Fusillades à Annemasse : la guerre du narcotrafic déboule jusqu’au centre de Genève
Un homme de 20 ans, suspecté d'avoir ouvert le feu dans trois communes françaises, a été arrêté en plein Genève avec un fusil semi-automatique. Nouvel épisode d'une violence liée au narcotrafic qui inquiète le bassin frontalier.
Dimanche 11 octobre, en fin d’après-midi, des coups de feu ont éclaté dans le quartier du Perrier, à Annemasse, puis à Ville-la-Grand et à Gaillard, à quelques kilomètres de Genève. Aucun blessé, mais une nouvelle démonstration de violence dans une agglomération déjà régulièrement victime de fusillades liées au narcotrafic.
Cette fois, la cavale se termine en Suisse. Selon Le Matin, un suspect de 20 ans, qui aurait agi seul, a été interpellé par la police genevoise en coopération avec les forces françaises. La course-poursuite s’est achevée sur le quai Général-Guisan, devant l’Horloge fleurie. L’homme détenait un fusil semi-automatique, mais aucun tir n’a été effectué sur le territoire suisse.
L’affaire prolonge une série déjà documentée par Les Observateurs. Après sept fusillades à Gaillard durant l’été, un homme de 25 ans avait été abattu le 6 septembre dans le quartier du Perrier. En avril, le gouvernement français assurait pourtant que les moyens policiers mobilisés à la frontière étaient « vraiment adaptés ».
Dimanche, des CRS ont de nouveau été envoyés à Annemasse et un commissariat déporté a été installé place du Jumelage. Le maire réclame désormais des effectifs permanents plutôt que des renforts ponctuels. Une fois de plus, les discours lénifiants de Paris se heurtent à la réalité du terrain.
Celle-ci se joue des frontières. Sur Léman Bleu, Jean-Pierre Pasquier, député PLR et maire d’Onex, pointe la responsabilité du marché genevois des stupéfiants dans les violences qui secouent la France voisine. La contagion violente n’est pas à l’ordre du jour, comme le relevait en septembre dernier, le chef de la police judiciaire genevoise, Richard Boldrini, mais une partie de l’économie de la drogue qui les alimente pourrait se trouver côté suisse.
En attendant, si les fusillades restent pour l’heure du côté français, le suspect armé a franchi la frontière et la police suisse a dû intervenir au cœur de Genève.
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