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« Le verrouillage médiatique, de Paris à Bruxelles » : grand entretien avec Claude Chollet (OJIM)

À moins d'un an de la présidentielle, jamais l'espace du dicible ne s'était refermé aussi vite : une chroniqueuse expulsée sans procès pour ses opinions, une chaîne sanctionnée à répétition, une autorité de régulation qui rêve tout haut d'étendre son empire aux influenceurs. Pour le président de l'Observatoire du journalisme, le scandale n'est pas tant le contrôle lui-même que le double discours qui l'enrobe – et la propagande de guerre qui lui sert de bande-son.

Dimitri Fontana
28 août 2026
15 min de lecture

« Pas d’Arcom offensive à Berne : le verrouillage y est sociologique avant d’être institutionnel. Un service public dominant, un duopole de presse en Suisse romande, des rédactions d’un conformisme compact – et la police du débat s’exerce par l’ostracisme professionnel plutôt que par l’amende. Le résultat est le même : l’éventail des opinions publiables se referme. »

Expulsion de Xenia Fedorova, amendes en série contre CNews, extension annoncée des pouvoirs de l’Arcom : la France prépare-t-elle 2027 en verrouillant son espace médiatique ? Et si le phénomène dépassait nos frontières – de Bucarest, où une élection fut annulée, à Bruxelles qui s’arme du DSA, jusqu’à la Suisse, si prompte à donner des leçons de neutralité ? Nous passons l’actualité médiatique européenne de ces dernières semaines au peigne fin en compagnie de Claude Chollet, président de l’Observatoire du journalisme.

Entretien

Vous avez qualifié l’été 2026 d’« été du grand verrouillage informationnel ». N’est-ce pas grossir des épisodes disparates – une expulsion, une amende, une mission parlementaire – en système ?

Prenez la seule journée du 29 juillet : le matin, le ministère de l’Intérieur annonce l’arrêté d’expulsion visant Xenia Fedorova ; quelques heures plus tard, l’Arcom inflige 200 000 euros d’amende à CNews pour des propos d’Erik Tegnér remontant à 2025 – un mois à peine après une mise en demeure. Ajoutez la mission parlementaire qui plaidera dès septembre pour que l’Arcom passe d’une régulation dite « passive » à une régulation « positive », étendue aux créateurs de contenu. Trois leviers de nature différente – la police des étrangers, la régulation audiovisuelle, la loi – actionnés dans la même fenêtre, contre le même écosystème, à dix-huit mois d’une présidentielle. Aucun de ces instruments n’est illégitime en soi, c’est leur orientation univoque qui fait système. Nous avons publié deux études chiffrées comparant le traitement réservé par l’Arcom à CNews et celui dont bénéficient LCI, BFM TV ou France Info : à manquements comparables, sévérité incomparable. Quand la sélectivité de la poursuite devient la règle, on ne parle plus de régulation mais de ciblage. « Verrouillage » n’est pas une hyperbole, c’est une description.

Reprenons le dossier Fedorova : saisine de l’Arcom par Valérie Hayer en mai, qualifications publiques du ministre Barrot et du président, arrêté d’expulsion, gel des avoirs, référé rejeté le 3 août. Qu’est-ce qui ne tient pas debout, juridiquement et politiquement ?

Tout, dans l’ordre de la procédure. D’abord l’inversion : la condamnation publique a précédé toute démonstration. « Propagandiste », « agente d’influence », « professionnelle de la subversion » – ces qualifications ont été assénées par un ministre des Affaires étrangères sans qu’aucune preuve soit versée au débat, sans procédure pénale, sans contradictoire. L’intéressée a posé publiquement la seule question qui vaille : où est l’ingérence ? Elle attend toujours la réponse. Ensuite, la nature des griefs : l’arrêté invoque ses interventions sur CNews, Europe 1 et ses chroniques au JDNews. Autrement dit, une parole publique, tenue à visage découvert, sur des antennes françaises soumises au contrôle de l’Arcom. On mobilise la police des étrangers – expulsion, gel des avoirs, des instruments conçus pour des menaces autrement sérieuses – contre un contenu éditorial. Enfin, l’absurde : au moment où la mesure tombe, elle se trouve déjà à l’étranger. On expulse quelqu’un qui n’est plus là. Cette mesure ne protège rien ; elle signale. Elle dit à tous les intervenants du paysage audiovisuel : voilà ce qu’il en coûte de tenir certains propos. Même des hommes aussi peu suspects de complaisance envers Moscou que Philippe de Villiers ou Robert Ménard ont dit la disproportion de la chose.

