Vol : plus de 80 % des condamnés n’ont pas le passeport suisse
Selon les chiffres publiés mercredi par l’Office fédéral de la statistique, 7 956 personnes ont été condamnées pour vol en Suisse en 2025, dont quelque 1 500 Suisses. Les Algériens, presque aussi nombreux, ne résident pour la plupart pas en Suisse.
L’Office fédéral de la statistique (OFS) a publié mercredi sa statistique des condamnations pénales pour 2025, qui détaille depuis l’an dernier chaque infraction par nationalité. Le vol s’y distingue nettement : sur 7 956 personnes condamnées pour vol, environ 1 500 étaient suisses et plus de 80 % avaient un passeport étranger. Selon 20 Minuten, environ deux tiers de ces condamnés ne font en outre pas partie de la population résidante permanente.
Les Algériens arrivent en tête des étrangers, avec 1 497 condamnés pour vol, dont 35 seulement résident durablement en Suisse, selon le décompte de CH Media repris par Watson. Ils forment aussi la première nationalité étrangère toutes infractions au Code pénal confondues, avec près de 2 000 condamnés, dont 83 résidents, contre quelque 12 800 Suisses ; sur l’ensemble des condamnations au Code pénal, plus d’un tiers des condamnés n’appartenaient pas à la population résidante permanente. Rapportée aux seuls résidents de chaque nationalité, la part des condamnés atteint 2,75 % chez les ressortissants de la République démocratique du Congo, 2,31 % chez les Angolais, 2,22 % chez les Somaliens et 2,19 % chez les Algériens, contre 0,23 % chez les Suisses. L’OFS rappelle que ces chiffres sont purement descriptifs et n’établissent aucun lien de cause à effet entre nationalité et délinquance.
220 fr./jourHypothèse haute
325 fr./jour
Sources : OFS, statistique de la privation de liberté ; canton de Berne, tarifs des établissements d’exécution judiciaire 2025 ; Conseil fédéral, rapport du 17 mai 2013 sur les coûts de l’exécution des peines. Utiliser cette infographie
Le criminologue Dirk Baier, de la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW), distingue deux profils de voleurs : des personnes issues de l’asile, qui se trouvent parfois « sans perspective et avec peu d’argent », et des touristes criminels qui viennent en Suisse « parce qu’ils savent que les choses ne sont pas bien protégées ». Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) souligne qu’une petite minorité seulement des requérants d’asile commet des délits, et indique que la Confédération et les cantons ont mis sur pied une cellule consacrée aux délinquants multirécidivistes, qui exploite toutes les possibilités légales pour les placer en détention jusqu’à leur départ. Le Conseil fédéral prépare de nouveaux durcissements de la procédure d’asile.
Poursuivre la discussion
Chers lecteurs, votre site évolue. Les commentaires sont toujours possibles, mais cela se passe sur les réseaux sociaux désormais.