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Ultragauche, racialistes, islamistes, LFI : les apprentis sorciers de la convergence des intifadas

Des profs absents aux scènes de guérilla et de razzias, un mois a suffi à transformer la colère lycéenne française en improbable « convergence des luttes ». Derrière les cortèges, syndicats, Insoumis, réseaux d’ultragauche et collectifs communautaristes. Le 17 octobre, les pillards ont saisi l’occasion. La Suisse, épargnée par les blocus, connaît pourtant déjà les mêmes méthodes de rue.

Richard Dalleau
20 octobre 2026 Modifié le 20 octobre 2026 à 15h24
10 min de lecture

« Wallah, je veux des gens qui ont pas peur, qui ont déjà fait des gardes à vue […] Ramène-moi des soldats, chefs d’émeute ! »

Si l’influenceur maghrébin Rayan PSN a été placé en garde à vue dans la nuit du 16 au 17 octobre, il a bel et bien été entendu. Des appels comme celui-ci, la toile en était pleine les jours précédant le 17 octobre. Appels au pillage provenant de la « nouvelle France » [sic], appels à la convergence des luttes de la nébuleuse d’ultragauche qui gravite autour du mouvement lycéen, sans parler des plus classiques appels aux manifestations « contre la vie chère ».

Le jour venu, au milieu des cortèges, des barbares ont choisi de la rendre plus chère encore, à l’instar de ces béotiens gauchistes qui, au nom de la défense des services publics, en incendient leurs bâtiments, comme la mairie de Limoges, joyau classé, ou l’office de tourisme de la place Bellecour de Lyon, les saccagent, comme la résidence préfectorale de Bordeaux, les mairies de Marseille et Lille, sans même parler de l’attaque contre les locaux de CNews. À Bordeaux, Lyon ou Paris, les commerces ont payé le prix de la « convergence des intifadas ».

Les pillages retracés par Les Observateurs au lendemain du 17 octobre constituent un record, même pour la France. Le bilan consolidé du ministère français de l’Intérieur compte 2 397 interpellations, 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept grièvement. Environ 1 500 commerces ont été touchés. Les émeutes pour Nahel, déjà un sommet, c’était un millier de commerces… en huit jours.

Pour sauver l’école, brûlons les lycées !

Macron a bien pu prendre la parole le 18 pour son numéro de « plus jamais ça », devenu rituel après chaque émeute ethnique (on ne les compte plus depuis 2017), poser un juste diagnostic de « violence débridée » causée par des « factieux d’ultragauche » accompagnés de « délinquants » (lire : « bande racailles issues de l’immigration arabo-africaine »), il n’a rien fait avant et ne fera rien maintenant, car il se complaît dans le chaos au point de le laisser survenir à chaque fois. On nous a vendu Jupiter, on a eu Néron.

En bon service après-vente de l’apocalypse, le Roitelet-Soleil a promis une « cellule de crise pour mobiliser les aides les plus rapides possibles ». On attend avec impatience le Numéro vert et l’unité de soutien psy. Pour la sanction des responsables, comme d’habitude, on repassera : le lendemain, il refusait la démission de Laurent Nuñez, malgré les failles béantes du renseignement et du maintien de l’ordre.

Pour comprendre comment on en est arrivé à incendier des mairies en réclamant de meilleurs services publics, il faut revenir au point de départ. Des cours sans professeurs, des locaux délabrés, des emplois du temps baroques, la folie de Parcoursup : en septembre, à Créteil, les revendications de certains élèves pouvaient s’entendre. Les 3 000 remplaçants annoncés par Édouard Geffray n’ont pas éteint l’incendie : insuffisant pour l’USL. Un remplaçant est pourtant plus utile qu’un slogan antifa.

Rapidement, aux demandes de remplaçants se sont ajoutés incendies et agressions. Au 8 octobre, la justice recensait 6 877 gardes à vue, dont 86 % de mineurs, et 2 376 personnes poursuivies. Le 14, le gouvernement dénombrait 149 personnels de l’Éducation nationale blessés. Brûler les lycées et frapper des profs, quel bon moyen de réclamer davantage de moyens !

Des bidons d’essence militants jetés sur les braises lycéennes

Comme Les Observateurs l’ont expliqué dans leur enquête sur les blocus en Suisse, le fédéralisme scolaire, l’apprentissage et l’absence de relais militants lycéens nationaux changent la donne. Restent les réseaux français qui ont soufflé sur les braises.