Fedorova intervenait sur CNews, Europe 1 et au JDNews – trois maisons du groupe Bolloré, toutes citées dans l’arrêté. La cible réelle, n’est-ce pas cet écosystème ?

C’est une lecture que les faits rendent difficile à écarter. Madame Fedorova présentait un profil juridiquement attaquable – nationalité russe, passé à la tête de RT France – dans un ensemble qu’on ne peut attaquer frontalement. Elle a servi de maillon d’entrée. Mais regardez la séquence complète : mises en demeure à répétition, amendes, campagnes de presse sur le renouvellement des fréquences, et des voix qui réclament ouvertement la fermeture de CNews avant 2027. Le président de l’Arcom a lui-même dû démentir vouloir « fermer » la chaîne – on ne dément que ce qui est dans l’air. Je rappelle une évidence historique : les grandes secousses électorales françaises – le 21 avril 2002, le non de 2005, les Gilets jaunes – ont toutes eu lieu sans CNews. Faire de cette chaîne la cause des colères du pays, c’est prendre le thermomètre pour la fièvre. Et qu’on ne me parle pas de concentration : la concentration existe chez tous les grands groupes, chez M. Niel, M. Křetínský, M. Arnault, M. Saadé. Un seul subit ce traitement. Le problème n’est donc pas la concentration mais bien la ligne de CNews.

« Quand la sélectivité de la poursuite devient la règle, on ne parle plus de régulation mais de ciblage. »

Élargissons. En novembre 2024, la Roumanie annulait une présidentielle que le souverainiste Călin Georgescu venait de virer en tête, au motif d’une ingérence russe via TikTok ; il fut ensuite écarté du scrutin, puis poursuivi. Bucarest est-elle le laboratoire de ce qui attend l’Ouest ?

La Roumanie a apporté une démonstration dont il faut mesurer la gravité : on peut, à l’intérieur de l’Union européenne, annuler un vote au nom d’une ingérence jamais documentée publiquement – TikTok lui-même n’a identifié aucune opération attribuable à Moscou – et le coût politique reste supportable. Aucune sanction, aucune mise à l’index de Bucarest ; les mêmes qui s’étranglent au moindre scrutin hongrois ont trouvé cela très convenable. Puis la mécanique de l’exception a suivi sa pente naturelle : après l’annulation, l’inéligibilité ; après l’inéligibilité, les poursuites. Chaque mesure d’exception appelle la suivante pour se justifier. Ce qui m’importe est le précédent : ce qui fut possible à Bucarest est devenu pensable ailleurs. Les digues ne sont pas institutionnelles – la Cour constitutionnelle roumaine passait pour respectable – elles sont culturelles. Et une digue culturelle, cela s’érode.

DSA, « bouclier européen de la démocratie », sanctions individuelles contre des « propagandistes » : l’Union s’est dotée en trois ans d’une véritable infrastructure, officiellement tournée contre la manipulation étrangère. Où voyez-vous le basculement vers le contrôle du débat intérieur ?

