Saint-Imier : le casse de bancomat à l’explosif refuse de disparaître
Deux explosions ont détruit un bancomat à Saint-Imier, trois mois après un précédent à Tramelan. Les attaques reculent pourtant nettement en Suisse : les réseaux criminels ont été frappés, sans pour autant disparaître.
Deux détonations en pleine nuit, un distributeur éventré et des auteurs partis avec leur butin : l’attaque de Saint-Imier a réveillé mercredi 16 septembre un mode opératoire que les statistiques donnaient plutôt en recul. Les malfaiteurs, vêtus de noir, ont fui vers les Franches-Montagnes à bord d’un véhicule sombre. Personne n’a été blessé, mais le bancomat de la Clientis Caisse d’Épargne Courtelary a été entièrement détruit.
Pour la banque, l’attaque a un air de déjà-vu. Le 1er juin, un autre distributeur Clientis avait déjà été dynamité à Tramelan, à quelques kilomètres. Deux explosions là aussi, un butin emporté et, en prime, plusieurs vitrines de commerces soufflées.
Le spectaculaire ne doit toutefois pas masquer la tendance. Comme nous le relevions après le braquage de Farvagny, les attaques de bancomats ont chuté à 24 en Suisse en 2025, contre 48 en 2024, soit leur plus bas niveau depuis 2019. Environ 30 % seulement ont réussi. Fedpol attribue ce recul aux protections renforcées des automates, mais aussi aux enquêtes et arrestations : une trentaine de personnes liées à ces attaques ont été interpellées en Suisse ou à l’étranger entre 2023 et avril 2026.
Cette dimension transfrontalière compte. Elle était déjà au cœur de notre analyse sur la frontière nord, où la coopération internationale apparaît justement comme l’une des armes contre ces réseaux mobiles.
Saint-Imier ne signe donc pas le retour d’une vague de crimes, mais plutôt ce qui subsiste après son reflux : moins d’attaques, mais des équipes organisées, explosives et capables de transformer un distributeur de billets en champ de ruines.