Halloween en Suisse : des bonbons… des mortiers et la facture pour le contribuable
Des bus caillassés à Fribourg, des pompiers visés dans le canton de Vaud, des feux à Genève : Halloween a encore tourné au défouloir des racailles. Une fête popularisée par le commerce américain, dont la Suisse découvre aussi les coûts policiers.
À Fribourg, la chasse aux bonbons a tourné au lancer de pierres. Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, des groupes de jeunes ont lancé pétards, œufs et projectiles. Deux bus fribourgeois ont été endommagés et retirés du service, tandis que des conteneurs ont brûlé à Beaumont et au Schoenberg. La police cantonale ne signalait aucune interpellation au 1er novembre.
Dans le canton de Vaud, les polices ont été engagées sur près de 300 événements, activité ordinaire comprise. Des pompiers ont été visés par des jets de pierres et des policiers pris à partie par des tirs de feux d’artifice. À Genève seul, les autorités ont dénombré 27 départs de feu et des mortiers dirigés vers les secours.
À Zurich, plus de 130 interventions liées à Halloween : pétards, vandalisme, agressions et vols sous menace. En Argovie, plus de 80 signalements ; à Goldach (Saint-Gall), une boîte aux lettres explosée et des dégâts évalués à plusieurs dizaines de milliers de francs. La Thurgovie a connu une quinzaine d’appels seulement.
Les mortiers contre les policiers rappellent les violences des ultras à Lausanne et le modus operandi des racailles lors des émeutes urbaines en France. Les émeutes politiques de Zurich et de Bâle ont marqué cette même nuit, sans relever nécessairement d’Halloween.
De la chasse aux bonbons à la chasse aux policiers
Nos voisins ne sont guère plus tranquilles. En France, le ministère de l’Intérieur a dénombré 214 interpellations après 21 heures et 43 agents blessés, contre respectivement 170 et 16 en 2025.
À Vienne, la police a procédé à dix arrestations provisoires et saisi 107 engins pyrotechniques. À Berlin, pétards et incendies ont également mobilisé les forces de l’ordre. En Italie, des violences ponctuelles, sans bilan national directement comparable.
Tout cela pour une coutume d’importation. Le folkloriste Konrad Kuhn rappelle qu’Halloween s’est implantée en Suisse au milieu des années 1990. Si ses racines lointaines sont européennes, son emballage moderne est américain. Citrouilles, déguisements, grande distribution : une tradition imposée à coups de marketing, alors que les lanternes de raves des Räbeliechtli existaient déjà.
Si l’on peut néanmoins considérer avec indulgence les enfants souhaitant se déguiser et récolter des bonbons, il n’en est évidemment pas de même pour certaines populations qui prennent prétexte de la moindre festivité pour semer le chaos sur des fondements communautaristes.
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