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De Gaillard à Thônex, les polices des deux pays face aux dealers

À Gaillard, le point de deal du Chalet a mobilisé les polices françaises et suisses le 3 novembre. Après les fusillades de l’été et les appels à renforts, l’opération ARGOS pose une question : le trafic reculera-t-il enfin ?

La rédaction
8 novembre 2026
2 min de lecture

Le narcotrafic de Gaillard mobilise désormais les forces de l’ordre des deux pays sur les deux rives du Foron. Mardi 3 novembre, l’opération ARGOS a visé le point de deal du quartier du Chalet, à quelques centaines de mètres de Thônex. Côté français, policiers et douaniers menaient les contrôles ; côté suisse, police cantonale et douanes surveillaient les passages à pied de la rivière pour intercepter les fuyards. Bilan annoncé : des interpellations et des saisies des deux côtés. Nombre de suspects ? Quantités de drogue ? Aucun chiffre rendu public, ce qui laisse songeur sur les résultats de l’opération.

Il faut dire que le quartier a déjà payé comptant son statut de supermarché de la drogue : sept fusillades pendant l’été, deux dealers blessés, puis une campagne de la mairie à destination des clients : « Ton achat au quartier du Chalet provoque des tirs ! » En novembre, il faut toujours y envoyer la police. Les affiches ne suffisent manifestement pas à tarir le trafic.

En avril, Paris estimait pourtant ses moyens policiers « vraiment adaptés » face au narcotrafic frontalier. Depuis, le terrain a multiplié les démentis. L’opération ARGOS illustre une coopération nécessaire, déjà ancienne, dont l’efficacité durable reste à démontrer. Verrouiller une rive pendant une descente ne signifie pas avoir asséché le trafic.

Genève n’a pas davantage le luxe de rester spectatrice. En octobre, un suspect des fusillades de France voisine a été arrêté au centre de Genève, porteur d’un fusil semi-automatique. Et les 314 kg de stupéfiants saisis à Genève de juillet à mi-septembre rappellent que le marché suisse a ses propres réseaux.

La police genevoise prévient que Thônex ne sera « ni un refuge ni une zone d’impunité ». Très bien. Reste à savoir combien de trafiquants ont été arrêtés, ce qui a été saisi et, surtout, si le point de deal a réellement cessé de fonctionner. Après les communiqués et les renforts, les riverains attendent autre chose qu’une nouvelle opération au nom de code ronflant.

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