Les brouillons ont finalement parlé, son éditeur met Thélyson Orélien au pilon
Après un mois de polémiques et de démentis, son éditeur canadien rompt finalement avec Thélyson Orélien. Une expertise des fichiers de travail de son roman a en effet révélé des traces d’utilisation d’IA. Les brouillons réclamés depuis septembre se retournent contre leur auteur.
Le 25 septembre, nous concluions notre précédent article sur Thélyson Orélien par un conseil simple : pour démontrer qu’il avait personnellement écrit C’était ça ou mourir, l’auteur pouvait produire ses brouillons et leur historique des versions. Un mois plus tard, c’est chose faite, les fichiers ont parlé… mais, à la surprise générale, pas exactement en sa faveur.
Dans un communiqué publié le 21 octobre, les Éditions du Boréal annoncent la rupture : plus de réimpression du roman, plus de nouveaux livres de Thélyson Orélien. La maison québécoise a fait examiner par un expert extérieur l’ensemble des versions de travail du manuscrit. Résultat : des « traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents ».
L’éditeur estime ainsi établi que l’intelligence artificielle a participé au processus d’écriture, contrairement aux assurances répétées de l’auteur. Il précise toutefois ignorer dans quelle mesure : ces métadonnées ne prouvent donc pas à elles seules que le roman entier ait été généré par une machine, mais elles plantent le dernier clou dans le cercueil de la défense de Thélyson Orélien, déjà mise en bière par Pangram.
Le retournement est spectaculaire. En septembre, les premières révélations sur les détecteurs d’IA et les plagiats avaient été suivies de violentes attaques contre les accusateurs. Marc Levy dénonçait notamment un « compte de racistes ».
Utilisation de l’IA ? prouvé ! plagiat ? prouvé !
Les analyses de Pangram et de Lucide étaient contestées, bien qu’elles fussent répétées à de nombreuses reprises, avec toujours les mêmes résultats, y compris face à des textes témoins. Aujourd’hui, le constat ne repose plus seulement sur les très, très, fortes probabilités calculées par ces logiciels, mais sur les fichiers de travail examinés à la demande de l’éditeur lui-même.
Entre-temps, Thélyson Orélien a reconnu des plagiats dans ses anciens textes. Nous en avions nous-mêmes identifié plusieurs, datant des années 2010. Un internaute en a documenté 23 dans un fil sur X, puis un 24e, datant seulement de juillet 2024… le mea culpa de « l’auteur » est loin d’aller jusque-là. Il devrait alors admettre n’avoir pratiquement rien écrit de sa vie et son aveu d’avoir utilisé l’IA uniquement pour des recherches, tout en maintenant qu’aucune phrase de son roman n’avait été écrite par une machine, s’en trouverait encore plus fragilisée. D’ailleurs, selon Boréal, il avait ensuite refusé de fournir d’autres éléments pour documenter sa création, ce qui ne plaide pas en sa faveur. Qu’avait-il encore à cacher ?
L’éditeur résume désormais l’affaire en un mot : « confiance ». Après les très forts soupçons d’emploi de l’IA, depuis avérés, les démentis répétés, les plagiats avoués, elle manque presque autant au dossier de Thélyson Orélien que le talent.
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