Syrie – La vision trop à court terme de la France

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Michel Garroté  --  Le général Pierre de Villiers était à Nantes jeudi 15 mars pour présenter son livre Servir. Devant un amphithéâtre comble, l’ancien chef d’état-major des armées a répondu aux questions de l’auditoire avant de dédicacer son livre. Breizh.info était sur place. Interrogé sur les deux menaces globales que peuvent constituer le djihadisme international et le retour aux États-puissances [ndmg - USA, Arabie saoudite, Chine, Inde, Qatar, Russie, Turquie, etc.], il a posé deux tournants stratégiques majeurs : la chute du Mur et les attentats des deux tours de New York en 2001 (voir les deux liens en bas de page).
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« l’Histoire est une succession d’événements et non de ruptures brutales. L’énergie libérée suite à la chute du Mur a conduit au retour des Empires, le djihadisme est la suite de l’attentat des deux tours de New-York et même des années 1980 où se sont constituées ces cellules terroristes ».
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Quand il était chef d’état-major, il recevait le matin à 8 heures un rapport sur les attaques terroristes dans le monde : « il y en avait 3 à 5 par jour, avec des véhicules piégés, des mines, des engins explosifs, des tireurs, des embuscades. C’est une idéologie nihiliste. On tue, on viole, on égorge, on décapite, tous les jours à quelques heures de vol de Paris. C’est une menace distincte mais pas totalement disjointe du retour des Empires ». « Certains pays réarment de 5% par an depuis dix ans. Nous ne sommes pas près de les rattraper ».
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« En Syrie, sur 20 km de côté, vous avez des soldats russes, syriens, iraniens, kurdes, turcs, américains qui ont tous pour objectif de combattre Al Quaïda ou l’État Islamique. Mais tous ont leurs stratégies sur 30 ou 50 ans. En France, la vision de long terme c’est le quinquennat. C’est un vrai sujet de préoccupation ».
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Pour le général, la France va au-devant d’une débâcle : « Depuis trois siècles, les grandes défaites sont dues à une crise économique et sociale, qui engendre des difficultés de réarmer et une myopie politique, ainsi qu’une lâcheté des militaires qui se disent 'je fais mon job. Je n’ai pas voulu être l’homme de la défaite' ».
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« Il faut en urgence restaurer cette cohésion nationale qui va nous jouer des tours sinon plus. Les gens qui vont chez l’État Islamique cherchent  un supplément d’âme, un sens à leur vie, chose que les institutions françaises ne leur donnent plus ». « L’armée est un modèle intégrateur. Peut être que nos valeurs gagneraient à inspirer l’État. Le courage, l’obéissance, la non-discrimination, le travail 24h/24, l’effort, la punition, la récompense, le respect du drapeau, l’honneur de servir… Mais nous ne sommes pas les pompiers de la République. Nous sommes à 30% au-dessus de nos capacités, est-ce que cela va tenir ? ».
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« Il y a des jeunes français qui se lèvent en disant 'aujourd’hui je tuerai des Gaulois'. C’est une situation de guerre, il faut que nos soldats le comprennent. En France nous n’avons pas que des amis. La population est notre amie mais il y a des ennemis dans la population ».
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Adaptation de Michel Garroté pour LesObservateurs.ch, 21.3.2018
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https://www.breizh-info.com/2018/03/19/92347/general-pierre-de-villiers-jeunes-francais-qui-se-levent-en-disant-aujourdhui-tuerai-gaulois
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https://www.valeursactuelles.com/politique/servir-par-le-general-de-villiers-quand-la-grande-muette-se-met-parler-90671
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Caritas Syrie: les médias ne disent pas toute la vérité sur la réalité syrienne

Caritas Syrie déplore que les médias occidentaux ne disent pas toute la  vérité sur la réalité de la guerre dans le pays et “négligent malheureusement une partie de l’histoire syrienne”. Un parti pris qui ne parle que des bombardements gouvernementaux sur la Ghouta orientale, mais qui fait l’impasse sur les obus et missiles venant de la partie rebelle qui s’abattent sur Damas.

Suite

Les chiens sont lâchés

Les chiens sont lâchés de nouveau sur Bachar Al Assad. Nous retrouvons les mêmes discours sur nos radios télévisions que ceux qui nous ont accompagnés chaque sur Alep. Avec heureusement, le succès que l’on sait. Les gentils rebelles sont les victimes du grand méchant Bachar.

Rien ne fut dit sur Raqqa et sur Mossoul où les bombes tombaient en évitant femmes, enfants et vieillards puisqu’aucun n’est véritablement mort, du moins si l’on en croit les médias français, voire européens. Les bombes américaines, Anglaises, Françaises savent choisir leurs cibles ! Ce fut, nous dirons les bonnes âmes, des bombardements sélectifs…

Moi je n’y crois pas, et toute personne ayant un peu d’intelligence sait qu’une bombe tue sans distinction. Il y a des morts utiles, et d’autres non ! Il y a ceux d’Alep et ceux de Raqqa et de Mossoul. A Alep, ils étaient de facto civils innocents, et à Raqqa et Mossoul, c’étaient tous de vilains djihadistes. Ainsi, la parole d’une association droits de l’homme syrienne dit, et les médias répètent ! De Sarkozy, à Macron en passant par Hollande, nous assistons à un mensonge d’état.

Nous trouvons quasiment aucune protestation sur l'invasion turc : L’enclave d’Afrin. Le dictateur Erdogan nous fait son Hitler. Il exige son espace vitale, regrette l’empire Ottoman. Menace les USA ! Interdit à tous pays de le contester. Qui conteste d’ailleurs, qui s’insurge sur des frontières violées impunément ?

L’exemple de Daladier et Chamberlain n’a donc servi à rien. Les Kurdes laïcs, de philosophie marxiste, sont détestés par le pouvoir turc. Les Turcs considèrent que leur émanation politique, le Parti de l'union démocratique (PYD), est une branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Les Daladier/Chamberlain nouveaux ne bougent pas ! Les USA ont estimé que les préoccupations sécuritaires turques étaient "légitimes". Quant à la France, elle a évoqué la situation syrienne dans son ensemble et s’est dite préoccupée par les "développements en cours à Afrin, à Idleb et dans la Ghouta orientale, près de Damas". Autrement dit, les Kurdes ne peuvent compter que sur eux-mêmes officiellement.

Sur France 24, on donne la parole vraie : "Depuis plus d'un mois, le régime concentre ses troupes pour attaquer la Ghouta", a assuré à l’AFP Mohamed Allouche, un responsable de la milice salafiste Jaich al-Islam. Un islamiste sert de source à la télévision Française !

C’est un islamiste qui alerte nos médias sur les méchants militaires de Bachar Al Assad. C’est un peu comme si un WaffenSS alertait l’opinion américaine, anglaise, française sur le bombardement de Dresde. C’est un peu ridicule, même si la mort des civils allemands (40 000 morts à Dresde) vaut bien la mort des civils Syriens.

A décharge, France 24 nous dit : Début janvier 2018, la base de Harasta, contrôlée par le régime à la périphérie de la Ghouta, a été encerclée par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (anciennement Front al-Nosra) et des groupes rebelles, prenant au piège plus de 250 militaires de l’armée syrienne. Le régime a lancé une offensive, le 4 janvier, pour briser ce siège. Le « régime » n’aurait-il pas dû venir au secours de ces 250 militaires promis à une mort certaine aux mains de ces barbares que soutient la France. Une France qui trouve qu’Al Nosra fait du bon boulot dixit Laurent Fabius.

J’ai souvent tellement honte de mon pays, que je ne sais plus quoi dire. Terre des Droits de l’homme qui agresse la liberté d’expression. Terre des « Lumières » qui libèrent les criminels, se couche devant la banlieue, devant les zadistes et autres antifas, mais condamne les donneurs d’alertes.

Les politiciens éteignent ses Lumières, et les flammes de l’espérance ! Ô France qui déterre ses racines, et abat ces chênes historiques, je souffre de te voir ainsi maltraitée !

Tous les conflits ne sont pas traités de la même manière ! Il y a celui du Donbass.

La République populaire de Donetsk est un État sécessionniste de l'Ukraine autoproclamé dans l'oblast de Donetsk le 7 avril 2014 et contrôlant une partie de celui-ci. Les habitants n’ont pas accepté de passer sous la coupe des Ukrainiens, et de groupes et milices ouvertement néonazis !

Ils refusent de perdre leur langue de naissance le Russe, et leurs origines. C’est l’Alsace et la Lorraine qui voulaient rester Française, c’est la Sarre qui voulait être Allemande. Ces trois régions ont obtenu ce qu’elles voulaient. Les deux premières par la force d’une guerre, la troisième par un référendum.