Le basculement est inscrit dans l’architecture même des textes. Le DSA ne définit pas la « désinformation » – il oblige les plateformes à atténuer des « risques systémiques », notion élastique dont la Commission, qui est à la fois auteur, interprète et gendarme du texte, module la lecture à l’approche des scrutins. C’est la grande habileté du dispositif : la censure y est déléguée et privatisée. Aucun bureau de la censure, aucune décision publique attaquable – des plateformes qui, sous la menace d’amendes se chiffrant en pourcentage de leur chiffre d’affaires mondial, sur-modèrent préventivement. Le censeur est introuvable, le résultat est là. Ajoutez le « bouclier de la démocratie », qui institutionnalise une politique de l’information au niveau d’une Commission que personne n’élit, et les sanctions individuelles – gels d’avoirs, interdictions de territoire – qui importent dans le champ de l’opinion des instruments conçus pour le terrorisme et la prolifération. Des eurodéputés les ont réclamées contre madame Fedorova pour « désinformation coordonnée » : retenez bien qu’à ce niveau, le critère opérationnel n’est jamais la fausseté démontrée d’un propos.

On imagine la Suisse à l’abri : neutralité, démocratie directe, presse ancienne. Vous suivez de longue date les médias helvétiques. La Confédération échappe-t-elle au mouvement ?

Elle le reproduit en version feutrée, et c’est peut-être la version la plus instructive. Pas d’Arcom offensive à Berne : le verrouillage y est sociologique avant d’être institutionnel. Un service public dominant, un duopole de presse en Suisse romande, des rédactions d’un conformisme compact – et la police du débat s’exerce par l’ostracisme professionnel plutôt que par l’amende. Le résultat est le même : l’éventail des opinions publiables se referme. Nous l’avions documenté dès 2017 avec l’affaire Guy Mettan : le Club suisse de la presse annonce une conférence sur les Casques blancs syriens, et c’est la section suisse de Reporters sans frontières – une organisation censée défendre les journalistes – qui somme le Club d’annuler, avant de suggérer au parlement genevois de lui couper sa subvention. Faire taire un débat : voilà où en était déjà la défense de la presse. Plus récemment, la RTS a été condamnée à l’unanimité par l’AIEP, l’autorité de plainte, pour son traitement de la campagne fédérale de 2023. La neutralité de l’État helvétique ne garantit aucune neutralité de ses rédactions – sur l’Ukraine ou l’alignement sur l’OTAN, l’alignement y est aussi unanime qu’à Paris. Quant aux classements de RSF, où la Suisse brille : ils mesurent la sécurité des journalistes, pas le pluralisme des rédactions. Un pays peut être parfaitement sûr pour ses journalistes et parfaitement étouffant pour les opinions dissidentes. C’est même, je le crains, le modèle qui se généralise.

« La neutralité de l’État helvétique ne garantit aucune neutralité de ses rédactions – sur l’Ukraine ou l’alignement sur l’OTAN, l’alignement y est aussi unanime qu’à Paris. Quant aux classements de RSF, où la Suisse brille : ils mesurent la sécurité des journalistes, pas le pluralisme des rédactions. »

Vous pourriez objecter que tout pouvoir contrôle son espace informationnel – Moscou ne s’en prive pas. Ce qui choque, ce n’est donc pas tant le contrôle que le double discours qui l’accompagne ?

Exactement, et ce double discours a trois étages. L’étage sémantique : les mêmes actes changent de nom selon leur auteur. Chez l’adversaire, c’est de la « propagande » ; chez nous, de la « communication stratégique ». Là-bas, fermer un média est une atteinte à la liberté ; ici, une mesure de « résilience démocratique ». L’étage juridique : on expulse une chroniqueuse au nom de valeurs – liberté d’expression, État de droit – dont on lui refuse simultanément le bénéfice : mesures d’exception, preuves jamais produites, soupçon rétroactif. L’étage géopolitique enfin : l’« ingérence » ne se poursuit que dans un sens. Les influences américaines dans nos plateformes, les financements qataris, les réseaux transnationaux de fact-checking subventionnés ne déclenchent ni saisine ni arrêté. Un TikTok qui porte Georgescu est une menace systémique ; un TikTok présidentiel à cinq millions d’abonnés est de la modernité politique. C’est précisément parce que nous revendiquons un standard supérieur que l’écart entre le discours et la pratique nous disqualifie. L’autocrate assume son contrôle. La démocratie qui censure en jurant qu’elle ne censure pas perd sur les deux tableaux : la liberté et la crédibilité. Et chaque entorse à nos principes offre un argument gratuit à Moscou, qui n’a plus qu’à se draper dans la défense des journalistes persécutés. Nous écrivons nous-mêmes sa propagande. Le degré zéro de tout cela, c’est que l’accusation d’ingérence sert désormais aux règlements de comptes internes : on a vu le « petit spectacle de l’ingérence russe » atteindre jusqu’à Édouard Philippe. Quand l’arme sert entre gens du même monde, c’est qu’elle n’a plus rien d’un instrument de sécurité nationale : c’est un outil de disqualification à usage universel.

