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Ce que les discours du 1er août ont soigneusement tu

Démocratie directe contournée, neutralité bradée, conférencier refoulé à la frontière, faune protégée au mépris de ceux qui vivent de la terre et du lac : les célébrations du 1er août ont offert une image flatteuse de la Suisse en passant sous silence les menaces graves qui pèsent sur ses fondements mêmes. Un édito en quatre temps, à rebours du consensus médiatique.

Uli Windisch
4 août 2026
10 min de lecture

J’ai attendu que les discours du 1er août des conseillers fédéraux soient tenus avant de prendre la parole. Le constat qui s’impose : une apologie de la Suisse qui tait l’essentiel. Des initiatives populaires votées mais non appliquées à une neutralité sacrifiée, de l’interdiction faite à Martin Sellner de s’exprimer à Bâle aux ravages du loup et des cormorans ignorés par le courant écolo-médiatique, je relie ici quatre actualités qui, chacune à sa manière, illustrent le même mal – des autorités et des médias qui refusent de nommer les problèmes. Certes, on a le droit de faire la fête ; encore faut-il oser souligner les menaces.

Les discours du 1er août : une apologie qui cache les menaces

J’ai attendu que les discours du 1er août des conseillers fédéraux soient tenus avant d’intervenir. D’habitude, ces discours illustrent le fonctionnement du système politique suisse. La nouveauté, cette année, c’est que certains fondements essentiels de ce système sont, à mes yeux, menacés dans leur essence même – et que personne ne l’a dit.

Tous ont évoqué l’un ou l’autre aspect : la démocratie, toujours présentée comme un atout, le pragmatisme, la négociation, l’utilité de l’armée lors des catastrophes naturelles comme à Blatten. Bref, une image très positive de la Suisse – venant des autorités, c’est déjà bien. Mais personne ne soulève les menaces graves qui pèsent sur certains fondements du pays.

La démocratie directe ? On la chante, bien sûr. En réalité, on assiste à une chose tout à fait nouvelle : des initiatives populaires acceptées par le peuple et qui ne sont ensuite pas appliquées – sur l’immigration, sur l’expulsion des criminels étrangers. Que les autorités fédérales ne tiennent pas compte de la volonté populaire constitue une atteinte grave à cet aspect fondamental du modèle suisse.

La neutralité ? La Suisse a accepté des mesures contre la Russie, ce qui est absolument inouï et nous fait perdre notre statut exceptionnel d’acteur reconnu internationalement, capable de réunir des belligérants pour tenter de trouver la paix. La Russie n’a d’ailleurs pas manqué de nous le rappeler très vite : à ses yeux, nous ne sommes plus neutres. Peut-être pourra-t-on rattraper un peu ce terrain perdu. Mais c’est déjà d’une gravité extrême, pour ne pas dire une forme trahison.

D’autres fractures, encore sous-jacentes, se dessinent et passent inaperçues. Des villes suisses demandent des sièges au Parlement en tant que villes. Vous imaginez ? C’est une opposition fondamentale au système suisse, qui veut justement tenir compte à la fois des campagnes, des cantons et de la majorité du peuple, et éviter que les villes ne dominent les campagnes. Si l’on va dans ce sens, avec des villes réclamant toujours plus de pouvoir, les fractures sont assurées. Ce fossé a été à l’origine de guerre civile par le passé!

Or nous allons précisément voter sur la neutralité, elle aussi sérieusement mise en cause. Il faut absolument montrer ces menaces graves. Viendront ensuite les fameux et nouveaux « accords bilatéraux ». Il ne s’agit pas d’une simple extension de relations économiques : on sait très bien qu’il y aura clairement une soumission à l’Union européenne. Et l’on sait que l’Union européenne fonctionne de manière autoritaire, voire totalitaire, à coups d’ukases auxquels les pays n’ont plus qu’à obéir. Tout le contraire de la situation si particulière de la Suisse, tant enviée au niveau international – on cite partout le modèle suisse et ses référendums.

Lors d’interventions dans différents pays, souvent dans des universités, avec des ambassades, on me demandait : expliquez-nous pourquoi, avec toutes ces différences religieuses, culturelles, politiques, régionales, linguistiques – il y a là de quoi créer des oppositions, voire des guerres –, vous, vous en sortez. Justement : il faut se rendre compte à quel point ce modèle – sans guillemets, une expérience rare, tant enviée – est fragile, et qu’il faut y faire très attention. Si l’on commence à attaquer l’une ou l’autre de ses dimensions, le tout risque d’être mis en fort déséquilibre, voire sérieusement menacé.

