ses voisins du Golfe. La Turquie est un proche allié du Qatar et entretient aussi de bons rapports avec l’Arabie saoudite. L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte, qui ont coupé leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusent Doha de soutien actif aux islamistes extrémistes, d’être derrière des actions de déstabilisation dans la région et, au-delà, de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume saoudien sunnite.
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Ils ont présenté une série de demandes à Doha pour mettre fin à la crise parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction de ses relations avec l’Iran ou la fermeture de la base turque au Qatar. L’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie, Dr Sami Abdullah Al-Saleh, a tout récemment déclaré que le Hamas est une organisation terroriste. Selon lui, la seule solution est que le Qatar accepte toutes les revendications de l’Arabie saoudite et de ses alliés et cesse d’héberger et de financer les organisations terroristes. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a dit espérer que la guerre au Yémen ne résulterait pas en confrontation directe entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Mais, dans tout cela, quid de la Syrie ? Ci-dessous, les lectrices et lecteurs trouveront une intéressante interview de l'excellent géopoliticien Alexandre del Valle avec Lionel Baland du site Internet "Eurolibertés".
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Lionel Baland pour "Eurolibertés" (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Selon vous, l’objectif principal de la guerre en Irak est la création d’un Kurdistan indépendant ?
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Alexandre del Valle : Oui, en détruisant l’État irakien du parti Baas.
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Lionel Baland : La Turquie n’a pourtant pas intérêt à voir naître cet État indépendant. Pourquoi la Turquie a-t-elle combattu en Syrie le régime de Bachar el-Assad alors que cela peut conduire à l’indépendance du Kurdistan syrien ?
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Alexandre del Valle : La Turquie depuis Recep Tayyip Erdoğan n’est plus celle d’autrefois. Erdogan veut que la Turquie redevienne un peu l’Empire ottoman et il est une sorte de sultan qui défend les musulmans sunnites du monde entier. La Turquie désire jouer, à l’instar du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, le rôle de leader des sunnites. Si vous êtes le leader des sunnites, vous êtes contre la pénétration iranienne en Irak et contre le pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie, car cela constitue l’axe chiite que vous combattez. Cela suit donc une certaine logique. Mais cela semble contradictoire par rapport à la situation passée car autrefois la Turquie, à l’époque kémaliste et militaire, ne résonnait pas en tant que pays sunnite.
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Alexandre del Valle : Avant, la Turquie était l’alliée de Bachar el-Assad, car, à l’époque, les militaires ne raisonnaient pas en tant que sunnites, mais comme des nationalistes. Et beaucoup étaient Alevis ou francs-maçons. Ils n’étaient pas du tout religieux. Depuis que les militaires ont été renversés et que les généraux sont devenus islamistes, la Turquie n’a plus du tout la même politique internationale qu’auparavant. Elle avait une diplomatie laïque et nationaliste qui s’entendait même avec Bachar el-Assad ou son père ou l’Iran chiite. Aujourd’hui, la Turquie est pan-islamiste et se veut le chef du monde sunnite et, par conséquent, elle soutient les sunnites, donc les rebelles en Syrie.
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Lionel Baland : Recep Tayyip Erdoğan est-il un nationaliste grand turc ou un islamiste ?
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Alexandre del Valle : Les deux. Ce qui caractérise l’idéologie, intitulée « vision nationale » (Millî Görüş), qui a formé Erdogan lorsqu’il était jeune, c’est un islamisme à la turque. C’est un vrai islamisme, mais au sein duquel la Turquie serait le concurrent des Arabes. Elle serait le vrai noyau de l’islam mondial alors que les Arabes, eux, prétendent être le cœur de l’islam. C’est un mélange de nationalisme turc très arrogant et très impérial, pan-turquiste et islamiste. Erdogan fait la synthèse national-islamiste, alors que les militaires kémalistes étaient contre l’islamisme. Ils étaient nationalistes laïques.
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Lionel Baland : Erdogan s’inspire-t-il malgré tout de Mustafa Kemal Atatürk ?
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Alexandre del Valle : Non. Si ce n’est à l’envers.
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Lionel Baland : Comment expliquez-vous l’évolution des relations entre la Russie et la Turquie ?
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Alexandre del Valle : Cela montre que le monde multipolaire ne relève pas du manichéisme ou du moralisme. La Turquie a agressé la Russie en abattant un avion russe. Une crise en a résulté, ainsi que des représailles économiques et diplomatiques. Tout à coup, Erdogan est ennuyé. Il y a une tentative de le renverser.
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Alexandre del Valle : Le président russe Vladimir Poutine, qui est un grand stratège et qui est patient, s’est dit : "Voilà une occasion de faire en sorte qu’Erdogan revienne dans mon giron, afin d’ennuyer les Occidentaux. Ceux-ci ont créé la Turquie pour endiguer la Russie, donc en tant que Russe, je n’ai pas intérêt à me brouiller longtemps avec les Turcs. J’ai intérêt à ce que les Turcs me mangent dans la main".
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Alexandre del Valle : Il a donc averti Erdogan et lui a sauvé la mise et ce dernier est venu le remercier. Il est devenu le copain de la Russie. Ils n’ont pas les mêmes intérêts, mais ils se sont dit qu’ils en ont ras le bol des Occidentaux qui les ont déçus et ont décidé de s’entendre, même s’ils ne sont pas d’accord sur la Syrie. Ils se sont partagé pragmatiquement le gâteau en Syrie : "Toi, tu peux aller là. Et moi, je peux aller là". Ils se sont entendus pragmatiquement en grande partie pour lutter contre l’hégémonie occidentale.
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Lionel Baland : Pourquoi Angela Merkel a-t-elle ouvert les frontières en 2015 aux migrants ?
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Alexandre del Valle : La Chancelière allemande Angela Merkel ne résonne pas comme les dirigeants français. L’Allemagne souffre d’une forte dénatalité. Les Allemands ne font plus d’enfants et ce pays a besoin de travailleurs car l’Allemagne est un producteur de biens manufacturés. L’Allemagne est un pays mercantiliste. Ce pays n’a pas les mêmes intérêts que la France. Elle s’est dit que les migrants clandestins constitueront une main-d’œuvre assez bien formée, car les migrants ne sont pas nécessairement des analphabètes et arrivent à se payer le voyage. Ces gens ne sont pas issus des milieux les plus pauvres. Elle s’est dit qu’elle disposera d’une main-d’œuvre à bon marché qu’elle régularisera. De plus, il y a le côté allemand hara-kiri afin de se faire pardonner – en acceptant des migrants – le passé du pays.
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Lionel Baland : Divers pays musulmans se disputent-ils le contrôle du financement des mosquées en Europe ?
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Alexandre del Valle : Oui, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Maroc, le Qatar, l’Algérie, le Pakistan, les Frères musulmans se disputent le contrôle et le financement des mosquées en Europe.
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Lionel Baland : Quelle est la position des Marocains ?
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Alexandre del Valle : Ils sont très souvent d’accord avec l’Arabie Saoudite. Ils ont un double jeu. Ils se disent modérés mais ils sont très alliés à l’Arabie Saoudite.
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Lionel Baland : Pour les musulmans est-il pire d’être chrétien ou athée ?
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Alexandre del Valle : Athée est le pire. Les chrétiens peuvent payer un impôt et se soumettre en étant inférieur. Les athées ne peuvent pas être épargnés s’ils ne se convertissent pas.
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Lionel Baland : Pourquoi les Yézidis sont persécutés ?
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Alexandre del Valle : Ils sont considérés comme païens et c’est ce qu’il y a de pire pour l’islam, au même titre que les athées.
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Lionel Baland : Pourquoi l’État islamique n’attaque-t-il pas Israël ?
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Alexandre del Valle : Je pense que la thèse diffusée dans le public qui veut qu’Israël et l’État islamique soient alliés relève des thèses complotistes. La raison est que le Hamas ne tolère pas de concurrence et a empêché l’État islamique d’entrer dans la zone palestinienne (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Source :
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http://eurolibertes.com/geopolitique/interview-dalexandre-del-valle/
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Internationalisation de la guerre en Syrie

