Du Locle à Sarran : la Panamera avait-elle pris le Pass Musées ?
Cinq individus proches du grand banditisme lyonnais ont été arrêtés en France. Soupçonnés du casse du Locle, ils pourraient avoir enchaîné les musées entre France et Suisse. Une Porsche Panamera à fausses plaques sert désormais de fil rouge aux enquêteurs.
Une semaine, deux musées et au moins un autre casse en Suisse : les cinq individus arrêtés le 13 août pourraient avoir transformé la Porsche Panamera en navette des musées. Mis en examen et écroués à Lyon, ils sont soupçonnés d’avoir participé au cambriolage du Château des Monts, au Locle, le 9 août. Quatre hommes vêtus de noir y avaient emporté près d’une dizaine de pendules en moins de cinq minutes avant de filer vers la France à bord d’une puissante berline sombre.
Trois jours plus tôt, le 6 août, le musée Jacques-Chirac de Sarran, en Corrèze, avait lui aussi reçu une visite nocturne. Les voleurs y avaient notamment emporté une réplique de la Coupe du monde 1998, un maillot porté par Zinédine Zidane et divers objets de collection. Or une Porsche Panamera munie de fausses plaques, utilisée par l’équipe proches du grand banditisme lyonnais, ressemblerait à la voiture filmée devant le musée. Des outils susceptibles d’avoir servi au casse auraient également été retrouvés. L’enquête a depuis été transférée de Tulle à Lyon. Le parquet cherche à établir un lien judiciaire, sans avoir à ce stade mis les cinq hommes en examen pour ce vol.
La tournée culturelle ne s’arrêterait pas là. Le parquet de Lyon estime le groupe susceptible d’avoir commis un autre vol en Suisse dans la nuit du 12 au 13 août, dont la cible n’a toutefois pas été divulguée. Les suspects ont été arrêtés au matin, dès leur retour en France. En sept jours, le même groupe pourrait donc être relié à trois expéditions, dont deux musées, avec une Panamera comme possible fil rouge.
Le profil rappelle un précédent déjà évoqué dans notre première brève : en 2012, onze hommes de l’agglomération lyonnaise avaient été reliés à onze cambriolages d’entreprises horlogères des Montagnes neuchâteloises, pour plus de trois millions de francs. La tournée culturelle a donc quelques précédents, même si les collections visitées n’étaient pas toujours ouvertes au public.
L’affaire apporte enfin une suite à la tribune consacrée à Schengen : la France semble bien avoir servi de base arrière aux cambrioleurs, mais si la frontière n’avait pas stoppé la Porsche, la coopération policière franco-suisse a fini par le faire.