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Qui veut tuer la démocratie suisse ?

Bilatérales III, reprise « dynamique » du droit européen, neutralité sacrifiée, verdicts populaires classés sans suite : ce que je décrivais dès 2022 se joue aujourd'hui sous la Coupole. Rien ne m'a surpris. Tout était annoncé.

Uli Windisch
4 juillet 2026
12 min de lecture

Le 2 mars 2026, Guy Par­me­lin et Ursu­la von der Leyen signaient à Bruxelles le paquet « Bila­té­rales III » – dix-huit accords, nonante-quatre actes légis­la­tifs euro­péens et cette reprise dite « dyna­mique » du droit de l’U­nion qui en consti­tue le cœur véri­table. Onze jours plus tard, le Conseil fédé­ral trans­met­tait le tout au Par­le­ment en plai­dant pour un simple réfé­ren­dum facul­ta­tif à la majo­ri­té du peuple, sans la majo­ri­té des can­tons, c’est-à-dire en priant le fédé­ra­lisme de se taire au moment pré­cis où il devrait par­ler. Or rien de tout cela n’est tom­bé du ciel : dès 2022, dans un entre­tien accor­dé à TV Liber­tés à l’oc­ca­sion de la paru­tion de mon livre La Suisse tra­hie par les siens, je décri­vais pièce par pièce la machine qui devait nous conduire où nous voi­ci – les grou­pus­cules, les médias, les auto­ri­tés, et Bruxelles en sur­plomb. On me repro­chait alors de noir­cir le tableau ; le tableau s’est char­gé de me don­ner rai­son. Voi­ci donc, repris et assu­mé, ce que je disais alors et que je main­tiens plus que jamais.

Un état d’esprit, pas une machine à voter

On envie sou­vent notre démo­cra­tie directe à l’é­tran­ger, mais on l’en­vie sans tou­jours la com­prendre, comme s’il ne s’a­gis­sait que d’une méca­nique par laquelle cent mille citoyens, en appo­sant leur signa­ture, contrain­draient le pays entier à se pro­non­cer sur leur pré­oc­cu­pa­tion. Cela est vrai, et c’est déjà extra­or­di­naire ; l’es­sen­tiel est pour­tant ailleurs. La démo­cra­tie directe est avant tout un état d’es­prit, une manière de vivre au quo­ti­dien le social et le poli­tique, dans un pays où tout peut être dis­cu­té par tous et où l’on fait de la poli­tique sans le savoir. Lorsque des citoyens sont déter­mi­nés sur un sujet – n’im­porte lequel, et pas seule­ment élec­to­ral –, ils lancent une ini­tia­tive popu­laire qui oblige le pays tout entier à en débattre : là est le génie du sys­tème, dans cette obli­ga­tion de dis­cu­ter qu’au­cune autre démo­cra­tie ne s’im­pose.

Encore ce génie ne tient-il pas seul. Il va de pair avec le fédé­ra­lisme, qui signi­fie chez nous décen­tra­li­sa­tion quand le « fédé­ra­lisme » euro­péen signi­fie cen­tra­li­sa­tion, et avec la sub­si­dia­ri­té, dont le leit­mo­tiv se résume en une for­mule : ce que la com­mune peut faire, le can­ton ne doit pas le faire, et ce que le can­ton peut faire, la Confé­dé­ra­tion ne doit pas le faire. J’a­joute, car c’est toute la ques­tion de l’heure, que ce que la Confé­dé­ra­tion peut faire, l’U­nion euro­péenne ne doit pas le faire.

Or il se trouve chez nous des gens, la gauche et les Verts en tête, qui rêvent d’al­ler à Bruxelles – disons les choses telles qu’elles sont : qui rêvent de se sou­mettre, puisque cha­cun sait, et les Fran­çais en font l’ex­pé­rience quo­ti­dienne, que l’U­nion euro­péenne dicte une grande par­tie de leur poli­tique aux États membres. Une adhé­sion signe­rait la fin de la plu­part des pos­si­bi­li­tés qu’offre la démo­cra­tie directe ; elle serait une sou­mis­sion, une tra­hi­son des fon­de­ments mêmes de la Suisse.

Qu’un pou­voir poli­ti­co-média­tique comme celui de la France accepte un jour la démo­cra­tie directe ? En aucun cas, et il suf­fit pour s’en convaincre d’i­ma­gi­ner qu’un ensemble de citoyens fran­çais puisse demain contraindre le pays à voter sur la limi­ta­tion de l’im­mi­gra­tion. Nous, nous avons voté sur les mina­rets, thème d’a­bord mino­ri­taire que l’en­semble de la popu­la­tion a fina­le­ment approu­vé : les citoyens sentent par­fois qu’ils détiennent un pou­voir réel, et c’est bien pour cela qu’on s’emploie métho­di­que­ment à le leur reti­rer.