Le Donbass n’a pas eu le choix des urnes ! Ils veulent l’indépendance puisque Kiev, l’Union Européenne, les USA, l’OTAN, refusent qu’ils aient une large autonomie. Il y a le projet d’une République confédérale qui devait réunir les deux États sécessionnistes de la République populaire de Donetsk et de la République populaire de Lougansk et couvrir de ce fait le territoire du Donbass à l’extrême est de l'Ukraine.

Depuis, c’est la guerre civile pour les uns, une guerre d’indépendance pour les autres. Bien entendu, la France ne soutient pas l’indépendance ! Nous avons oublié Louis XVI, et l’aide apportée à l’indépendance américaine !

La France dans le sillage de Merkel, tel un caniche, obéit à son maître allemand et derrière, aux USA. En face, il y a la détermination des indépendantistes, peut-être de la Russie de Poutine ! Mais qu’aurions nous fait si, dans les années 20, l’Alsace et la Lorraine avaient menées des actions de guerre contre « l’occupant » allemand ? La Droite et sans doute la Gauche de l’époque, se seraient enflammées…

Mais pour l’heure, c’est un grand silence qui couvre les manœuvres de l’OTAN et des USA, ce qui revient aux même, puisque l’OTAN est au service des USA. La Russie est encerclée par les bases américaines, au nom du principe de précaution ! Les russes sont devenus encore les méchants, et la grande Amérique vient au secours de la faible Europe ! Vous y croyez ! Il suffit de regarder une carte de l’emplacement des bases militaires pour réaliser que ce sont les USA qui encerclent et agressent partout dans le monde, y compris la Chine. Pas la Russie qui conteste pourtant aux USA, sa présence en Syrie, sans y être invitée, au même titre que sa présence à ses frontières.

Où est la presse nationale, elle ne s’intéresse pas aux 10 000 morts du Dombass !

"Souvenez-vous de Kira et de Kristina, abattus par le régime de putsch de Kiev, le bombardement fou de Gorlovka.

Des hommes, des femmes, des vieillards, des enfants trop blonds trop blancs ? Selon le dernier rapport de la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies, le nombre des 10 000 victimes a été dépassé au printemps 2017 pour atteindre les 10 090 tués parmi lesquelles, 2 777 civils. (Source). « Les bombardements et les mines causent l’essentiel des dommages auprès de la population », note la responsable de l’ONU Fiona Frazer. Mais la presse française n’aiment que les morts Syriens et d’autant plus, lorsqu'ils sont « rebelles », c’est-à-dire islamistes !

Des négociations eurent lieu entre les présidents russe, Vladimir Poutine, l’ukrainien, Petro Porochenko sous le patronage du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel. Les fameux accords de Minsk.

Kiev se voyait accorder la reprise, cruciale, du contrôle de sa frontière avec la Russie mais concédait en revanche des changements constitutionnels garantissant aux régions séparatistes un « statut spécial » et l’instauration d’un « gouvernement provisoire » dans l’Est. Mais depuis, la mort accumule les enfants blonds et blancs dans un grand silence ! Il n’y a point de petit Aylan pour réveiller tous ses braves gens dans les rédactions. Ces enfants blonds et blancs sont zappés ! Une deuxième mort pour eux ! Et puis, c’est si loin le Dombass !

Le bilan est lourd ! Le conflit a plongé l'Ukraine dans une profonde crise économique. Déjà mal en point avant le soulèvement du Maïdan, l'économie ukrainienne est portée à bout de bras par le Fonds monétaire international (FMI) qui lui a accordé en 2015 un plan d'aide de 17,5 milliards de dollars. Il serait peut-être temps de lâcher du lest et chercher à véritablement négocier. Mais avec qui ? Avec l’Union Européenne incapable de prendre son indépendance et de parler d’une seule voix ! Avec les USA que cette guerre arrange finalement. Quoi qu’il en soit, les blocus des uns et des autres, font plus de mal que de bien. Très égoïstement, je pense aux agriculteurs français qui sont les otages d’une réponse du berger à la bergère, d’un blocus de la Russie en réponse à un blocus de l’Union Européenne. Il faut sortir de cette spirale infernale.

En conclusion, il y a des guerres en Europe qui n’intéressent pas grand monde dans les médias, et des guerres aux Moyen-Orient dont on ferait bien de regarder avec plus de discernement.

Gérard Brazon



 
 

Syrie – Cinq milices islamistes violent le cessez-le-feu

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Michel Garroté  --  La tension continue de monter en Syrie, dans la Ghouta. Et comme on pouvait s'y attendre, le cessez-le-feu proclamé par le Conseil de Sécurité de l'ONU n'est donc pas respecté. Pire, les cinq formations islamistes armées Jaysh al-Islam, Jabhat al-Nosra, Ahrar al-Cham, Faylaq al-Rahmane et Liwa Fajr al-Oumma ont formé un centre de commandement unique dans  la Ghouta, située aux abords de Damas, la capitale syrienne.
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Malgré les déclarations faites par Jaysh al-Islam (l'un des cinq groupes islamistes) sur la réconciliation en Syrie, des tirs de mortier et d'obus visant la capitale syrienne, Damas, proviennent toujours du territoire contrôlé par les cinq groupes terroristes. De plus, les terroristes islamistes ont attaqué les positions des troupes gouvernementales syriennes dans plusieurs secteur. En effet, les forces pro-Damas ont été la cible d'attaques aux véhicules piégés près des localités de Hazrama et d'al-Nachabiya.
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Et comme d'habitude, les médias occidentaux allèguent que c'est Bachar Al-Assad qui ne respecterait pas le cessez-le-feu. Ils vont jusqu'à prétendre que l'armée régulière syrienne utiliserait des armes chimiques, ce qui, selon des analystes neutres et indépendants serait faux, une fois de plus. En revanche, pas un mot dans la presse sur les civils de la Ghouta empêchés de partir et utilisés comme boucliers humains par les islamistes de Jaysh al-Islam, Jabhat al-Nosra, Ahrar al-Cham, Faylaq al-Rahmane et Liwa Fajr al-Oumma.
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Michel Garroté pour Les Observateurs, 26.2.2018
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L’Iran innove avec un nouvel “axe de résistance” anti-israélien

