Home-jacking à Coppet, tandis qu’à Genève, les agressions à domicile bondissent de 20 %
Un couple de sexagénaires a été agressé chez lui à Coppet. Ce nouveau home-jacking survient alors que Genève en a enregistré 18 en 2025, contre 15 en 2024, soit une hausse de 20 %. Dans le canton de Vaud, les élus demandent des comptes.
Le domicile n’est pas toujours un refuge que les cambrioleurs attendent de trouver vide. Lundi 19 octobre, vers 5 heures du matin, plusieurs individus cagoulés ont fait irruption dans une maison de Coppet, dans le canton de Vaud.
Les occupants, un Italien de 69 ans et une Britannique de 67 ans, ont été menacés. L’homme a été légèrement blessé à la tête. Les agresseurs ont emporté plusieurs objets avant de prendre la fuite. Malgré un important dispositif policier, aucune arrestation n’avait été annoncée au moment du communiqué.
Un cambriolage ? C’est un euphémisme. Le home-jacking ne consiste pas simplement à forcer une porte pour repartir avec des bijoux : les malfaiteurs s’introduisent dans un logement occupé et usent de menaces ou de violence contre ses habitants. L’infraction relève du brigandage, au sens de l’article 140 du Code pénal.
L’affaire de Coppet n’est pas isolée. En juillet 2025, à Moudon, un homme se présentant comme un aide-soignant avait réussi à entrer chez une habitante avant de la menacer avec un couteau et de lui dérober notamment des bijoux. Là encore, la victime avait subi une agression à l’endroit même où elle était censée être en sécurité.
Et les chiffres du canton voisin ne rassurent guère. Selon le bilan officiel de la criminalité genevoise, la police a recensé 18 home-jackings en 2025, contre 15 en 2024, soit une progression de 20 % en un an, une hausse est bien réelle. Elle concerne précisément ces agressions à domicile, et non l’ensemble des cambriolages, avec lesquels il serait trompeur de les confondre.
Le sujet a d’ailleurs déjà quitté la rubrique des faits divers : le 9 juin dernier, Florence Bettschart-Narbel, députée PLR, a déposé une interpellation au Grand Conseil vaudois sur la progression des home-jackings. Elle demande notamment au gouvernement de préciser leur évolution sur dix ans, la part imputable à des groupes criminels itinérants, les moyens policiers disponibles et l’efficacité de la coopération avec les cantons et pays voisins.
Parmi les pistes évoquées pour lutter contre ce phénomène figure la lecture automatisée des plaques d’immatriculation. Une mesure qui pose la question des libertés publiques : comment renforcer la traque des bandes mobiles sans transformer les déplacements de tous les automobilistes en données de surveillance ? La sécurité des habitants et les libertés publiques méritent mieux qu’un choix artificiel entre l’inaction et le contrôle généralisé.
Le phénomène n’est pas nouveau. Les Observateurs rapportaient déjà en 2017 la condamnation d’un homme pour un home-jacking à Neuchâtel, au cours duquel un couple avait été brutalisé, ligoté et bâillonné.
À Coppet, l’enquête devra établir l’identité des agresseurs et déterminer s’ils appartiennent à un réseau organisé. Une certitude demeure : pendant que les autorités s’interrogent sur les moyens de contrer cette criminalité, ses victimes n’ont même plus besoin de sortir de chez elles pour la rencontrer.
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