Immigration et pénurie de logements : Berne accueille, les cantons gèrent la crise
À Fribourg, la population a bondi de 26 % en quinze ans. Arrivées de l’Arc lémanique et surtout immigration mettent logements et infrastructures sous tension. Face à cette crise qui dépasse de loin le canton, et si Berne mesurait la capacité d’accueil du pays avant d’ouvrir les vannes migratoires ?
À Fribourg, les élections cantonales des 8 et 29 novembre se jouent aussi sur les mètres carrés. En quinze ans, la population a bondi de 26 %. À Châtel-Saint-Denis, l’école secondaire, rénovée il y a quatre ans, doit déjà être agrandie, raconte la RTS. Quand la construction d’infrastructures peine à suivre la croissance démographique, les communes payent une note toujours plus élevée.
Le bilan démographique fribourgeois pour 2025 chiffre une hausse de 4 244 habitants : solde migratoire international de 2 031 personnes, solde intercantonal de 1 201, excédent des naissances de 981. Les arrivées de l’étranger pèsent donc presque la moitié du gain, l’autre poste de croissance étant constitué des familles qui quittent l’Arc lémanique, attirées par des loyers plus abordables : Fribourg récupère une partie de la pression immobilière vaudoise.
Le canton a pourtant ajouté 2 113 logements nets à son parc en 2025. La pénurie suisse reste sous tension : le taux national de vacance est tombé à 0,93 %. À Genève, seuls 793 logements étaient disponibles en juin ; la pression gagne jusqu’au Genevois français. Fribourg devient aussi une soupape, au risque de retrouver demain les problèmes de ses voisins.
Berne répond avec son plan d’action de 35 mesures : densifier, accélérer les procédures, favoriser les loyers abordables. Nécessaire, mais incomplet. À quoi bon pousser la construction sans mettre sur la même table le rythme des flux migratoires et celui des logements réellement livrables ?
Les Vert’libéraux proposent pourtant de taxer les villas « trop grandes », comme si les propriétaires devaient compenser l’écart entre population et offre à coups de mètres carrés rognés sur les logements des Suisses. La question politique, à l’approche du scrutin fribourgeois, est celle de la capacité d’accueil : combien de nouveaux habitants les logements disponibles et les chantiers achevés peuvent-ils absorber chaque année ?
Plutôt que de courir après la construction de mètres carrés supplémentaires, limiter les arrivées permettrait de faire baisser la pression, au bénéfice de tous les Suisses. Tant que Berne laissera les vannes ouvertes, sa politique migratoire laissera aux cantons le soin de gérer la pénurie.
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