Royaume-Uni : un rapport place l’immigration soudanaise sous les projecteurs
La question migratoire est en train de s'imposer comme le sujet politique central de l'année 2026 sur tout le continent européen. Au Royaume-Uni, une agression violente à Belfast a récemment focalisé l'attention sur la communauté soudanaise. C'est dans ce contexte général que s'inscrit le nouveau rapport de l'Institut pour la Remigration, qui en analyse l'impact économique et sécuritaire.
L’agression particulièrement violente commise à Belfast par un réfugié soudanais a relancé au Royaume-Uni un débat qui, jusqu’à présent, s’était surtout concentré sur d’autres nationalités. Profitant de l’émotion suscitée par cette affaire, l’Institut pour la Remigration (Institute for Remigration, IFR) a publié un rapport consacré à la communauté soudanaise installée outre-Manche, en s’appuyant sur des données officielles britanniques relatives à l’asile, à l’emploi, à l’éducation et à la criminalité.
L’étude part d’une question simple : les bénéfices mesurables de cette immigration compensent-ils les coûts et les risques qu’elle engendre ?
Une présence en forte croissance
Selon les données du recensement britannique de 2021, plus de 38 000 ressortissants soudanais vivaient alors au Royaume-Uni. L’IFR estime que leur nombre dépasse aujourd’hui les 50 000 personnes, compte tenu de l’augmentation continue des arrivées depuis le déclenchement de la guerre civile au Soudan.
Au cours des années 2023, 2024 et 2025, près de 14 000 demandes d’asile ont été déposées par des ressortissants soudanais. La très grande majorité des demandeurs sont des hommes. Les données citées par le rapport montrent également une forte progression des demandes émanant de jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans.
Autre élément relevé : la plupart des demandes sont introduites une fois les migrants déjà présents sur le territoire britannique. Plus de 9 000 ressortissants soudanais seraient ainsi arrivés par les traversées clandestines de la Manche à bord de petites embarcations, un phénomène dont l’ampleur a fortement augmenté ces dernières années.
Un taux d’acceptation exceptionnellement élevé
Les demandes d’asile soudanaises bénéficient d’un taux d’acceptation particulièrement important. D’après les chiffres repris par l’IFR, plus de neuf décisions sur dix aboutissent à l’octroi du statut de réfugié ou d’une forme de protection humanitaire.
Cette situation s’explique en partie par le contexte du conflit qui ravage actuellement le Soudan. Elle contribue néanmoins à faire du Royaume-Uni une destination attractive pour les candidats à l’asile, estime l’institut.
Une insertion professionnelle limitée
L’un des aspects les plus développés du rapport concerne la participation au marché du travail.
À partir des données du recensement de 2021, l’IFR relève que moins de 40 % des adultes soudanais en âge de travailler occupaient alors un emploi à plein temps. Plus de 16 000 personnes étaient classées comme économiquement inactives, tandis qu’un peu plus de 4 000 étaient officiellement à la recherche d’un emploi.
Le rapport souligne que ces résultats ne peuvent être attribués uniquement à un faible niveau de qualification. Selon les chiffres cités, près des trois quarts des adultes concernés disposaient d’une qualification scolaire ou universitaire, et plus de 12 000 détenaient un diplôme de niveau licence ou supérieur.
Une hausse du nombre de détenus
L’IFR s’intéresse également aux statistiques pénitentiaires britanniques. En mars 2026, 197 ressortissants soudanais étaient détenus dans les prisons d’Angleterre et du Pays de Galles.
Si ce chiffre demeure relativement faible à l’échelle nationale, l’institut met en avant sa progression rapide. Depuis 2021, le nombre de détenus soudanais aurait augmenté de plus de 150 %, ce qui en ferait l’une des nationalités connaissant la plus forte hausse au sein de la population carcérale étrangère.
Le rapport rappelle également plusieurs affaires criminelles médiatisées impliquant des ressortissants soudanais ces dernières années, notamment des agressions sexuelles et des homicides ayant suscité une importante couverture médiatique.
Vers un durcissement du débat migratoire
À partir de ces différents indicateurs, l’Institut pour la Remigration estime que l’immigration soudanaise ne répond pas aux critères qu’il juge nécessaires à une intégration réussie. L’organisation recommande notamment la suspension de l’octroi de nouveaux visas aux ressortissants soudanais, la désignation du Soudan comme pays à haut risque migratoire et l’inclusion prioritaire de cette nationalité dans d’éventuelles politiques de remigration.
Au-delà du cas soudanais, ce rapport témoigne surtout d’une évolution du débat migratoire européen. De plus en plus d’organisations cherchent désormais à évaluer les flux migratoires à partir de critères quantifiables tels que l’emploi, la dépendance aux aides publiques, la criminalité ou la capacité d’intégration. Une approche qui gagne du terrain dans plusieurs pays occidentaux, à mesure que les conséquences concrètes des politiques migratoires deviennent un sujet central du débat public.