Suisse/UE. Recyclage : quand les arguments de 1992 reviennent en 2026
Pour ceux qui étaient déjà là en 1992, la campagne au sujet de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » a des airs de déjà-vu.
Pour ceux qui étaient déjà là en 1992, la campagne au sujet de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » a des airs de déjà-vu.
À l’époque, on entendait le Conseil fédéral expliquer que la Suisse allait disparaître en cas de non à l’Union européenne. Les investisseurs fuiraient notre pays, le chômage ravagerait villes et campagnes, la jeunesse serait privée d’avenir, le monde entier nous tournerait le dos. Mais le peuple et les cantons ne se sont pas laissé impressionner. Ils ont dit non.
Et que s’est-il passé ? L’apocalypse annoncée ne s’est pas produite. Notre pays bénéficie d’une situation fort enviable. On le voit au fait que nombre d’Européens cherchent à s’établir chez nous. Le paradis bruxellois que le Conseil fédéral nous décrivait en 1992 aurait plutôt dû avoir l’effet inverse, à savoir provoquer un exode massif de citoyens suisses quittant le pays pour vivre dans le bonheur et la joie. Le Conseil fédéral, les partis politiques, les médias, tous étaient unis pour nous soumettre à Bruxelles, ils se sont tous plantés !
Aujourd’hui, on retrouve une configuration identique. Les mêmes qui bradaient la Suisse en 1992 combattent l’initiative en faveur d’une immigration raisonnable en recyclant les arguments d’alors. « Un oui aura pour conséquence la fin de la Suisse. » En comparaison de ce qui nous attend si le peuple et les cantons ne votent pas comme Economiesuisse l’exige, l’enfer n’est qu’un havre de bonheur. Le Conseil fédéral entend le démontrer et nous propose une très opportune étude qui prouve, chiffres à l’appui, que le oui ravagerait durablement l’économie suisse. Tout comme devait le faire un non en 1992. Les Sages annoncent également que des mesures sont à l’étude pour répondre aux menus problèmes que l’immigration débridée peut très éventuellement causer ici ou là. Des mesures qui jaillissent avec d’autant plus de créativité que l’initiative est donnée gagnante. Tout est donc bon pour la torpiller, y compris les déclarations les plus mensongères, ce en quoi le conseiller fédéral socialiste Beat Jans excelle.
Le 6 décembre 1992, peuple et cantons ont choisi le courage face aux menaces brandies par la classe politique, les journalistes et le Conseil fédéral. Les femmes et les hommes qui ont dit non ce jour-là nous permettent de vivre dans un pays jalousé par l’Union européenne. Le 14 juin prochain, face aux mêmes menaces brandies par la même clique, faisons-nous aussi preuve de courage et disons OUI à l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! ».