France : 36,7 milliards d’impôts de plus en trois ans, et un déficit qui ne bouge pas
Les prélèvements obligatoires ont augmenté de 36,7 milliards d’euros en France entre 2023 et 2026, selon l’institut Rexecode, sans que le déficit public recule. La moitié de ces recettes nouvelles a été absorbée par la hausse des intérêts de la dette.
Le chiffre, relevé par Valeurs actuelles, provient du bilan annuel des prélèvements obligatoires publié le 29 septembre par Rexecode, un institut privé d’études économiques.
Pour la seule année 2026, les hausses atteignent 12,9 milliards d’euros, répartis à peu près également entre ménages et entreprises. Les principales viennent du gel des allègements de cotisations patronales (2,2 milliards), de la « normalisation » de la fiscalité de l’énergie (2,6 milliards), de la hausse de la CSG sur les revenus du capital (1,2 milliard) et d’une surtaxe sur les mutuelles de santé (1 milliard). Sur trois ans, les ménages ont supporté 17,9 milliards, soit environ 600 euros par foyer, et les entreprises 18,8 milliards. Le taux de prélèvements obligatoires atteint ainsi 44,1 % du PIB, 1,4 point au-dessus de sa moyenne de 1995 à 2010.
Le plus frappant tient au résultat : malgré cet effort, le déficit public est resté autour de 5,4 % du PIB de 2023 à 2026, parce que la moitié des recettes supplémentaires a servi à payer la charge croissante de la dette. Les auteurs, Olivier Redoulès et Célestin Gancel, en concluent que l’effort devrait désormais porter sur l’efficacité de la dépense publique plutôt que sur de nouveaux prélèvements, qui pèsent sur la compétitivité et la croissance.
La comparaison avec la Confédération est éloquente. Tenue par le frein à l’endettement fédéral et par les règles budgétaires des cantons, la Suisse affichait en 2024, selon l’Administration fédérale des finances, un excédent estimé à 0,5 % du PIB pour l’ensemble de ses administrations publiques, avec une quote-part de l’État de 31,3 %, nettement inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE (42,7 %).
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