Syrie-carte-1

   
Michel Garroté  --  Les "experts" sur les questions du Moyen-Orient ont souvent tendance à livrer des analyses simplistes, du style "sunnites contre chiites" ou "c'est la faute aux Amériains" ou encore "Bachar al-Assad doit démissionner" sans oublier l'inévitable Russia-bashing "Poutine est une brute sanguinaire". Alors que ce qui se passe actuellement au Proche et au Moyen Orient est infiniment plus complexe. Par Exemple, la Turquie sunnite et l'Iran chiite ont une tactique commune dans le conflit entre l'Arabie Saoudite et le Qatar.
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Ce n'est pas une stratégie commune à long terme. C'est une tactique commune à court terme. Les Américains combattent l'Etat Islamique (EI). Ce qui ne les empêche nullement de combattre l'aviation et l'armée terrestre de Bachar al-Assad. L'Iran soutient le régime syrien, mais à long terme, celui-ci pourrait s'éloigner de l'Iran et se rapprocher encore davantage de la Russie (cf. photo en haut de cet article : troupes russes en Syrie). Bref, ce n'est pas la situation qui est compliquée mais le Proche et le Moyen Orient qui sont, comme ils l'ont toujours été, complexes.
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Qatar - Iran :
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"La pression, la menace et les sanctions ne sont pas une bonne solution pour régler les problèmes. L’Iran veut approfondir ses relations avec le Qatar et rejette le blocus imposé à l’émirat par l’Arabie saoudite et ses alliés, a affirmé, dimanche 25 juin 2017, le président-ayatollah Hassan Rohani lors d’un entretien téléphonique avec l’émir du Qatar. "La politique de Téhéran est de développer de plus en plus ses relations avec Doha", a déclaré le président-ayatollah Rohani lors de cet entretien avec le cheikh qatari Tamim ben Hamad Al-Thani, à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd El-Fitr. Il faut ici rappeler que le vrai chef de l'Etat iranien n'est autre que le Guide Suprême Khamenei. Si Rohani dit quelque chose, c'est qu'il a obtenu l'accord préalable de l'ayatollah Khamenei.
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Qatar - Turquie :
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Pour revenir au Qatar  --  principal allié arabe de la Turquie, avec laquelle il est lié depuis 2014 par un accord militaire de défense  --  ce "petit califat" peut compter sur le soutien inconditionnel du président-dictateur islamiste turc Erdogan et ce depuis le début de l'actuel conflit Arabie saoudite / Qatar. Erdogan estime que la liste de 13 demandes imposées au Qatar  --  parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazira, la remise à niveau des relations avec l'Iran et le retrait des troupes turques stationnées dans une base au Qatar  --  vont trop loin. Toutes ces précisions sont très importantes, car elles démontrent que si le Qatar est un tout petit émirat, il est tout de même soutenu - face aux Saoudiens - par ces deux géants que sont l'Iran et la Turquie.
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A propos de la Syrie (cf. photo en haut de cet article) en particulier et de la région en général, le géopoliticien Alexandre Del Valle, dans une  récente analyse, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le 18 juin dernier, un F-18 américain de la coalition internationale a abattu un avion de combat syrien (de fabrication russe). Il s’agit de la deuxième attaque américaine directe contre l’armée syrienne en dix jours, alors que les forces pro-gouvernementales syriennes venaient d’atteindre la frontière avec l'Irak en repoussant les terroristes de Da’esh. L’évènement a suscité une violente réaction diplomatique et stratégique de la part de la Russie, qui a suspendu immédiatement l'accord de Moscou de 2015 qui permettait jusqu’alors à Washington d’établir des mécanismes (« ligne rouge ») pour la prévention des accidents entre aéronefs des deux pays actifs sur le théâtre syrien.
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De facto, l’accord - pourtant hautement nécessaire sachant que des accidents et heurts pourraient déraper à chaque instant en Syrie -  a été annulé par l’attaque américaine contre les intérêts du partenaire russe qui n’a même pas été consulté. Escalade plus que prévisible : Moscou a immédiatement annoncé que les avions de toute armée (y compris américaine et de la coalition) s’en prenant aux intérêts de la Russie et de ses alliés à l'ouest de l'Euphrate en Syrie constitueraient désormais une cible légitime pour l’armée russe. Parallèlement, la semaine dernière, l'Iran, qui demeure le principal soutien politique et militaire (terrestre) du régime syrien, a lui aussi frappé directement en Syrie (à Deir ez Zor) des bases de l'Etat islamique, officiellement en représailles à l’attentat perpétré à Téhéran contre le mausolée de l’imam Khomeiny et le Parlement iranien.
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Pendant ce temps, les Etats-Unis intensifient leur présence en Syrie, via notamment le déploiement de lance-roquettes multiples HIMARS. Last but not least, en Arabie saoudite, en plein conflit diplomatique avec l’Iran et le Qatar, le roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud vient de désigner son fils Mohammed Ben Salman comme prince héritier, ce qui a bousculé cinq décennies de tradition politique saoudienne fondée sur un fonctionnement de désignation collégiale de l’héritier du trône. Or celui qui vient de bénéficier de cette révolution patrilinéaire directe n’est pas n’importe qui et est loin d’être le plus sage des héritiers prétendants : le très jeune et fougueux prince Salmane est un va-t-en guerre qui rêve de déclarer la guerre à l’Iran et d’envahir le Qatar.
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Il traîne d’ailleurs derrière lui une première guerre (indirectement tournée contre l’Iran) qui a fait pléthore de victimes civiles, celle du Yémen. Mohammed Ben Salman  accuse violemment le Qatar et l’Iran de soutenir le terrorisme, mais il n’a eu de cesse de soutenir sans réserve depuis le printemps arabe les djihadistes salafistes totalitaires en Syrie - pourtant liés aux terroristes d’Al-Qaïda. Il fait massacrer depuis des mois par son aviation des milliers de civils chiites yéménites, ce qui n’a fait en retour que renforcer l’aide iranienne aux rebelles chiites-houtistes. Essayons de tirer les leçons de ces évènements tous liés.
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La progression du camp syro-iranien et russe :
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Premièrement, il est clair que les alliés américano-sunnites ne voient pas d’un bon œil la progression des forces du camp opposé syro-iranien et russe face à Da’esh. En ce sens, la bataille de l’après Da’esh a bien commencé, et cela explique en partie l’intensification de l’internationalisation du conflit (frappes américaines contre l’armée syrienne ; frappe iranienne directe en Syrie ;  détérioration de la relation russo-américaine et fin de la désescalade entre les deux pays pour éviter un heurt direct, etc).
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Ils combattent l'EI mais ne sont pas amis du régime syrien :
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Deuxièmement, la frappe américaine contre un avion syrien s’inscrit dans le cadre des premières actions musclées de Trump en Syrie qui avaient essentiellement une dimension "communicationnelle". Pour la coalition anti-Da’esh pilotée par l’armée américaine, il s’agit là d’une façon de dire : « Nous combattons Da’esh mais nous ne sommes pas les amis du régime syrien», lui-même allié majeur régional de notre ennemi principal iranien ». Aussi ces frappes ne sont-elles pas du tout déterminantes contre l'armée syrienne. Pour le président américain - diabolisé en grande partie en raison de son prisme supposément « pro-russe » et de sa complaisance vis-à-vis du régime syrien - il s'agit surtout d'envoyer un message à ceux qui cherchent à le discréditer dans son propre camp républicain tendance interventionniste.
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Durant sa campagne électorale, Donald Trump avait juré mettre fin à l’interventionnisme et qu'il privilégierait la lutte contre le terrorisme, refusant même de considérer le régime syrien comme un ennemi. Cette vision est en train de voler officiellement en éclat, mais cela n’est pas vraiment surprenant, car, dans son programme, le président américain s’est montré extrêmement hostile envers l'Iran. Or, la Syrie est farouchement protégée par le gouvernement iranien, encore plus attaché à la personne de Bachar al-Assad (son obligé) que la Russie (qui accepte de le remplacer à terme). Dans ce contexte, le net rapprochement de Donald Trump qui a renouvelé le terrible « pacte du Quincy » avec l'Arabie Saoudite n’est pas non plus surprenant.
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Le message américano-saoudien consécutif aux bombardements américains en Syrie est destiné tant à l’Iran et à la Russie qu’au régime syrien qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui n’existe plus sans ses deux protecteurs: «Nous ne voulons plus que l'Iran étende son influence au Proche-Orient » et nous voulons endiguer la Russie en contribuant (avec les rebelles sunnites arabes et les Kurdes) à faire renverser le régime pro-russe en place. Les Etats-Unis semblent avoir désormais choisi la voie de la déstabilisation du camp iranien, tant en Iran, en aidant les rébellions ethniques iraniennes, qu’en Syrie ou au Yémen, où les Etats-Unis aident la coalition arabo-saoudienne qui bombarde les rebelles chiites-houtistes. La rupture réelle avec Obama, si enclin à composer avec les Mollahs, notamment dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, est là. Et l’Arabie est éprise de l’Oncle Donald car il va enfin créer les conditions d’un endiguement de Téhéran.
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Les bombardements américains sur Raqqa :
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Troisièmement, rappelons aussi que les frappes américaines ont eu lieu comme par hasard juste au moment où la coalition internationale a été pointée du doigt par les Nations Unies au sujet du nombre alarmant de victimes civiles lors de ses bombardements américains sur Raqqa, sans oublier le scandale de l’utilisation de munitions au phosphore blanc lors des bombardements sur Raqqa par la coalition qui a elle-même affirmé avoir recouru à cette substance notamment à Mossoul. Après avoir critiqué gravement pendant des mois la Russie – accusée de « crimes contre l’Humanité » - lorsque l’armée russe a pris Alep aux jihadistes – les Etats-Unis et les Occidentaux, pris en flagrant-délit de se comporter comme ceux qu’ils ont pointé du doigt (Syriens, Russes et Iraniens), étaient obligés de faire une diversion médiatique en visant le régime « génocidaire » honni de Damas. Mais la coalition ne peut plus faire croire qu'elle ne se rend pas compte que, dans ce genre de guerres, il y a forcément des dommages collatéraux.
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Stratégie pro-sunnite, anti-iranienne et anti-russe :
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Les masques sont tombés. La guerre psycho-médiatique reprend de plus belle dans le cadre d’une rivalité croissante entre le camp russo-irano-syrien et le camp américano-sunnite pour la transition en Syrie, jugée inévitable une fois Da’esh vaincu. Prisonniers de leur avidité économique et fidèles à leur stratégie pro-sunnite, anti-iranienne et anti-russe, les Etats-Unis semblent incapables de désigner l’ennemi principal. Incapable de hiérarchiser l’ennemi et de définir la menace principale, l'Amérique de Trump, qui promettait de clarifier les choses et de rompre avec la russophobie, a finalement choisi comme ennemi non pas le terrorisme djihadiste sunnite, mais aussi la Russie et surtout son allié russe.
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Ceci est une situation fort trouble, car en stratégie, on ne peut pas avoir deux (ou trois) ennemis en même temps, au risque de ne combattre efficacement aucun d’entre eux : par exemple, en Irak, face au jihadisme sunnite et surtout aux ex-baasistes de Saddam Hussein, les Etats-Unis soi-disant ennemis de l’Iran, ont permis en fait à Téhéran de contrôler la partie chiite de l’Irak. Puis dans leur volonté d’endiguer l’Iran révolutionnaire sur d’autres fronts, Washington est resté pieds et poings liés à la monarchie wahhabite saoudienne qui a pourtant créé l’ennemi salafiste-jihadiste que les Etats-Unis combattent également. Et pour continuer à endiguer « l’ennemi russe » post-soviétique, les Etats-Unis se sont privés d’une alliance russo-occidentale que Poutine avait pourtant proposé un an avant le 11 septembre en Afghanistan, notamment face à l’ennemi commun jihadiste-sunnite.
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Vente d'armes aux pays du Golfe :
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Plutôt que de se focaliser sur l'ennemi principal, le djihadisme islamiste sunnite, Washington et ses alliés considèrent qu'il y a au moins deux autres ennemis plus importants sur le long terme (avec la Chine), car de nature géostratégique : la Russie et l’Iran et leurs alliés (Syrie-Hezbollah). Le plus important aux yeux de Donald Trump reste certes surtout l’impératif catégorique de l’"America first". Et cela passe notamment par la vente d'armes, d'avions et autres marchandises aux pays du Golfe, clients incomparables. Toute la politique de Donald Trump, depuis quelques semaines, correspond en effet à cette tradition américaine d’« efficiency first for us » en matière de politique extérieure. En fin de compte, Trump est en train de se plier aux impératifs de cette stratégie géo-économique de long terme qui prime sur tout, car ces impératifs le dépassent. Le président américain ne pouvait pas à lui seul instaurer une collaboration étroite avec la Russie, intégrer le régime syrien dans la lutte contre l'islamisme radical ou encore rompre avec l'Arabie Saoudite, voire même le Pakistan. Le système qui est au-dessus de lui ne le permettra pas, précise Alexandre Del Valle (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/internationalisation-guerre-civile-en-syrie-escalade-generale-3089551.html
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Saoudiens et Qataris – Où en sommes-nous ?

