Neutralité : bougisme progressiste, élitaire et irresponsable contre patriotisme historique, identitaire et charnel
Le 27 septembre, le peuple suisse votera sur l'initiative « Sauvegarder la neutralité suisse ». Contre elle : le Conseil fédéral, ses centaines de fonctionnaires, des médias quasiment unanimes, et les leçons venues de l'étranger. Pour elle : l'histoire, le bon sens et l'attachement charnel au pays. Les thèses des opposants méritent d'être démontées une à une.
Cette initiative est essentielle : elle est un rappel historique et une garantie que la Suisse ne sera pas mêlée à des guerres ni à toutes sortes d’engagements contre-productifs pour le pays. Or, ce qui frappe d’abord, c’est que tous les moyens sont utilisés par ceux qui s’y opposent. Il y a une espèce d’entente entre les autorités et les médias. Et parmi ces autorités, il ne faut jamais oublier les fonctionnaires, par dizaines, par centaines, dans les différents départements du Conseil fédéral. C’est absolument incroyable.
Thèse, antithèse et mensonge
Bien sûr qu’on donne de temps en temps la parole à l’un ou l’autre partisan. Mais une première chose inadmissible : depuis deux ou trois semaines, on répète constamment dans les médias de service public, qui, selon le premier sondage, un tiers seulement des votants soutiendrait l’initiative. Cela tourne en boucle, en permanence. Il semble qu’ils hésitent un peu maintenant, tant le procédé est grossier, intéressé, inadmissible.
Le front est clairement défini. Ignazio Cassis a donné une interview à la radio, avec des journalistes complaisants, même si l’on émet une petite critique de temps en temps. Je pense que le CF Cassis serait plus à l’aise dans un pays européen comme l’Italie, dont il a – ou avait – le passeport, plutôt qu’en Suisse.
La fausse neutralité « tactique »
Autre affirmation systématique de Cassis, et donc de l’ensemble du Conseil fédéral : il serait pour une neutralité « tactique » et non « morale ». Mais en réalité, la logique de fond est une logique d’adaptation et de soumission. On veut coopérer avec l’OTAN tout en affirmant rester indépendant. Coopérer avec l’Union européenne ? Toujours la même chose : ce seraient des coopérations sans aucune incidence sur l’indépendance de la Suisse et son noyau dur. Juste une adaptation !
Rappelons que le Conseil fédéral a, à un moment donné, prévu l’adhésion à l’Union européenne. C’était bien une forme d’adaptation, de soumission, voire de trahison ! Ils ont progressivement dû abandonner cet objectif, mais ils l’ont dit et écrit.
La menace russe : prétexte au surarmement
Un autre argument revient tout le temps : la menace de guerre. Et ici, on tombe sur la russophobie. C’est la grande excuse, la menace russe. Alors qu’on sait très bien que la Russie n’a aucun intérêt à vouloir envahir l’Europe. C’est tellement absurde. Mais on choisit exprès des interviewés tétanisés, révoltés, qui confondent encore la Russie avec l’URSS des soviets. Des gens qui ne connaissent rien à la situation réelle actuelle, ou à qui on la cache. Désinformer pour atteindre des objectifs cachés mais bien réels.
Cela justifie, ce qui est plus grave à mon avis : un surarmement généralisé. C’est l’occasion de dépenses militaires absolument incroyables, avec un gâchis gigantesque, des choses scandaleuses et inadmissibles. Des F-35 inadaptés à la Suisse, et je ne caricature pas. Nous voilà pris dans toute une série de situations irresponsables du fait des autorités. Et par rapport à ce surarmement, nous n’avons pas pour autant les armements les plus adéquats, et nous dépendons en plus, largement, on le sait maintenant, des États-Unis. Comment peut-on accepter cela ?
Un exemple parlant : dans les années 60–70, avec l’affaire des Mirages, il y a eu des démissions pour quelques centaines de millions de dépassement. Des hauts fonctionnaires et des cadres de l’armée ont démissionné ; le conseiller fédéral Paul Chaudet lui-même a fini par quitter le Conseil fédéral. Aujourd’hui, il s’agit de milliards, et rien : pas de démission, pas de problème, pas de recul, pas de redéfinition. On dirait que le Conseil fédéral peut faire ce qu’il veut, quel qu’en soit le coût. Une attitude surréaliste. Inadmissible.