Les militants n’ont en effet pas découvert les lycées en septembre. L’Union syndicale lycéenne (USL, gauche « antifasciste ») a organisé des actions. L’Union étudiante, la FSE, l’UNEF, la CGT, la FSU et SUD (toutes les variantes de la gauche et de l’extrême gauche) ont fourni relais ou soutien. LFI a vu dans les blocages un terrain supplémentaire de sa bataille contre Macron et s’est très rapidement affichée auprès des bloqueurs… avant de piteusement prendre quelque distance face aux « débordements ». Une note du renseignement parisien sur 27 actions en Seine–Saint-Denis signalait des intervenants syndicaux, étudiants ou politiques dans six cas. Pas de direction clandestine commune démontrée, mais des bidons d’essence militants jetés sur les braises lycéennes.

Aux revendications scolaires s’est ajoutée la dénonciation des « violences policières », puis chaque organisation a apporté ses slogans et ses objectifs. Le 1er octobre, plus d’un millier de lycées ont connu des perturbations. Des rassemblements se sont tenus devant les commissariats en soutien aux élèves interpellés, tandis que les réseaux sociaux ont servi à coordonner les blocages et à diffuser les images des affrontements avec la police. Dans ce chaos, les collectifs « antiracistes » étaient comme des poissons dans l’eau avec leur discours rodé sur les « violences policières contre la jeunesse des quartiers », laquelle brandissait à l’envi drapeaux palestiniens, algériens, marocains, tunisiens, maliens… mais jamais français, cet emblème « facho ».

À Saint-Denis, la lutte a pris des couleurs

Le 4 octobre, Saint-Denis a cristallisé cette convergence. RED Jeunes, collectif d’ultragauche du département, y lançait la Fédération lycéenne des quartiers. Soumaya Sarré, sa porte-parole, voulait que les élèves des « quartiers populaires » parlent en leur nom. Walid Mansouri, colistier du maire LFI Bally Bagayoko, coanimait l’événement ; la mairie avait fourni des barrières et une sonorisation : l’appui politique n’était donc pas que verbal.

Pour être plus clair sur l’identité raciale de son organisation, interrogée par le très gauchiste média en ligne « Parole d’Honneur », elle décrivait un syndicat « exclusivement par et pour nous » et un intervenant précisait aussitôt : « Des jeunes Noirs et Arabes. » Aux tables, aux chaises et aux remplaçants s’ajoutaient désormais la Palestine, la dénonciation du racisme, de la police présentée comme une « force d’occupation coloniale » et la contestation de la loi de 2004 sur les signes religieux. Voilà le discours communautariste introduit dans une revendication scolaire. À chacun son agenda.

Les passerelles entre ces groupes précédaient pourtant la rentrée : Génération EDR a réuni RED Jeunes, l’USL, Étudiants musulmans de France (EMF) et la Jeune Garde, depuis dissoute. En 2026, l’Union étudiante, la FSE et EMF ont présenté une liste commune au CNOUS. Ryad Rani, président de l’USL, était lui-même candidat sur une liste LFI à Wattrelos. La spontanéité de la « jeunesse » a un carnet d’adresses long comme le bras.

L’ombre des Frères musulmans

Soulignons de plus que l’EMF est membre de FEMYSO, réseau européen qui reconnaît avoir bénéficié de financements de l’Open Society Foundations. De plus, le rapport français de 2025 sur les Frères musulmans et l’islamisme politique rattache EMF à la mouvance de l’ex-UOIF, donc aux Frères musulmans. Certaines revendications liées au voile ou au temps de déjeuner, derrière lesquelles « affleure parfois, à demi-mot, celle du halal », souligne Florence Bergeaud-Blackler, spécialiste de l’islamisme, prennent tout d’un coup un relief nouveau. Ces liens ne prouvent aucun financement des blocus, mais révèlent des coalitions anciennes et une instrumentalisation manifeste des revendications lycéennes pour des projets bien moins avouables.

Les causes s’empilaient donc. Seulement, entre abayas et Parcoursup, Palestine et pouvoir d’achat, interdiction du portable et antifascisme, manque de profs et départ de Macron, la cohérence était plus difficile à trouver que les passerelles entre toutes ces mouvances de gauche. Les vacances approchaient, les blocus refluaient : l’USL a appelé syndicats, étudiants et Gilets jaunes à prendre le relais le 17. Le lycée était devenu bien étriqué pour toutes les causes que l’on y avait invitées et, surtout, chacun voulait peser sur le pouvoir par la rue.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la rue s’est fait entendre. Le 17 octobre, une date dont le choix ne laisse rien au hasard, ce que Les Observateurs ont d’ailleurs souligné, les manifestants paisibles ont servi de refuge – et parfois de prétexte à la casse – à des militants équipés pour l’affrontement, lesquels ont complaisamment ouvert la voie aux raids barbaresques d’une ampleur inédite, en ce qu’ils étaient souvent organisés, comme en attestent les innombrables témoignages et vidéos.