On rogne, on invalide, on décourage

Car on s’y emploie, et de l’in­té­rieur. Les uns veulent aug­men­ter le nombre de signa­tures requises, les autres s’in­gé­nient à inva­li­der des ini­tia­tives au motif qu’elles seraient mal for­mu­lées ou qu’il leur man­que­rait la fameuse « uni­té de matière » ; et jus­qu’au cœur de l’É­tat, un groupe de tra­vail ins­tal­lé au niveau de la Chan­cel­le­rie fédé­rale s’est deman­dé com­ment limi­ter la démo­cra­tie directe – com­ment limi­ter, autre­ment dit, ce que le monde entier nous envie. C’est pro­pre­ment sur­réa­liste.

Qu’on me com­prenne bien : je ne sacra­lise pas chaque vir­gule du sys­tème. Le pas­sage de cin­quante mille à cent mille signa­tures se com­pre­nait par l’é­vo­lu­tion de la popu­la­tion, et il est pas­sé, comme il se doit, par le peuple avant d’en­trer dans la Consti­tu­tion. Les adap­ta­tions légi­times suivent le che­min légi­time ; c’est le contour­ne­ment qui est une for­fai­ture.

Le désert médiatique romand

Encore fau­drait-il, pour que la dis­cus­sion vive, des médias qui la portent. La Suisse alé­ma­nique connaît des jour­naux patriotes, sou­ve­rai­nistes, de droite – disons les mots –, et un contre-pou­voir y existe ; la Suisse romande, elle, n’offre rien de tel, mais des médias mas­si­ve­ment bien-pen­sants, acquis à toutes les causes du moment, aux mino­ri­tés, au wokisme, sans le moindre contre-pou­voir pour leur répondre. Nous vivons, en Suisse romande, dans un véri­table état de sous-déve­lop­pe­ment média­tique.

Sou­ve­nez-vous de ce qui advint lorsque le diable Blo­cher vou­lut rache­ter des jour­naux gra­tuits – des gra­tuits, pas même un quo­ti­dien : une levée de bou­cliers géné­rale, gou­ver­ne­ment vau­dois socia­liste com­pris, pour l’en empê­cher par tous les moyens. Un peu de plu­ra­li­té, un peu de diver­si­té, voi­là ce qu’il fal­lait étouf­fer dans l’œuf – et ce sont les mêmes qui se pro­clament plu­ra­listes, divers et de qua­li­té. On ins­tru­men­ta­lise ain­si les ver­tus de la démo­cra­tie directe pour la per­ver­tir et la tirer dans son sens.

Le triptyque : groupuscules, médias, autorités

La démo­cra­tie directe est lente, et cette len­teur fait sa noblesse : une ini­tia­tive se dis­cute, mûrit, prend des années. Or voi­ci qu’ont sur­gi des acteurs qui n’ont que faire de cette matu­ra­tion – des grou­pus­cules tota­le­ment mino­ri­taires, tous de la même obé­dience pro­gres­siste, pro-euro­péenne et woke, qui vont jus­qu’à s’en­tendre avec les milieux éco­no­miques pour faire pas­ser leurs causes. À l’es­prit de dis­cus­sion s’op­pose désor­mais une into­lé­rance idéo­lo­gique, un fana­tisme presque, qui pré­tend impo­ser ses sujets sans pas­ser par le débat public.

Le méca­nisme d’am­pli­fi­ca­tion, lui, est par­fai­te­ment hui­lé : une petite action sym­bo­lique suf­fit à pro­pul­ser nos mili­tants au télé­jour­nal, et quelques dizaines de per­sonnes obtiennent, dans les grands débats télé­vi­sés, le même temps de parole que les grands par­tis. Il existe bel et bien un trip­tyque – les grou­pus­cules, les médias, les auto­ri­tés – qui tourne tou­jours dans le même sens.

Qui finance ? Un de ces grou­pe­ments a recon­nu avoir reçu quatre cent mille francs, avec inter­dic­tion de dire de qui. Je ne pré­tends rien qui ne soit véri­fié et je pèse mes mots ; mais cha­cun sait que Soros n’a­git jamais direc­te­ment, qu’il finance deux ou trois cents ONG par acteurs inter­po­sés, et que l’argent finit tou­jours par arri­ver là où il sert les causes pro­gres­sistes et immi­gra­tion­nistes – tout ce qui, au fond, revient à détruire le sen­ti­ment natio­nal et patrio­tique de nos pays euro­péens.