Les ambassadeurs réduits au silence
Au niveau de la diplomatie, il se passe quelque chose de très étonnant. On veut créer une large opposition à l’initiative en convoquant massivement les ambassadeurs. Vous voyez, cela fait beaucoup de monde. On leur tient un discours unilatéral, personne n’ose bouger. Et on a même fait taire un certain nombre de diplomates et d’ambassadeurs qui voyaient clair et qui défendaient inconditionnellement la neutralité. Ce que tous devraient faire.
Il faut être clair. Une autre Conseillère fédérale a vraiment travaillé sans grande compétence en matière d’armée, Viola Amherd, qui s’occupait apparemment plus volontiers de problèmes de wokisme et de femmes dans l’armée que de défense et de sécurité. Elle a même licencié des cadres parmi les plus hauts placés et les plus compétents et patriotes. C’est une chose absolument incroyable. Et on ne s’en révolte pas, du moins publiquement : on a droit à des sous-entendus, on félicite quand même, on organise des cérémonies pour la partante, malgré l’incompétence et les dégâts créés.
Les voix lucides et compétentes, on les entend maintenant sur des sites d’information, comme le nôtre et quelques autres, hors espaces publics, hors médias de service public. Voilà toute une série de points que presque personne n’ose soulever.
L’hypocrisie des puissances étrangères
On parle de la Russie qui se mêlerait de la campagne pour favoriser l’acceptation de l’initiative. Mais c’est de la rigolade. Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il y a des interventions étrangères ouvertes, claires et nettes. Un ministre allemand vient se mêler pleinement du débat, expliquant que la Suisse doit avoir une neutralité adaptée, progressiste, ouverte, souple, faute de quoi elle serait égoïste. Hypocrisie suprême : on explique qu’il faut refuser cette neutralité plus stricte, tout en précisant que « c’est aux citoyens suisses de décider ».
Et ce n’est pas le seul. L’ancien premier ministre suédois Carl Bildt intervient lui aussi ouvertement pour dire que la Suisse doit avoir une neutralité adaptable à l’OTAN et à l’Union européenne. Mais chaque fois, on répète : c’est aux Suisses de décider. Vous voyez la façon d’influencer sans en avoir l’air.
Cela montre surtout qu’ils ont peur de cette neutralité qui existe depuis des siècles. Depuis 1515, Marignan, la Suisse a compris qu’il ne fallait plus mener de guerres. Et l’on s’y est tenu.
La démocratie directe est en danger
Il faut constamment établir un parallèle capital : d’un côté le système politique suisse et sa démocratie directe, de l’autre l’Union européenne, sa Commission et cette femme qui vire au totalitarisme, Ursula von der Leyen.
Autre chose très importante que révèle cette campagne : les initiatives populaires ne sont plus vraiment discutées de manière démocratique et pluraliste, à cause bien sûr du monopole orienté à gauche des médias et d’une tendance de gauche et progressiste générale d’une grande partie des autorités et des élites.
En touchant à la neutralité, en la rendant « dynamique », « souple », « flexible », « ouverte » – tous ces termes qu’une certaine Conseillère fédérale, une socialiste, par exemple, chantait un peu partout – on ne se rend pas compte que les caractéristiques fondamentales du système politique suisse – la démocratie directe bien sûr, l’unité dans la diversité et les autres traits que j’ai souvent rappelés – forment un tout. Toucher à la neutralité, c’est toucher aux fondements du système politique suisse. Il faut absolument rappeler cela. C’est particulièrement important, et c’est transgressé constamment, maintenant. Cela, c’est nouveau.
Un autre élément capital : on oublie complètement que le système politique suisse, qui paraît si solide, a aussi ses fragilités. Si l’on commence à s’attaquer à l’un de ses fondements, on met en cause les autres. On a encore de la peine à l’imaginer, mais il est certain que ces irresponsables, qui imposent leur point de vue avec l’appui des médias, ne se rendent pas compte des dangers qu’ils créent. Un tel système politique doit être entretenu quotidiennement. Et oui, le patriotisme est quelque chose qui s’entretient tous les jours. Ce n’est pas par hasard que les défenseurs de cette initiative sont d’abord des patriotes sincères, fidèles, totalement convaincus et dévoués, et profondément attachés à leur pays.