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Michel Garroté  --  Le moins que l'on puisse dire, c'est que les médias francophones sont israélophobes (et souvent judéophobes par la même occasion). Quant à "l'antisionisme" des islamo-gauchistes, il est devenu la version "acceptable" de l'antisémitisme. Quand la presse parle d'Israël, c'est contre Israël. Et lorsque la presse parle des palestiniens, c'est en faveur des palestiniens. Ci-dessous, je publie une étude sur la guerre que l'Iran et ses alliés mènent contre Israël. On peut toujours me rétorquer que c'est une étude réalisée par un Juif Israélien, et, que, de ce fait, elle ne serait pas "neutre". Ce type de réaction me fait toujours sourire. Car elle insinue qu'un Juif Israélien, forcément, serait tendancieux, et, de ce fait, peu crédible, du seul fait qu'il est Juif Israélien.
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Dr. Doron Itzchakov, chercheur associé au Begin Sadat Center for Strategic Studies et à l' Alliance Center for Iranian Studies de l'université de Tel Aviv, écrit notamment : L'infiltration récente de l'espace aérien israélien par un drone iranien et les événements qui ont suivi se sont déroulés dans le contexte d'une transition de l'approche stratégique iranienne: elle est passée de l'intervention par des groupes supplétifs opérant secrètement à l’intervention directe d’un « axe de résistance » anti-israélien.  L'envoi d’un drone iranien dans le ciel israélien et l'escalade qui a suivi, ouvrent une nouvelle phase dans le conflit israélo-iranien, qui a jusqu'à présent été mené par des groupes supplétifs agissant dans le secret. Ce dernier incident introduit une nouvelle dimension dans le combat anti-israélien du régime islamique: la transition de l'implication indirecte à l'implication directe. Ce changement reflète entre autres, le renforcement de la confiance en soi du régime théocratique, un sentiment de réussite dans l'édification de «l'axe de la résistance» au cours des dernières années.
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Un examen de l'évolution de la politique anti-israélienne de la République islamique au cours des quatre dernières décennies illustre aisément l'ampleur du changement. Sur le plan idéologique, cette politique est conforme à la volonté du régime de faire preuve d'une loyauté sans compromis à la vision du monde du père fondateur de la République, l'ayatollah Khomeiny, avec ses aspects antisémites et antisionistes. Sur le plan stratégique, l'hostilité envers Israël donne au régime un puissant levier dans sa lutte pour l'hégémonie régionale et le leadership sur le monde musulman.
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Dans une large mesure, la création du Hezbollah en 1982 peut être considérée comme un signe précurseur de «l'axe de résistance» dirigé par l'Iran, terme inventé par Khomeiny après son plaidoyer en faveur du modèle wilayat al-faqih (gouvernance des docteurs de la foi) radicalement opposé aux normes du monde arabo-sunnite. La création du Hezbollah était une retombée du succès remporté par l'Iran, peu de temps auparavant, en fondant l’organisation Badr, composée de dissidents irakiens, qui combattirent à ses côtés pendant la guerre Iran-Irak (1980-88). La fidélité du Hezbollah à Téhéran était évidente, comme l’attestent une série de déclarations établissant clairement que fonctionner à partir d'ordres islamiques basés sur la wilayat al-faqih de Khomeiny était un des principaux aspects de sa vision du monde.
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Le Hezbollah a focalisé l'attention du public vers la fin 1983 avec une série d'attentats-suicides contre des cibles occidentales et israéliennes au Liban. Mais ses activités anti-israéliennes s'étendaient bien au-delà du pays des Cèdres. En mars 1992, pour se venger de l’élimination de Abbas Musawi un mois plus tôt, le Hezbollah provoqua une explosion dans l’enceinte de l'ambassade d'Israël à Buenos Aires. En juillet 1994, ce groupe lança une attaque terroriste contre le centre communautaire juif (AMIA) de la capitale argentine, qui fit 96 morts et plus de 50 blessés.
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Pour l'Iran, l'invasion de l'Irak par la coalition menée par les États-Unis en mars 2003 ouvrait l’opportunité de promouvoir un axe de la résistance en engageant des milices chiites opérant sous son égide. Peu de temps après l'invasion, Téhéran aida à la fondation de Jaish al-Mahdi (de Muqtada al-Sadr) et les milices Katay'b Hezbollah. Ces deux groupes lancèrent des opérations contre les forces de la coalition en Irak, dirigées par la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGR). Un peu plus tard, en 2007, le CGR a créé la milice Asaib Ahl al Haq dirigée par Kais al Khazali. Sept ans plus tard, en juin 2014, après la conquête de la ville de Mossoul par l'État islamique, l'Iran déploya le groupe al-Hashd al-Chaabab, une organisation commune de 40 milices qui opéraient aux côtés de l'armée irakienne pour libérer les territoires occupés [par l’État islamique]. Le procédé consistant à utiliser des groupes opérant par procuration convenait à Téhéran car il lui permettait d'intervenir sur une vaste échelle en Irak sans laisser sa signature dans les combats. Au fil du temps, la présence militaire iranienne dans divers endroits du Moyen-Orient illustrait cette tactique d’intervention par procuration.
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La guerre civile de Syrie, qui a débuté en mars 2011, a conduit à un changement de la stratégie du régime théocratique et à l'avènement d'un nouveau modèle. Soucieux de préserver le régime de Bashar Assad, Téhéran a intensifié considérablement son engagement militaire, mais il a également engagé des forces militaires régulières, ce qui contraste grandement avec son mode opératoire en Irak. En effet, au début de la guerre, l'Iran a utilisé sa méthode habituelle d'implantation de milices principalement chiites opérant sous son égide, mais son implication directe est allée rapidement bien au-delà du modèle irakien.
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Dans la pléthore de milices mises en place par l'Iran, il y avait la milice Zainbayun, composée de combattants pakistanais; la milice Fatmiyun, dont la plupart des combattants sont d'origine afghane et vivent en Iran (la plupart du temps sans statut défini), Harakat Hezbollah al-Nujaba sous le commandement d'Akram al-Qa'abi qui a établi il n'y a pas longtemps un autre bataillon, l'Armée de libération du Golan, dont le but est d'arracher cette région à Israël; la milice Abu al-Fadl al-Abbas, qui a opéré en Irak et en Syrie, et enfin Asa'ib Ahl al-Haq susmentionnée, également active dans les deux pays.
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La situation d'Assad semblait initialement désastreuse, mais avec le temps, l'Iran et la Russie ont réussi à consolider progressivement son régime. Ce succès, rendu possible par la présence massive des forces iraniennes, a offert à la République islamique l'occasion d'atteindre son objectif d'édification d’un «croissant chiite» réunissant Téhéran, le Liban, la Syrie, l'Irak et le Yémen. Le régime théocratique a commencé à planifier un corridor terrestre, pour aboutir à une continuité territoriale de l'Iran à la Méditerranée, en passant par l'Irak, la Syrie et le Liban. Pour y parvenir, considérant son contrôle sur le Liban comme acquis, Téhéran a obtenu l’aide de ses milices clientes pour prendre le contrôle des passages frontaliers entre l'Irak et la Syrie.
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Un élément clé de la nouvelle approche consistait à établir des bases iraniennes en Syrie. Certaines d'entre elles ont été implantées dans des bases et des aéroports syriens, d’autres ont été mises en place avec le Hezbollah, et d’autres encore ne sont occupées en exclusivité par l'Iran. Selon les informations disponibles, Téhéran dispose d’une présence permanente dans des bases proches de Deir az-Zor, d'Alep, d'As-Safira, d'Al-Qusair, etc. La construction de ces bases et la continuité territoriale à laquelle elles ont abouti, montrent que l’Iran a l'intention de rester sur le sol syrien à longue échéance.
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De nombreuses déclarations des commandants des milices et de hauts responsables de la défense iranienne indiquent clairement que la présence de Téhéran en Syrie a deux objectifs: stabiliser le régime d'Assad et promouvoir l'axe de résistance anti-israélienne. Le modèle iranien implique la création d'une chaîne de forces inféodées en appui à cet axe de résistance le long de la frontière nord d'Israël, comme Khomeiny l’avait envisagé. Le commandant du CGRI, Ali Jafari, a parlé de l'établissement d'une force de «Basij» internationale qui prendrait ses ordres à Téhéran. Sa déclaration visait à rendre bien clair que toutes les milices sous le contrôle de l'Iran dans toute la région, que ce soit en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban, deviendront une force transnationale unique opérant sous un même parapluie.
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L'hostilité de la République islamique à l'égard d'Israël est un fait avéré, mais le régime théocratique semble adopter une tactique différente et passer à une nouvelle étape de la lutte. La succession de déclarations belliqueuses s’en prenant à l'existence même d'Israël est maintenant soutenue par des mesures opérationnelles suggérant que l’objectif est désormais la confrontation sur le terrain. Au début, le régime révolutionnaire s’en est pris à Israël principalement sur le plan idéologique, par exemple en proclamant la Journée internationale de Jérusalem. Par la suite, l'Iran a adopté une stratégie de substitution, pour éviter de laisser la preuve directe de ses actions. Actuellement, Téhéran met en œuvre un modèle de participation directe. De l'effondrement du régime Ba'ath irakien à nos jours, le CGRI a acquis une expérience considérable en matière de guerre conventionnelle et de guerre asymétrique. Cette expérience a donné confiance aux décideurs iraniens et les déclarations du régime sont maintenant plus explicites que par le passé : il faudrait les prendre au sérieux, conclut le Dr. Doron Itzchakov.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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https://besacenter.org/perspectives-papers/iran-anti-israel-resistance/
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http://fim13.blogspot.ch/2018/02/liran-innove-avec-un-nouvel-axe-de.html#more
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Auteur : Dr. Doron Itzchakov, chercheur associé au Begin Sadat Center for Strategic Studies et à l' Alliance Center for Iranian Studies de l'université de Tel Aviv.
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Date de première publication : 20 février 2018, in BESA Center Perspective Papers n° 747
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Traduction : Jean-Pierre Bensimon
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Une division de facto de la Syrie ?

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Michel Garroté  --  La Turquie a mis en garde le gouvernement syrien, l'avertissant de ne pas envoyer de troupes dans la région syrienne d'Afrin, selon un haut responsable turc. Tout envoi de forces à Afrin par le gouvernement syrien reviendrait à autoriser une division de facto de la Syrie, et entraînerait des conséquences désastreuses dans la région, a déclaré à la presse Bekir Bozdag, vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement turc, à l'issue d'une réunion du conseil des ministres à Ankara.
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Le dictateur islamiste turc Recep Tayyip Erdogan, surnommé "le fou d'Ankara", s'est également entretenu par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine et son homologue iranien Hassan Rohani, afin de les menacer des conséquences d'un envoi de troupes syriennes dans la région d'Afrin située dans le nord de la Syrie.
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Les armées turque et syrienne sur le point de s’affronter

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Michel Garroté  --  La Syrie est un front pour l’Iran, le Hezbollah et leurs alliés, pour faire avancer l’ordre du jour irresponsable et dangereux de Téhéran pour le Moyen-Orient. Dans ce conflit, on trouve des combattants que l’Iran a fait venir de chez lui pour les envoyer au Liban, en Syrie, en Irak et en Afghanistan. A l'inverse, sur tous les fronts de ce conflit, on trouve des combattants que l’Iran a fait venir du Liban, de l’Irak et de l’Afghanistan. Ces faits rendent extrêmement difficile toute analyse de la situation, notamment la situation en Syrie.
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En effet, la crise politique et militaire qui sévit dans le nord de la Syrie s'aggrave de jour en jour. Ainsi, l’armée syrienne s’apprête à déployer rapidement ses troupes dans la région d’Afrin, située dans le nord du pays et occupée - illégalement - par l'armée du régime islamiste turc du dictateur halluciné Erdogan.
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Le gouvernement de Damas et les milices kurdes de  l'YPG - milices qui pour l'instant contrôlent encore la ville d'Afrin - ont conclu un accord prévoyant le déploiement d'unités de l'armée syrienne dans la région, pour faire face à l'offensive turque. Le ministre turc des Affaires étrangères a prévenu que la Turquie n'hésiterait pas à affronter les forces syriennes, si ces dernières entraient dans le secteur d'Afrin.
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La Turquie et ses alliés islamistes syriens ont lancé, le 20 janvier 2018, une opération, pour occuper et contrôler le territoire syrien d'Afrin, territoire contrôlé, comme mentionné plus haut, par les Kurdes syriens de l'YPG. Dans ce contexte délicat, le président Bachar al Assad a réaffirmé vouloir reprendre le contrôle de l'ensemble de la Syrie. L'on ignore pour l'instant, quelles seront les réactions russe et américaine.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Syrie: Erdogan est prêt à affronter les militaires américains

Les forces turques sont déterminées à élargir l'offensive vers l'est, au risque d'en découdre avec l'armée américaine.

