« Totalement ridicule » : Marcel Salathé démonte l’apocalypse IA… et le cartel des prudents
Le codirecteur de l’AI Center de l’EPFL démonte le catastrophisme des géants américains. Pour Marcel Salathé, leurs appels à réguler l’IA peuvent aussi protéger leurs milliards et dresser des barrières à l’entrée.
Marcel Salathé n’y va pas avec le dos de la cuillère : le codirecteur de l’AI Center de l’EPFL juge « totalement ridicule » l’idée que l’IA puisse tuer l’humanité et accuse les patrons des grands laboratoires d’avoir perdu toute crédibilité à force d’annoncer l’apocalypse tout en accélérant leurs programmes.
Son attaque la plus intéressante vise leurs intérêts économiques. Selon lui, ces alertes servent aussi à justifier des réglementations assez lourdes pour protéger les milliards déjà investis et compliquer l’arrivée de nouveaux concurrents. Une thèse qui rejoint directement notre enquête sur le pacing américain : standards communs, évaluations externes et mécanismes permettant de coordonner certains ralentissements.
Cela ne démontre pas que les risques invoqués soient fictifs. En revanche, plus les obligations de sécurité deviennent coûteuses, plus elles favorisent les acteurs déjà capables d’absorber audits, conformité et puissance de calcul.
Salathé ne plaide pas pour l’inaction. Il réclame une régulation fondée sur des preuves, davantage de transparence et surtout des investissements massifs en Suisse et en Europe. Pour Berne, la question centrale est donc « qui fixe le rythme ? ». Avec Apertus et Alps, la Suisse possède quelques atouts. Encore faut-il ne pas laisser Washington écrire seul les règles du jeu.