Christoph Blocher : le patriote chassé
Il ne faut pas oublier que Christoph Blocher a siégé au Conseil fédéral, au Département de justice et police. Et tout a été fait pour l’empêcher d’agir, l’empêcher de prendre des mesures plus draconiennes contre l’immigration insuffisamment contrôlée, la criminalité, les abus de l’asile. Empêcher qu’on développe davantage la sécurité et qu’on prenne des mesures plus strictes contre l’immigration illégale, la criminalité, au nom de la xénophobie et du racisme, ou tout simplement parce qu’UDC !
Avec intrigues et un spectacle inouï, ils ont réussi à éliminer Blocher du Conseil fédéral après ses quatre premières années. Et vous aviez des socialistes et des écologistes qui sautillaient dans la salle du Parlement comme des cabris, de joie et de contentement d’avoir éliminé Blocher. Lui qui était un vrai patriote, comme il l’est aujourd’hui encore, avec cette initiative populaire.
Nous sommes devant une guerre interne entre, d’un côté, des patriotes historiques, charnels, attachés au pays – comme l’incarne le symbole Guillaume Tell, réaction instinctive à la moindre menace – et, de l’autre, des gens qui, sans s’en rendre compte, bradent des pans entiers de la Suisse, avec fierté qui plus est. Évidemment qu’ils sont admirés à l’étranger et dans les organisations internationales, où ils ont enfin leur mot à dire. C’est un spectacle incroyable, pitoyable. Je ne peins pas le diable sur la muraille, mais il est absolument certain que ces gens causent des dégâts considérables à notre pays.
Le cas du Kosovo, ou la neutralité trahie
Pour montrer où mène une soi-disant neutralité « dynamique », « ouverte », « mobile », « adaptative » – vous connaissez les termes utilisés – il ne faudrait jamais oublier le cas du Kosovo.
La Conseillère fédérale socialiste Micheline Calmy-Rey – avec l’accord, bien sûr, de l’ensemble du Conseil fédéral – a fait de la Suisse l’un des premiers pays à reconnaître le Kosovo comme État indépendant. Est-ce encore de la neutralité ? Mais c’est encore bien plus grave.
Carla Del Ponte comme Dick Marty ont mené des enquêtes très approfondies sur le Kosovo et ont établi qui était vraiment le premier dirigeant du Kosovo, Hashim Thaçi, resté en fonction environ huit ans et qui avait auparavant séjourné en Suisse. Or il est aujourd’hui détenu à La Haye, poursuivi pour crimes de guerre : participation personnelle non seulement à la guerre, mais apparemment aussi à la torture et au trafic d’organes prélevés sur des prisonniers serbes, organes vendus pour financer la guerre. On a donc soutenu ce genre de dirigeants, qui sont en réalité des criminels de guerre, et qui avaient l’appui de la Suisse. Il faut rappeler ces exemples. Est-ce cela, la neutralité : soutenir des criminels de guerre devenus chefs de gouvernement ?
Les diplomates qui parlent seulement à la retraite
Ce qui frappe, c’est cette petite minorité de personnes ayant exercé d’importantes responsabilités diplomatiques ou politiques, et qui ont dû attendre la retraite pour parler, pour montrer à quel point elles étaient attachées à la neutralité – faute de quoi tout allait à vau-l’eau, ouvrant la voie à toutes les soumissions et adaptations qui mettent le pays en danger.
Il y a eu par exemple plusieurs ambassadeurs. M. Ruch, qui a persisté et persiste encore, s’exprime de nouveau davantage. Mais il est surtout interviewé par différents sites qui ont pris une certaine place et qui n’ont rien à voir avec le service public dominant.
Ce sont des voix comme celles-là qui ont dû attendre. Cela pose une vraie question : la discussion publique démocratique est gravement menacée si seules deux ou trois personnes osent dire – alors que beaucoup le savent dans le monde diplomatique notamment – qu’on a transgressé la neutralité de manière incroyable. Le cas du Kosovo en est un exemple. Des spécialistes, des professeurs, eux aussi à la retraite, commencent à parler, à rappeler des faits, à critiquer la neutralité « dynamique », « active » ou « coopérative », etc.