« Le peuple tranche à partir de ce qu’on lui donne à voir, et celui qui tient le robinet de l’information tient une part du résultat. »

Matthias Kleiser déclarait récemment dans nos colonnes : « tant qu’existera, comme en Allemagne, une mission d’orientation politique des médias de service public, les initiatives populaires pourront être faussées. » Le 27 septembre, les Suisses votent précisément sur l’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse ». La formation de la volonté populaire peut-elle être libre quand le service public qui encadre la campagne penche si nettement d’un côté ?

Kleiser met le doigt sur le point aveugle de la démocratie directe. On vante à juste titre le système suisse : le peuple tranche. Mais le peuple tranche à partir de ce qu’on lui donne à voir, et celui qui tient le robinet de l’information tient une part du résultat. Or la Suisse vient d’en administrer une démonstration presque chimiquement pure : le 8 mars, les citoyens ont voté sur la redevance de la SSR – c’est-à-dire sur le budget du principal média du pays – dans une campagne largement couverte… par la SSR elle-même. Juge, partie, et studio de télévision. Le Conseil fédéral était entré en campagne contre l’initiative, et la baisse à 300 francs concédée pour 2027 a été présentée par le ministre Rösti lui-même comme le prix à payer « pour éviter l’initiative des 200 francs ». Je ne conteste pas le résultat – 62 % de non, c’est net. Je constate le dispositif. Et je rappelle que l’AIEP, l’autorité de plainte, a condamné la RTS à l’unanimité pour son traitement de la campagne fédérale de 2023 : le soupçon d’orientation n’est pas une lubie de mauvais coucheurs, il est documenté par l’organe de contrôle helvétique lui-même. Alors le 27 septembre, mesurez l’enjeu : on votera sur la neutralité – c’est-à-dire sur la question même que la propagande de guerre dont nous parlions a rendue presque imprononçable ailleurs en Europe. Si les rédactions du service public abordent cette campagne avec l’alignement qu’on leur connaît sur l’Ukraine et l’OTAN, la votation aura lieu, formellement impeccable – mais la formation de la volonté populaire, elle, aura été faussée en amont, exactement au sens de Kleiser. La démocratie directe sans pluralisme médiatique, c’est un référendum dont on a rédigé la question et l’exposé des motifs.

Toile de fond : un discours de préparation à la guerre devenu omniprésent – le chef d’état-major désigne la perspective d’une « guerre ouverte » avec la Russie comme sa « préoccupation première », l’économie de guerre est célébrée, la désescalade est imprononçable. Les médias jouent-ils encore leur rôle critique ?

Ils jouent le rôle inverse. Ce que nous vivons coche les critères classiques de la propagande de guerre, tels que les historiens les ont établis depuis 1914 : diabolisation intégrale de l’adversaire, sacralisation de la cause, et disqualification morale – désormais administrative – de quiconque interroge l’escalade. Le verrouillage médiatique et la propagande de guerre sont les deux faces d’une même pièce : on ne peut saturer l’espace public d’un récit unique qu’à condition d’en expulser les voix discordantes, et l’accusation d’« ingérence » est l’outil de cette expulsion. Résultat : les questions les plus lourdes qu’une nation puisse se poser – l’engagement de troupes, les seuils d’escalade, le coût social du réarmement – sont soustraites au débat national qu’elles exigeraient. Notez l’ironie de l’affaire Fedorova : dans sa tribune, elle réclamait précisément un débat sur le risque d’escalade. Si ses arguments relèvent de la propagande, la réponse d’une démocratie adulte est de les réfuter publiquement, pas de les rendre indisponibles. Une cause juste n’a pas besoin qu’on fasse taire ses contradicteurs ; une cause qui en a besoin doit nous inquiéter. Et l’histoire récente – souvenez-vous de l’unanimisme médiatique de 2003 sur l’Irak – nous a appris le prix exact de ces consensus fabriqués. C’est en temps de guerre, pas en temps de paix, que le contrôle démocratique de la décision militaire importe le plus.