Bruxelles ne négocie pas, Bruxelles somme

Venons-en à l’U­nion euro­péenne, puisque c’est elle qui occupe aujourd’­hui le Par­le­ment. Je le disais dès 2022 : à chaque étape des négo­cia­tions, l’U­nion répète que la Suisse « ne fait pas suf­fi­sam­ment d’ef­forts pour s’a­dap­ter », ce qui signi­fie, et je cari­ca­ture à peine, qu’on veut la voir se sou­mettre. Bien­tôt nous serons trai­tés comme la Hon­grie ou la Pologne – cette Hon­grie que j’ad­mire, je le dis même si c’est dur à dire, parce qu’elle résiste de toutes ses forces et que j’ai­me­rais voir la Suisse en faire autant. La reprise « dyna­mique » du droit euro­péen, désor­mais cou­chée noir sur blanc dans les accords signés en mars, porte d’ailleurs bien son nom : c’est une dyna­mique en effet, celle de la sou­mis­sion à tem­pé­ra­ment. Et que pro­pose-t-on au peuple ? De rati­fier tout cela à la majo­ri­té simple, can­tons écar­tés du ver­dict – on attaque la démo­cra­tie directe sur ses élé­ments consti­tu­tifs au moment même où l’on pré­tend la consul­ter.

Panels citoyens : la démocratie sans le peuple

Les juges ne sont pas, chez nous, le pro­blème essen­tiel : leur répar­ti­tion selon les forces poli­tiques rééqui­libre les choses, même si la jus­tice n’est pas d’une neu­tra­li­té chi­mique. Ce qui m’a­larme davan­tage, c’est cette autre trou­vaille des mêmes milieux que sont les « confé­rences citoyennes » et autres « panels citoyens » : vingt ou trente per­sonnes tirées au hasard et coa­chées – devi­nez par qui – par des experts de gauche, le tout pro­mu par des pro­fes­seurs de gauche, comme le sont deve­nues les facul­tés de sciences sociales. Je le dis sans détour : moi qui suis de droite, je ne serais plus nom­mé aujourd’­hui à l’u­ni­ver­si­té avec mes idées, alors que Dieu sait pour­tant si je suis démo­crate, plu­ra­liste et sans rien d’ex­ces­sif. La démo­cra­tie directe est bous­cu­lée de tous les côtés, et mon com­bat est de la défendre.

Un mot enfin, puis­qu’on m’y invite tou­jours, sur Tariq Rama­dan, que nos médias invi­taient sans relâche alors que son dis­cours rele­vait non de l’is­lam mais de l’is­la­misme pur et dur. Je lui avais deman­dé un jour pour­quoi il se disait sans cesse suisse, lui qui n’a­vait stric­te­ment rien de suisse, et il m’a­vait répon­du qu’on ver­rait, dans quelques années, qui de lui ou de moi ferait honte à la Suisse. Les années ont pas­sé, la jus­tice s’est sai­sie ; cha­cun juge­ra.

Quarante ans d’autoflagellation

Ce que l’on nomme aujourd’­hui wokisme, je le com­bats depuis qua­rante ans sous son ancien nom de socio­lo­gisme. Dès les années soixante-dix, cer­tains esprits attri­buaient tous leurs maux à la socié­té – et la socié­té, c’é­tait la Suisse, cou­pable de tout. Qu’on relise Mars de Fritz Zorn : un intel­lec­tuel issu d’un milieu très favo­ri­sé y sou­tient que son can­cer lui vient de la socié­té, de l’é­du­ca­tion et de sa famille, et rêve que ce can­cer, deve­nu révo­lu­tion­naire, détruise la socié­té suisse. Toute une époque s’est vau­trée dans cette auto­fla­gel­la­tion ; cer­tains ne sup­por­taient pas que la Suisse pût être un modèle et il fal­lait lui trou­ver tous les vices, jus­qu’à ce slo­gan d’ex­po­si­tion, « La Suisse n’existe pas », qui disait une véri­table haine du pays.

Or ces lita­nies ne sont pas inno­centes. À force de répé­ti­tion, on ins­talle le doute et l’on pré­pare le ter­rain : la Suisse serait conser­va­trice, réac­tion­naire, fer­mée au chan­ge­ment – et pen­dant ce temps, de petits thèmes s’in­si­nuent dans le débat public jus­qu’à s’y impo­ser. Les Fran­çais connaissent la recette, eux chez qui l’on a fini par oser dire qu’il n’exis­tait pas de culture fran­çaise.

Le peuple vote, les autorités classent

L’UDC est dia­bo­li­sée, bien sûr ; il n’empêche que c’est le rare par­ti authen­ti­que­ment patriote et sou­ve­rai­niste, celui qui a fait échouer l’en­trée dans l’Es­pace éco­no­mique euro­péen et qui a por­té devant le peuple les mina­rets puis la dis­si­mu­la­tion du visage – et qui a gagné. Voi­là ce que per­met la démo­cra­tie directe : impo­ser au poli­ti­que­ment cor­rect des thèmes qu’il vou­drait inter­dits de séjour.

