Le 27 septembre 2020, le peuple suisse acceptait à 50,1 %, avec quelque 8 000 voix d’écart, un crédit de 6 milliards de francs pour renouveler sa flotte aérienne. Neuf mois plus tard, le 30 juin 2021, le Conseil fédéral tranchait en faveur du F-35A américain : 36 appareils, censés être acquis à « prix fixe » et présentés comme l’offre aux « coûts globaux les plus bas », pour succéder aux F/A-18 et aux Tiger vieillissants.
Depuis, le programme accumule les turbulences, et le scandale du F-35 tient d’abord à ce prix. En juin 2025, Washington l’a qualifié de « malentendu » et annoncé un supplément de 650 millions à 1,3 milliard de dollars. En septembre 2026, la Commission de gestion du Conseil national a établi qu’aucun prix forfaitaire n’avait jamais été convenu, le contrat disant même l’inverse, alors que le DDPS l’avait affirmé devant le Parlement pendant plus de trois ans. Le Conseil fédéral avait entre-temps ramené la commande à 30 avions pour respecter le crédit voté par le peuple, sans y parvenir : le Parlement a encore accordé, le 15 septembre, un crédit additionnel de 394 millions qui porte l’enveloppe à près de 6,4 milliards. Une semaine plus tard, dans l’usine de Lockheed Martin à Fort Worth, le chef de l’armée, Benedikt Roos, jugeait que « trente F-35, ce n’est pas assez ».