C’est un vrai problème que des personnalités parfaitement au courant doivent attendre la retraite pour dire ce qu’elles pensent et ont vécu. Et malheureusement, il y a une espèce de tsunami contre cette initiative qui devrait être massivement acceptée, un tsunami contre lequel il est extrêmement difficile de lutter. Voilà encore une chose qui modifie complètement la démocratie directe : un débat public qui n’est plus vraiment pluraliste, où même ceux qui parlent sont immédiatement sanctionnés. On en a eu des exemples incroyables au département militaire, où l’on a licencié de hauts cadres qui n’étaient pas favorables, par exemple, au développement des liens avec l’OTAN. Ces censeurs ne sentent pas le pays de manière populaire, affective, personnelle, charnelle. Leur première préoccupation est-elle vraiment de défendre inconditionnellement le pays ?
Les universitaires hors sol
Il faut aussi dire un mot des universitaires et des intellectuels. C’est connu, la plupart sont de gauche, mais aussi hors sol, sans expérience concrète réelle, tout en donnant des leçons du matin au soir. Ils critiquent une neutralité « trop rigide », ils habillent l’adaptation et la soumission, et ils trouvent toutes sortes de petites formules pour montrer qu’il faut absolument refuser cette initiative. Vous les trouvez largement représentés dans le journal Le Temps, en grande partie à gauche.
Un de ses rares journalistes, qui n’était pas spécialement de gauche, vient d’ailleurs de donner sa démission – cela ne se sait pas encore, vous le verrez d’ici quelques jours – précisément à cause de ce mouvement de fond bien-pensant, cette vague massive, toujours dans le même sens. C’est incroyable à quel point le débat intellectuel et universitaire est lui aussi complètement uniforme, alors qu’on devrait avoir de vraies discussions contradictoires.
Je veux bien qu’on argumente. Mais toute la propagande bénéficie de l’appui de l’appareil officiel et des autorités fédérales, entourées de dizaines et de dizaines de fonctionnaires qui se disent spécialistes et qui poussent évidemment dans le sens qui les arrange : du côté de l’OTAN, du côté de l’Union européenne.
Oui, la Suisse a un rôle à jouer. Mais le rôle traditionnel, classique : la lutte pour la paix, le CICR, tous ces organismes qui font un travail formidable, d’aide aux réfugiés, toutes les interventions humanitaires. Ça, c’est la Suisse. Pas de chanter l’OTAN et les F-35 américains. C’est surréaliste. Il faut redéfinir et réapprendre où la Suisse doit et peut agir. Or parmi ces universitaires des sciences sociales et politiques, il n’y en a quasiment aucun qui ait le patriotisme chevillé au corps.
Bürgenstock : l’aberration d’un sommet sans la Russie
Rappelons encore l’incroyable exemple du sommet international fastueux du Bürgenstock. Il a coûté des dizaines de millions, pour réunir, certes un grand nombre de pays – cela de nouveau sous l’influence de conseillers de toutes sortes : il fallait faire un grand sommet, œuvrer pour la paix… et l’on n’invite pas la Russie. C’est tellement aberrant, stupide, incroyable. Mais cela se fait. Et devant l’échec, on dira : oui, mais on a quand même fait quelques pas, c’est une première étape. Des dizaines de millions. Et la Russie qui nous dit : vous n’êtes plus neutres.
Ici, un point capital. On peut aligner quantité de critères de la neutralité, mais il en est un qu’il faut absolument avoir en tête : la Suisse est neutre dans la mesure où le monde entier la reconnaît comme neutre. Or nous travaillons nous-mêmes à détruire cette image. C’est peut-être l’aspect le plus destructeur.
Aucun problème pour définir la neutralité. Et de toute façon, même stricte comme le veut l’initiative, elle permettra toujours des possibilités de gérer certaines situations ; elles sont d’ailleurs définies. Mais le plus important, c’est que nous ne commettions pas d’actes contraires à l’image que nous voulons donner. Les pays étrangers doivent retrouver clairement l’image d’une Suisse neutre, qui met tous ses services à disposition pour œuvrer dans le sens de la paix – mais pas de manière incompétente et irresponsable, et à effet contraire. Tout le monde rigole à propos du Bürgenstock, sauf quelques fonctionnaires qui répètent : « c’était quand même un succès, même s’il n’est pas total ».
Nous devons montrer, notamment à la Russie en ce moment, qu’une grande partie du peuple suisse n’est pas d’accord avec cette russophobie galopante. Nous devons le dire et le redire, sans doute y aller, pour qu’on le comprenne et que nous soyons de nouveau largement reconnus comme neutres. C’est là qu’il y a un travail à faire, plutôt que d’essayer de définir une neutralité « adaptative », « ouverte », « progressiste » etc. Car il faut le rappeler : des membres du Conseil fédéral, et même l’ensemble du Conseil fédéral, ont approuvé des démarches comme celle auprès du Kosovo.