Pillages en famille

On y voit par exemple un « daron », si sûr de son impunité qu’il n’est même pas masqué, diriger le casse de plusieurs boutiques, des hordes de « jeunes » se jetant à la suite de son équipe comme une nuée de sauterelles pour en dévaliser le contenu. On y voit aussi des pilleurs allant faire leur shopping en famille, ou des malfrats arrivant en camionnette pour emporter leur butin. Les « anticapitalistes » ont eu leur simulacre de révolution stérile, fait de bâtiments publics détruits, mais pas occupés pour y installer un nouveau pouvoir, les bandes ethniques ont eu leur razzia, les contribuables français – le fameux « Nicolas qui paye » – régleront la facture.

Face à l’ampleur du désastre, LFI, qui soutenait le mouvement, a bien été obligée de condamner les pillages : Mélenchon a écrit dès le 17 que ses partisans n’avaient « rien à faire dans le pillage, le saccage »… alors que ses troupes essayaient contre toute vraisemblance de faire porter le chapeau à d’autres. Le 19, à propos des policiers blessés, le Lider Minimo lançait aussi que « ça s’appelle les risques du métier ». Une déclaration qui contraste avec son indignation sur les blessures des émeutiers, qui avaient eux aussi pris leurs responsabilités.

Et le pouvoir ? Reuters évoque 60 000 policiers et personnels de sécurité déployés le 17 octobre. Ce dispositif a suffi à nasser une partie des manifestants, les plus pacifiques, mais n’a pourtant pas protégé des rues commerçantes entières, malgré les alertes. Macron exige la vérité sur les ratés, mais Nuñez reste ministre. La République de l’anarcho-tyrannie est toujours forte avec les faibles, faible avec les forts.

Face aux antifas suisses, le fédéralisme n’est pas un bouclier antiémeute

La Suisse n’a pas connu les blocus français, comme nous l’avons vu, mais elle connaît la tactique des blacks blocs. En marge du G7 à Évian, Genève a identifié 600 membres de blacks blocs parmi 20 000 manifestants. Ils avaient caché des engins pyrotechniques et du matériel incendiaire. Le 14 juin, la manifestation a été dissoute après des attaques et des dégradations. Sur 549 personnes contrôlées, trois ont été arrêtées puis libérées et les « nasses » ont suscité un débat sur les libertés publiques.

À Berne, la manifestation non autorisée du 11 octobre 2025 avait blessé 18 policiers ; l’enquête a permis d’identifier 101 auteurs présumés. À Zurich, une rave illégale du 10 au 11 octobre a tourné à l’affrontement. Les pavés n’ont donc pas besoin d’un passeport français. La Suisse n’a toutefois ni mouvement scolaire national à récupérer ni président à viser. Son fédéralisme ne supprime pas les casseurs, il change leur cible.

Reste la facture. La France disposait déjà d’un projet de loi « casseurs-payeurs », présentée au Sénat le 16 septembre : il prévoit, sous conditions, une responsabilité civile solidaire plafonnée à 10 000 euros pour certains participants à des groupes ou attroupements violents. Déposée avant les émeutes du 17 octobre, celles-ci donnent un nouveau relief à son examen. À Berne, la loi cantonale permet déjà de facturer les frais de police aux casseurs et, sous conditions, aux organisateurs. Le Grand Conseil a accepté le 4 juin un postulat sur la facturation obligatoire de ces coûts. Chez nous, l’impulsion politique est là, mais la loi n’est pas encore entrée en vigueur.

Faire payer les auteurs des violences sans surveiller indistinctement tous les manifestants, l’enjeu suisse est là. Le Conseil des États a toutefois adopté le 24 septembre une motion sur la prise en charge des coûts par les organisateurs, malgré les objections sur l’autonomie cantonale et le droit de manifester. Préserver les libertés, oui, mais aussi assumer ses responsabilités. La France n’en est pas là : que les pillards répondent de leurs actes, les organisations de leurs stratégies et les gouvernants de leurs défaillances relève actuellement du vœu pieux.

Richard Dalleau
Richard Dalleau

Ancien reporter de guerre, Richard Dalleau a couvert des conflits aussi bien sur le terrain que dans leurs implications géopolitiques. Il traite des questions de Défense, de terrorisme, les sujets de société (immigration, délinquance…) et des menaces sur les libertés publiques. Il a collaboré ou eu des responsabilités d’encadrement (SR, rédacteur en chef) dans des médias de presse écrite et des agences de presse internationales.

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