Mais voi­ci le pire, et je pèse chaque mot. Le peuple a accep­té l’i­ni­tia­tive sur le ren­voi des cri­mi­nels étran­gers ; les auto­ri­tés ne l’ont pas appli­quée, au point qu’il a fal­lu – une pre­mière dans l’his­toire de la démo­cra­tie directe – lan­cer une deuxième ini­tia­tive, dite de mise en œuvre, pour exi­ger l’ap­pli­ca­tion de la pre­mière. Le peuple a de même accep­té l’i­ni­tia­tive contre l’im­mi­gra­tion de masse, dont on n’a tout sim­ple­ment pas tenu compte. Qu’on ne vienne pas me par­ler après cela de dérive popu­liste : la dérive est celle d’au­to­ri­tés qui classent sans suite les ver­dicts du sou­ve­rain.

Patrie, identité, naturalisation

L’im­mi­gra­tion est un thème constant de notre vie démo­cra­tique, avec plus de vingt ini­tia­tives popu­laires depuis les années soixante, à com­men­cer par l’i­ni­tia­tive Schwar­zen­bach, lan­cée quand la Suisse comp­tait déjà quinze pour cent d’é­tran­gers contre trois à cinq chez nos voi­sins. Le sys­tème a per­mis d’en dis­cu­ter au lieu de lais­ser pour­rir, et c’est là sa force.

Aujourd’­hui, l’ex­trême gauche vou­drait pas­ser du droit du sang au droit du sol – dix-huit ans, une sco­la­ri­té en Suisse, et voi­là un citoyen –, c’est-à-dire liqui­der l’i­dée même de patrie et d’i­den­ti­té en rame­nant à zéro l’exi­gence d’i­den­ti­fi­ca­tion au pays. Je vais plus loin, en sachant les cris que cela pro­vo­que­ra : la natu­ra­li­sa­tion est une chose trop grave pour être défi­ni­tive d’emblée, et il fau­drait qu’elle fût à l’es­sai, confir­mée après trois, quatre ou cinq ans, une fois l’in­té­gra­tion avé­rée. Cela me paraît l’é­vi­dence même. J’ob­serve du reste, et le phé­no­mène méri­te­rait étude, que les plus achar­nés contre la Suisse sont sou­vent eux-mêmes issus de l’im­mi­gra­tion, enfants d’ou­vriers immi­grés, tou­jours socia­listes, tou­jours de gauche – comme s’il fal­lait ven­ger sur la Suisse l’ex­ploi­ta­tion sup­po­sée des parents.

La neutralité assassinée

Reste le plus grave. Genève fut le théâtre de som­mets qui ont pesé sur le des­tin du monde, de Gor­bat­chev et Rea­gan à Pou­tine et Biden ; et voi­ci que la Rus­sie déclare la Suisse pays hos­tile, voi­ci que nous nous agré­geons aux sanc­tions, que nous col­la­bo­rons avec l’O­TAN et que nous sié­geons au Conseil de sécu­ri­té, où il fau­dra, à la limite, approu­ver des guerres. La neu­tra­li­té et l’in­dé­pen­dance sont bafouées, et l’on maquille l’a­ban­don sous le jar­gon de la « neu­tra­li­té dyna­mique » – encore ce mot, déci­dé­ment : tout ce qui est dyna­mique, chez nos auto­ri­tés, désigne ce qu’on liquide.

On détruit ain­si une iden­ti­té et un sys­tème poli­tique uniques, enviés par­tout, pour satis­faire une obses­sion : paraître pro­gres­siste, ouvert, moderne – woke, cela va de soi. Mais qui, demain, pour­ra encore offrir au monde une pla­te­forme neutre, un lieu d’en­tente ? Il n’y aura plus de tels som­mets en Suisse, et cela me paraît d’une gra­vi­té extrême.

Voi­là pour­quoi je repose la ques­tion qui donne son titre à ces lignes : qui veut tuer la démo­cra­tie suisse ? Vous connais­sez main­te­nant la réponse. Ils s’en défen­dront tous – c’est même à cela qu’on les recon­naît.

Uli Windisch
Uli Windisch

Sociologue, essayiste et professeur honoraire de l’Université de Genève, Uli Windisch est né en 1946 à Crans-Montana. Spécialiste des médias, de la communication et des phénomènes migratoires, il s’est fait connaître par ses travaux sur le langage politique, la démocratie directe suisse et les mécanismes du « prêt-à-penser » médiatique. Auteur de nombreux essais, parmi lesquels Le Prêt-à-penser, Le Modèle suisse ou La Suisse brûle, il défend une approche critique du conformisme idéologique et du traitement médiatique des questions sensibles. Il est également le fondateur du média suisse LesObservateurs.ch

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