Incendie de B&T à Thoune : le terrorisme d’ultragauche à l’œuvre
Le fabricant d’armes thounois, qui fournit le lanceur LBD 40 de la police française et celui d’au moins dix polices cantonales, a été incendié dans la nuit du 28 au 29 octobre. Une vidéo diffusée dans les milieux d’extrême gauche revendique l’attaque, et le droit suisse a un mot pour ce genre d’acte.
Lorsque la police cantonale bernoise a été alertée, peu après 3 h 10, le siège de Brügger & Thomet (B&T) était déjà entièrement en feu ; personne n’a été blessé, mais le Ministère public régional de l’Oberland, qui dirige l’enquête, privilégie la piste de l’incendie criminel, et le patron de l’entreprise, Karl Brügger, évalue dans SonntagsBlick les dégâts entre 12 et 20 millions de francs.
Selon le même journal, la vidéo de revendication montre des silhouettes vêtues de noir lancer un cocktail Molotov sur un abri à palettes, d’où le feu gagne le bâtiment ; elle a d’abord circulé chez des anarchistes français avant d’être relayée par des comptes Instagram de l’extrême gauche bernoise, et le site français Contre Attaque l’a publiée avec les slogans « Fuck LBD », « GL06 » et « Swiss, France, Germany, in the street with Gen Z ». Cette « génération Z » est celle-là même au nom de laquelle, le soir d’Halloween, quelque 150 personnes ont dressé et incendié des barricades à Bâle, pendant que Zurich brûlait.
La police vérifie encore l’authenticité des images, mais si elles sont ce qu’elles prétendent être, le mot de terrorisme n’a rien d’excessif : la loi fédérale sur la sûreté intérieure qualifie d’activités terroristes les actions destinées à « influencer ou à modifier l’ordre étatique » par des infractions graves ou par la propagation de la crainte, et incendier de nuit le fournisseur des polices, suisses comprises, pour en entraver la production tout en appelant la jeunesse à descendre dans la rue correspond trait pour trait à cette définition. Le Service de renseignement de la Confédération recensait déjà 215 incidents d’extrême gauche l’an dernier, dont 63 violents, et décrit un réseau transfrontalier dont les cellules allemandes, françaises et italiennes mettent en commun logistique, militants et savoir-faire.
Karl Brügger assure qu’il ne se laissera pas intimider ; il serait temps que le Conseil fédéral, qui proposait encore en mars de rejeter une motion visant à interdire l’antifa, fasse preuve de la même fermeté.
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