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Coup de filet antimafia : la Suisse encore dans les petits papiers des clans italiens

Trente suspects, 68 millions d’euros blanchis en cryptomonnaies et des arrestations jusqu’en Suisse : une vaste opération antimafia italienne rappelle que la Confédération reste une place financière réputée… aussi auprès du crime organisé.

Richard Dalleau
22 octobre 2026
2 min de lecture

La mafia avait sa banque, clandestine, évidemment. Une opération menée le 21 octobre par la police financière italienne vise trente suspects liés à la ’Ndrangheta calabraise, à la Camorra napolitaine et à la mafia de Foggia. Au menu : plus de 110 millions d’euros de fausses factures, 68 millions de blanchiment international via les cryptomonnaies et plus de 21 millions d’euros de saisies préventives.

Le coup de filet s’étend à l’Espagne et à la Suisse. Des arrestations ont en effet également lieu sur le territoire helvétique, avec l’appui de la coopération policière internationale. Les autorités italiennes ne précisent toutefois pas encore combien de personnes ont été arrêtées en Suisse ni quels cantons sont concernés.

Une surprise ? Pas pour la police fédérale. Dans son rapport 2025 sur le blanchiment d’argent, le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent (MROS) constate que toutes les grandes mafias italiennes sont présentes en Suisse. La ’Ndrangheta y est particulièrement bien implantée. Immobilier, construction, restauration, fiduciaires, cabinets d’avocats : les réseaux criminels cherchent à infiltrer l’économie légale, bien au-delà du simple recyclage de leurs profits.

Le phénomène ne date pas d’hier. En septembre, nous rapportions le procès, à Bellinzone, d’un homme accusé d’avoir servi pendant près de vingt ans de relais suisse au clan Anello-Fruci. L’enquête avait notamment conduit les policiers en Argovie, à Soleure, à Zoug et au Tessin.

Le narcotrafic constitue une autre source majeure de revenus pour ces organisations, dans un pays où les saisies de drogue témoignent aussi de l’implantation des réseaux criminels. La Suisse n’est donc pas seulement un coffre-fort commode : elle peut aussi servir de marché, de relais et de base logistique. La discrétion des clans n’en rend pas l’implantation moins inquiétante.

Richard Dalleau
Richard Dalleau

Ancien reporter de guerre, Richard Dalleau a couvert des conflits aussi bien sur le terrain que dans leurs implications géopolitiques. Il traite des questions de Défense, de terrorisme, les sujets de société (immigration, délinquance…) et des menaces sur les libertés publiques. Il a collaboré ou eu des responsabilités d’encadrement (SR, rédacteur en chef) dans des médias de presse écrite et des agences de presse internationales.

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