La Turquie a affirmé dimanche avoir capturé une colline «stratégique» du nord-ouest de la Syrie dans le cadre de sa campagne contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), alliée des Etats-Unis. Elle tentait de s'emparer de ce site depuis neuf jours.

(...)

Source et article complet

Le fou d’Ankara mène la guerre en Syrie

Afrin-1

   
Michel Garroté  --  Le 17 janvier 2018, je publiais, sur notre site, un article intitulé "Le dictateur turc Erdogan veut envahir le nord-ouest de la Syrie". Entretemps, c'est chose faite. Le dictateur islamiste turc Recep Tayyip Erdogan s'est dit, mercredi 24 janvier 2018, déterminé à poursuivre l'offensive dans l'enclave syrienne d'Afrin pour en éliminer une milice kurde.
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"L'armée turque et l'Armée Syrienne Libre (ASL : une milice islamiste) reprennent le contrôle d'Afrin pas à pas. Cette opération va se poursuivre jusqu'à l'élimination du dernier membre de cette organisation terroriste", a déclaré Erdogan.
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Par ailleurs, des volontaires américains, britanniques et allemands, qui avaient combattu le groupe Etat Islamique (EI) aux côtés des Forces démocratiques syriennes (FDS), se trouvent dans la région d'Afrin pour repousser l'offensive de la Turquie. Mais revenons, ci-dessous, sur les derniers événements en cours et survenus.
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Samedi 20 janvier 2018, le ministère russe de la Défense a indiqué avoir retiré ses militaires de la ville d'Afrin, au nord-ouest de la Syrie, où la Turquie lance son offensive contre les forces kurdes. Le groupe opérationnel du "Centre russe en Syrie" et la police militaire d'Afrin ont été transférés vers Tell-Adjar, dans la zone de Tell-Rifat, afin d'empêcher les possibles provocations et dangers, a indiqué le ministère russe de la Défense.
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Parallèlement, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué que Moscou est préoccupé par l'opération militaire turque à Afrin, et, qu'il surveille de près l'évolution de la situation. "Nous appelons les parties adverses à faire preuve de retenue,'' a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères. L'attaque turque contre les forces kurdes à Afrin va - sans aucun doute - jeter une ombre sur le Congrès du dialogue national syrien, qui est négocié par la Russie, la Turquie et l'Iran.
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A noter que le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi a rencontré, également le samedi 20 janvier 2018, le Premier ministre du gouvernement régional du Kurdistan d'Irak, Nechirvan Barzani.
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Le dictateur Erdogan a donc très clairement envoyé des milliers de soldats turcs attaquer les Kurdes Syriens en Syrie. L’incursion turque en Syrie pénètre ce pays jusqu'à plus de quarante kilomètres au-delà de la frontière. Les soldats turcs progressent dans la région d’Afrin avec l'aide de combattants islamistes syriens formés par la Turquie.
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La vaste opération turque associe frappes aériennes, bombardements d’artillerie et offensive terrestre contre l'YPG, le groupe de résistance kurde, qui d'une part a été décisif dans la lutte contre l'EI ; et qui d'autre part, est soutenu par les Etats-Unis.
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Le nombre de miliciens islamistes soutenus par la Turquie et engagés dans l'offensive est d'environ 25'000. Parmi eux figurent des factions ayant pris part, en 2016, lors d'une précédente opération militaire turque en territoire syrien. Cette offensive avait rassemblé les milices syriennes "Sultan Mourad" et "Moutassem".
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Ces forces combattent à nouveau au sein de la nouvelle offensive turque. Des miliciens de "Jabha Chamiya" et de "Faylaq el-Cham", deux milices actives dans le nord de la Syrie depuis 2014, prennent également part à l'actuelle attaque turque en territoire syrien, sans oublier l'ASL. Très clairement, le fou d'Ankara mène la guerre en Syrie, et, les conséquences de cette dangereuse initiative restent incalculables.
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Les Etats-Unis “jouent-ils leurs muscles” en Syrie ?

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Michel Garroté  --  Faut-il croire que Les Etats-Unis jouent leurs muscles en Syrie ? Faut-il croire qu'ils voudraient, encore et toujours, le départ de Bachar al-Assad ? Ou les Etats--Unis veulent-ils simplement éviter que les ayatollahs iraniens contrôlent la Syrie, une partie de l'Irak, le Liban et le Yémen ?
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Washington joue ses muscles en Syrie pour affirmer son influence sur l'ensemble du Moyen-Orient face à Moscou, selon un diplomate britannique très sévère envers les USA (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Donald Trump étant accusé d'avoir perdu la Syrie aux Russes, les États-Unis sont forcés de maintenir une présence militaire dans ce pays. Les États-Unis se sont engagés en Syrie dans un jeu de puissance afin de démontrer qu'ils possèdent toujours une influence dans l'ensemble du Moyen-Orient. C'est également une partie du jeu mené par les États-Unis contre l'Iran. Cela n'a aucun rapport avec la lutte contre le terrorisme en Syrie, ni avec les problèmes humanitaires, ni avec la démocratie. Compte tenu du fait que les États-Unis sont incapables d'imposer leur volonté pour faire changer le régime en Syrie, ils envisagent de la maintenir en état de déstabilisation permanente (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Avec la reprise  --  aux jihadistes de l'État islamique  --  des villes syriennes de Deir ez-Zor et de Bou Kamal à la frontière avec l'Irak en novembre dernier, les forces du régime syrien, appuyées au sol par des milices chiites irakiennes, libanaises et iraniennes, cette reprise et cette jonction terrestre, parachève le fameux "croissant chiite", qui, rejoint, de l'autre côté de la frontière, les forces irakiennes soutenues par les milices chiites pro-iraniennes du Hachd el-Chaabi (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Et déjà en juillet-août, le Hezbollah, appuyé par l'armée libanaise, avait nettoyé la frontière est du Liban, mitoyenne de la région syrienne du Qalamoun, sécurisant ainsi l'axe reliant Téhéran à Beyrouth, en passant par Bagdad et Damas. Cet axe syro-irakien est aujourd'hui le cœur géographique de la tension entre les chiites et les sunnites.
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La chute de Saddam Hussein en Irak et la mise en place d'un système politique confessionnel ont offert aux chiites, majoritaires mais longtemps opprimés sous le régime du dictateur baassiste, de larges prérogatives. Mais la politique discriminatoire envers les sunnites menée par Nouri el-Maliki, Premier ministre irakien chiite et pro-iranien, ont été la cause du déclenchement d'une guerre confessionnelle dont les répercussions se font sentir jusqu'à aujourd'hui, notamment avec la naissance du groupe sunnite radical État islamique. Parallèlement, la révolte populaire en Syrie, déclenchée en 2011, s'est vite transformée en un conflit communautaire entre le régime de Bachar el-Assad, alaouite (une branche du chiisme) et qui représente 15% de la population syrienne, et la majorité sunnite, dont une large partie s'est radicalisée au fil des mois.
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En outre, Téhéran mobilise des dizaines de milliers de miliciens chiites venus non seulement de l'Iran, mais aussi de l'Irak, de l'Afghanistan et du Liban pour défendre le régime alaouite.
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L'Arabie saoudite voit d'un très mauvais œil l'influence grandissante de l'Iran dans la région : Riyad se sent encerclé par les proxys du régime des mollahs, sans oublier la menace des missiles balistiques que Téhéran développe. Et le prince héritier et homme fort du royaume, Mohammad ben Salmane, semble prêt, coûte que coûte, à endiguer l'hégémonie iranienne. Il a accusé l'Iran d'avoir agressé son pays, en rendant Téhéran responsable d'un tir de missile des rebelles houthis au Yémen intercepté près de Riyad. Son ministre des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a fustigé le comportement iranien dans la région, affirmant lors de la conférence sur la sécurité à Munich l'année dernière que « l'Iran est la première source du terrorisme ». Et allant encore plus loin, un membre du Haut Comité des ulémas saoudiens a affirmé dernièrement que les chiites « ne sont pas nos frères, ils sont plutôt les frères de Satan » (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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https://fr.sputniknews.com/international/201801191034802999-syrie-etats-unis-destabilisation/
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https://www.lorientlejour.com/article/1092715/2004-2017-la-prophetie-du-roi-abdallah-ii-sur-le-croissant-chiite-se-realise.html
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Le dictateur turc Erdogan veut envahir le nord-ouest de la Syrie

