Patriot : Washington livre lot de consolation à la Suisse
Washington promet à la Suisse une première unité Patriot à la mi 2027, qui servira surtout à former les soldats. Les batteries complètes, leurs retards et leur facture restent à régler. Berne reprend espoir, sans toutefois retrouver la maîtrise du calendrier.
Martin Pfister, ministre de la Défense, a annoncé vendredi 30 octobre l’arrivée à la mi 2027 d’une première unité de feu Patriot : un radar, un lanceur et des équipements associés. Une avancée ? Oui, pour former les militaires suisses. Pour protéger le ciel, il faudra attendre les autres systèmes. L’annonce ne signifie donc nullement que les cinq batteries commandées sont soudain disponibles, ni même que cette première batterie sera d’une grande utilité opérationnelle.
En septembre, les deux batteries fabriquées pour la Suisse étaient finalement restées en Allemagne. Berne se retrouvait avec cinq systèmes repoussés de plusieurs années, une facture potentiellement explosive et des centaines de millions déjà versés. Le matériel annoncé aujourd’hui permettra d’instruire les équipes, sans effacer ce précédent.
L’autre nouveauté tient à la procédure d’achat. Callista Gingrich, l’ambassadrice américaine, a ouvert la possibilité de négocier directement avec le fabricant, sous réserve de l’accord du Congrès. Or, armasuisse dénonçait encore cette semaine les pièges des achats par l’intermédiaire de Washington : retards sans pénalités et litiges sans recours efficace. La nouvelle porte de sortie reste donc gardée par celui dont Berne cherche à s’affranchir.
Martin Pfister espère aller plus vite, voire payer moins cher, sans pouvoir le garantir. Il écarte désormais l’abandon des Patriot. En parallèle, le projet de second bouclier antiaérien a déjà accumulé ses propres retards politiques et la piste franco-italienne SAMP/T NG reste au cœur du débat sur la diversification des fournisseurs.
Le véritable test ne sera pas la photographie d’un lanceur livré en 2027 : ce sera la date de mise en service d’une défense complète et son coût final. Car les lacunes de la défense antimissile suisse ne se comblent pas avec une unité-école. Après avoir payé pour attendre, Berne obtient enfin de quoi apprendre à attendre en uniforme.
Poursuivre la discussion
Chers lecteurs, votre site évolue. Les commentaires sont toujours possibles, mais cela se passe sur les réseaux sociaux désormais.