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France : 36,7 milliards d’impôts de plus en trois ans, et un déficit qui ne bouge pas

Les prélèvements obligatoires ont augmenté de 36,7 milliards d’euros en France entre 2023 et 2026, selon l’institut Rexecode, sans que le déficit public recule. La moitié de ces recettes nouvelles a été absorbée par la hausse des intérêts de la dette.

La rédaction
6 octobre 2026
2 min de lecture

Le chiffre, relevé par Valeurs actuelles, provient du bilan annuel des prélèvements obligatoires publié le 29 septembre par Rexecode, un institut privé d’études économiques.

Pour la seule année 2026, les hausses atteignent 12,9 milliards d’euros, répartis à peu près également entre ménages et entreprises. Les principales viennent du gel des allègements de cotisations patronales (2,2 milliards), de la « normalisation » de la fiscalité de l’énergie (2,6 milliards), de la hausse de la CSG sur les revenus du capital (1,2 milliard) et d’une surtaxe sur les mutuelles de santé (1 milliard). Sur trois ans, les ménages ont supporté 17,9 milliards, soit environ 600 euros par foyer, et les entreprises 18,8 milliards. Le taux de prélèvements obligatoires atteint ainsi 44,1 % du PIB, 1,4 point au-dessus de sa moyenne de 1995 à 2010.

France : 2 ans de hausses ramènent les prélèvements à 44 % du PIB
Impôts et cotisations sociales rapportés au PIB, 2014-2026, en %
Taux constaté (Insee)2025 provisoire, 2026 prévision Rexecode
Sources : Insee, comptes nationaux base 2020 (2014-2025, 2025 provisoire) ; Rexecode, Bilan des prélèvements obligatoires 2026 (prévision 2026 et moyenne 1995-2010). Hors cotisations imputées et crédits d’impôt.

Le plus frappant tient au résultat : malgré cet effort, le déficit public est resté autour de 5,4 % du PIB de 2023 à 2026, parce que la moitié des recettes supplémentaires a servi à payer la charge croissante de la dette. Les auteurs, Olivier Redoulès et Célestin Gancel, en concluent que l’effort devrait désormais porter sur l’efficacité de la dépense publique plutôt que sur de nouveaux prélèvements, qui pèsent sur la compétitivité et la croissance.

La France prélève 16 points de PIB de plus que la Suisse
Impôts et cotisations sociales rapportés au PIB, 1995-2024, en %
FranceSuisse
Source : Eurostat, recettes totales d’impôts et de cotisations sociales des administrations publiques, hors cotisations imputées, en % du PIB (série gov_10a_taxag, mise à jour du 21 juillet 2026). Même définition pour les deux pays ; les chiffres français diffèrent donc légèrement de ceux de l’Insee.

La comparaison avec la Confédération est éloquente. Tenue par le frein à l’endettement fédéral et par les règles budgétaires des cantons, la Suisse affichait en 2024, selon l’Administration fédérale des finances, un excédent estimé à 0,5 % du PIB pour l’ensemble de ses administrations publiques, avec une quote-part de l’État de 31,3 %, nettement inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE (42,7 %).

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