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Michel Garroté  --  Le chef de file des négociateurs de l'opposition islamique syrienne a exigé mardi 16 janvier 2018 que les Etats-Unis et l'Union européenne intensifient leurs pressions sur le président Bachar al Assad pour son départ, mais aussi sur la Russie et l'Iran afin que tous reviennent à la table des négociations.
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"L'heure est venue pour le président Trump, la chancelière Merkel et la Première ministre May de dire stop", a décrété Nasr Hariri. Faute de telles interventions, le sang des Syriens continuera de couler, a-t-il menacé, ajoutant que les prochaines négociations sur le sort de la Syrie se tiendront fin janvier à Vienne, en Autriche.
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Et des membres de la rébellion islamique syrienne soutiendront l'offensive que la Turquie entend mener en Syrie contre les milices kurdes YPG (Unités de protection du peuple) présentes dans la poche syrienne d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, a déclaré mardi 16 janvier 2018 le dictateur turc, Recep Tayyip Erdogan.
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Annoncée en novembre dernier, cette invasion turque du nord-ouest de la Syrie a été une nouvelle fois évoquée par le pouvoir turc après l'annonce, dimanche 14 janvier 2018, du projet de la coalition sous commandement américain de constituer une nouvelle force de gardes-frontières dans la région du nord de la Syrie contrôlée par des Kurdes et leurs des Arabes.
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Ce projet est combattu tant par Ankara que par Damas et ses alliés russes et iraniens. Interrogé sur une éventuelle participation des rebelles islamistes syriens à l'opération turque visant la poche syrienne d'Afrin, Recep Tayyip Erdogan a répondu : "Bien sûr qu'ils le feront". En clair, Erdogan et la rébellion islamique syrienne veulent, encore et toujours, le retrait des occidentaux, le contrôle du nord-ouest de la Syrie et le renversement de Bachar Al-Assad.
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La décision de Washington de maintenir les bases américaines dans le Nord de la Syrie, sécurisées par une nouvelle force locale formée de 30.000 hommes, s’est donc attiré une menace de la part de la Russie. Ainsi, le Colonel-Général Vladimir Shamanov, président de la Commission de Défense de la Douma (parlement russe), a déclaré : "Les pratiques des Etats-unis, qui dirigent une coalition internationale supposée combattre Daesh, contredisent les intérêts russes en Syrie. La Russie travaillera en coopération avec ses partenaires pour prendre les mesures nécessaires afin d’établir la stabilité en Syrie".
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch, 17.1.2018
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Syrie: Témoignage du curé de Maaloula “On était dans un village de dialogue avec nos voisins musulmans et ceux-ci ont accueilli les islamistes en libérateurs.”

À l’occasion de sa visite en France pour une tournée de conférences organisée par SOS Chrétiens d’Orient, le Père Toufic Eïd, curé de la paroisse catholique de Maaloula, la ville martyre, a été reçu sur le plateau de TV Libertés par Martial Bild, directeur de la rédaction de cette chaîne de télévision sur Internet.

 

 

La petite ville majoritairement chrétienne de Maaloula, bombardée depuis deux jours, tomba aux mains des islamistes le 7 septembre 2013. Le jour même, trois chrétiens qui avaient refusé d’apostasier étaient égorgés. Deux autres chrétiens furent fusillés un peu plus tard. Six furent enlevés : on n’a retrouvé les restes de cinq d’entre eux qu’en avril de cette année…

Un témoignage bouleversant à regarder jusqu’au bout car, en fin d’émission, le Père Toufic lance un appel aux chrétiens de France…

Source: Observatoire de la christianophobie

Ces mercenaires français rappelés du Levant

La presse française diffuse depuis quelques semaines une campagne de communication criminelle. La profusion et la simultanéité de la parution d'autant d'articles sur le même sujet et avec la même orientation ne peut être que la mise en oeuvre d'une campagne coordonnée, donc commandée dans une intention précise.

Il s'agit de la campagne visant à assurer les anciens mercenaires recrutés en France qu'ils y seront bienvenus à leur retour de Syrie. Car une telle campagne, incluant l'intervention directe de divers ministres, ne saurait être destinée au public français, que le commanditaire a peu de chances de convaincre du bien-fondé de cette décision politique qu'il aurait plutôt intérêt à tenter de cacher. La cible de ce message est donc extérieure et ne peut pas être touchée discrètement et individuellement même s'il ne s'agit que de quelques milliers de personnes, ce qui a obligé à recourir à un moyen de communication volumineuse indirecte en dépit des risques politiques internes. La décision a donc dû être mûrement réfléchie.

Dans le cadre du projet de destruction de la Syrie, la France a laissé partir pour le djihad (la guerre "sainte") des milliers de futurs mercenaires généralement convaincus, et pour le djihad al-nikah (la prostitution "pour Allah") de futures prostituées généralement bernées. On pourrait certes appeler autrement que prostitution, vu d'un pays où l'activité librement exercée est légale, l'imposition de relations sexuelles multiples, et non rémunérées, par l'intimidation essentiellement psychologique au départ puis par la violence physique plus tard. Le mot n'existe d'ailleurs pas dans certains contextes culturels où le multipartenariat de la femme respectable (sous tutelle toute sa vie) est interdit et où le viol systématique de la femme esclave ou captive est une règle incontestable.

Au contraire par exemple la Tunisie, qui avait elle aussi vu partir (et pour sa part déploré) plusieurs milliers de jeunes gens et jeunes filles en 2012 et 2013, a criminalisé leur recrutement, leur regroupement et leur acheminement. Avant d'aller jusqu'à interdire la sortie du pays à toute personne de moins de trente-cinq ans sauf autorisation paternelle, le régime à dominante Ennahdha issu de la "révolution de jasmin" menée par les Frères Musulmans égyptiens et encensée par la presse démocrate française a fermé deux cents mosquées coupables (ou suspectées, faute de jugement) d'appels à la solidarité mahométane, localisé et débandé plusieurs centres de regroupement et sélection, et démantelé et incarcéré plusieurs réseaux d'acheminement, en vertu notamment des résolutions 1325 et 1820 du Conseil de Sécurité de l'ONU et du Protocole de Palerme.

Mais le gouvernement français, pour sa part, a choisi d'autoriser la propagande en France pour cette forme de confrontation totale qui viole non seulement les conventions internationales du droit positif interétatique moderne matérialisé dans les traités du système ONU, mais aussi les multiséculaires droits coutumiers de la guerre et à la guerre. Déjà en 1998, toutes les chaînes de télévision publique ou subventionnée diffusaient au journal du soir des "documentaires" sur le regroupement et le départ vers la Suisse, plateforme du recrutement ouest-européen, des volontaires pour la guérilla islamiste menée par le mouvement sécessionniste de la diaspora albanaise en Serbie (province de Kossovo et Métochie), et dont l'acheminement, au départ des grandes villes françaises, était prétendument grâcieusement offert par des compagnies d'autobus qu'on n'aurait peu souçonnées de djihadophilie. On n'a jamais su qui avait en réalité financé les autobus et surtout la campagne de communication télévisuelle manifestement autorisée, et l'année suivante les combattants irréguliers ainsi enrôlés publiquement en France reçurent l'appui aérien de l'OTAN et de la France (alors non membre de l'OTAN), un précédent plutôt encourageant pour les campagnes de recrutement à venir. Plus récemment lorsque le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré, le 12 décembre 2012, que le front Al Nosra (Al Qaeda en Syrie) ne pouvait être qualifié de terroriste car il faisait du "bon boulot", dont le monde entier a pu constater les résultats (malgré la propagande atlanto-islamiste) lors de la libération d'Alep, il faisait l'apologie d'une organisation dont il connaissait l'usage indiscriminé d'armes chimiques contre la population civile et l'usage ciblé du viol cultuel. Un an plus tard le ministère de l'intérieur a refusé la liste des mercenaires français identifiés par le gouvernement syrien, comme pour leur assurer l'impunité. Et au cas où des doutes seraient restés chez les candidats potentiels français ou résidents, le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a déclaré le 5 août 2014 que prôner ledjihad n'était pas un délit et n'était pas pénalement répréhensible, dépénalisant ainsi le djihad lui-même (car il est interdit de prôner une pratique interdite) et apportant la caution du gouvernement français, qui ne l'a pas désavoué, à la commission non pas de simples crimes de guerre mais d'une véritable entreprise de crimes contre l'humanité.

