Serbie : Aleksandar Vučić quitte la présidence pour briguer la tête du gouvernement
Le président serbe a annoncé dimanche soir sa démission, après près de deux ans de contestation. Empêché de briguer un troisième mandat présidentiel, il conduira la liste de son parti aux législatives anticipées du 25 octobre, avec l’ambition de redevenir premier ministre.
Dans une allocution télévisée prononcée dimanche 27 septembre depuis le palais présidentiel de Belgrade, Aleksandar Vučić a annoncé sa démission, en tenant à employer ce terme « constitutionnel » plutôt que celui de « raccourcissement du mandat ». Annoncé depuis la fin du mois de juin, ce départ confie l’intérim à la présidente du Parlement, Ana Brnabić, l’une de ses plus proches alliées, jusqu’à l’élection d’un successeur.
Il ne s’agit pas pour autant d’une sortie de la vie politique. Faute de pouvoir se représenter à la présidence, Vučić mènera le Parti progressiste serbe (SNS) aux législatives du 25 octobre et entend retrouver le poste de premier ministre, qu’il avait occupé de 2014 à 2017, face à une coalition soutenue par le mouvement étudiant qui manifeste depuis l’effondrement d’un auvent de la gare de Novi Sad, où seize personnes avaient trouvé la mort le 1er novembre 2024.
Ancien ministre de l’Information de Slobodan Milošević à la fin des années 1990, passé du discours nationaliste à la promesse d’une intégration européenne, Vučić a toujours ménagé Moscou et Pékin : candidate à l’Union européenne depuis 2012, la Serbie ne s’est pas alignée sur la plupart des sanctions européennes contre la Russie.
Le scrutin concerne aussi la Suisse. En juin, le Parlement a prolongé jusqu’en 2029 l’engagement de la Swisscoy au sein de la KFOR et autorisé le renforcement de son contingent, fort de 215 militaires, de 85 soldats supplémentaires, au Kosovo, que Belgrade continue de considérer comme une province serbe. Au lendemain du rejet de l’initiative sur la neutralité, la comparaison s’impose par ailleurs : la Serbie, pourtant candidate à l’Union européenne, refuse l’essentiel des sanctions contre la Russie, quand la Suisse, qui ne l’est pas, reprend les trains de sanctions décidés à Bruxelles.