Une permanence « antirépression » à l’Unige : la CUAE encore au service de l’agitation d’extrême gauche
Une fois de plus, le syndicat étudiant CUAE prête ses locaux à la mouvance radicale. Mercredi 17 juin, le groupuscule plus ou moins clandestin Antirep, relayé par la coalition NoG7, a annoncé d’y tenir deux « permanences juridiques » destinées à recueillir les doléances des manifestants anti-G7 du 14 juin et à les conseiller en cas de poursuites.
Sous couvert d’« aide juridique », l’opération révèle surtout la collusion désormais habituelle entre un syndicat étudiant ultra-minoritaire et les groupes activistes engagés dans un bras de fer assumé avec la police. Antirep, faut-il le rappeler, est l’auteur d’un véritable manuel du parfait guérillero antifa.
Le rectorat lui-même a fini par poser une limite : ces permanences ne sont admissibles que pour les étudiants de l’Unige. Dans des propos rapportés par Watson, « Ce n’est pas le cas si [elles] s’adressent à des personnes externes, sans lien avec l’université », précise Marco Cattaneo, son directeur de la communication. Une mise au point qui en dit long sur les libertés que s’octroie la CUAE.
Le financement de ce syndicat fait d’ailleurs débat. La CUAE perçoit automatiquement 3,50 francs par étudiant et par semestre − un prélèvement que PLR, UDC et MCG avaient tenté, début juin, de rendre facultatif au Grand Conseil. Ils ont échoué de justesse, le PS et le Centre ayant fait barrage. Autrement dit, l’ensemble des étudiants finance malgré eux un appareil militant qui ne les représente nullement.
Les réactions politiques sont à la hauteur de l’agacement. Pour Pierre Nicollier (PLR), il est inacceptable que la CUAE mette ses locaux à disposition d’un groupe engagé dans un rapport de force avec la police, profitant « une nouvelle fois des moyens financiers » de l’université pour mener « un agenda politique d’extrême gauche ». L’UDC, par la voix d’Alexandre Chevalier, se dit carrément « scandalisée » qu’un groupe « aux limites de la légalité » squatte ainsi un bâtiment universitaire.
François Baertschi (MCG) enfonce le clou : la CUAE n’a pas à « prêter la main à des groupes radicaux potentiellement violents », et l’Université « manque de courage face aux discours de certains de ses étudiants légitimant la violence ». Jean-Marc Guinchard (Le Centre) note avec ironie que cette permanence ne s’intéressera sans doute guère aux violences commises par les black blocs.
Seul le PS défend l’opération, ses coprésidents Amanda Gavilanes et Cyril Mizrahi estimant que la CUAE « ne fait rien d’illégal » et que l’Université doit rester « un lieu de débat ». Sollicitée, la CUAE, elle, n’a pas daigné répondre − fidèle à une discrétion sélective.