Ces mots sont pesés, l'agression de la Syrie était bien un projet de destruction d'un pays par la commission à grande échelle de crimes contre l'humanité sur la société et la population civiles, pas une entreprise de neutralisation ou soumission politique au moyen d'une guerre, licite ou pas, dûment déclarée et menée par des moyens militaires réguliers.

Par son arrêt du 26 février 2015 dans l'affaire C-472/13 la Cour de Justice de l'Union Européenne a clairement reconnu la responsabilité et la clause de conscience de toute personne appartenant à des forces armées qui commettent des crimes de guerre, c'est-à-dire une sorte de participation à la responsabilité collective même sans commission personnelle desdits crimes. Bien au-delà de la classique notion de l'impossibilité de se retrancher derrière le devoir d'obéissance hiérarchique, le combattant civilisé restant toujours responsable de ses actes individuels, la CJUE a reconnu le droit (et sous-entendu le devoir) pour un soldat de refuser de participer à un conflit où son armée d'appartenance commet des crimes de guerre, et même de s'en retirer le cas échéant par la désertion. Si cet arrêt reconnaît aux Etats un "droit légitime à maintenir des forces armées", il ne saurait évidemment être reconnu aux forces irrégulières non étatiques, violatrices systématiques du droit de la guerre et recourant au mercenariat.

Mais la France n'avait pas attendu cet arrêt pour prévoir la réclusion criminelle à perpétuité, selon l'article 212-3 du code civil, pour toute "participation à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de l'un des crimes définis par les articles 211-1, 212-1 et 212-2". Ces articles définissent les crimes contre l'humanité. Plus précisément l'article 211-1 définit le crime de génocide comme tout acte criminel s'inscrivant dans un "plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux", et l'article 212-1 inclut dans les crimes contre l'humanité tout acte criminel comme meurtre, asservissement, déportation, viol, torture, séquestration au secret ou ségrégation, s'inscrivant dans un "plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique". Compte tenu de la longue litanie des massacres, viols ou réductions en esclavage pour raison religieuse, des Kurdes de Tal Abyad aux Arméniens de Kassab en passant par les Assyriens de Maaloula, sans oublier les Yézidis du Sinjar, mais aussi Houleh, Taldo, Al Chomaryeh, Homs ou Alep, il n'y a depuis cinq ans aucun doute sur l'existence de faits matériels caractérisant la préparation et même la réalisation d'un plan concerté d'extermination ou, selon les cas, d'asservissement, à l'encontre de communautés particulières, voire de toutes les communautés non arabes sunnites du Levant. Les exactions se répartissent équitablement entre toutes les composantes prétendument rivales de la guérilla islamiste (les nébuleuses d'Al Nosra et de l'Etat Islamique), dont l'approvisionnement en armement est commun (Armée Syrienne Libre et Etats-Unis d'Amérique). Par conséquent toute personne coupable de participation à un groupement formé à cet effet est, selon l'article 212-3 du code civil, passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Et la première preuve de la participation à ce groupement est évidemment le départ de France en direction des théâtres d'exaction, puisque les participants ne sont pas recrutés parmi les touristes français en Syrie ou en Turquie, mais parmi les sympathisants en France, et acheminés après recrutement, comme l'a démontré le démantèlement des réseaux recrutant en Tunisie. D'ailleurs la loi pénale française est aussi applicable à tout crime commis par un Français (ou assimilé) à l'étranger, selon l'article 113-6 du code pénal. Elle n'est pas optionnelle, contrairement par exemple aux dispositions purement nationales concernant la trahison au profit d'une puissance étrangère, car il s'agit là de la transcription et l'application en droit français d'instruments de droit international, donc d'obligations auxquelles la France a souscrit au titre de la lutte mondiale contre la criminalité contre l'humanité.

Par ailleurs le mercenariat est punissable, en France, de cinq ans de prison selon l'article 436-1 du code pénal. Il n'est même pas nécessaire que l'activité soit rémunérée pour être répréhensible, il suffit qu'elle ait visé l'obtention d'un avantage personnel important, comme le sont évidemment les récompenses promises par le Coran, voire simplement les captives promises par les recruteurs. Et il n'est pas nécessaire d'avoir concrètement combattu mais seulement d'avoir été recruté pour combattre, pour "prendre ou tenter de prendre part" à des violences. Et il n'est même pas nécessaire d'avoir été recruté en France, puisque l'article 436-3 précise que les faits (d'engagement mercenaire) commis à l'étranger par un Français ou une personne résidant habituellement en France sont également punissables selon la loi française. Quant aux crimes de guerre, certes plus délicats à établir puisqu'ils sont commis individuellement et à l'étranger, ils sont punissables de quinze ou vingt ans de réclusion criminelle, voire de la perpétuité selon leur nature.

Les pays musulmans, pour leur part, n'accueilleront pas leurs ressortissants à leur retour de Syrie ou d'Irak, aussi fermement qu'ils avaient refusé, une génération plus tôt, le retour des moudjahidines recrutés par les Etats-Unis et l'Arabie Séoudite pour combattre en Afghanistan, ceux qu'on appelait alors "les Afghans" et qui ne pouvaient qu'être transférés d'un théâtre d'opérations à l'autre faute de pouvoir rentrer dans leur pays d'origine. Même les pays qui, après une guerre civile, seraient prêts à accorder une amnistie aux rebelles qui acceptent d'être débandés et désarmés, comme en Algérie il y a vingt ans, ne sont pas prêts à incorporer à leur population des gens qui ne sont pas des anciens combattants même irréguliers mais des anciens violeurs, tortionnaires et massacreurs de population civile. Si une organisation internationale tentait d'imposer à un pays musulman de reprendre ses ressortissants, ceux-ci iraient directement en prison ou au billot d'exécution.

Pourtant peu de pays ont envoyé au Levant autant de pratiquants que la France. Si la Tunisie, peuplée de onze millions de musulmans, a vu partir plusieurs milliers de volontaires en seulement deux ans avant d'empêcher les départs, la France, peuplée de quinze millions de musulmans, a dû sur sept ans en fournir un nombre au moins supérieur, comme en attestent les nombreux témoignages sur l'importance du contingent français en Syrie. Lorsque le président François Hollande a annoncé, le 14 janvier 2014, qu'il y avait de l'ordre de 700 combattants français (ou résidents) en Syrie, cela ne pouvait comprendre que les départs remarqués, mais le chiffre était vraisemblablement déjà supérieur, et doit être aujourd'hui encore plus supérieur au millier annoncé par le ministère de la justice en juin 2017.

Leur recrutement et leur départ avait été au moins toléré, sinon fomenté, par le gouvernement français. La seule manière pour celui-ci de prétendre que ce n'était pas le cas, et qu'il n'est pas complice ou commanditaire des crimes de guerre mais aussi des crimes contre l'humanité systématiquement perpétrés en Syrie, est d'appliquer à leur retour le code pénal, donc l'incarcération immédiate puis la passation en jugement pour mercenariat et pour participation à un groupement formé pour perpétrer des crimes contre l'humanité.

Stratediplo

Alain Marsaud : « Les jihadistes français en Syrie sont liquidés pour qu’ils ne rentrent pas »

Dans “Les Grandes Gueules” ce lundi sur RMC, Alain Marsaud, fondateur du Parquet antiterroriste, affirme qu’Emmanuel Macron, comme son prédécesseur François Hollande, fait en sorte que les djihadistes français présents en Syrie soient « liquidés » pour qu’ils ne reviennent pas, mais que ce n’est pas dit officiellement :

- RMC, 13 novembre 2017, 12h10

Attaque à Khan Cheikhoun : le rapport de Human Rights Watch est mis en question

Depuis le début de la guerre en Syrie, les accusations d'utilisation d'armes chimique par les différents belligérants vont bon train. Souvent accusé, parfois à tort, le gouvernement syrien est, depuis six mois, pointé du doigt pour avoir eu recours à des armes chimiques à Khan Cheikhoun en avril dernier. La journaliste indépendante Gabrielle Lima dévoile ici, une version différente des événements de Khan Cheikhoun.

Six mois ont passé depuis le drame survenu à Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d’Idleb, le 4 avril 2017, qui avait fait environ 90 morts et plusieurs centaines de blessés.

Les débats sur la réalité de l’attaque chimique de Khan Cheikhoun et ses vrais initiateurs se poursuivent jusqu’à ce jour. Bien que Washington soit “absolument” sûr et possède des preuves “incontestables“, de nombreux experts expriment des doutes à propos du rôle de Damas dans cet incident.
Afin de manipuler l’opinion publique et discréditer Bachar al Assad, la Maison Blanche s’est prononcée contre la tenue de l’enquête par l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) sur le terrain.

En mai 2017, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW) a publié le rapport de 48 pages intitulé “Attaques chimiques meurtrières: Utilisation généralisée et systématique d’armes chimiques par le gouvernement syrien” dont l’analyse détaillée révèle des erreurs et des défauts évidents ainsi que la falsification des faits destinée à décrédibiliser le gouvernement syrien.

