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Maisons Sugus : 3 600 francs par mois, l’addition salée de l’asile zurichois

À Zurich, l’aide sociale paie 3 600 francs par mois trois chambres dans un appartement Sugus auparavant loué environ moitié moins. Un tarif élevé, même pour Zurich, et très au-dessus de ce qui se pratique généralement en Suisse.

La rédaction
3 octobre 2026
3 min de lecture

Les maisons Sugus ont changé de standing. À Zurich, cinq personnes relevant du domaine de l’asile vivent désormais dans trois des célèbres immeubles colorés proches de la gare. Pour trois hommes admis provisoirement, l’Asyl-Organisation Zürich prend en charge jusqu’à 1 200 francs brut par chambre, soit 3 600 francs par mois pour le 4 à 5 pièces qu’ils occupent. Problème : avant les congés litigieux adressés aux anciens locataires, ce même logement coûtait environ deux fois moins cher quand il était loué d’un bloc.

Même à Zurich, où le logement bon marché tient désormais de la chasse au trésor, le tarif détonne. La Ville a relevé en 2024 à 1 400 francs net le plafond de loyer pris en compte par l’aide sociale pour une personne seule. Les 1 200 francs des Sugus ne sont donc pas extravagants pour disposer d’un appartement entier à Zurich. Ils le deviennent davantage pour une seule chambre avec cuisine et salle de bains partagées.

La comparaison avec le reste de la Suisse ne rend guère l’addition plus légère. À Lausanne, le revenu d’insertion prévoit jusqu’à 1 100 francs hors charges pour une personne seule, mais seulement 666 francs charges comprises pour un jeune adulte seul ou en colocation. Dans le canton de Lucerne, les frais de logement reconnus atteignaient en moyenne 625 francs par mois en 2023 pour une personne vivant dans un ménage à plusieurs. Ces chiffres ne concernent pas exactement le même statut administratif que les trois occupants des Sugus, mais ils donnent un ordre de grandeur : 1 200 francs pour une chambre se situe clairement dans le haut de la fourchette.

L’affaire est d’autant plus piquante que 105 ménages avaient reçu leur congé fin 2024 dans trois bâtiments Sugus. La commission de conciliation a ensuite jugé les résiliations abusives et la procédure reste pendante devant le Tribunal supérieur zurichois. En septembre 2026, environ deux tiers des anciens locataires étaient pourtant déjà partis. Une partie des appartements est désormais exploitée en location temporaire ou subdivisée en chambres. Résultat : la collectivité paie aujourd’hui 43 200 francs par an trois chambres dans un appartement auparavant loué autour de la moitié de cette somme.

Encore faut-il éviter d’en faire le portrait de tout l’asile suisse. À Birmenstorf, en Argovie, 65 requérants vivaient en 2024 dans un abri de protection civile souterrain, avec dortoirs, lits superposés et rideaux en guise de séparation. Entre le bunker et la chambre zurichoise à 1 200 francs, le système helvétique pratique un grand écart spectaculaire. Aux Sugus, le véritable luxe n’est peut-être pas le logement, mais le prix payé pour l’obtenir.

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