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Votation sur les ventes d’armes : les électeurs suisses encore dans le brouillard

À cinq semaines du scrutin sur les exportations d’armes, 29 % des électeurs restent indécis et 42 % se disent mal informés. Entre sécurité nationale et sauvegarde de la neutralité, la campagne vient à peine de commencer et peine à éclairer le débat.

La rédaction
22 octobre 2026
2 min de lecture

Berne demande davantage de liberté pour vendre des armes, encore faudrait-il que les Suisses sachent précisément ce qu’ils s’apprêtent à lui accorder. Selon le sondage YouGov publié le 21 octobre, 38 % approuvent la réforme, 33 % la rejettent et 29 % hésitent. Surtout, 42 % des personnes interrogées se déclarent mal informées et autant jugent le texte complexe.

Une semaine plus tôt, le sondage Leewas donnait le non en tête, à 47 % contre 44 %. Impossible d’en déduire un retournement : les deux enquêtes utilisent des méthodes différentes. La même enquête donnait seulement 9 % de répondants se déclarant comme indécis, mais les proportions de « plutôt oui » et de « plutôt non » restent élevées, selon les compte-rendu disponibles.

Le calendrier explique une partie du brouillard de guerre dans lequel sont plongés les citoyens. Le camp du non a lancé sa campagne le 12 octobre, celui du oui le 15, alors que l’enquête YouGov était déjà en cours.

Soutenue par l’UDC, le PLR, Le Centre et les milieux économiques, l’alliance du oui invoque la sécurité d’approvisionnement de l’armée, les emplois et la survie de l’industrie suisse. Les opposants, réunissant notamment le PS, les Verts, le PEV et des ONG, dénoncent les risques pour la neutralité et la destination finale des armes.

Derrière ces slogans se cachent trois questions concrètes : quels pays pourront recevoir des armes suisses en temps de guerre ? À quelles conditions pourront-ils les réexporter ? Et jusqu’où le Conseil fédéral pourra-t-il déroger aux restrictions ?

Comme nous l’expliquions précédemment, la réforme élargirait la marge de manœuvre de Berne. Après le rejet de l’initiative sur la neutralité en septembre, les électeurs devront donc se prononcer sur ses conséquences pratiques. Le gouvernement sait ce qu’il demande, mais une bonne partie du pays cherche encore à le comprendre.

La rédaction
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