Rodéo mortel : la justice genevoise condamne aussi celui qui n’a pas heurté la cycliste
Le Tribunal correctionnel de Genève a condamné à sept ans de prison chacun les deux automobilistes impliqués dans la mort d’une cycliste en 2023. Même celui qui n’a pas percuté la victime est reconnu coupable de meurtre.
Le « petit jeu » entre automobilistes s’est terminé par une morte, deux condamnations et quatorze années de prison. Vendredi 9 octobre, le Tribunal correctionnel de Genève a infligé sept ans de prison à chacun des deux chauffards reconnus coupables de meurtre et de tentative de meurtre par dol éventuel.
Dans la nuit du 22 juillet 2023, les deux hommes s’étaient lancés dans une course-poursuite sur près de deux kilomètres. Près du Jardin botanique, l’un d’eux avait fauché une cycliste espagnole de 31 ans à environ 148 km/h, sur une route limitée à 60 km/h. La victime avait été projetée à 48 mètres. Un autre automobiliste avait été blessé.
La décision confirme le principal enjeu que nous soulevions dans notre précédente brève sur le procès : peut-on être reconnu coupable de meurtre sans avoir directement heurté la victime ? Pour les juges genevois, la réponse est oui. Le second conducteur avait ralenti avant l’accident, mais sa participation à la course lui vaut d’être considéré comme coauteur.
C’est toute la portée du dol éventuel : les condamnés n’ont pas nécessairement voulu tuer, mais ils ont accepté d’en courir le risque. La nuance est juridique, pour la cycliste, elle ne change évidemment rien.
Le Ministère public avait requis neuf et huit ans. Le conducteur ayant percuté la victime, de nationalité kosovare, devra également quitter la Suisse pendant cinq ans après sa peine et les deux hommes ont été immédiatement incarcérés. Le parquet et les défenses ont fait appel : le feuilleton judiciaire n’est donc pas terminé.
Poursuivre la discussion
Chers lecteurs, votre site évolue. Les commentaires sont toujours possibles, mais cela se passe sur les réseaux sociaux désormais.