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J'aimerais revenir très brièvement, comme à mon habitude, sur le fait (déjà annoncé par Les Observateurs) que le roi Salmane d'Arabie saoudite, 81 ans (cf. photo), a nommé, mercredi 21 juin 2017, son jeune fils Mohammed (cf. photo), prince héritier, confirmant son ascension dans un contexte de double crise, d'une part avec le Qatar, et d'autre part, avec la guerre au Yémen. Le roi Salmane a ainsi évincé son neveu, le prince héritier Mohammed ben Nayef, et, à sa place, il a nommé, héritier du trône, son jeune fils, Mohammed ben Salmane, 31 ans.
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Mohammed ben Salmane est aussi Ministre de la Défense, Vice-Premier ministre, Conseiller spécial du roi Salmane et il est également président du Conseil des Affaires économiques et de Développement, Conseil qui supervise Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde. Bref, le prince héritier Mohammed ben Salmane devient, de fait, le Numéro Un de la dynastie Al-Saoud, en attendant de devenir un jour le roi d'Arabie saoudite.
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Les "grands médias" allèguent que le jeune Mohammed ben Salmane serait un "modéré". Un wahhabite "modéré" qui va continuer à financer - comme son papa - le terrorisme sunnite salafiste à l'échelle planétaire ? La bonne blague !
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Signalons dans ce contexte que les Etats arabes, dont la puissante Arabie saoudite, qui ont suspendu leurs relations diplomatiques avec le Qatar ont livré leurs conditions pour une sortie de crise. Ils ont listé une série de revendications. En tête de leurs préoccupations, la rupture de tous liens avec les Frères musulmans, le groupe Etat islamique (soutenus en douce par les Qataris mais aussi par les Saoudiens...), Al Qaïda, le Hezbollah libanais chiite pro-iranien, le Hamas et le Front Fateh al Cham, ancienne branche syrienne d'Al Qaïda devenue indépendante.
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Le Qatar devra accepter d’extrader toutes les personnes considérées comme terroristes. Au-delà de ces liens avec les mouvances terroristes, l’Arabie Saoudite et ses alliés reprochent à l'émirat gazier sa proximité avec les ayatollahs iraniens, ennemis chiites depuis toujours des Saoudiens sunnites.
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Le Qatar sunnite devra donc réduire au strict minimum ses relations avec ce pays chiite. A noter que pour le moment, c’est l'Iran qui vient en aide à l’Emirat qarati. Plus de 1'000 tonnes de fruits et de légumes sont exportés chaque jour pour faire face au blocus du Qatar. La fermeture de la base militaire turque sur le sol qatari fait également partie des revendications. Un premier bateau turc chargé de soldats et de véhicules blindés a appareillé, jeudi 22 juin 2017, à destination du Qatar.
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Des denrées alimentaires ont également été fournies. Autre point : la fermeture de la chaine de télévision Al Jazeera et notamment ses antennes internationales. Les Etats arabes estiment que ce média crée des troubles dans la région et qu'il a une position pro-Frères musulmans, ce qui, du reste, est parfaitement exact.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Et hop ! Le Qatar crée sa coalition internationale

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Michel Garroté  --  Le conflit entre l'Arabie saoudite sunnite (qui soutient les salafistes) et le Qatar, lui aussi sunnite (qui soutient les Frères Musulmans), prend une nouvelle tournure. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu s'est rendu en visite dans l'émirat qatari, après que le président dictateur islamiste sunnite turc Recep Tayyip Erdogan ait critiqué l'isolement dont était victime Doha.
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Plusieurs autres pays clefs de la région ont également refusé de soutenir la coalition anti-qatarie. Dans ce contexte l'Arabie saoudite et l'Égypte, qui donnent le ton dans la campagne contre Doha, ont dû relâcher la pression sur l'émirat. Après qu'une crise diplomatique très profonde ait éclaté dans le Golfe, plaçant les alliés d'autrefois des deux côtés des barricades, le Qatar, isolé, a bénéficié d'un soutien explicite de deux acteurs clefs de la région: la Turquie et l'Irak.
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Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu s'est rendu en visite à Doha pour rencontrer son homologue qatari Tamim Ben Jassem al-Thani. Après cet entretien, il s'est envolé vers l'Arabie saoudite. Rappelons que Riyad a été l'un des principaux initiateurs de la démarche diplomatique à laquelle plus de dix pays arabes ont déjà adhéré à différents degrés. Certains États ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, d'autres ont annoncé une diminution du niveau des relations diplomatiques. Ces démarches faisaient suite à la publication, sur le site de l'agence de presse qatarie, d'un communiqué au nom de l'émir al-Thani sur la nécessité d'un rapprochement avec l'Iran chiite - le principal adversaire géopolitique des monarchies sunnites du Golfe.
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Avant la visite de Mevlüt Cavusoglu à Doha, le président Erdogan s'est posé en principal défenseur du Qatar. Devant les membres du Parti islamique (AKP) au pouvoir, il a mis en garde les initiateurs du blocus contre les risques d'une telle politique « lourde de conséquences ». « L'isolement du Qatar est une erreur fatale contraire aux valeurs islamiques », a déclaré Erdogan. « Le Qatar a adopté une position intransigeante contre l'organisation terroriste État Islamique sévissant en Turquie. Les persécutions contre le Qatar par une campagne lancée contre lui ne mèneront à rien de bon », a-t-il ajouté. Selon le chef de l'État turc, dans cette situation le « roi d'Arabie saoudite, en tant que leader des pays du Golfe, doit régler la crise ».
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Ainsi, les relations extrêmement tendues entre la Turquie et l'Iran chiite, qui conserve pratiquement des relations d'allié avec le Qatar sunnite, n'ont pas empêché Ankara de rejoindre le même camp que Téhéran. Sachant que Erdogan n'a pas seulement pris la défense de l'émirat isolé en paroles mais aussi en actes. Il a signé une loi sur le déploiement au Qatar d'un contingent turc pour le maintien de la stabilité dans la région. Ankara a tout intérêt à régler la situation car la crise autour du Qatar pourrait se retourner contre la Turquie, notamment en créant de nouveaux foyers de déstabilisation et en réduisant son influence au Moyen-Orient.
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La déclaration de Erdogan, qui a tenté de reprendre l'initiative à la coalition internationale formée contre le Qatar, a coïncidé avec celle du Premier ministre irakien Haider al-Abadi. Ce dernier estime que les sanctions contre l'émirat ne frappent pas les autorités mais le peuple. Initialement Bagdad avait affiché une position neutre dans le conflit autour du Qatar, afin de rester à l'écart. Mais finalement les autorités du pays ont décidé d'adopter la même position que la Turquie. Le Koweït, Oman, le Maroc et la Jordanie refusent également de se positionner contre l'émirat.  le Qatar a des leviers de pression sur les pays où il existe de puissantes organisations représentant le mouvement islamiste des Frères musulmans.
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En Jordanie les membres de ce mouvement sont représentés au Parlement, et en Turquie les racines de l'AKP remontent aux Frères musulmans. Le groupe de soutien au Qatar ne se limite pas aux pays du Moyen-Orient. En Asie du Sud, le Premier ministre sunnite pakistanais Nawaz Sharif (dont le pays détient l'arme nucléaire) a été l'un des premiers à annoncer sa réticence à rompre les relations diplomatiques de son pays avec le Qatar. Le Qatar bénéficie également d'un soutien en Europe. Les importateurs européens d'hydrocarbures qataris ne souhaitent pas que la situation se détériore dans la région et ils appellent déjà à régler le conflit au plus vite.
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L'évolution de la situation internationale autour du Qatar laisse entrevoir que les initiateurs du blocus font déjà marche-arrière, prenant conscience du fait qu'ils ne parviendront pas à isoler complètement l'émirat. Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Joubeir a déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le secrétaire d'État américain Rex Tillerson que techniquement, il ne s'agit pas d'un blocus en déclarant : "Nous avons autorisé une circulation libre d'un pays à l'autre et nous sommes prêts à fournir au Qatar de la nourriture et des médicaments si nécessaire".
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Le Caire, autre initiateur du blocus, a également changé sa ligne. Le ministre égyptien sunnite de l'Aviation civile, Cherif Fathy, a annoncé que son pays levait les restrictions contre les compagnies aériennes qataries sur l'utilisation de son espace aérien. De son côté, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré que la crise diplomatique autour du Qatar ne devait pas dégénérer en guerre et que la stabilité devait être rétablie dans la région.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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https://fr.sputniknews.com/presse/201706151031844748-qatar-isolement-coalition-monde-islamique/
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Erdogan : “J’envoie immédiatement des milliers de soldats au Qatar”