Il faut être à la retraite pour dire la vérité. Or nous voulons la vérité, et surtout nous voulons de nouveau être neutres et perçus comme tels. C’est une question de réception de nos messages. Nous devons émettre des messages clairement compréhensibles, illustrés et vécus concrètement, régulièrement, quotidiennement, par la mise à disposition de toutes nos compétences au service de la paix. Et non pas nous engager, nous impliquer, directement ou indirectement, implicitement ou non, dans une guerre.
Wolf Linder : la Suisse par la connaissance
Un professeur d’université, des sciences politiques, rare, lui aussi à la retraite, nous dit que les sanctions tuent. Et oui, il a raison. C’est Wolf Linder, que j’ai apprécié tout au long de ma carrière universitaire. Tout en étant socialiste, il était profondément suisse et connaissait la Suisse dans ses fondements, qu’il a présentés et expliqués, comme moi, en Suisse et au niveau international. De nouveau : un professeur à la retraite, et dont le discours a toujours été attaché à la Suisse par connaissance et par compétence, et non constamment critique par idéologie.
C’est cela : la connaissance profonde de la Suisse, de ses fondements, de son histoire – et bien sûr l’expérience – doit prendre le dessus sur les idéologies qui font des ravages dans les universités, tout particulièrement dans les sciences dites humaines, sociales et politiques. C’est une autre leçon absolument capitale. J’ai souvent pris l’exemple de professeurs d’histoire nationale qui critiquent constamment la Suisse et qui parlent dans des amphithéâtres. Vous imaginez l’effet sur les jeunes étudiants, qui viennent tout frais pour apprendre et non pour se faire laver le cerveau. Même si cela paraît un peu caricatural, le fond est tout à fait authentique.
Il faut le dire, plusieurs personnalités de gauche, membres de partis de gauche, socialistes, défendent l’initiative de l’UDC. Cela marque toute la différence entre ceux qui sont vraiment attachés à la Suisse, qui la connaissent, et ceux qui obéissent aux mots d’ordre de leur direction idéologique. Ce qu’il nous faut, c’est un discours fondé sur une connaissance profonde et historique de la Suisse. J’insiste. Pas un discours, toujours un peu implicite, même subtil, et même à prétention scientifique, pour tenter de cacher l’idéologie sous-jacente – qui va toujours dans le même sens, que ce soit dans les médias ou à l’université.
C’est évidemment l’occasion de dire que, plus que jamais, les citoyens suisses devraient soutenir les sites et médias d’information qui militent pour la vérité, contre vents et marées idéologiques.
Le drapeau suisse en partage
Voilà une série de remarques dont j’aimerais vraiment qu’elles soient entendues et qu’elles fassent réfléchir les électeurs qui hésitent. Il y en a tellement qui n’entendent que des paroles abstraites, incompréhensibles, hors-sol – alors qu’elles sentent et ressentent profondément la Suisse, sans besoin de longs discours, chaque fois construits ad hoc. N’est-ce pas ?
Une chose encore : regardez dans les milieux populaires. Ce ne sont pas les milieux de la finance, de l’économie intéressée, des millionnaires et des milliardaires – il y a des exceptions – qui hissent des drapeaux suisses sur leur maison, sur leur villa – mais bien les gens simples, sur leur balcon, à la fenêtre, ou dans leur petite maisonnette des jardins familiaux. C’est un attachement affectif, profond, viscéral. Pas du tout excessif, pas du tout fanatique. Rien de tout cela. Ils aiment leur pays et ils l’affichent avec un drapeau suisse. Sans plus, sans envie d’adaptation constante, de soumission à toujours mieux, toujours plus ouverts !
La plus grande subtilité des arguments techniques, juridiques ou autres ne peut cacher l’essentiel : la neutralité comme la démocratie directe et les autres fondements de la Suisse, forment un tout et ont en plus un caractère symbolique puissant qui les transcende. S’attaquer à l’un de ces fondements, c’est mettre en danger le tout, c’est risquer de transformer un équilibre exemplaire mais fragile en antagonismes menaçants.