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Lépante, 455 ans après : nous y étions aussi

Le 7 octobre 1571, à l’entrée du golfe de Patras, la flotte de la Sainte Ligue brisait celle de l’Empire ottoman. Aux côtés des Espagnols, des Vénitiens, des Génois et des mercenaires allemands, il y avait ce jour-là une poignée de Suisses, dont une douzaine de gardes du pape, et l’un d’eux en a rapporté un trophée qui a pris le chemin de Lucerne.

La rédaction
7 octobre 2026 Modifié le 7 octobre 2026 à 11h14
2 min de lecture

Rendons d’abord à chacun ce qui lui revient, car la victoire de Lépante est avant tout celle de Venise et de l’Espagne. L’alliance voulue par le pape Pie V réunissait Venise, l’Espagne, les États pontificaux, l’ordre de Malte, le duché de Savoie et plusieurs États italiens, et elle alignait plus de 200 galères, dont la moitié sortait de l’arsenal de Venise, sous le commandement de Don Juan d’Autriche, demi-frère du roi d’Espagne, alors âgé de 24 ans. La Confédération n’était pas partie au traité et n’a envoyé aucun contingent, si bien que l’on chercherait en vain une bannière cantonale sur les tableaux qui célèbrent la bataille.

Des Suisses ont pourtant combattu ce jour-là, et nous le savons grâce à un morceau d’étoffe. Dans une étude consacrée à la collection de drapeaux du Musée historique de Lucerne, son directeur d’alors, Josef Brülisauer, rappelle que plusieurs Suisses ont pris part à la bataille, parmi lesquels douze gardes du pape, treize selon d’autres récits, autrement dit des hommes de la Garde suisse pontificale embarqués avec la flotte du Saint-Siège. L’un d’eux, que le musée nomme Hans Nolle, s’est emparé d’un fanion turc rouge, frappé d’un double croissant blanc et d’une inscription noire, qui a rejoint les collections lucernoises et que le Schweizer Fahnenbuch de 1942 répertoriait déjà parmi les prises de guerre du canton.

Le détail a son charme : le musée est installé dans l’ancien arsenal de la ville, bâti en 1567, de sorte que le bâtiment n’avait que quatre ans lorsque le garde Nolle arrachait son fanion à une galère ottomane. Une douzaine d’hommes, sur une flotte de plus de deux cents galères, n’ont évidemment pas décidé du sort de la journée, mais ils suffisent pour que nous puissions dire, en ce jour anniversaire, que nous y étions aussi.

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