Crans-Montana, nouvel épisode des raids européens contre le luxe suisse
L’attaque à la voiture-bélier d’une boutique de Crans-Montana s’inscrit dans une série plus large de raids contre les commerces de luxe suisses. D’autres affaires récentes impliquent des équipes venues de France, d’Italie ou des Balkans.
Une voiture lancée à pleine vitesse contre une vitrine, une razzia de quelques minutes et quatre suspects arrêtés. Le 29 juillet, peu après 4 h 20, plusieurs individus ont attaqué une boutique de luxe de la rue du Prado, à Crans-Montana. La police valaisanne a interpellé deux ressortissants français de 16 et 17 ans ainsi que deux adultes dont l’identité restait à établir. La majeure partie du butin a été retrouvée.
L’opération rappelle une autre effraction commise le 17 juillet dans une boutique de la Schlüsselgasse, au cœur du quartier du luxe zurichois. Trois hommes parlant français avaient brisé une vitrine avant de prendre la fuite dans une voiture portant des plaques étrangères. Aucun élément public ne permet toutefois de relier les deux affaires.
La France n’est qu’une pièce du puzzle de la criminalité transfrontalière. En 2025, la police zurichoise a attribué une série d’environ vingt attaques comparables, commises dans plusieurs cantons, pour près de 900 000 francs de préjudice, à un citoyen italien de 22 ans et à un Monténégrin de 46 ans. En juin 2026, un Bosnien de 55 ans a également été arrêté après l’attaque à la voiture-bélier d’un commerce de luxe de seconde main, au centre de Zurich.
Ces profils dessinent moins le portrait d’une filière unique que celui d’une criminalité européenne mobile. Les bijouteries suisses ont longtemps été ciblées par les « Pink Panthers », réseau composé de cellules issues des Balkans occidentaux. Europol a ensuite élargi ses investigations aux groupes provenant du reste de l’Europe, de la région baltique et de la mer Noire.
La Suisse occupe une place centrale dans cette riposte : fedpol dirige l’action européenne « Pink Diamond », consacrée aux groupes transfrontaliers spécialisés dans les attaques et les cambriolages de bijouteries. La veille de l’attaque de Crans-Montana, le vol de quatre voitures de luxe à Wetzikon illustrait une autre facette de cette ruée criminelle vers les biens de grande valeur. Contrairement aux automobiles, souvent exportées vers l’Afrique de l’Ouest, montres et bijoux ne suivent pas une route unique. Les pièces d’horlogerie les plus recherchées alimentent le marché international du recel, tandis que l’or peut être fondu puis réintroduit dans l’économie légale, parfois sans même quitter l’Europe.