Ce que la Suisse doit à l’UDC
La votation d'hier a rouvert les mêmes procès : xénophobie, racisme, repli. Des accusations commodes, anathèmes désormais habituels de la gauche, qui dispensent de regarder les faits. De l'immigration à l'asile, de la remigration au fossé entre villes et campagnes, quelques vérités qu'on préfère taire.
L’UDC est décriée de manière générale. Or, sans être membre du parti, on peut constater qu’il existe des questions qu’on ne pose jamais. Au lendemain des résultats, la gauche est intervenue avec ses antiennes habituelles : la Suisse xénophobe, les étrangers responsables de tous les maux, le racisme. Le bouc émissaire n’a pas fonctionné, et c’est heureux, car tout cela est faux. La pensée-étiquette, la pensée politique stéréotypée, est massivement répandue à gauche. Elle se nourrit d’accusations, de détestations, de haines. Il suffit de regarder comment elle parle de l’UDC.
Le procès en xénophobie ne tient pas
Sur les mouvements dits xénophobes et racistes, de grands mensonges circulent. Dans les années 1950 – 1960, la Suisse comptait déjà 15 à 16 % d’immigrés, contre 4 ou 5 % dans les pays voisins. C’est là que sont nés les premiers mouvements, avec la fameuse initiative Schwarzenbach, refusée de justesse en 1970. Que prévoyait-elle ? De ramener la population immigrée de 15 – 16 % à 10 % en dix ans. On a aussitôt crié à la ruée xénophobe et raciste. Pourtant, les enquêtes précises que nous avions menées à l’époque, sur quatre groupes de partisans de cette réduction, montraient autre chose : un seul groupe était à proprement parler hostile aux étrangers. Tous les autres étaient avant tout de vrais patriotes, soucieux de préserver leur pays. Cela mérite d’être souligné, dès 1960.
On avait aussi affirmé que la Suisse expulserait des centaines de milliers d’immigrés. Mensonge, là encore. À cette époque, 60 000 immigrés quittaient le pays chaque année, et 60 000 y entraient. Il aurait suffi de n’en laisser entrer que 30 000 ou 40 000, pendant cinq à huit ans, pour atteindre l’objectif sans expulser personne. Telle était la réalité. Ce mensonge permanent trahit une haine qui se trouve, en vérité, du côté de ceux qui crient au racisme et à la xénophobie. Premier point essentiel.
Hier encore, dans les médias, on percevait cette haine envers l’UDC. Or c’est grâce à elle, qui a systématiquement alerté sur les dangers de la surpopulation étrangère, c’est grâce à son harcèlement que les autorités ont dû prendre des mesures. Et c’est encore le cas aujourd’hui.
On dit qu’il n’y a eu que 45 % de oui. Mais cela représente près d’un million et demi de voix, contre 1,8 million de non. Une part énorme de la population a voté oui, bien au-delà du seul électorat de l’UDC. On retrouve là cette fonction de pompe aspirante du parti, qui rassemble tous les mécontents : un sas de décompression, un espace pour dire ce qui ne va pas. Les mesures, ensuite, sont proposées − mais ce n’est que sous la contrainte que les autorités se résolvent à limiter et à contrôler l’immigration.
Il en va de même pour l’asile. D’innombrables initiatives ont visé à combattre un octroi trop facile et l’impossibilité d’expulser ceux qui devraient l’être. Aujourd’hui, l’exemple des pays voisins montre à quoi mène l’absence d’un contrôle ferme de l’immigration et de l’asile. L’asile coûte des milliards à la Suisse. Dernière annonce en date : sur les quelque 70 000 Ukrainiens accueillis depuis le début de la guerre, huit sur dix ne travaillent pas, et ils pourront bientôt obtenir un permis de séjour durable. Dire cela n’a rien de xénophobe. Réclamer une régulation, une maîtrise et une politique plus ferme n’a rien de scandaleux, de xénophobe ni de raciste. C’est même indispensable, sous peine d’aggravation.
