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Suisse/UE. Recyclage : quand les arguments de 1992 reviennent en 2026

Pour ceux qui étaient déjà là en 1992, la campagne au sujet de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » a des airs de déjà-vu.

Yvan Perrin
15 mai 2026
3 min de lecture

Pour ceux qui étaient déjà là en 1992, la cam­pagne au sujet de l’initiative « Pas de Suisse à 10 mil­lions ! » a des airs de déjà-vu.

À l’époque, on enten­dait le Conseil fédé­ral expli­quer que la Suisse allait dis­pa­raître en cas de non à l’Union euro­péenne. Les inves­tis­seurs fui­raient notre pays, le chô­mage rava­ge­rait villes et cam­pagnes, la jeu­nesse serait pri­vée d’avenir, le monde entier nous tour­ne­rait le dos. Mais le peuple et les can­tons ne se sont pas lais­sé impres­sion­ner. Ils ont dit non.

Et que s’est-il pas­sé ? L’apocalypse annon­cée ne s’est pas pro­duite. Notre pays béné­fi­cie d’une situa­tion fort enviable. On le voit au fait que nombre d’Européens cherchent à s’établir chez nous. Le para­dis bruxel­lois que le Conseil fédé­ral nous décri­vait en 1992 aurait plu­tôt dû avoir l’effet inverse, à savoir pro­vo­quer un exode mas­sif de citoyens suisses quit­tant le pays pour vivre dans le bon­heur et la joie. Le Conseil fédé­ral, les par­tis poli­tiques, les médias, tous étaient unis pour nous sou­mettre à Bruxelles, ils se sont tous plan­tés !

Aujourd’hui, on retrouve une confi­gu­ra­tion iden­tique. Les mêmes qui bra­daient la Suisse en 1992 com­battent l’initiative en faveur d’une immi­gra­tion rai­son­nable en recy­clant les argu­ments d’alors. « Un oui aura pour consé­quence la fin de la Suisse. » En com­pa­rai­son de ce qui nous attend si le peuple et les can­tons ne votent pas comme Eco­no­mie­suisse l’exige, l’enfer n’est qu’un havre de bon­heur. Le Conseil fédé­ral entend le démon­trer et nous pro­pose une très oppor­tune étude qui prouve, chiffres à l’appui, que le oui rava­ge­rait dura­ble­ment l’économie suisse. Tout comme devait le faire un non en 1992. Les Sages annoncent éga­le­ment que des mesures sont à l’étude pour répondre aux menus pro­blèmes que l’immigration débri­dée peut très éven­tuel­le­ment cau­ser ici ou là. Des mesures qui jaillissent avec d’autant plus de créa­ti­vi­té que l’initiative est don­née gagnante. Tout est donc bon pour la tor­piller, y com­pris les décla­ra­tions les plus men­son­gères, ce en quoi le conseiller fédé­ral socia­liste Beat Jans excelle.

Le 6 décembre 1992, peuple et can­tons ont choi­si le cou­rage face aux menaces bran­dies par la classe poli­tique, les jour­na­listes et le Conseil fédé­ral. Les femmes et les hommes qui ont dit non ce jour-là nous per­mettent de vivre dans un pays jalou­sé par l’Union euro­péenne. Le 14 juin pro­chain, face aux mêmes menaces bran­dies par la même clique, fai­sons-nous aus­si preuve de cou­rage et disons OUI à l’initiative « Pas de Suisse à 10 mil­lions ! ».

Yvan Perrin
Yvan Perrin

Ancien Conseiller national.

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