Les Etats-Unis « jouent-ils leurs muscles » en Syrie ?

Michel Garroté
Politologue, blogueur

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Michel Garroté  --  Faut-il croire que Les Etats-Unis jouent leurs muscles en Syrie ? Faut-il croire qu'ils voudraient, encore et toujours, le départ de Bachar al-Assad ? Ou les Etats--Unis veulent-ils simplement éviter que les ayatollahs iraniens contrôlent la Syrie, une partie de l'Irak, le Liban et le Yémen ?
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Washington joue ses muscles en Syrie pour affirmer son influence sur l'ensemble du Moyen-Orient face à Moscou, selon un diplomate britannique très sévère envers les USA (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Donald Trump étant accusé d'avoir perdu la Syrie aux Russes, les États-Unis sont forcés de maintenir une présence militaire dans ce pays. Les États-Unis se sont engagés en Syrie dans un jeu de puissance afin de démontrer qu'ils possèdent toujours une influence dans l'ensemble du Moyen-Orient. C'est également une partie du jeu mené par les États-Unis contre l'Iran. Cela n'a aucun rapport avec la lutte contre le terrorisme en Syrie, ni avec les problèmes humanitaires, ni avec la démocratie. Compte tenu du fait que les États-Unis sont incapables d'imposer leur volonté pour faire changer le régime en Syrie, ils envisagent de la maintenir en état de déstabilisation permanente (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Avec la reprise  --  aux jihadistes de l'État islamique  --  des villes syriennes de Deir ez-Zor et de Bou Kamal à la frontière avec l'Irak en novembre dernier, les forces du régime syrien, appuyées au sol par des milices chiites irakiennes, libanaises et iraniennes, cette reprise et cette jonction terrestre, parachève le fameux "croissant chiite", qui, rejoint, de l'autre côté de la frontière, les forces irakiennes soutenues par les milices chiites pro-iraniennes du Hachd el-Chaabi (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Et déjà en juillet-août, le Hezbollah, appuyé par l'armée libanaise, avait nettoyé la frontière est du Liban, mitoyenne de la région syrienne du Qalamoun, sécurisant ainsi l'axe reliant Téhéran à Beyrouth, en passant par Bagdad et Damas. Cet axe syro-irakien est aujourd'hui le cœur géographique de la tension entre les chiites et les sunnites.
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La chute de Saddam Hussein en Irak et la mise en place d'un système politique confessionnel ont offert aux chiites, majoritaires mais longtemps opprimés sous le régime du dictateur baassiste, de larges prérogatives. Mais la politique discriminatoire envers les sunnites menée par Nouri el-Maliki, Premier ministre irakien chiite et pro-iranien, ont été la cause du déclenchement d'une guerre confessionnelle dont les répercussions se font sentir jusqu'à aujourd'hui, notamment avec la naissance du groupe sunnite radical État islamique. Parallèlement, la révolte populaire en Syrie, déclenchée en 2011, s'est vite transformée en un conflit communautaire entre le régime de Bachar el-Assad, alaouite (une branche du chiisme) et qui représente 15% de la population syrienne, et la majorité sunnite, dont une large partie s'est radicalisée au fil des mois.
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En outre, Téhéran mobilise des dizaines de milliers de miliciens chiites venus non seulement de l'Iran, mais aussi de l'Irak, de l'Afghanistan et du Liban pour défendre le régime alaouite.
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L'Arabie saoudite voit d'un très mauvais œil l'influence grandissante de l'Iran dans la région : Riyad se sent encerclé par les proxys du régime des mollahs, sans oublier la menace des missiles balistiques que Téhéran développe. Et le prince héritier et homme fort du royaume, Mohammad ben Salmane, semble prêt, coûte que coûte, à endiguer l'hégémonie iranienne. Il a accusé l'Iran d'avoir agressé son pays, en rendant Téhéran responsable d'un tir de missile des rebelles houthis au Yémen intercepté près de Riyad. Son ministre des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a fustigé le comportement iranien dans la région, affirmant lors de la conférence sur la sécurité à Munich l'année dernière que « l'Iran est la première source du terrorisme ». Et allant encore plus loin, un membre du Haut Comité des ulémas saoudiens a affirmé dernièrement que les chiites « ne sont pas nos frères, ils sont plutôt les frères de Satan » (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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https://fr.sputniknews.com/international/201801191034802999-syrie-etats-unis-destabilisation/
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https://www.lorientlejour.com/article/1092715/2004-2017-la-prophetie-du-roi-abdallah-ii-sur-le-croissant-chiite-se-realise.html
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Un commentaire

  1. Posté par Antoine le

    Les guerres en chiites et sunnites ne font que commencer …
    Le commerces des armes va vers des sommets !

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