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Économie

Le livre noir de l’argent public, de Jean-Baptiste Léon

Francis Richard
13 janvier 2026
3 min de lecture

La France coule comme le Tita­nic. S’il en était besoin, ce livre noir en admi­nistre la preuve, chiffres à l’ap­pui, dans tous les domaines où l’É­tat inter­vient.

La for­mule de Fré­dé­ric Bas­tiat – L’É­tat, c’est la grande fic­tion par laquelle tout le monde s’ef­force de vivre aux dépens de tout le monde – était pré­mo­ni­toire.

En douze cha­pitres, l’au­teur, Jean-Bap­tiste Léon, règle son compte à l’É­tat fran­çais, dans toutes ses strates, pour sa cala­mi­teuse ges­tion de l’argent public.

Quelques chiffres le confirment, ce qui ne dis­pense pas le lec­teur, et élec­teur, fran­çais, de lire le volume, au risque de se faire du mal, mais c’est pour son bien :

  • 1974 est l’an­née du der­nier bud­get en équi­libre : le défi­cit de 2024, 152,9 mil­liards €, repré­sente 34,7 % des dépenses, 443,4 mil­liards €.
  • En 2025, il existe plus de 400 000 normes, 96 361 articles de loi, 77 codes juri­diques.
  • Les Fran­çais doivent se ser­rer la cein­ture, mais, en 2024, l’É­ly­sée a dépen­sé 123,3 mil­lions €, le coût des dépla­ce­ments d’Em­ma­nuel Macron s’est éle­vé à 20,1 mil­lions € et Madame Macron a coû­té 316 980 €.
  • La France compte 34 935 com­munes, 1 254 inter­com­mu­na­li­tés, 101 dépar­te­ments, 18 régions, 560 000 élus locaux.
  • Fin 2023, la France compte 5,8 mil­lions d’a­gents publics (6,4 mil­lions avec les sala­riés des entre­prises publiques), soit 22 % de l’emploi total.
  • L’é­du­ca­tion emploie, en 2023 – 2024, 1 211 900 per­sonnes, dont 851 600 ensei­gnants (140 000 dans le pri­vé) et 348 400 non-ensei­gnants.
  • Les dépenses de san­té repré­sentent 11,52 % du PIB et le per­son­nel non médi­cal dans les hôpi­taux repré­sente, en 2021, 35 % du total.
  • Les dépenses sociales repré­sentent 30,6 % du PIB.
  • En 2023, les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales emploient 2 020 800 agents, dont 1 423 000 fonc­tion­naires, soit 34,6 % du total des fonc­tion­naires.
  • Le nombre d’éo­liennes en ser­vice en 2024 s’é­lève à 9 719 sur terre (et 213 en mer) : le fac­teur de charge en 2024 est de 21,8 % de leur poten­tiel théo­rique sur l’an­née.
  • Le groupe SNCF a, en 2024, un chiffre d’af­faires de 43,4 mil­liards € et une dette de 24,8 mil­liards € ; en 2023, il aura coû­té 20,3 mil­liards € au contri­buable et reçu une sub­ven­tion de 3,2 mil­liards € pour son régime spé­cial de retraite.
  • En 2013, la France a contri­bué à hau­teur de 25,9 mil­liards € à l’UE, qui lui a ver­sé 16,5 mil­liards €, dont 9,4 mil­liards pour la poli­tique agri­cole com­mune.

Jean-Bap­tiste Léon, qui est le direc­teur des publi­ca­tions de Contri­buables asso­ciés, ne se contente pas de consta­ter, il pro­pose d’en­ga­ger une grande réforme :

  1. Trans­pa­rence : étendre sans délai la comp­ta­bi­li­té d’en­tre­prise pour toutes les admi­nis­tra­tions et publier chaque année un bilan conso­li­dé véri­fié et acces­sible à tous.
  2. Sim­pli­fi­ca­tion : réduire dras­ti­que­ment le mil­le­feuille ter­ri­to­rial et l’en­che­vê­tre­ment nor­ma­tif.
  3. Ges­tion par les résul­tats : rompre avec l’al­lo­ca­tion auto­ma­tique des moyens pour pas­ser à des contrats de per­for­mance.
  4. Contrôle indé­pen­dant et contrai­gnant1 : don­ner à la Cour des comptes un vrai pou­voir d’in­fluence : ses recom­man­da­tions doivent faire l’ob­jet d’un sui­vi sys­té­ma­tique, d’un débat par­le­men­taire et de réponses obli­ga­toires du gou­ver­ne­ment.
  5. Res­pon­sa­bi­li­té poli­tique et bud­gé­taire : rendre les res­pon­sables poli­tiques et admi­nis­tra­tifs res­pon­sables de leurs déci­sions.

Conclusion

En repre­nant le contrôle de ses finances, en stop­pant les gas­pillages et en res­tau­rant l’ef­fi­ca­ci­té de l’ac­tion publique, la France ne fera pas que ras­su­rer les contri­buables et les déten­teurs de sa dette publique. Elle res­tau­re­ra aus­si la confiance de ses citoyens, pré­ser­ve­ra ses ser­vices publics essen­tiels et libé­re­ra les moyens néces­saires pour réar­mer l’in­ves­tis­se­ment en faveur des véri­tables prio­ri­tés du pays.

Notes

  1. L’au­teur dit beau­coup de bien du Contrôle fédé­ral des finances suisse, indé­pen­dant et effi­cace.

Le livre noir de l’argent public, Jean-Bap­tiste Léon, 264 pages, Hugo Doc (novembre 2025)

Publi­ca­tion com­mune LesObservateurs.ch et Le blog de Fran­cis Richard.

Francis Richard
Francis Richard

De formation scientifique (EPFL), économique et financière (Paris IX Dauphine), Francis Richard a travaillé dans l'industrie, le conseil aux entreprises et les ressources humaines, et s'intéresse aux arts et lettres. Il anime le blogue "Semper longius in officium et ardorem".

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