Un candidat UDC sauvage va-t-il être élu au Conseil fédéral grâce à un plan secret socialiste comme Eveline Widmer-Schlumpf l'avait été en 2007? C'est la question que se pose la Basler Zeitung tant les 3 candidats officiels, qui vont se présenter devant le PDC et le PLR ce mardi, ne convainquent pas la gauche pour le moment.
Mais du côté du PS, on dément pour l'heure tout plan secret. Tout en ne cachant pas que les candidatures de Thomas Aeschi, jugé trop proche de Christoph Blocher, ou du Tessinois Norman Gobbi issu de la Lega, suscitent tout sauf de l'enthousiasme, comme l'a confirmé un parlementaire au journal bâlois. Seul le Vaudois Guy Parmelin pourrait trouver grâce à leurs yeux.
En outre, les mesures prises par l'UDC après l'élection d'Eveline Widmer-Schlumpf pour éviter que ce cas de figure se répète passent mal auprès des parlementaires, rappelle la BaZ. Le parti a en effet introduit une clause exigeant que tout élu non officiel qui accepterait son élection soit exclu du parti. Les politiciens se sentent donc sous pression à Berne.
Du coup, la rébellion à gauche aurait commencé dès ce lundi, avec le début de session, croit savoir la Basler Zeitung. «La réticence à choisir l'un des 3 candidats officiels est toujours plus perceptible», a ainsi indiqué une conseillère nationale. Pourtant l'un de ses collègues ne croit pas à la répétition du scénario à la Eveline Widmer-Schlumpf: «on peut difficilement s'intéresser à d'autres candidats UDC sans que le parti ne l'apprenne», estime-t-il. «La seule possibilité serait de choisir quelqu'un qui ne saurait rien de ces tractations, et espérer qu'il accepte son élection malgré les menaces de répression de son parti».
Toujours selon la Basler Zeitung, d'autres ne croient pas en l'élection d'un candidat sauvage issu du groupe UDC à Berne, ceci en raison de la pression que le parti exerce sur ses membres. Seule possibilité pour éviter le trio officiel: choisir un candidat hors du sérail bernois, soit dans les cantons, comme ce fut le cas pour Eveline Widmer-Schlumpf. Mais là aussi, la manoeuvre ne fait pas l'unanimité et une minorité du PS plaide pour que le choix se porte au final sur l'un des trois candidats officiels.
Du côté des Verts, le parti a déjà annoncé qu'aucune de leur 13 voix à Berne n'iraient aux candidats officiels.
Le PDC croit en une manoeuvre du PS
Reste à savoir ce que fera le centre. Le PDC devrait plutôt se ranger derrière le ticket officiel. Mais on n’exclurait pas de rejoindre une fronde éventuelle de la gauche, que l'on estime plus que probable. Car la tentation est trop grande, et le PS n'a rien à perdre, estime-t-on. Pour les démocrates du centre, tout dépendra de l'impression que feront les candidats ce mardi.
Quant au PLR, tous ses membres se rangeront derrière le trio présenté par l'UDC.
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