samedi 25 juillet 2026
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Saisie de drogue dans les Grisons : le narcotrafic s’enracine en Suisse

Deux trafiquants présumés ont été arrêtés dans les Grisons avec plus de 1,5 kg de drogue. Une affaire locale qui illustre l’extension en Suisse de réseaux criminels opérant au-delà des frontières.

Les Observateurs (la rédaction)
3 min de lecture

Le tra­fic de drogue n’est plus un phé­no­mène can­ton­né aux grandes villes suisses. Les 2 et 7 juillet, deux tra­fi­quants pré­su­més ont été arrê­tés à Domat/Ems et à Coire, dans les Gri­sons, nous apprend la police can­to­nale ce 22 juillet. Les opé­ra­tions ont per­mis de sai­sir plus de 1,5 kg de stu­pé­fiants, prin­ci­pa­le­ment de la cocaïne et de l’hé­roïne. Les deux hommes, un Alba­nais de 22 ans et un Suisse de 37 ans, ont été pla­cés en déten­tion pro­vi­soire.

Der­rière ce fait divers gri­son se pro­file une menace autre­ment plus vaste. La pre­mière stra­té­gie natio­nale suisse contre la cri­mi­na­li­té orga­ni­sée, adop­tée en décembre 2025, pré­sente le pays comme une cible de choix pour les réseaux en rai­son de sa situa­tion cen­trale, de sa pros­pé­ri­té, de sa place finan­cière et de ses infra­struc­tures. Selon un état des lieux d’Eu­ro­pol cité par le Conseil fédé­ral, plus de 800 orga­ni­sa­tions cri­mi­nelles opèrent en Europe, dont plu­sieurs éga­le­ment en Suisse.

Beat Jans, conseiller fédé­ral et chef du Dépar­te­ment fédé­ral de jus­tice et police (DFJP), insiste sur la dimen­sion trans­fron­ta­lière du phé­no­mène. « Les menaces pour la sécu­ri­té inté­rieure aug­mentent, se diver­si­fient et fran­chissent de plus en plus les fron­tières », décla­rait-il en mai 2026. Il rap­pe­lait éga­le­ment que la stra­té­gie natio­nale visait notam­ment « le blan­chi­ment d’argent, le tra­fic de drogue et le tra­fic d’armes ».

À droite, le constat est plus accu­sa­teur. « Face à la mon­tée du tra­fic de drogues, cer­taines villes avouent leur inca­pa­ci­té à maî­tri­ser la situa­tion », écri­vait dès novembre 2024 Céline Amau­druz, conseillère natio­nale UDC.

Le tra­fic de drogue ne sévit pas que dans nos rues. En avril 2026, fed­pol a arrê­té l’un de ses col­la­bo­ra­teurs, soup­çon­né d’a­voir trans­mis contre rému­né­ra­tion des infor­ma­tions confi­den­tielles dans une enquête visant une orga­ni­sa­tion cri­mi­nelle active dans le tra­fic de stu­pé­fiants. L’of­fice fédé­ral esti­mait alors que l’af­faire mon­trait que ces réseaux pou­vaient « s’in­fil­trer dans les ins­ti­tu­tions légales, y com­pris celles de l’É­tat ».

La riposte se joue aus­si au-delà des fron­tières : la Suisse a rejoint le 16 juillet l’Al­liance por­tuaire euro­péenne afin d’in­ten­si­fier la coopé­ra­tion contre la cri­mi­na­li­té orga­ni­sée et les tra­fics pas­sant par les grands ports du conti­nent.

Si la sai­sie gri­sonne reste limi­tée à l’é­chelle du nar­co­tra­fic inter­na­tio­nal, elle rap­pelle néan­moins que ses rami­fi­ca­tions ne s’ar­rêtent ni aux grandes agglo­mé­ra­tions ni aux fron­tières can­to­nales, et qu’elles peuvent désor­mais atteindre l’en­semble du ter­ri­toire comme les ins­ti­tu­tions char­gées de le pro­té­ger.

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1 commentaire

  1. Voodoo

    Déjà, dans le can­ton de Vaud, la drogue, c’est la poli­tique et l’é­co­no­mie de l’É­tat. Alors, qu’y a‑t-il de si éton­nant ? Et elle rap­porte com­bien ? 10 – 20 % ? Voire plus ? Inca­pa­ci­té de maî­tri­ser ? Voyons. Dans les années 80, l’ar­mée a net­toyé à Zurich, donc c’est pos­sible, sauf que… tant de pro­fes­sions sont liées à la mort qu’ils/elles ne veulent pas que cela s’ar­rête. N’est-ce pas, les psys ?

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