Zemmour à l’image : « Le Suicide français » sur Planète+, à dix mois de la présidentielle
Douze ans après le best-seller, Planète+ (groupe Canal+) a diffusé les 23 et 30 juin l’adaptation en quatre épisodes du Suicide français d’Éric Zemmour. De la mort de de Gaulle aux Gilets jaunes, le président de Reconquête y déroule cinquante ans de « renoncements » à coups d’archives, de chansons et de films relus comme symptômes d’un basculement moral. Le ton est assumé : « En 2014, j’écrivais pour alerter. Désormais, je veux mobiliser », confiait-il au JDD.
La polémique porte moins sur le fond que sur le calendrier. Zemmour, qui déclarait « je me prépare, on verra bien » et « s’il y a un candidat Reconquête, ce sera moi », est présenté comme candidat probable pour 2027. Le syndicat +Libres accuse la direction de Canal+ d’accompagner sa communication, et la diffusion intervient dans un climat tendu pour la galaxie Bolloré : le 15 juin, l’Arcom a mis en demeure CNews de respecter « l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion », après une saisine de RSF déposée en janvier 2026 ; la chaîne conteste « fermement » et a annoncé un recours devant le Conseil d’État, jugeant la décision attentatoire à sa liberté éditoriale.
Le régulateur ne vise toutefois pas un seul camp : le 11 juin, il avait également mis en demeure France Inter et Franceinfo pour sous-représentation du Rassemblement national, et a annoncé une veille sur le pluralisme « élargi » des quatre chaînes d’information en continu dans la perspective des échéances nationales. À l’approche de 2027, la bataille culturelle se double ainsi d’une bataille réglementaire : qui a le droit de raconter la France, et sur quelles antennes.
Cette adaptation du livre homonyme d’Éric Zemmour propose une lecture incarnée et volontairement polémique de l’histoire contemporaine française des cinquante dernières années.