mardi 25 août 2026
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Neutralité : l’UDC tient la ligne, le « non » prend de l’avance

À un mois du vote, l’UDC réaffirme son soutien à l’initiative sur la neutralité. Face à elle, presque tous les grands partis et le Conseil fédéral font bloc, tandis que les sondages donnent l’avantage au non.

Les Observateurs (la rédaction)
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Réunis samedi à Baar, les délégués de l’UDC ont remis la neutralité au centre de leur rentrée et confirmé leur soutien à l’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse », soumise au vote le 27 septembre. Marcel Dettling, président de l’UDC, en a profité pour relier le dossier à l’autre combat du parti, contre les nouveaux accords avec l’Union européenne. Pour l’UDC, même logique : empêcher Berne de céder, par petites touches, des pans de souveraineté.

Le texte veut inscrire dans la Constitution une neutralité « perpétuelle et armée ». Il interdirait l’adhésion à une alliance militaire – l’OTAN, qui sans être nommée, est dans tous les esprits –, limiterait fortement la coopération avec celles-ci et empêcherait la Suisse de prendre des sanctions contre un État belligérant, hors obligations de l’ONU et mesures anti-contournement. C’est précisément la ligne que Christoph Blocher défend depuis le lancement de la campagne : après la reprise des sanctions européennes contre la Russie en 2022, il veut retirer au Conseil fédéral une partie de sa liberté d’interprétation.

Cette liberté est au cœur du scrutin. Jacques Pitteloud, ambassadeur suisse auprès de l’OTAN, défend au contraire une neutralité capable de « s’adapter » et juge nécessaire de conserver au gouvernement ses « marges de manœuvre et d’appréciation ». Dans les faits, le rapprochement se poursuit : depuis juillet, la Suisse participe au partenariat munitions de l’agence d’acquisition de l’OTAN, qui couvre plus de 2 000 types de munitions. Berne assure que cette coopération reste compatible avec la neutralité, tout comme l’adoption de systèmes d’armes aux standards OTAN, comme le F-35 ou le Patriot.

Dans l’arène politique, l’UDC est le seul grand parti peuplé d’irréductibles Helvètes qui résiste encore et toujours : PLR, Centre, Vert’libéraux, PS et Vert·e·s font campagne avec le Conseil fédéral contre l’initiative. Le débat dépasse toutefois les frontières partisanes. L’ancien ambassadeur Jean-Daniel Ruch soutient le texte, tandis que le Vert Raphaël Mahaim, qui partage plusieurs critiques sur l’évolution récente de la politique de neutralité, rejette le remède proposé.

À un mois du vote, l’avantage appartient néanmoins aux opposants. La première enquête SSR/gfs.bern donne 54 % de non contre 42 % de oui, avec 4 % d’indécis ; 73 % des personnes ayant l’intention de participer ont déjà une opinion ferme. L’électorat UDC soutient massivement l’initiative, tandis que le non domine chez les sympathisants de tous les autres grands partis.

L’UDC entre ainsi dans le dernier mois de campagne contre presque tout l’échiquier politique et avec des sondages contraires. Le 27 septembre dira si les Suisses voient dans le texte le carcan diplomatique dénoncé par ses adversaires ou, comme le veulent ses promoteurs, une ceinture de sécurité constitutionnelle.

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