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Michel Garroté  --  Alors que les Etats-Unis ont entrepris d’accroître la pression sur le Qatar pour contraindre ce dernier à cesser son soutien au djihadisme en général et aux Frères Musulmans en particulier, la France (la "Macronie qatarisée") a opté pour un soutien inconditionnel aux islamistes et à l’émirat qatari. Le président français s’est en effet aligné  --  aux côtés de ses homologues turcs sunnites et chiites iraniens  --  sur la position du Qatar (Sarkozy et Hollande avaient déjà fait la même chose à "leur époque"...).
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L'axe Doha - Ankara - Téhéran - Paris :
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Macron a ainsi eu une conférence vidéo, avec le président turc et l’émir du Qatar, pour faire face à la crise qui oppose, d'un côté, les USA et leurs alliés du Golfe ; et de l'autre côté, l’émirat qatari et ses appuis turcs et iraniens. Donald Trump a exigé - et obtenu - de l’Arabie Saoudite et d’autres pétromonarchies sunnites qu’elles contraignent le Qatar à abandonner sa politique de soutien au terrorisme islamique. Une exigence qu’a refusé le Qatar, encouragé en cela par la Turquie, l’Iran et la France. Le Qatar est désormais coupé du reste de ses voisins arabes.
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Le nazislamiste Erdogan est toujours aussi fou :
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La Turquie raconte qu'elle va immédiatement envoyer plusieurs milliers de soldats pour assurer la "protection" de la monarchie qatarie. On espère pour Erdogan que c'est du bluff, car s'il agissait de la sorte, il le regretterait amèrement.
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Salafisme made in Saudi Arabia :
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A noter tout de même que si le petit Qatar soutient le terrorisme djihadique sunnite en général et les Frères Musulmans en particulier, la grande Arabie saoudite sunnite wahhabite, elle, soutient également le terrorisme, notamment le terrorisme sunnite salafiste.
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Concrètement, nous vivons sous la menace terroriste à cause de l'Arabie saoudite qui exporte à coups de milliards de pétrodollars  --  sur tous les continents et depuis des décennies  --  un salafisme universel, sous une forme exportable du wahhabisme saoudien.
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Blocus ou pas blocus :
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L'Arabie saoudite s'est défendue de toute volonté d'imposer un blocus au Qatar (c'est sans doute de l'humour saoudien). Concrètement, un ministre saoudien s'est défendu de tout blocus du Qatar, après avoir rencontré son homologue américain, Rex Tillerson, qui avait souhaité un allègement des mesures contre le Qatar.
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Et ce en dépit de la position de Trump, qui lui, avait personnellement sommé l'émirat qatari d'arrêter immédiatement son financement de divers mouvements terroristes. A noter tout de même qu'une base américaine se trouve toujours à Al Oudeid, au Qatar, avec plus de 10'000 hommes....
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Djihad – L’Arabie saoudite, l’Afrique et le Qatar

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Michel Garroté  --  Avant d'entrer dans le vif du sujet (Djihad - L’Arabie saoudite, l’Afrique et le Qatar), signalons, à propos du Qatar et de Arabie saoudite, que derrière le duel en face-à-face, il y a le sponsoring du djihad (voir liens vers sources en bas de page). La mise au ban du Qatar par l’Arabie saoudite masque la rivalité entre deux pays, qui, chacun à sa manière, se cherchent une légitimité auprès des mouvements radicaux de l’islam : les Frères musulmans pour le Qatar ; et les salafistes pour l'Arabie saoudite.
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Le Conseil de Coopération du Golfe :
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Le Conseil de Coopération du Golfe, créé en 1980 pour assurer l'intégration - économique et sécuritaire - aux monarchies du Golfe, est menacé de dislocation. Et l'antagonisme s'aggrave entre le duo Arabie saoudite / Egypte, d'une part ; et Iran / Turquie, de l'autre, qui ont volé au secours du Qatar via un approvisionnement alimentaire d'urgence. A noter que les manuels scolaires et les télévisions du Golfe diffusent encore, malgré les "promesses" de l'Arabie saoudite, des appels à mépriser et à maudire (17 fois par jour !) les Chrétiens et les Juifs et à tuer les apostats.
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Barça & Qatar Airways :
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A noter aussi qu'en Arabie saoudite, porter le maillot du Barça est désormais passible de 15 ans de prison. Les Saoudiens n'ont désormais plus le droit de soutenir le Barça, qui est sponsorisé par la compagnie qatarienne Qatar Airways, sous peine d'emprisonnement.
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Quant Erdogan s'en mêle :
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De son côté, le président-dictateur islamiste Erdogan raconte que s'efforcer d'isoler le Qatar dans tous les domaines est inhumain, contraire aux valeurs de l'islam et que le Qatar est un pays contre lequel une peine de mort a, en quelque sorte, été prononcée. En clair, comme écrit plus haut, la Turquie ainsi que l'Iran soutiennent le Qatar contre l'Arabie saoudite qui elle est soutenue par l'Egypte (voir liens vers sources en bas de page).
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L’Arabie saoudite somme l’Afrique de lâcher le Qatar :
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Pour entrer dans le vif du sujet, signalons que l’Arabie saoudite somme l’Afrique de lâcher le Qatar (voir liens vers sources en bas de page). En effet, les Saoudiens tentent de convaincre les Etats africains de rompre leurs relations diplomatiques avec la monarchie qatarie. Sept pays ont déjà accepté. La violente crise diplomatique survenue le lundi 5 juin 2017 entre l’Arabie saoudite et le Qatar -- ce dernier étant accusé par les Saoudiens de soutenir le terrorisme alors qu'eux aussi soutiennent le terrorisme -- a des répercussions jusqu’en Afrique.
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Les Saoudiens se comportent en colons arrogants :
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De fait, l'Arabie saoudite se démène pour obtenir le soutien du plus grand nombre d’Etats africains, sommés de prendre position. Sept pays du continent (Niger, Mauritanie, Sénégal, Tchad, Egypte, Comores et Maurice) ont déjà fait le choix de rappeler leur ambassadeur en poste au Qatar. De son côté, Djibouti a préféré réduire le personnel de son ambassade pour ne pas envenimer l’avenir, le Qatar faisant office de médiateur sur le différend frontalier qui oppose Djibouti à l’Erythrée.
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Les présidents des Etats africains dans lesquels la population est à dominante musulmane -- et où de nombreux lieux de prière sont construits et contrôlés par les intérêts saoudiens via des "organismes de charité" -- subissent une forte pression depuis le déclenchement de la crise qui a conduit l’Arabie saoudite, mais aussi les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn, le Yémen et l’Egypte, à couper les relations diplomatiques avec le Qatar et à organiser un blocus terrestre et aérien à son encontre.
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Pourtant, certains Etats africains où la population musulmane est très importante n’ont pas souhaité prendre position dans ce conflit. Les pays du Maghreb -- Maroc, Algérie, Tunisie -- mais aussi le Soudan et la Somalie, ont appelé au dialogue sans prendre parti, considérant qu’ils n’ont pas à choisir entre les deux principaux protagonistes, avec lesquels ils ont des liens diplomatiques et économiques forts.
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Le Nigeria dit non aux Saoudiens :
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Le cas le plus marquant reste le Nigeria (qui a refusé), où le nombre de citoyens musulmans (plus de 100 millions) est le plus élevé du continent africain. Le Nigeria a ouvert en 2013 une représentation diplomatique au Qatar et les deux pays se côtoient depuis longtemps dans le cadre de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) et de son pendant gazier, le Gas Exporting Countries Forum (GECF), dont le siège est au Qatar. Cette crise souligne cependant cruellement combien la puissance géopolitique du Qatar, en constante ascension depuis le milieu des années 1990, demeure sans comparaison avec son grand voisin saoudien (voir liens vers sources en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Sources :
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https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030376335805-qatar-arabie-derriere-le-facea-face-le-sponsoring-du-djihad-2093820.php
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http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/12/quand-l-arabie-saoudite-somme-l-afrique-de-lacher-le-qatar_5143209_3212.html
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Qatar & Syrie – Pourquoi la coalition occidentale frappe l’armée syrienne