Le texte se base sur la version de l’implication de l’aviation syrienne dans l’attaque chimique. Dès le début pourtant, deux scénarios alternatifs ont été aussi développés. Selon des différentes sources, l’attaque aurait été provoquée par une bombe explosive larguée sur l’entrepôt de munitions chimiques ou par l’explosion chimique effectuée par des terroristes sur le sol.

Il y a un sentiment que les auteurs du rapport ont choisi un scénario le plus favorable pour le justifier par des faits douteux tels que l’enregistrement des conversations téléphoniques présumés réels avec les “témoins” ou des extraits des vidéos.

Dans ce contexte, il est évident que ces faits ont été intentionnellement ramenés afin d’influencer la couverture médiatique et que le rapport de HRW se base sur les données non confirmées à partir des sources ouvertes telles que Twitter, YouTube ou Facebook. Tout cela a permis d’accuser le gouvernement syrien de crimes contre l’humanité et de montrer aux citoyens “le vrai ennemi du peuple syrien” afin de bombarder la base aérienne d’Al-Chaayrate.

Ceci étant, les journalistes indépendants Michael Kobs, Petri Kohn, Adam Larson et Qoppa ont décidé de mener leur propre investigation de l’incident survenu dans la ville de Khan Cheikhoun. Il est probable que leur travail aidera l’ONU à prendre en compte tous les aspects pour retrouver les coupables de ce crime, s’il n’avait pas été orchestré dès le début, et pour que des structures plus compétentes s’engagent dans l’enquête à l’avenir.

Voici donc les extraits du rapport de HRW qui suscitent des doutes, contiennent des défauts ou qui présentent une propagande ouverte : cliquer ICI

Gabrielle Lima

Syrie – Assad s’approche de la victoire

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Michel Garroté  --  Le président syrien Bachar al-Assad a pris une option pour la victoire sur ses adversaires qui voulaient le renverser mais il se retrouvera à la tête d'un pays en ruines, estiment les experts. Assad "contrôle la plus grande partie du territoire", ainsi que les zones "les plus peuplées", "et je pense qu'il va continuer à diriger la plus grande partie de la Syrie", déclare Aron Lund, expert de la Syrie à la Century Fondation.
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"La guerre se poursuit mais, stratégiquement, il a défait ceux qui pensaient le déposer et, sauf imprévus, je pense que le gouvernement syrien va reprendre le territoire tranche par tranche". Le régime de Damas a bénéficié de l'appui décisif de la Russie et de l'Iran. Et, avec l'entrée dans la ville de Deir Ezzor (est) contrôlée par le groupe Etat islamique (EI) - quelques mois après avoir bouté les rebelles hors d'Alep (nord) et s'être emparé de larges secteurs dans le désert du sud-est - il contrôle désormais plus de la moitié du territoire.
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Selon les chiffres fournis par le géographe Fabrice Balanche, cela représente les deux tiers de la population de Syrie, évaluée actuellement à quelque 16 millions. Les Kurdes tiennent 23% du pays, l'EI 15% et les rebelles islamiques 12%.
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Position de force :
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L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a été abrupt en affirmant que l'opposition islamique syrienne devait accepter qu'elle n'avait "pas gagné la guerre", tout en demandant au gouvernement de ne pas crier victoire. "Est-ce que le gouvernement, après la libération de Deir Ezzor et de Raqa, sera prêt à négocier et à ne pas simplement crier victoire ?
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Est-ce que l'opposition islamique sera capable d'être assez réaliste pour réaliser qu'elle n'a pas gagné la guerre ?" a-t-il dit. Ces déclarations ont "profondément blessé" (sans blague...) un des chefs de l'opposition, Nasr Hariri, chef de la délégation du Haut Comité des Négociations (HCN), dénonçant des propos "choquants" tout en maintenant sa demande de voir partir Assad au début d'une période transitoire (il rêve, Nasr Hariri).
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Il y a cependant peu de chance que cette requête soit acceptée par le régime au moment où il n'a jamais été autant en position de force depuis le début en mars 2011 du conflit qui a fait plus de 330'000 morts. Son armée contrôle les principales villes et possède une puissance de feu considérable grâce à l'appui de Moscou et Téhéran. "Je ne sais pas s'il va gagner la guerre, mais il a certainement retrouver son allant. Mais, franchement, il regagne le contrôle d'un pays complètement détruit. Je ne sais pas ce que gagner la guerre signifie dans ce contexte", note Maha Yahya, directrice du Centre Moyen-Orient de Carnegie.
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D'autres experts soulignent la fragilité du pouvoir, dans un pays profondément divisé. "Assad restera longtemps mais avec une forte probabilité que persistent des insurrections armées endémiques, pas directement menaçantes pour le pouvoir central mais structurellement menaçantes pour un régime dont les faiblesses - économiques, démographiques, institutionnelles - restent importantes", souligne Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie à l'université d'Édimbourg.
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Chômage à 50% :
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Car si le président Assad est sur la voie de gagner après avoir frôlé la défaite jusqu'à l'arrivée de l'armée russe en 2015, la situation économique est catastrophique avec un chômage touchant 50% de la population active, un taux de pauvreté de 85% et la moitié de la population réfugiée ou déplacée.
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Grâce aux victoires du régime Assad, "il va y avoir une relative éclaircie économique d'environ 18 mois à deux ans, car l'électricité va être réparée par endroits, l'extraction du pétrole et du gaz va pouvoir reprendre", affirme Jihad Yazigi, directeur de The Syria Report, un hebdomadaire économique en ligne sur la Syrie. Mais, "en l'état actuel, je ne pense pas qu'il va y avoir une reconstruction", explique-t-il, en chiffrant celle-ci à "200 milliards de dollars" (environ 166 milliards d'euros).
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Il n'y a pas d'argent dans le pays et les banques ne sont pas en état de s'occuper de la reconstruction car la totalité des actifs des 12 banques syriennes s'élève à 3,5 milliards de dollars. En outre, l'argent des expatriés rentre très peu. Et "ceux qui peuvent financer cette reconstruction comme les pays du Golfe et l'Union Européenne n'ont pas l'intention de le faire", estime M. Yazigi (voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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https://fr.news.yahoo.com/assad-rapproche-victoire-pays-ruines-082430368.html
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«L’opposition syrienne n’est composée que de terroristes» : désabusée, Carla Del Ponte démissionne

Rappel : Obama et Hollande, stars de la gauche, ont financé et armé l'opposition syrienne.

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L'ancien procureur spécialiste des crimes de guerre Carla Del Ponte a annoncé le 6 août qu'elle allait bientôt quitter la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie. Les travaux de cette dernière vont malgré tout se poursuivre.

«Je suis frustrée, j'abandonne ! J'ai déjà écrit ma lettre de démission et vais l'envoyer dans les prochains jours», a déclaré Carla Del Ponte, membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, lors d'un entretien donné au journal suisse Blick depuis le festival du film de Locarno, dans le Tessin, sa région natale.

«Je ne peux plus être dans cette Commission qui ne fait absolument rien», a dénoncé Carla Del Ponte, accusant les membres du Conseil de sécurité «de ne pas vouloir établir la justice» sur le dossier syrien.

«Au début il y avait le bien et le mal. L'opposition du côté du bien et le gouvernement dans le rôle du mal», a-t-elle estimé.

Néanmoins, si elle accuse le gouvernement syrien d'avoir «perpétré de terribles crimes contre l'humanité», elle estime aujourd'hui que «tous en Syrie sont du côté du mal».

«L'opposition n'est désormais composée que d'extrémistes et de terroristes», a-t-elle affirmé au journal suisse.

En 2013, Carla Del Ponte avait d'ailleurs affirmé, après avoir recueilli des témoignages concordants, que les rebelles «modérés» soutenus par l'Occident avaient utilisé du gaz sarin à plusieurs reprises en Syrie à Homs, Alep et Damas.

Source

Trump met fin au programme d’armement secret des rebelles «modérés» en Syrie par la CIA

Sous l'impulsion de Donald Trump, la CIA a dû mettre fin à son programme de soutien aux rebelles syriens qui souhaitent renverser le président syrien Bachar el-Assad. Cette aide militaire avait été enclenchée sous la présidence de Barack Obama.

Le Washington Post révèle le 19 juillet que le président américain Donald Trump a pris la décision, il y a près d'un mois, de cesser de donner des armes aux rebelles syriens prétendument «modérés». La décision a été prise après un entretien avec le directeur de la CIA, Mike Pompeo et le conseiller à la Sécurité nationale, le général Herbert Raymond McMaster.

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«L'argent dépensé par la CIA a tout d'abord profité à Al-Qaïda»

Si Washington assurait que son programme était destiné à soutenir des rebelles «modérés», la Russie, à de nombreuses reprises, a mis en garde quant au fait que les armes tombaient souvent entre les mains de divers groupes djihadistes.

