Expulsions hors de l’UE : cinq pays se décident enfin
Le Danemark, l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas et la Grèce veulent ouvrir dès 2027 des « centres de retour » dans un pays tiers pour y placer les déboutés de l'asile que personne ne parvient à renvoyer. Une idée jugée infaisable il y a peu encore, et à laquelle Berne s'est trouvée associée samedi à Munich.
Il aura fallu des années de décisions de renvoi restées lettre morte pour que cette solution, longtemps balayée d’un revers de main par les capitales européennes, devienne un chantier de gouvernement. Mieux vaut tard que jamais, dira-t-on ; encore faut-il que le chantier aboutisse.
Réunis à Copenhague le 4 septembre, les ministres des cinq pays ont arrêté un modèle commun de « return hubs » et comptent conclure un accord de principe avec un État partenaire autour du Nouvel An, pour un premier centre en service en 2027. Les candidats n’ont pas été nommés ; la presse européenne évoque l’Ouganda et surtout le Rwanda. Le règlement sur les retours approuvé en juin par le Parlement européen autorise désormais ce type d’accords ; la facture reviendrait aux États volontaires, la Grèce réclamant toutefois que le budget de l’Union y contribue.
Samedi, à Munich, le ministre allemand Alexander Dobrindt a réuni dix-sept homologues pour accélérer le mouvement, et Beat Jans y siégeait pour la Suisse. Membre de Schengen et de Dublin, la Confédération ne pourra pas rester spectatrice : elle héberge elle aussi des déboutés inexpulsables, et le Conseil fédéral devra dire s’il entend s’associer à ces centres ou continuer à gérer seul ce qu’il ne parvient pas à renvoyer.
Reste que le précédent italien en Albanie invite à la prudence, avec une facture qui dépasse 670 millions d’euros pour un nombre de transferts modeste. Le retard accumulé ne se rattrape pas d’un communiqué, mais la question est au moins posée dans les bons termes.