17 octobre : l’Élysée commémore 1961 pendant que la France brûle
Le jour même où l’Élysée honorait les victimes de la répression du 17 octobre 1961, l’hôtel de ville de Limoges partait en fumée et Alger gardait derrière les barreaux un journaliste français. Chacun ses priorités.
Samedi, l’Élysée a publié un communiqué de trois phrases pour les 65 ans du 17 octobre 1961 : la France y salue la mémoire des Algériens tués lors de la répression conduite par le préfet Maurice Papon, mémoire que la République « regarde avec lucidité » en espérant un avenir commun plus serein.
Le même jour, en marge d’une mobilisation contre la vie chère, le feu ravageait une grande partie de l’hôtel de ville de Limoges, des mairies et des préfectures étaient envahies de Marseille à Bordeaux ; dimanche, le ministre de l’Intérieur comptait plus de 2 000 interpellations et plus de 600 policiers, gendarmes et pompiers blessés. Emmanuel Macron a promis, dans un message publié sur X, que les casseurs seraient « poursuivis et punis » : à l’Élysée, on regarde la répression de 1961 avec lucidité, et celle de 2026 au futur.
Les petits-enfants du FLN, eux, ont les coudées franches. Le drapeau algérien a tant flotté sur les blocus lycéens que des Franco-Algériens ont appelé les jeunes à le ranger. À Alger, où gouvernent les héritiers du FLN, le journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans pour « apologie du terrorisme » après un reportage en Kabylie, totalise près de 500 jours de détention, au point que Reporters sans frontières se demande s’il n’est pas devenu un otage d’État. Pour l’avenir serein, on repassera.
À Genève, qui touche la France sur plus de cent kilomètres et le reste de la Suisse sur quatre et demi, des députés UDC réclamaient après les émeutes de 2023 des mesures contre les débordements français ( PDF) ; la conseillère d’État socialiste chargée de la police, Carole-Anne Kast, jugeait alors la motion « plus d’actualité ». Samedi, la France l’a remise à l’ordre du jour.
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