    
Michel Garroté  --  Avant d'entrer dans le vif du sujet, rappelons que deux attaques simultanées ont eu lieu à Téhéran, en Iran, le mercredi 7 juin 2017, causant la mort d'au moins trois personnes. Les auteurs de l'attaque étaient des Iraniens, recrutés par l'EI. Une fusillade a éclaté à l'intérieur du Parlement avant qu'un homme s'y fasse exploser, tandis qu'un autre attentat-suicide a eu lieu au mausolée de l'imam Khomeiny, père fondateur de la République islamique d'Iran. Les deux bâtiments sont distants d'une vingtaine de kilomètres. Le groupe État islamique a revendiqué les deux attaques.
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Le Qatar et l'Iran :
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Rappelons que pour les Iraniens, les ennemis du régime chiite de Téhéran, ce sont les Américains, les Israéliens, les pétromonarchies sunnites du Golfe ainsi que les 70 groupes terroristes takfiri d’inspiration wahhabite qui sévissent sur la planète.
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Et toujours avant d'entrer dans le vif du sujet, notons que le Qatar tente de mettre au point une coordination avec l'Iran en Syrie, ce qui explique en partie la crise dans les relations, entre d'une part Doha, et, d'autre part, Riyad et ses alliés sunnites du Golfe. Pour Doha, il s'agit de réduire la tension, en Syrie, entre les groupes armés supervisés par le Qatar, et, les militaires et volontaires iraniens.
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Le Qatar et la Turquie :
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Allié du Qatar, le président-dictateur islamiste turc Erdogan a pris fait et cause pour l’émirat gazier, mis au ban par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et leurs alliés arabes, qui l’accusent de complaisance envers des groupes islamistes radicaux et envers l’Iran. Le mercredi 7 juin 2017, le Parlement turc a approuvé le déploiement de troupes sur une base au Qatar.
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Signé en 2014, l’accord pour l’établissement d’une base militaire turque et pour l’entraînement et la formation des soldats qataris a ainsi été mis sur les rails plus tôt que prévu. Le nombre de soldats turcs présents sur place est pour l’instant d'environ 600 hommes.
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L'émir qatari Tamim ben Hamad al-Thani :
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Vu sous tous ces aspects, la publication des propos positifs -- de l'émir qatari Tamim ben Hamad al-Thani concernant l'Iran -- pourraient ne pas relever du hasard. L'aspiration du Qatar à établir une coopération avec l'Iran, y compris en Syrie, distingue la monarchie sunnite qatarie des autres monarchies sunnites du Golfe. Et cela ne change rien au fait que le Qatar et l'Arabie saoudite soutiennent effectivement, tous les deux, le terrorisme.
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Le Qatar et la Syrie :
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Pour entrer (enfin) dans le vif du sujet, il faut rappeler que la coalition dite internationale (en réalité pro-islamique), qui officiellement frappe l'Etat Islamique (EI), frappe également les forces pro-régime, alors que celles-ci commencent à l'emporter contre l'EI. Compliqué, pas vrai ? En effet, des combattants soutenus par Washington gagnent du terrain à Raqqa, ville syrienne habitée aujourd'hui à 99% par des Arabes sunnites et à 1% de Kurdes.
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La bataille de Raqqa :
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On peut même lire, dans la presse politiquement correcte, que la bataille fait rage à Raqqa ; que les forces arabo-kurdes syriennes soutenues au sol et dans les airs par les États-Unis tentent de progresser, depuis le jeudi 8 juin 2017, vers le centre de cette ville syrienne, au prix de violents combats dans le principal fief du groupe jihadiste État islamique (EI) en Syrie ; qu'au moins 17 civils ont perdu la vie dans des raids de la coalition ; et que le bilan de les frappes, menées dans la nuit du jeudi 8 juin au vendredi 9 juin 2017, pourrait encore s'alourdir, car des dizaines de personnes ont été blessées. Voilà pour la presse politiquement correcte.
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Sept mois après le début d'une offensive d'envergure qui leur a permis de s'emparer de vastes régions autour de Raqqa (nord), les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis sont entrées dans le quartier de Mechleb, dans l'est de la ville. L'opération des FDS, baptisée "Bouclier de l'Euphrate", a consisté en la prise du quartier de Mechleb et de la citadelle de Harqal, située à deux kilomètres à l'extérieur des limites de Raqqa, sur une colline dominant la périphérie ouest.
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Les FDS :
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Formées en 2015, les FDS, théoriquement une alliance de combattants kurdes et arabes, opèrent avec l'appui de la coalition internationale qui leur fournit des armes, un appui aérien et les assiste au sol avec des "conseillers militaires". La présence de Kurdes au sein des FDS ne joue en réalité qu'un rôle peu important pour la cause kurde syrienne dans la mesure où Raqqa est actuellement habitée, comme déjà mentionné, à 99% par des Arabes sunnites.
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Les FDS ressemblent à une ramification du Front al-Nosra et autres organisations terroristes. Leur offensive à Raqqa est réalisée en coordination avec les Etats-Unis et l'EI. En revanche, les FDS ne coordonnent jamais leurs actions avec l'armée syrienne. Selon les Etats-Unis, les FDS aideraient à créer des zones de sécurité et des zones tampon. Mais en réalité les FDS coupent la Syrie de ses voisins.
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Raqqa et Al-Tanaf :
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Et la coalition internationale pro-islamique a également frappé des forces pro-régime près d'Al-Tanaf, non loin des frontières irakienne et jordanienne. Pourquoi ? Parce que les forces de Bachar al-Assad progressent désormais dans cette direction, après avoir remporté une série de victoires sur les islamistes à l'ouest.
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Et les forces pro-régimes étaient déjà bien avancées dans le pays lorsque la coalition a déclenché son bombardement à Al-Tanf. Que ce soit à Raqqa ou à Al-Tanaf, la coalition internationale pro-islamique et les FDS ne visent pas simplement à éradiquer l'Etat Islamique (EI).
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Elles visent aussi à torpiller, à chaque fois, les victoires des forces de Bachar al-Assad contre l'EI. L'Occident veut donc - bel et bien - remplacer les islamistes de l'EI par d'autres islamistes, comme nous l'avons écrit dès le début du "conflit syrien" en 2011. Et Donald Trump ne semble pas, du moins pas pour l'instant,  pouvoir ou vouloir, modifier cet état de choses.
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Qatar et Arabie saoudite - Suite et fin :
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Pour revenir au Qatar et à l'Arabie saoudite, l'excellent géopoliticien Alexandre Del Valle, explique tout cela comme ceci, dans une analyse publiée le vendredi 9 juin 2017 (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : "Arabie saoudite versus Qatar : quand le Tigre critique les griffes du Chaton. En rompant brutalement avec le Qatar, l’Arabie saoudite fait d’une pierre deux coups : elle se fait passer pour un allié fiable dans la lutte antiterroriste et anti-islamiste -- ce qui est en soi ubuesque et digne d’une l’intox soviétique -- et elle envoie un message au Qatar afin de le contraindre à rompre avec l’Iran et les Frères musulmans".
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Alexandre Del Valle : "En fait, on reproche non pas au Qatar de soutenir en soi des terroristes, puisque les Saoudiens les battent de très loin dans ce sport depuis des décennies, mais de soutenir certains terroristes frères musulmans actifs en Egypte et à Gaza, et d’une manière générale, la Confrérie des Frères musulmans, bêtes-noires des Saoudiens, des Emiratis et de l’Egypte".
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Alexandre Del Valle : "Non pas en raison de leur idéologie sunnite-islamiste, mais parce que la Confrérie inspire les seuls partis politiques islamistes 'démocratiques' capables de mobiliser les masses et de gagner des élections, donc de renverser les dictatures militaires ou tribalo-monarchistes en place dans le monde arabe et qui ont été très secouées par les révolutions arabes, elles-mêmes récupérées par les Frères musulmans".
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Alexandre Del Valle : "Le Qatar, bien que sunnite-wahhabite comme les Saoudiens, est accusé d’entretenir de trop bons rapports avec l’Iran et donc l’Axe chiite (Hezbollah inclus)", précise Alexandre Del Valle (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/arabie-saoudite-versus-qatar-quand-tigre-critique-griffes-chaton-alexandre-del-valle-3075161.html
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Le Qataristan et l’implosion du Moyen Orient