Une analyse que partage le journaliste américain indépendant et membre du Mouvement de solidarité avec la Syrie, Rick Sterling, qui a déclaré à RT : «Armer et entraîner des rebelles qui ont immédiatement rejoint le Front al-Nosra a été un gâchis d'argent monumental. L'argent dépensé par la CIA a tout d'abord profité à al-Qaïda.»

Source et article complet

Syrie – Le Tsar et le Sultan

Russie-Poutine-1

   
Michel Garroté  --  Le dictateur islamiste turc Erdogan va effectuer les 23 et 24 juillet 2017 une tournée dans le Golfe qui le conduira notamment au Qatar et en Arabie saoudite, en pleine crise diplomatique dans cette région. Erdogan se rendra également au Koweït, principal médiateur entre le Qatar et ses voisins du Golfe. La Turquie est un proche allié du Qatar et entretient aussi de bons rapports avec l’Arabie saoudite. L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte, qui ont coupé leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusent Doha de soutien actif aux islamistes extrémistes, d’être derrière des actions de déstabilisation dans la région et, au-delà, de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume saoudien sunnite.
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Ils ont présenté une série de demandes à Doha pour mettre fin à la crise parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction de ses relations avec l’Iran ou la fermeture de la base turque au Qatar. L’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie, Dr Sami Abdullah Al-Saleh, a tout récemment déclaré que le Hamas est une organisation terroriste. Selon lui, la seule solution est que le Qatar accepte toutes les revendications de l’Arabie saoudite et de ses alliés et cesse d’héberger et de financer les organisations terroristes. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a dit espérer que la guerre au Yémen ne résulterait pas en confrontation directe entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Mais, dans tout cela, quid de la Syrie ? Ci-dessous, les lectrices et lecteurs trouveront une intéressante interview de l'excellent géopoliticien Alexandre del Valle avec Lionel Baland du site Internet "Eurolibertés".
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Lionel Baland pour "Eurolibertés" (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Selon vous, l’objectif principal de la guerre en Irak est la création d’un Kurdistan indépendant ?
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Alexandre del Valle : Oui, en détruisant l’État irakien du parti Baas.
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Lionel Baland : La Turquie n’a pourtant pas intérêt à voir naître cet État indépendant. Pourquoi la Turquie a-t-elle combattu en Syrie le régime de Bachar el-Assad alors que cela peut conduire à l’indépendance du Kurdistan syrien ?
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Alexandre del Valle : La Turquie depuis Recep Tayyip Erdoğan n’est plus celle d’autrefois. Erdogan veut que la Turquie redevienne un peu l’Empire ottoman et il est une sorte de sultan qui défend les musulmans sunnites du monde entier. La Turquie désire jouer, à l’instar du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, le rôle de leader des sunnites. Si vous êtes le leader des sunnites, vous êtes contre la pénétration iranienne en Irak et contre le pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie, car cela constitue l’axe chiite que vous combattez. Cela suit donc une certaine logique. Mais cela semble contradictoire par rapport à la situation passée car autrefois la Turquie, à l’époque kémaliste et militaire, ne résonnait pas en tant que pays sunnite.
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Alexandre del Valle : Avant, la Turquie était l’alliée de Bachar el-Assad, car, à l’époque, les militaires ne raisonnaient pas en tant que sunnites, mais comme des nationalistes. Et beaucoup étaient Alevis ou francs-maçons. Ils n’étaient pas du tout religieux. Depuis que les militaires ont été renversés et que les généraux sont devenus islamistes, la Turquie n’a plus du tout la même politique internationale qu’auparavant. Elle avait une diplomatie laïque et nationaliste qui s’entendait même avec Bachar el-Assad ou son père ou l’Iran chiite. Aujourd’hui, la Turquie est pan-islamiste et se veut le chef du monde sunnite et, par conséquent, elle soutient les sunnites, donc les rebelles en Syrie.
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Lionel Baland : Recep Tayyip Erdoğan est-il un nationaliste grand turc ou un islamiste ?
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Alexandre del Valle : Les deux. Ce qui caractérise l’idéologie, intitulée « vision nationale » (Millî Görüş), qui a formé Erdogan lorsqu’il était jeune, c’est un islamisme à la turque. C’est un vrai islamisme, mais au sein duquel la Turquie serait le concurrent des Arabes. Elle serait le vrai noyau de l’islam mondial alors que les Arabes, eux, prétendent être le cœur de l’islam. C’est un mélange de nationalisme turc très arrogant et très impérial, pan-turquiste et islamiste. Erdogan fait la synthèse national-islamiste, alors que les militaires kémalistes étaient contre l’islamisme. Ils étaient nationalistes laïques.
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Lionel Baland : Erdogan s’inspire-t-il malgré tout de Mustafa Kemal Atatürk ?
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Alexandre del Valle : Non. Si ce n’est à l’envers.
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Lionel Baland : Comment expliquez-vous l’évolution des relations entre la Russie et la Turquie ?
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Alexandre del Valle : Cela montre que le monde multipolaire ne relève pas du manichéisme ou du moralisme. La Turquie a agressé la Russie en abattant un avion russe. Une crise en a résulté, ainsi que des représailles économiques et diplomatiques. Tout à coup, Erdogan est ennuyé. Il y a une tentative de le renverser.
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Alexandre del Valle : Le président russe Vladimir Poutine, qui est un grand stratège et qui est patient, s’est dit : "Voilà une occasion de faire en sorte qu’Erdogan revienne dans mon giron, afin d’ennuyer les Occidentaux. Ceux-ci ont créé la Turquie pour endiguer la Russie, donc en tant que Russe, je n’ai pas intérêt à me brouiller longtemps avec les Turcs. J’ai intérêt à ce que les Turcs me mangent dans la main".
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Alexandre del Valle : Il a donc averti Erdogan et lui a sauvé la mise et ce dernier est venu le remercier. Il est devenu le copain de la Russie. Ils n’ont pas les mêmes intérêts, mais ils se sont dit qu’ils en ont ras le bol des Occidentaux qui les ont déçus et ont décidé de s’entendre, même s’ils ne sont pas d’accord sur la Syrie. Ils se sont partagé pragmatiquement le gâteau en Syrie : "Toi, tu peux aller là. Et moi, je peux aller là". Ils se sont entendus pragmatiquement en grande partie pour lutter contre l’hégémonie occidentale.
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Lionel Baland : Pourquoi Angela Merkel a-t-elle ouvert les frontières en 2015 aux migrants ?
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Alexandre del Valle : La Chancelière allemande Angela Merkel ne résonne pas comme les dirigeants français. L’Allemagne souffre d’une forte dénatalité. Les Allemands ne font plus d’enfants et ce pays a besoin de travailleurs car l’Allemagne est un producteur de biens manufacturés. L’Allemagne est un pays mercantiliste. Ce pays n’a pas les mêmes intérêts que la France. Elle s’est dit que les migrants clandestins constitueront une main-d’œuvre assez bien formée, car les migrants ne sont pas nécessairement des analphabètes et arrivent à se payer le voyage. Ces gens ne sont pas issus des milieux les plus pauvres. Elle s’est dit qu’elle disposera d’une main-d’œuvre à bon marché qu’elle régularisera. De plus, il y a le côté allemand hara-kiri afin de se faire pardonner – en acceptant des migrants – le passé du pays.
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Lionel Baland : Divers pays musulmans se disputent-ils le contrôle du financement des mosquées en Europe ?
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Alexandre del Valle : Oui, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Maroc, le Qatar, l’Algérie, le Pakistan, les Frères musulmans se disputent le contrôle et le financement des mosquées en Europe.
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Lionel Baland : Quelle est la position des Marocains ?
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Alexandre del Valle : Ils sont très souvent d’accord avec l’Arabie Saoudite. Ils ont un double jeu. Ils se disent modérés mais ils sont très alliés à l’Arabie Saoudite.
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Lionel Baland : Pour les musulmans est-il pire d’être chrétien ou athée ?
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Alexandre del Valle : Athée est le pire. Les chrétiens peuvent payer un impôt et se soumettre en étant inférieur. Les athées ne peuvent pas être épargnés s’ils ne se convertissent pas.
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Lionel Baland : Pourquoi les Yézidis sont persécutés ?
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Alexandre del Valle : Ils sont considérés comme païens et c’est ce qu’il y a de pire pour l’islam, au même titre que les athées.
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Lionel Baland : Pourquoi l’État islamique n’attaque-t-il pas Israël ?
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Alexandre del Valle : Je pense que la thèse diffusée dans le public qui veut qu’Israël et l’État islamique soient alliés relève des thèses complotistes. La raison est que le Hamas ne tolère pas de concurrence et a empêché l’État islamique d’entrer dans la zone palestinienne (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Source :
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http://eurolibertes.com/geopolitique/interview-dalexandre-del-valle/
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