Cette apologie qui ne retient que les bons côtés en voulant cacher les menaces me semble tout de même étonnante pour une fête nationale. Certes, on a le droit de faire la fête ; on doit aussi souligner les menaces graves. C’est un des rôles que nous jouons avec notre site.

Le loup : il faut oser dire que nous n’en avons pas besoin

Sur ce thème, je serai direct et rapide. Je ne comprends pas qu’on dépense autant d’énergie pour conserver à tout prix le loup, comme s’il s’agissait d’un brave animal qu’il faudrait absolument entretenir pour des raisons écologiques, parce qu’il « fait partie du paysage ». Je suis pour la suppression pure et simple du loup en Suisse – je l’assume totalement –, ou à tout le moins pour une réduction absolument draconienne, partout où l’humain doit avoir la priorité absolue.

Les écologistes ont réussi à imposer divers thèmes, soi-disant pour protéger la nature et la diversité. À ce compte-là, on sait qu’il y avait des dinosaures dans le Jura : pourquoi ne pas réinstaurer aussi les dinosaures, les mammouths, les éléphants, les bisons ? Pourquoi le loup, alors que c’est un vrai danger ? Personne ne le dit clairement.

Pourquoi intervenir maintenant ? Parce que cette fois, ce ne sont pas des brebis, des moutons ou des chèvres qui ont été attaqués par des loups, mais des génisses. Rendez-vous compte : du gros bétail. Et pas une, mais six en l’espace de quelques semaines. Les médias, toujours du côté des écolos pour défendre le loup et s’opposer au moindre tir, sont restés insensibles aux centaines de brebis égorgées et non consommées. Voilà maintenant les génisses.

Tôt ou tard – je l’ai déjà dit, je le redis –, il y aura des accidents avec des humains, sans doute avec des enfants. On ne dit jamais que beaucoup de familles et d’enfants hésitent déjà à se promener dans des lieux où le loup pourrait rôder. Non : on va chercher un ou deux bergers qui expliquent qu’il faut poser des barrières, prendre des chiens. Mais cela leur coûte, à des gens qui font déjà un travail immense. Il faut enfin donner davantage la parole à ceux qui montrent tout ce que suppose cette conservation du loup, qui n’a aucune raison d’être.

Je rappelle surtout que des chercheurs sérieux, des historiens sérieux, par exemple J,-M. Moriceau, ont montré que du XVe au XXe siècle, on a recensé 3 000 attaques de loups sur l’homme rien qu’en France. Qu’en 1851, un loup enragé a mordu 76 animaux et 41 personnes, dont 16 sont mortes de la rage. Personne n’ose imaginer que des loups puissent avoir la rage ; cela existait, pourquoi cela n’existerait-il plus ? Et aujourd’hui encore, on l’oublie, en Asie, en Inde, des dizaines de personnes sont tuées par des loups.

Contre ce courant écolo-médiatique qui idéalise le loup, je pense qu’il faut en finir : nous n’en avons absolument pas besoin, et cela rassurerait un nombre incroyable d’humains, de parents, d’enfants. La peur du loup existe bel et bien, mais on n’en parle jamais. Ce sont ces habitudes qui s’installent, où l’on culpabilise les gens de manière totalement irrationnelle. Il faut oser le dire : nous n’avons pas besoin du loup. Ce thème me semble essentiel.

Martin Sellner interdit de parole : quand les autorités entrent dans le jeu de la disqualification

Voici un militant qui travaille dans le sens de la Remigration. On voit de nouveau comment fonctionnent les médias, mais aussi – ce qui me paraît beaucoup plus grave – les autorités et la police. Vous trouverez sur LesObservateurs.ch des comptes rendus détaillés, en trois épisodes, du livre publié par ce militant opposé à ces immigrations envahissantes, folles et gravement menaçantes, qui jouent aussi un rôle – sans en être la seule cause – dans le développement de la criminalité et la perturbation sécuritaire grave de nos sociétés. Eh bien, imaginez : cet homme voulait tenir une conférence en Suisse, à Bâle, et la police le lui a interdit et l’a renvoyé. Interdiction de tenir un discours, pourtant précurseur.

Comme souvent, des sites comme le nôtre jouent un rôle d’avant-coureur : ils avertissent, montrent les dangers qui vont se développer. Et de manière fulgurante, on arrête une personne alors que la libre discussion sur ce sujet devrait avoir lieu pleinement – ce serait un apport très considérable.