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Michel Garroté  --  J'ai lu bien des sottises, publiées par des "analystes" et des "experts", sur les motifs de la rupture de toutes relations entre l’Arabie Saoudite et le Qatar. Et de ce fait, je publie ci-dessous une série de radioscopies de ce qui se passe réellement au Moyen Orient. Deux pays sunnites, l'Arabie saoudite et le Qatar, sont en conflit. Bien. Le fait que ces pays sont tous les deux sunnites ne signifie aucunement qu'ils ne peuvent pas être en conflit. Réduire la problématique du Proche et du Moyen Orient au simple fait qu'il y a des sunnites et des chiites n'empêche nullement deux pays sunnites d'être en conflit.
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La réalité, c'est que l'Arabie saoudite et le Qatar sont en compétition sur le marché du califat universel et celui du djihad islamo-terroriste. Et par conséquent, la grande Nation saoudienne veut remettre au pas la petite Nation qatarie. Le géant tape sur les doigts du nain. Mais le nain n'est pas seul. Et il tient volontiers un double, voire un triple langage. Sans compter que le nain est richissime et qu'il est moins fragilisé que le géant. Le nain finance le terrorisme islamique. Mais le géant, lui aussi, finance le terrorisme islamique.
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A ce propos, Noterror.eu écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le séisme diplomatique que constitue la rupture de toutes relations entre l’Arabie Saoudite et le Qatar nécessite une explication plus détaillée, car elle pourrait avoir une influence sur la nébuleuse terroriste. Précisons que, contrairement à ce que l’Arabie Saoudite prétend, la rupture n’est pas due au fait que le Qatar soutient des groupes terroristes. D’abord car ce soutien ne date pas d’hier et les Saoudiens ne pouvaient pas l’ignorer puisque tant sur le front syrien que yéménite, ils ont collaboré activement avec les Qataris. Ensuite car les Saoudiens ne se gênent pas non plus pour soutenir des groupes djihadistes.
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Il faut donc chercher ailleurs les raisons de cette spectaculaire rupture. D’abord dans une lutte pour avoir le leadership du monde musulman sunnite. Mais aussi au soutien du Qatar à la très puissante confrérie des Frères Musulmans. En effet, l’Arabie Saoudite est farouchement hostile aux Frères Musulmans. Et cela est lié à la teneur même du pouvoir des Saoud. En effet, la famille royale saoudienne a basé la « tranquillité » de son règne sur un accord entre elle et les tout puissants religieux wahhabites.
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Les Saoud financent ainsi sans limite la propagation du wahhabisme et du salafisme partout dans le monde mais en contrepartie, il n’y a aucune revendication de pouvoir politique par les religieux en Arabie Saoudite. Et en cela, la vision d’un islam politique comme défendu par les Frères Musulmans – qui envisagent la prise du pouvoir partout par des partis politico-religieux comme ce fut le cas un moment en Egypte et aujourd’hui en Turquie – est bien évidemment insupportable pour les Saoud qui les perçoivent comme un danger pour leur propre pouvoir. Cette hostilité avait déjà été la raison du soutien saoudien au putsch militaire en Egypte contre les Frères Musulmans, dont le gouvernement était pourtant soutenu par les USA.
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A noter d’ailleurs que l’Egypte a également rompu ses relations avec le Qatar qu’elle soupçonne de soutenir le terrorisme en Egypte. Cette rupture totale entre les anciens alliés risque à terme de provoquer une surenchère entre les groupes terroristes soutenus par les uns et par les autres. Au-delà du problème géopolitique, les spécialistes du terrorisme se devront donc aussi de suivre les retombées de cet événement, conclut Noterror.eu (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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De son côté, Frédéric Encel, dans Le Parisien, analyse la situation en quelques questions / réponses (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La rupture entre le Qatar et l'Arabie saoudite et l'Egypte marque-t-elle un tournant ? C'est une nouvelle étape dans l'implosion du monde arabe qui n'a cessé de s'affaiblir depuis la chute de la Somalie dans les années 1990. C'est aussi un pas supplémentaire dans le durcissement entre les chiites (Iran, Hezbollah) et les sunnites. Parmi ces derniers figurent l'Arabie saoudite, le Koweït, l'Egypte et les Emirats, mais aussi le Qatar qui tient une place plus autonome en raison de sa relative complaisance vis-à-vis de Téhéran et du Yémen où chiites et sunnites se livrent une guerre sale.
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Le Qatar finance-t-il vraiment le terrorisme ? Officiellement, l'Etat du Qatar n'est pas inscrit sur les listes noires du terrorisme tenues par l'ONU ou les Etats-Unis. En revanche, il est clair que de riches familles soutiennent financièrement des réseaux terroristes, comme les Frères musulmans, du Sahel au Moyen-Orient, en passant par nos banlieues. Il ne s'agit pas bien sûr d'investissements comme ceux que le Qatar a réalisés en France dans le PSG ou l'hôtellerie de luxe. Mais de financements de groupes islamistes qui se font le plus souvent sous couvert d'associations de bienfaisance islamiques ou de lobbys prétendument politiques financés aussi par des subventions publiques et qu'il serait donc souhaitable de mieux contrôler.
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Les Saoudiens eux-mêmes ne financent-ils pas le terrorisme ? Cela fait plus de trente ans que l'Arabie saoudite assume le rôle de pôle d'influence du wahhabisme dans le monde. L'Arabie saoudite qui accuse le Qatar d'aider le terrorisme, c'est comme le chameau qui se moque du bossu, elle en fait deux fois plus. Elle s'est montrée complaisante, voire complice avec les djihadistes du front d'Al-Nosra en Syrie et en Irak. Ensuite, elle a laissé les fonds et les armes passer au groupe Etat islamique (EI) qui les a retournés contre les sunnites saoudiens et du golfe, trop américanisés pour lui. Depuis deux ans et demi, les Saoudiens ne financent plus l'EI, conclut Frédéric Encel (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Dans L'Orient-le-Jour, Anthony Samrani écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Riyad, Abou Dhabi et Le Caire ont rompu hier leurs relations diplomatiques avec le petit émirat du Golfe. Ils ont été suivis, quelques heures plus tard, par Bahreïn, le Yémen, les Maldives, la Mauritanie et le gouvernement dissident libyen. L'axe Riyad/Abou Dhabi/Le Caire a justifié sa décision en accusant le Qatar de soutenir les groupes terroristes, sunnites comme chiites : al-Qaëda, l'État islamique (EI) et la confrérie des Frères musulmans, mais aussi les groupes soutenus par l'Iran dans la province saoudienne de Qatif où se concentre sa minorité chiite, ainsi qu'à Bahreïn, secoué par des troubles animés par la majorité chiite. L'arrivée au pouvoir en janvier 2015 du roi Salmane d'Arabie saoudite, moins hostile que son demi-frère Abdallah aux Frères musulmans, a permis d'apaiser un peu les relations entre les deux voisins.
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Au nom de l'unité du camp sunnite, par opposition au camp chiite mené par l'Iran, Riyad a arbitré les conflits entre Doha, Abou Dhabi et Le Caire, dont les visions et les stratégies apparaissaient comme concurrentes dans la région. Mais face au double jeu de son petit voisin, le royaume wahhabite semble désormais avoir perdu patience. Alors que Riyad et Téhéran se livrent une guerre froide dans toute la région, l'Arabie saoudite a fait de l'endiguement de son ennemi son objectif prioritaire dans la région. À l'instar de Oman et du Koweït, le Qatar ne partage pas la hantise de Riyad vis-à-vis de Téhéran et ne souhaite pas rompre toutes ses relations avec la puissance chiite. Le Qatar était par exemple en première ligne ces derniers mois pour négocier l'évacuation des populations civiles syriennes au sein des deux camps avec les milices chiites pro-Téhéran, conclut Anthony Samrani (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Sur Atlantico, Roland Lombardi écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Que cela nous plaise ou non, le discours de Donald Trump au sommet de Riyad, le 21 mai dernier est un succès. Car, même si lors de son annonce, Donald Trump, a exhorté la communauté internationale à isoler l’Iran qui n’est qu’un élément de langage diplomatique mais qui a eu l’avantage certain de ravir l’Arabie Saoudite, il a surtout appelé les pays musulmans d'agir de manière déterminante contre l'extrémisme religieux.
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Le message est passé. Et il est certain qu’en coulisse, Washington doit certainement mettre une pression inédite afin de forcer les Saoudiens à combattre enfin et véritablement, et de manière beaucoup plus sincère, le jihadisme et les idéologies radicales. En mars 2014, le sous-secrétaire américain au Trésor, responsable de la lutte contre le financement du terrorisme, avait révélé que le Qatar, qui est pourtant un allié de Washington, finançait depuis de nombreuses années le Hamas. N’oublions pas que durant l’été 2014 et l’opération israélienne « Bordure protectrice » à Gaza, le petit émirat avait menacé d’expulser le chef du bureau politique du Hamas installé à Doha, Khaled Mechaal, si celui-ci acceptait les propositions égyptiennes dès le début du conflit.
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Par ailleurs, les liens du Qatar avec d’autres mouvements dangereux pour le Moyen-Orient sont de notoriété publique. Ainsi, les relations du Qatar avec le Hamas s’inscrivent parfaitement dans la politique étrangère de l’émirat depuis quelques années. En juin 2013, les Talibans ont été autorisés à ouvrir un bureau diplomatique à Doha. Le rôle du Qatar semble aussi important en Afrique du Nord. Ainsi, la presse française et certains spécialistes avaient révélé en son temps que Doha apportait un soutien financier à des éléments djihadistes dans le Nord du Mali mais aussi à certaines tribus séparatistes touaregs. Les services spéciaux français, mais également, algériens avaient alerté les autorités françaises sur un financement d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb), Roland Lombardi (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Le politologue Stanislav Tarassov pense que les causes de la rupture des relations diplomatiques de plusieurs pays arabes avec le Qatar sont beaucoup plus profondes qu'il n'y paraît (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : On observe à présent en Syrie une stabilisation relative de la situation en faveur des forces gouvernementales et de Damas, qui est soutenu y compris par l'Iran. Au Yémen, les combats se poursuivent et les insurgés, qui bénéficient des sympathies de l'Iran, luttent contre la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite.
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Et Doha est depuis longtemps soupçonné dans le Golfe de lorgner du côté de l'Iran. Celui-ci déclare pour sa part que ce règlement ne peut être qu'inter-syrien et que les pays occidentaux, les États arabes et la Russie ne doivent être que des observateurs et dans une certaine mesure des garants, conclut Stanislav Tarassov (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Sur Le Salon Beige, Paula Corbulon n'y va pas de main morte (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le Qatar tripatouillerait avec les pires terroristes : impossible de rester en bon terme avec cette honte du monde sunnite quand on veut laver plus blanc dans la lutte anti-Daesh, et se dédouaner à frais limités. Enfin, anti-Daseh, il faut voir. Car finalement, dans le cadre de cette rupture, ces pays ne sont-ils pas beaucoup plus alarmés par l'attrait nouveau que l'Iran exercerait sur le Qatar ?, conclut Paula Corbulon (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Ivan Rioufol estime quant à lui (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Donald Trump, le zozo de service selon le camp du Bien, mène contre le terrorisme islamique une politique aux effets spectaculaires. Ce lundi, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahrein et les Emirats arabes unis ont, tour à tour, annoncé la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ce partenaire de la France est accusé de "soutien au terrorisme", dont Al-Qaïda, l’Etat islamique et les Frères musulmans. Lors de son discours du 21 mai à Riyad (Arabie saoudite), tenu devant une trentaine de dirigeants de pays musulmans, le président américain avait invité à vaincre "l’extrémisme islamiste", alimenté notamment par l’Iran, selon lui. Trump avait incité à la création d’une "coalition de peuples qui se liguent pour éradiquer le terrorisme".
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Il avait mis les leaders musulmans devant leur responsabilité. "Chassez (les terroristes) de vos lieux de culte, de vos terres sacrées, de vos communautés et de vos territoires". L’Arabie saoudite, berceau du salafisme, se serait-elle soudainement convertie à la tolérance ? Le doute reste de mise pour l'instant. Néanmoins, cet engagement de quatre pays musulmans à vaincre la violence djihadiste met fin à la négation du lien entre l’islam et le terrorisme mené au nom d’Allah. Ce mensonge sert de prétexte commode en Europe, et surtout en France, à exonérer l’islam de toute responsabilité et de tout effort de réforme. La bonne nouvelle est d’observer un réveil venu de musulmans eux-mêmes.
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Parions que la trumpophobie médiatique, cette autre pensée unique, aura du mal à admettre que Trump a marqué un point important dans l'incitation à la lucidité face aux dérives de l'islam politique. Ce matin, sur Europe 1, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a préféré parler "d’assassins et de voyous" pour désigner les trois britanniques islamistes qui ont une nouvelle fois attaqué Londres, samedi soir (7 morts, 50 blessés), au nom de l’Etat islamique. Theresa May, premier ministre, a été plus inspirée en désignant une "idéologie maléfique", une "perversion de l’islam". Les meurtriers, après avoir écrasé des passants avec leur camion sur le London Bridge, ont poignardé des victimes en criant : "C’est pour Allah !". L’enfer a duré huit minutes, avant que des policiers puissent abattre les tueurs. 23.000 personnes seraient suspectées, en Grande-Bretagne, de sympathie avec l’islam radical.
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En France, les yeux restent clos devant la contre-société qui se consolide dans les cités, au risque de constituer demain une nation dans la nation, si ne n’est déjà le cas. Cette évolution démographique et identitaire devrait être au cœur des préoccupations politiques. Il n’en est rien avec Emmanuel Macron, qui ne voit la France que comme une addition de communautés bienveillantes. Vendredi, après la décision de Trump de se retirer des accords de Paris sur le climat, le président français a déclaré : "La vocation de la France est de mener ces combats qui impliquent l’homme tout entier. C’est pourquoi la France s’est placée à l’avant garde de la lutte contre le changement climatique". La posture consensuelle est facile. En France, les Frères musulmans, jugés terroristes par l’Arabie, l’Egypte, Bahrein et les Emirats, se portent bien, merci, Ivan Rioufol (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Dans Le Point, Romain Gubert écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : C'était il y a quelques jours. L'agence de presse officielle du Qatar publiait une « interview » de l'émir Tamim al-Thani. Celui-ci expliquait qu'il fallait désormais compter l'Iran parmi les alliés stratégiques et cesser de considérer Téhéran comme un ennemi. Des propos étonnants, car le Qatar est en majorité sunnite, comme l'Arabie saoudite qui lutte depuis des décennies contre l'Iran (chiite). Plus étrange encore : le Qatar comme l'Arabie saoudite sont engagés au Yémen contre les milices houthistes (chiites et soutenues par l'Iran). À première vue, cette « interview » ressemble à un bras d'honneur : la semaine dernière, Donald Trump et le roi d'Arabie saoudite ont pointé du doigt l'Iran en le désignant comme le principal artisan du terrorisme au Moyen-Orient.
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L'interview a poussé l'Arabie saoudite, imitée par l'Égypte, Barheïn, les Émirats arabes unis, à rompre ses relations diplomatiques avec Doha ainsi qu'à suspendre les liaisons aériennes. En réalité, le Qatar, comme le Koweït, a toujours été plus prudent que l'Arabie saoudite dans ses relations avec l'Iran. D'abord pour des raisons économiques (certains champs gaziers qataris voisinent les eaux territoriales iraniennes), ensuite parce le Qatar n'a pas d'ambition de leadership dans la région. Depuis, les Qataris expliquent que « l'interview » est fausse et que le serveur de l'agence a été piraté. Doha a même demandé au FBI de confirmer ce piratage.
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Derrière l'anecdote – s'agit-il d'une gaffe, d'un ballon d'essai pour un changement de position qatarie ou réellement d'un piratage ? –, la rivalité des États sunnites de la région a pris un tour spectaculaire. Celle-ci n'est pas nouvelle. L'Arabie saoudite n'entend pas que son leadership du camp sunnite soit contrebalancé par les positions de Doha. Cela fait des années que Riyad voit d'un très mauvais œil les ambitions géopolitiques du petit mais richissime émirat qui a souvent joué sa propre carte grâce aux milliards qu'il tire de ses réserves gazières. Et notamment à Paris ou à Londres, où le Qatar possède des intérêts dans d'innombrables pans de l'économie.
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En France, le Qatar possède notamment 'beIN Sports' et le 'PSG', ainsi que des participations dans de très nombreuses entreprises du CAC 40. Il a aussi décroché l'organisation de la Coupe du monde de football en 2022. Le Qatar a souvent été le refuge de leaders des Frères musulmans chassés du pouvoir (comme en Égypte) ou contraints à l'exil. De quoi inquiéter Riyad, qui redoute depuis longtemps ce courant politique qui condamne le leadership religieux saoudien. Même si les accusations de financement du groupe État islamique par le Qatar n'ont jamais été documentées, l'émirat a largement financé des groupes armés en Syrie ou en Libye. Parfois avec l'aval des pays occidentaux, ce qui a toujours exaspéré l'Arabie saoudite, Romain Gubert (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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LEXPRESS.fr publie l'analyse que voici (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Diplomatie, circulation des biens et des personnes... L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn viennent d'adopter une série de mesures pour rompre avec Doha. Cela ressemble à une mise en quarantaine. Tôt ce lundi, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont rompu leurs liens avec le Qatar. Les trois nations du Golfe accusent Doha de "soutien au terrorisme".
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En cause: des suspicions de liens avec Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie classée "terroriste" par l'Egypte et des pays du Golfe. Également exclu de la coalition militaire arabe opérant au Yémen sous commandement saoudien, le Qatar se retrouve au centre d'une crise majeure au Moyen-Orient. Il s'agit même de la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Elle intervient surtout quinze jours après un appel de Donald Trump à l'unité des pays arabes face à la menace terroriste. Concrètement, Ryad, Abou Dhabi et Manama ont pris tout un train de mesures visant à isoler le pays. Il s'articule autour de trois grands axes.
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Des relations diplomatiques rompues :
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Rupture immédiate des relations diplomatiques entre le Qatar, Bahreïn et les Emirats. Ces deux nations ont ordonné à leurs diplomates de quitter Doha dans les 48 heures. Ce n'est pas une première: en 2014, les trois pays avaient rappelé leurs ambassadeurs pour protester contre le soutien du Qatar aux Frères musulmans. Lundi matin, l'agence officielle saoudienne SPA a annoncé que Ryad rompait ses relations diplomatiques avec le Qatar pour "protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l'extrémisme". Selon l'Arabie, le Qatar appuie aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien. De son côté, Bahreïn accuse Doha d'"ébranler la sécurité et la stabilité (de son royaume) et de s'ingérer dans ses affaires" intérieures.
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Des mesures appliquées sur terre, sur mer et dans les airs :
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Fermeture de la frontière terrestre de l'Arabie saoudite avec le Qatar. Cette mesure entraîne un blocage des importations de biens par voie terrestre du Qatar à travers l'Arabie saoudite. Des liaisons aériennes et maritimes mises à mal. Cette décision doit intervenir dans les 24 heures. L'Egypte, qui a elle aussi "décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec l'Etat du Qatar", a indiqué que ses liaisons aériennes avec ce pays seront suspendues à partir de mardi. Des suspensions de vols en rafale. L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont décidé la fermeture des espaces aériens aux vols de la compagnie aérienne du Qatar. Les compagnies aériennes Etihad, Emirates et flydubai des Emirats arabes unis vont arrêter les vols sur Doha à partir de mardi matin. Parallèlement, Qatar Airways a mis un terme à ses liaisons avec l'Arabie saoudite, dont la compagnie nationale Saudia a pris une mesure similaire.
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La circulation des personnes considérablement réduite :
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Les ressortissants du Qatar invités à partir. Cette décision, qui sera appliquée dans les trois pays d'ici 14 jours, concerne aussi bien les visiteurs que les résidents permanents. Ce point est particulièrement problématique car cette mesure contredit un accord sur la libre circulation au sein du CCG. Une exception est cependant à noter: les pèlerins du Qatar peuvent se rendre sur les lieux saints musulmans en Arabie saoudite. Il est en outre interdit aux ressortissants des trois pays de se rendre au Qatar, conclut LEXPRESS.fr (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les observateurs, 6.6.2017