Projetons-nous : renouvellement des fréquences TNT, montée en charge du DSA en période électorale, précédent roumain sur l’étagère. Quel est votre scénario du pire pour 2027 – et votre scénario probable ?

Le scénario du pire combine trois éléments désormais disponibles : une neutralisation de CNews par le levier des autorisations ou par des sanctions paralysantes ; une sur-modération des plateformes sous pression du DSA pendant la campagne ; et – en cas de résultat non conforme – une contestation du scrutin lui-même au nom d’ingérences, sur le modèle roumain. Je ne dis pas que ce scénario est probable ; je dis que chacune de ses pièces existe et a déjà servi quelque part en Europe. Le scénario probable est moins spectaculaire et plus insidieux : pas de coup d’éclat, mais un rétrécissement continu par accumulation. Chaque acteur – l’Arcom, la Commission, les plateformes, les juges – apporte sa pierre sans qu’aucun n’assume l’édifice. C’est la force du dispositif : il est diffus, déniable, sans censeur identifiable. On ne se réveillera pas un matin dans un pays censuré ; on constatera simplement, question après question, que certaines ne se posent plus à l’antenne. Et le front s’élargit au bon moment : la mission parlementaire de septembre veut étendre les pouvoirs de l’Arcom aux créateurs de contenu à l’instant précis où l’audience bascule des chaînes vers les influenceurs. On ne verrouille pas la maison en laissant la porte du jardin ouverte.

Face à un verrouillage diffus, sans censeur unique, comment résiste-t-on ? Quel rôle pour l’OJIM, et quelles garanties faudrait-il arracher avant la campagne ?

Trois niveaux. Documenter, d’abord : l’arme de l’OJIM n’est pas l’indignation, c’est le dossier. Des chronologies, des études chiffrées – comme nos deux études sur l’asymétrie de l’Arcom – des portraits, des archives. Le verrouillage prospère dans le flou ; il recule devant les faits datés. Judiciariser, ensuite : chaque mesure d’exception doit être portée devant le Conseil d’État, la CEDH, les juridictions européennes – y compris quand on s’attend à perdre, car les contentieux fixent les faits et finissent par créer des précédents inverses. Élargir le front, enfin : la défense du pluralisme ne peut pas être un combat de camp. Un précédent créé contre CNews servira demain contre n’importe qui, et les défenseurs classiques des libertés publiques feraient bien d’y réfléchir avant d’applaudir. Quant aux garanties concrètes d’ici la campagne : publication systématique des saisines politiques de l’Arcom et motivation renforcée de ses décisions ; des critères de pluralisme opposables à toutes les chaînes, service public compris ; un moratoire sur toute mesure d’exception visant des voix médiatiques en période électorale ; la transparence des demandes de retrait adressées aux plateformes pendant la campagne. Et je terminerai par où nous avons commencé : la meilleure réponse à la propagande, étrangère ou domestique, reste la réfutation publique. Un pays qui ne se sent capable d’affronter une chroniqueuse qu’en l’expulsant avoue une fragilité que toutes les ingérences du monde ne suffiraient pas à créer.

Propos recueillis par Dimitri Fontana

Dimitri Fontana
Dimitri Fontana

Dimitri Fontana est un observateur des grands enjeux contemporains. Il s’intéresse particulièrement aux questions de société, aux mutations politiques européennes et aux dynamiques géopolitiques à l’œuvre en Europe de l’Est. Ses travaux portent sur les rapports de force culturels, identitaires et stratégiques qui traversent le continent.

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