On dira « extrême droite », « fasciste », « nazi ». Rien de tout cela. Les autorités devraient tout de même lire et examiner exactement les thèses de cet homme, et d’autres encore en ce moment. Le thème de la remigration est capital ; il n’a rien de xénophobe ni de raciste, et ne consiste nullement à renvoyer des masses d’immigrés de manière indistincte, mais à renvoyer ce que tout le monde souhaite voir partir : en premier lieu les clandestins, les criminels, ainsi que des personnes non assimilées qui, au contraire, s’opposent à notre société, la contestent, voire veulent la détruire. Cela devrait être généralisé et pris au sérieux. Eh bien non : les médias et certains politiques, surtout de gauche évidemment, ont décidé que c’était l’extrême droite – ce hochet qui marchera encore un certain temps, mais qui s’affaiblit de plus en plus. Quand le fanatisme idéologique l’emporte encore sur les réalités évidentes.

Notre rôle est certes d’éclairer un tel phénomène. Mais traiter de fasciste ou de nazi quelqu’un qui veut maintenir nos cultures, nos sociétés spécifiques, et lutter contre un envahissement démographique, mais aussi culturel et religieux, voilà une question essentielle. Nous continuerons d’en parler. Il faudrait enfin que les autorités n’entrent pas dans cette optique gauchiste et disqualifiante, qui ne se justifie qu’en traitant de réactionnaire ou de fasciste tout ce qui n’est pas de gauche ou d’extrême gauche – jusqu’à interdire d’entrée en Suisse, et de parole, des individus qui font un travail énorme pour soulever les problèmes auxquels nous allons être confrontés de manière absolument fondamentale, menaçante, dans notre essence même.

Les cormorans du Léman : l’écologie hors sol contre ceux qui travaillent

J’ajoute un exemple lié au loup et aux écologistes fanatiques, hors sol, qui foncent sur certaines causes sans tenir compte des conséquences graves pour des personnes qui vivent de leur travail. Il y a longtemps que je voulais en parler. Le long du Léman, sur la rive française – sur la route de Thonon à Évian, puis vers Saint-Gingolph –, vous avez maintenant des cormorans au bord du lac. Pas un ou deux : des dizaines, voire des centaines. Vous circulez, et vous en voyez régulièrement des dizaines et des dizaines sur les jetées.

On me dit qu’un cormoran consomme jusqu’à 1,5 kg de poisson par jour. J’ai rencontré des pêcheurs, j’ai parlé avec eux : pour eux, c’est une catastrophe, cela met en cause leur travail, exercé depuis des années et des années. Ces gens-là se lèvent tôt le matin – pas comme les écologistes, qui arrivent notamment pour gueuler lors de manifestations. Je caricature un peu, mais c’est nécessaire. Là, on se moque complètement des conséquences pour, en l’occurrence, les pêcheurs. Il n’y avait pourtant pas de cormorans au bord du Léman il y a un certain nombre d’années. Et l’on apprend que c’est la même chose au lac de Neuchâtel, et sans doute ailleurs. Les cormorans plongent, et vous pensez bien qu’ils ne mangent pas les mauvais poissons dont personne ne veut. Encore une fois, une ressource naturelle est accaparée par des éléments – les cormorans – qui n’ont rien à faire chez nous. Regardez l’énormité de ces oiseaux, et imaginez ce que représentent des dizaines et des dizaines, voire des centaines de cormorans à 1,5 kg de poisson par jour.

C’est comme pour le loup. J’étais récemment du côté du Sanetsch, sur des pans de montagne magnifiques. Un ancien agriculteur et chasseur, connaissant bien le terrain, me montre les belles petites prairies du versant d’en face : « Il y avait là une centaine de chamois. Aujourd’hui, ils ne sont plus là. » Je lui demande pourquoi. « Tu ne sais pas ? Un lynx mange un chamois par semaine. » Et les loups ? Faites le calcul – d’autant que lynx et loups, souvent, ne font qu’attaquer et entamer leurs proies sans les consommer. Voilà encore des conséquences dont l’idéologie écologiste fanatique ne tient aucun compte. Et je mets les écologistes au défi : ils verront à quel point je suis un défenseur de l’environnement – mais les pieds sur terre, et sans idéologie fanatique en tête.

Uli Windisch
Uli Windisch

Sociologue, essayiste et professeur honoraire de l’Université de Genève, Uli Windisch est né à Crans-Montana. Spécialiste des médias, de la communication et des phénomènes migratoires, il s’est fait connaître par ses travaux sur le langage politique, la démocratie directe suisse et les mécanismes du « prêt-à-penser » médiatique. Auteur de nombreux essais, parmi lesquels Le Prêt-à-penser, Le Modèle suisse ou La Suisse brûle, il défend une approche critique du conformisme idéologique et du traitement médiatique des questions sensibles. Il est également le fondateur du média suisse LesObservateurs.ch

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