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Sources :

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https://www.noterror.eu/fr/sponsors-terrorisme-se-dechirent-entre-eux/
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http://www.leparisien.fr/international/le-qatar-isole-par-ses-voisins-c-est-une-nouvelle-etape-dans-l-implosion-du-monde-arabe-06-06-2017-7021206.php
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https://www.lorientlejour.com/article/1055595/pourquoi-laxe-riyad-abou-dhabi-le-caire-tord-le-bras-du-qatar.html
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http://www.atlantico.fr/decryptage/arabie-saoudite-offensive-pour-retrouver-leadership-pays-sunnites-roland-lombardi-3071747.html/page/0/2?yahoo=1-
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https://fr.sputniknews.com/
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http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/06/trump-bouscule-le-terrorisme-i.html
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http://www.lepoint.fr/monde/pourquoi-l-arabie-saoudite-met-au-ban-le-qatar-05-06-2017-2132950_24.php
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http://www.lexpress.fr/actualite/monde/crise-dans-le-golfe-comment-l-arabie-et-ses-soutiens-veulent-isoler-le-qatar_1914762.html
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Vente de 72 avions de combat aux crapules du Qatar

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Michel Garroté - Obama (il reste président jusqu'au 20 janvier 2017) et le Département d’État américain (Affaires étrangères) ont autorisé la vente de soixante-douze (72) avions de combat F-15 EQ au Qatar (ce califat qui finance les terroristes musulmans de l'Etat Islamique et ceux du Hamas) pour plus de 21 milliards de dollars. Désormais, le Congrès (Parlement) a 30 jours pour s’opposer éventuellement à la signature de ces contrats.
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L’aviation militaire qatarie va ainsi prendre une toute autre dimension. Actuellement dotée d’une dizaine de Mirage 2000 français, elle comptera, à terme, 24 Rafale français commandés en 2015 et soixante-douze F-15 EQ américains. Soixante-douze (72) F-15 EQ !!! Merci à Barack Hussein Obama, qui profite qu'il ne dégagera que le 20 janvier 2017 ; et qui d'ici-là, va continuer à saborder son pays et à servir ses maîtres islamiques (voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://www.opex360.com/2016/11/20/les-lignes-dassemblage-des-f-15-des-f-18-sauvees-par-le-qatar-le-koweit/
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Premier Post-scriptum : Ayad Jamal Al-Din exhorte les Français à voter pour Marine Le Pen pour stopper « l’hégémonie du Qatar ». L’imam et parlementaire Ayad Jamal Al-Din, a lancé un appel aux électeurs français à voter pour la candidate du Front National afin de mettre fin à cette « alliance honteuse entre Paris et Doha ». « La France s’est malheureusement  transformée en pays vassal des cheiks médiévaux du pétrole et du gaz. La faute revient aux hommes politiques français corrompus » a lancé Ayad Jamal Al-Din qui a soutenu la candidature de Donald Trump. Pour lui, les autres candidats à l’Élysée, s’ils sont élus, vont continuer, comme les gouvernements antérieurs, à agir contre les intérêts de la France et pour les intérêts exclusifs du Qatar. Décidément, Ayad Jamal Al-Din vaut mieux qu'Ali Juppé...
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Deuxième Post-scriptum : Deux touristes qataries braquées près de Paris : un butin de cinq millions d'euros ! Leur véhicule a été contraint de quitter l'autoroute A1, fréquemment prise pour cible par les braqueurs, pour se garer près d'une station-service. Là, les malfrats ont fait main basse sur les effets personnels des deux victimes. Un braquage spectaculaire dont ont été victimes deux sœurs originaires du Qatar. « Des bijoux, des vêtements, des bagages - indique une source policière - pour un préjudice d'au moins cinq millions d'euros ». Pour une fois qu'en France ce sont des personnes musulmanes qui se font braquer... Et puis, cinq millions d'euros, c'est tout de même moins que les 21 milliards de dollars dépensés par le Qatar pour acheter soixante-douze F-15 EQ.
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La Fondation Clinton a été abandamment arrosée par des pays soutenant le terrorisme: Aucun mot dans nos médias.

