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65 conflits armés dans le monde, un record depuis 1945 : le Financial Times redoute une troisième guerre mondiale

Jamais depuis 1945 le monde n’avait connu autant de conflits armés. Dans le Financial Times, Gideon Rachman voit dans l’Ukraine, l’Iran et Taïwan les foyers d’un possible embrasement général, au moment où Washington laisse planer le doute sur sa volonté de défendre ses alliés.

La rédaction
19 octobre 2026
3 min de lecture

Le chroniqueur diplomatique du quotidien britannique, auteur d’un nouvel essai sur l’effondrement de l’ordre international, s’inquiète dans sa chronique du 17 octobre d’un monde qui marche en somnambule vers une troisième guerre mondiale. Il s’appuie sur le décompte de l’International Crisis Group, une ONG spécialisée dans la prévention des conflits, qui recense 65 conflits en cours, du jamais-vu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ce chiffre rejoint celui de l’université d’Uppsala, dont les données font référence en la matière et qui a recensé pour 2025 65 conflits impliquant au moins un État, un record depuis le début de ses relevés en 1946. Treize d’entre eux ont franchi le seuil des mille morts au combat dans l’année, qui en fait des guerres au sens des chercheurs, les affrontements directs entre États ont doublé pour atteindre huit, de l’Ukraine à la frontière indo-pakistanaise, et quelque 244 600 personnes ont été tuées, tout cela avant même la guerre déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

Cet affrontement entre Washington et Téhéran, plusieurs fois relancé malgré les trêves, figure avec l’Ukraine et Taïwan parmi les trois foyers que Rachman juge capables de dégénérer en conflit mondial, d’autant que Moscou, Pékin, Téhéran et Pyongyang se rapprochent dans un même rejet de l’ordre de sécurité bâti autour des États-Unis. Le chroniqueur observe que Poutine, Xi Jinping et Trump raisonnent désormais en sphères d’influence et tient pour illusoire la paix qu’un tel partage prétend garantir, puisqu’elle suppose que les petits voisins, de l’Ukraine à Taïwan en passant par le Canada, se plient à la volonté du plus fort. Toute la question, selon lui, est de savoir si la Russie oserait s’en prendre à un membre de l’OTAN, et la Chine à Taïwan, sans être certaines d’une riposte américaine, une incertitude que Trump entretient lui-même en mettant en doute l’engagement des États-Unis envers leurs alliés.

Ce dernier point concerne directement la Confédération. Depuis 2022, Berne a repris les sanctions européennes et s’est rapprochée de l’OTAN, rapprochement dont l’achat du F-35 est la pièce maîtresse. Or si les membres de l’Alliance, pourtant couverts par la clause d’assistance mutuelle de l’article 5, ne savent plus jusqu’où Washington irait pour les défendre, la Suisse, qui n’en bénéficie pas, se retrouve comptée dans un camp, avec les risques que cela comporte, sans aucune garantie d’en recevoir le secours. Rachman rappelle d’ailleurs que la guerre hybride russe frappe déjà les soutiens européens de l’Ukraine par des sabotages et des incendies.

La neutralité, à l’inverse, conserve une utilité que les belligérants eux-mêmes reconnaissent : la Suisse représente depuis 1980 les intérêts américains en Iran et a accueilli au Bürgenstock, le 21 juin, l’ouverture des pourparlers entre Washington et Téhéran. Le rejet de l’initiative sur la neutralité, le 27 septembre, n’a pas clos ce débat, que nous continuons de suivre dans notre dossier consacré à la neutralité suisse.

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