Au musée Ulysse Nardin, l’alarme a fonctionné. Le reste, beaucoup moins
Cinq semaines après le Château des Monts, un second musée horloger du Locle a été cambriolé. Chez Ulysse Nardin, l’alarme a bien sonné, mais l’effraction n’a été découverte qu’environ une heure plus tard.
Les voleurs semblent avoir pris goût aux musées horlogers du Locle. Dans la nuit du 13 au 14 septembre, plusieurs individus ont pénétré vers 3 heures dans le musée privé d’Ulysse Nardin, fracturé des vitrines et emporté des pièces de collection. La manufacture a précisé à ArcInfo que des montres historiques « extrêmement rares » figuraient parmi les objets volés. L’inventaire du butin et son estimation sont encore en cours.
Le détail le plus embarrassant concerne la sécurité. L’alarme s’est déclenchée et une société de surveillance est intervenue. Elle n’a pourtant pas identifié le point d’effraction : le vol n’a été constaté qu’environ une heure plus tard. L’enquête devra déterminer pourquoi les agents de sécurité ont fait chou blanc à leur première visite.
L’affaire tombe à peine cinq semaines après le cambriolage du Château des Monts. Le 9 août, quatre hommes cagoulés avaient emporté moins de dix pendules en moins de cinq minutes avant de fuir vers la France. Cinq suspects ont ensuite été arrêtés en France et mis en examen à Lyon. Les enquêteurs examinaient également un possible lien avec le cambriolage du musée Jacques-Chirac de Sarran, où une Porsche Panamera à fausses plaques avait attiré leur attention.
Le casse du 9 août n’était lui-même pas une anomalie isolée. Le Château des Monts connaît la musique : une quinzaine de montres et pendulettes y avaient déjà disparu en moins d’une minute en 2015, après un autre vol de 44 montres, pour plus de 440 000 francs, en 2006. La répétition commence à ressembler à une spécialité locale.
Aucun élément ne permet toutefois, à ce stade, de relier le casse d’Ulysse Nardin à l’équipe arrêtée en août. Le rapprochement le plus solide est ailleurs : en cinq semaines, deux musées horlogers de la même petite ville ont été forcés. Au Locle, les voleurs se sont décidément mis à l’heure du patrimoine. Reste à savoir si les dispositifs de sécurité parviendront enfin à se mettre au tempo.