La provenance des fonds de la "Fondation Clinton" dont l'origine a été soigneusement tue par nos médias durant la campagne. Et on comprend mieux pourquoi:

- Le Qatar, pays finançant le terrorisme

- L'Arabie Saoudite (connue comme l'un des pires pays sur le plan des droits de l'homme si chers à la gauche), pays finançant le terrorisme

- Le Koweit, le plus grand financier des djihadistes anti-Occidentaux

- Les Émirats arabes unis, sont connus pour avoir une justice ignoble à l'égard des femmes violées (ce qui ne gêne aucunement nos journalistes bien-pensants).

Avec de tels pedigrees, la logique voudrait que nos journalistes dénoncent avec véhémence la corruption des Clinton, qu'ils critiquent le risque énorme qu'une telle nomination aurait représenté pour les Chrétiens au Moyen-Orient et pour la sécurité des Européens. Visiblement ils s'en fichent éperdument.

Au lieu de cela, nos médias européens ont soutenu inconditionnellement Hillay Clinton, faisant preuve d'une haine maladive à l'égard de Trump, agitant le fantôme de "l'extrémisme" alors que leur protégée allait perpétuer la guerre aux quatre coin de la planète pour plaire à ses mécènes.

Il est vrai que nos médias très à gauche et ces pays extrémistes partagent un même rejet viscéral du christianisme.

 

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Rappels:

Par le biais de Calmy-Rey, Berne a versé 500’000 francs à Clinton

Vaud: La gauche finance des groupes anti-chrétiens avec l’argent de nos impôts

Qatar – France : islamisme et affairisme

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Michel Garroté - A propos de l'islamisme et de l'affairisme au Qatar et en France, Mezri Haddad, philosophe et directeur du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Si l'argent en général n'a pas d'odeur, celui du Qatar en avait une qui était particulièrement pestilentielle. Et si l'étendue de la prévarication se limitait uniquement à certains élus et ministres de gauche comme de droite, dont le Qatar a balancé les noms, le mal ne serait pas si grand.
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La corruption en général et pas seulement celle qui émanait du Qatar, a touché indistinctement certains droit-de-l'hommistes, certains avocats, chercheurs et ramasseurs des biens dits mal acquis des autocrates arabes et africains, certains hauts fonctionnaires du Comité olympique, certains écrivassiers, et certaines brebis galeuses de la corporation journalistique, notamment celle qu'on avait prise la main dans la maroquinerie marocaine et qui est devenue depuis la conseillère en communication de l'homme fort de Tripoli, Abdelhakim Belhadj, un ancien d'Al-Qaïda reconverti dans l'islamisme "modéré" et dans l'affairisme outrancier.
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C'est qu'avant d'être une idéologie totalitaire, théocratique et prosélyte, l'islamisme est d'abord une question de business et d'affairisme véreux. Bien plus grave que les Rolex, les enveloppes, les billets d'avion et les bons d'achats distribués à gauche et à droite, le livre de Chesnot et Malbrunot évoque aussi le financement des mosquées en France.
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Et la concurrence pour le contrôle de l'Islam au pays de Voltaire, entre deux frères ennemis, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Le premier pays investissant dans le salafisme et dans la secte des Frères musulmans, et le second pays, dans un Islam quiétiste et compatible avec les valeurs de la République, conclut Mezri Haddad (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.huffingtonpost.fr/mezri-haddad/corruption-livre-qatar/?utm_hp_ref=fr-homepage
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Quand le Qatar achète la France

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Michel Garroté - Le Qatar ? Un livre (1) accuse des responsables politiques français de monnayer leurs services. En effet, les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot publient un livre sur les liens de la France avec les monarchies du Golfe.
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(Extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Ils épinglent notamment les relations entretenues par des politiques français avec le Qatar. Dans leur nouveau livre "Nos très chers Emirs", consacré aux liens entre la France et les monarchies du Golfe, qui sort aujourd’hui en librairie, les journalistes Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro, et Christian Chesnot, du service étranger de France Inter, dénoncent notamment les relations intéressées qu’entretiennent certains membres de la classe politique française avec le Qatar.
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Les deux ex-otages en Irak pointent directement du doigt des élus de la République, droite et gauche confondues, et même un membre du gouvernement actuel, qui auraient cherché à tirer profit des fortunes colossales des émirs. Et ce, en faisant notamment pression sur leurs représentants en France. Au point de sidérer ces derniers par leurs demandes de cadeaux et de financements. Des accusations retentissantes alors que Doha et Riyad sont fréquemment accusés d’avoir propagé le wahhabisme dans le monde musulman et de financer directement ou indirectement des mouvements radicaux, voire jihadistes.
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Jean-Marie Le Guen gravement mis en cause :
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Le magazine Le Point dévoile les bonnes feuilles du livre, dans lesquelles le secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, est particulièrement égratigné. Ce dernier est accusé d'avoir fait pression pendant plus d’un an sur l’ambassade du Qatar pour imposer la création d’une agence de communication, au profit de l’un de ses proches. Jean-Marie Le Guen a fermement démenti les accusations et a annoncé sur Twitter qu'il allait porter plainte en diffamation.
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Un officiel qatari cité par les auteurs affirme que le socialiste aurait déclaré "tenir tous les députés et sénateurs de [son] camp", et qu’il pouvait ainsi "bloquer les questions hostiles au Qatar ou au contraire les alimenter".
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L’ancienne Garde des sceaux Rachida Dati est elle accusée d'avoir réclamé en 2015 "pas moins de 400 000 euros" à l’ambassade du Qatar pour financer une association diplomatique du 7e arrondissement de Paris, dont elle est le maire. Devant le refus de l'ambassadeur, l’eurodéputée aurait attaqué l’émirat lors d’un entretien accordé le lendemain au journaliste Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Une initiative qui lui a valu d’être placée sur la liste noire du Qatar.
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Une sénatrice réclame un cadeau de "fin d’année" :
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Le livre présente un autre épisode singulier. La sénatrice centriste Nathalie Goulet aurait réclamé un cadeau de Noël à l’ambassadeur fin 2015. "Comment se fait-il que je n’aie pas reçu mon cadeau de fin d’année ; d’autres sénateurs en ont eu un et pas moi ?". Autre caprice rapporté dans le livre : celui de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, qui bouderait les invitations à Doha, s’il n’obtient pas de place en première classe dans les avions de la Qatar Airways.
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De son côté Nicolas Bays, député socialiste du Nord et membre du groupe France-Qatar, est accusé d'avoir quémandé par SMS des billets d'avion pour le Qatar, et des nuits d'hôtel pour sa femme et ses enfants à Doha. Des demandes ironiquement rejetées par l’ambassadeur qatari Meshaal al-Thani, qui lui a conseillé d’acheter lui-même ses billets et de profiter des promotions proposées sur le site de Qatar Airways. Selon un proche du représentant de l’émirat, ce dernier en a eu "assez des hommes politiques français qui le prennent pour une banque".
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Et ce, même si l’émirat pratique "depuis longtemps la diplomatie du carnet de chèques" rappellent les auteurs, qui évoquent des Rolex et des bons d'achat de 6 000 euros dans les grands magasins offerts à certains parlementaires. Plusieurs personnes citées dans le livre ont annoncé leurs intentions de poursuivre en justice les auteurs du livre pour diffamation. De leurs côtés les deux journalistes affirment n'avoir publié que les noms de ceux pour lesquels ils possèdent des éléments probants (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://www.france24.com/fr/20161020-qatar-livre-chers-emirs-accuse-responsables-politiques-francais-chesnot-malbrunot-guen-dati
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(1) "Nos très chers Émirs", publié chez Michel Lafon, par Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
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France: Quand élus et ministres demandent cadeaux et argent au Qatar. Le cas du socialiste Nicolas Bays

Georges Malbrunot et Christian Chesnot sortent « Nos très chers émirs », où ils révèlent les relations troubles de ministres et d’élus avec les monarchies du Golfe en général et avec le Qatar en particulier.

 

 

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’on va parler d’un livre écrit par deux journalistes qui ont fait autre chose que parler à François Hollande. La mauvaise, c’est que ce n’est pas un livre qui va redorer le blason de la classe politique. Nos très chers émirs, sort aujourd’hui en librairie, il est écrit par un duo que l’on connaît bien Georges Malbrunot et Christian Chesnot et le Point l’affirme ce matin, « C’est un livre explosif sur les relations troubles de ministre et d’élus avec les monarchies du Golfe en général et avec le Qatar en particulier ». Les milliards d’euros des Émirats ont fait tourner la tête à beaucoup d’élus qui ne savent plus garder leurs distances, au risque de perdre leur honneur. Bonne feuille a lire dans le Point.

qatar

Il est question d’un député socialiste du Pas-de-Calais, Nicolas Bays, qui quémande le financement de ses vacances à l’ambassadeur du Qatar, d’une sénatrice centriste de l’Orne, Nathalie Goulet, qui fait un caprice pour obtenir un cadeau de fin d’année. « Tout le monde a reçu une montre sauf moi ! » Il faut dire que le Qatar, depuis des années, envoie à chaque Noël : Rolex et bons d’achat de 6.000 euros dans les grands magasins à certains parlementaires.

Et puis il y a des révélations gravissimes concernant un ministre en exercice Jean-Marie le Guen, ministre des Relations avec le parlement. Les auteurs affirment qu’il a voulu imposer à l’ambassadeur du Qatar en France une agence de communication gérée par un de ses proches. Cette agence de comm aurait été chargée de gérer les déclarations de certains hommes politiques quand ils parlent du Qatar. Sous-entendu : veiller à ce qu’il ne soit pas question de financement du terrorisme par exemple.

« Je peux bloquer au parlement les questions qui sont hostiles à votre pays, mais pas gratuitement ». « Il nous faisait littéralement du chantage », explique un officiel quatarien sur sa page Facebook. Jean-Marie le Guen parle d’ »allégations délirantes », porte plainte en diffamation et menace de poursuivre ceux qui reprendraient ces propos. [...]

RTL