Certains phénomènes apparaissent déjà chez nos voisins, qui ne contrôlent plus leur immigration et se trouvent débordés par l’insécurité, la criminalité, et même une criminalité sexuelle de grande ampleur. L’exemple de la Grande-Bretagne et de ses gangs pakistanais mérite d’être rappelé : non pas une ou deux jeunes filles, mais des milliers, des dizaines de milliers, violées et prostituées. Comble de tout, la police refusait d’agir, de peur d’être taxée de racisme. La pensée-étiquette consiste précisément à répéter « raciste, xénophobe ». Il faut cesser, sous peine de provoquer les effets inverses.
Dire le réel n’est pas un crime
Vient ensuite le racisme anti-Blanc. Chez nos voisins, le phénomène apparaît et l’on commence à le nommer : il existe bel et bien. En Suisse, la Commission fédérale contre le racisme n’en parle jamais, ne s’en occupe jamais, alors qu’il existe aussi chez nous et qu’il va s’amplifier.
Un autre concept s’impose désormais, lui aussi aussitôt assimilé au racisme : la remigration. Encore une pensée-étiquette. C’est un courant qui se dessine. Les conférenciers qui l’abordent sont empêchés de circuler d’un pays à l’autre, même au sein de l’Union européenne, arrêtés, traités de tous les noms, qualifiés d’éléments dangereux. La remigration fera pourtant son chemin − comme le racisme anti-Blanc, le sujet finira par s’imposer, mais la gauche et les bien-pensants continueront de crier au racisme.
Or la remigration ne consiste pas à renvoyer massivement et indistinctement des immigrés, et surtout pas ceux qui sont installés, qui travaillent et qui produisent − ils forment la très grande majorité. On ne le rappelle jamais assez ; on ne retient que le reste. Soulever ces aspects vise à rien cacher, au contraire. La remigration consiste à renvoyer − le mot doit être dit − les immigrés durablement sans travail, les criminels qu’on ne parvient pas à reconduire, toute une série de personnes qui ne contribuent ni à la société ni à l’économie du pays d’accueil. De telles politiques pacifieraient le climat. Car la population est révoltée par les excès de l’asile,la criminalité, par ces requérants souvent fictifs qui demeurent à la charge de la sécurité sociale. Plutôt que de crier au racisme, si l’on veut apaiser les tensions, il faut prendre acte de la situation et adopter les mesures adéquates.
Les villes hors-sol
Un dernier point me paraît capital. Cette votation a révélé un clivage net entre villes et campagnes. Les villes, massivement à gauche, progressistes, bobos, voient aussitôt du racisme et de la xénophobie dans toute volonté de contrôler l’immigration et d’expulser plus aisément les éléments perturbateurs. L’Angleterre, là encore, aurait dû expulser ces criminels auteurs d’un mal inouï. Qu’on se mette à la place de ces jeunes filles, par milliers. Oui, une politique ferme est indispensable, et il faut cesser de crier aussitôt au racisme.
Ces villes progressistes et socialistes sont souvent hors-sol, coupées de la réalité que vit la majorité du pays − celle qui a voté contre une Suisse à dix millions d’habitants. Notre avantage est d’être un petit pays, capable de mieux maîtriser ces phénomènes que ceux où la situation semble déjà hors de contrôle. Cette opposition va s’accentuer jusqu’à devenir un problème majeur. Ces villes veulent une Suisse progressiste, ouverte, pro-européenne. Mais elles vont plus loin : certains réclament désormais des sièges parlementaires réservés aux centres urbains, au nom de leur poids démographique. Il faut l’éviter à tout prix. Le pouvoir des villes est déjà considérable ; les voir en exiger toujours plus, jusqu’à minoriser et mépriser les campagnes, menacerait l’équilibre suisse, qui est capital.
Les discussions autour d’une nouvelle exposition nationale l’illustrent. Il faudra éviter une nouvelle catastrophe. Déjà, les villes s’unissent pour concevoir une manifestation à leur propre gloire, qui laissera les campagnes de côté − ou ne les mettra en avant que pour la forme. Cette opposition entre ville et campagne menace les fondements mêmes du pays. Si l’on veut que la Suisse perdure, il faut tenir compte de toutes les caractéristiques essentielles qui la font fonctionner.
La volonté, de plus en plus insistante, de ne pas exiger la double majorité du peuple et des cantons lors de certaines votations populaires déterminantes constitue l’une des menaces les plus graves pour l’équilibre entre les différents éléments constitutifs du système politique suisse. La volonté de superpuissance des villes représente un tel danger.