L’armée turque intensifie ses opérations illégales en l’Irak

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Michel Garroté -- L'Iran aurait "approuvé le principe" d'une opération de l'armée turque contre des combattants et combattantes Kurdes (cf. 1ère photo) dans le nord de l'Irak, a allégué, mardi 12 juin 2018, le ministre turc de la Défense Nurettin Canikli, ce que Téhéran s'est gardé de confirmer. Ankara intensifie depuis plusieurs jours ses opérations dans la région des monts Kandil, Makhmour et Kandil, bases arrières des combattants Kurdes du PKK. Le dictateur islamiste turc Recep Tayyip Erdogan a promis, lundi 11 juin 2018, "d'assécher ce marais terroriste" (Erdogan soutient les terroristes de l'EI, du Hamas et du Hezbollah ; et, de ce fait, il est mal placé pour assécher des "marais terroristes", qui plus est en dehors de son propre pays, et, en toute illégalité...).
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L'armée turque a annoncé, mardi 12 juin 2018, avoir "détruit", dans la nuit du 11 au 12, lors de raids aériens, douze cibles "liées" au PKK et "neutralisé" 34 militants kurdes entre le 1er et le 8 juin. Le gouvernement d'Ankara a également déclaré que les militaires turcs s'étaient déployés à 30 km à l'intérieur du nord de l'Irak, non loin des monts irakiens de Kandil, Makhmour et Kandil. "Nous avons proposé à l'Iran de mener cette opération ensemble. L'Iran, "au moins dans ses remarques", aurait exprimé un soutien très important", a allégué Nurettin Canikli.
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Il a également prétendu que la Turquie était "en plein accord avec l'Irak", ce que Bagdad a démenti. "Le gouvernement irakien n'acceptera aucune progression' sur son territoire, des forces turques, à la poursuite d'éléments du PKK actuellement présents dans les monts Sindjar, Makhmour et Kandil", a déclaré Saad al Hadithi, porte-parole du Premier ministre irakien Haïdar al Abadi. Une offensive turque contre le PKK, dans les monts Kandil, Makhmour et Kandil, constitue la troisième opération militaire illégale turque depuis 2016, les deux premières ayant visé les Kurdes Syriens dans le nord de la Syrie (cf. source en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Source :
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https://fr.news.yahoo.com/larm%C3%A9e-turque-intensifie-ses-op%C3%A9rations-dans-le-nord-115722208.html
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Poutine et Assad veulent pousser l’Iran hors de Syrie

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Michel Garroté  --  Il y a des pays dont des soldats et des officiers sont présents - de fait illégalement - sur le territoire syrien du point de vue du droit international (ndmg - l'Iran). Par contre, il y a des pays qui sont dans un état de coopération technique et militaire avec la Fédération de Russie et se trouvent légalement en Syrie sur invitation des autorités du pays.
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De fait, Moscou, Damas et Jérusalem aimeraient voir les Iraniens quitter la Syrie. On peut raisonnablement supposer que la question de la présence iranienne en Syrie – c’est-à-dire sinon le départ de ses forces, du moins la baisse significative de leurs prétentions – fait d’ores et déjà partie de la grande négociation planétaire avec Téhéran. A ce propos, Gil Mihaely, sur causeur.fr, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Mercredi dernier, Vladimir Poutine a rencontré Bachar Al-Assad à Sotchi.
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À la suite de leurs échanges, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a informé les journalistes : « Des pourparlers assez approfondis ont eu lieu », le président russe a félicité le président syrien pour les succès de l’armée gouvernementale syrienne dans la lutte contre les groupes terroristes, qui ont permis de créer des conditions supplémentaires en faveur d’une activation du processus politique à grande échelle ». Le président Poutine a estimé qu’ « avec le début du processus politique dans sa phase la plus active, les forces armées étrangères (ndmg : notamment l'Iran) vont se retirer du territoire syrien ».
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Poutine n’a pas précisé à quelles « forces étrangères » il faisait référence. S’agit-il des Turcs qui occupent la ville d’Afrine ? Des forces américaines présentes aux côtés des Kurdes ? Ou bien sont-ce les forces iraniennes (pasdarans, milices chiites et Hezbollah) ? L’ambiguïté du communiqué de presse russe ne peut être comprise autrement que comme un signal envoyé à Téhéran.
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Et, pour rendre le message encore plus clair, Vladimir Kujine, un conseiller du président Poutine chargé des coopération militaires et techniques, a déclaré il y a huit jours, soit 24 heures après la visite de Benyamin Netanyahou à Moscou, que la vente à la Syrie des systèmes de défense aérienne S-300 n’était plus à l’ordre du jour. Motif invoqué ? « L’armée syrienne dispose de tout ce dont elle a besoin pour faire face à ses ennemis ».
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Si on traduit ces subtilités diplomatiques en français, cela signifie que les Russes ont accepté la position israélienne. Ainsi, ils ne pensent pas que Tsahal vise les Syriens (lesquels n’ont donc pas besoin d’améliorer leurs défenses aériennes). Israël a donc obtenu le droit de faire respecter par la force des lignes rouges bien comprises par Moscou.
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Autrement dit, puisque la guerre civile est terminée, les Iraniens sont de trop en Syrie. Y compris aux yeux des Russes. Il faut dire que la survie d’Assad pose de nouvelles questions stratégiques. Pour le président syrien, l’objectif est évident : retrouver la situation d’avant mars 2011, ajoute Gil Mihaely sur causeur.fr (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Source :
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https://www.causeur.fr/poutine-assad-syrie-iran-israel-151384
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Les USA et Israël offensifs au Moyen Orient

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Michel Garroté  --  Des missiles israéliens ont donc bel et bien frappé - en Syrie - un dépôt d’armes appartenant aux milices iraniennes et au Hezbollah libanais. Les missiles ont atteint une base militaire au sud de Damas et ils ont liquidé neuf combattants appartenant aux Gardiens de la Révolution iranienne et aux milices chiites pro-iraniennes dans le secteur de Kesswa.
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La Syrie a reconnu que les dépôts d’armes ciblés appartenaient à la Garde révolutionnaire iranienne. De plus, en raison d'activités inhabituelles des forces iraniennes en Syrie, notamment sur le plateau du Golan, des systèmes de défense ont été déployés dans le nord d'Israël et des réservistes des unités du renseignement israélien  ont été mobilisés.
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Après la décision du président américain de sortir de l’accord sur le nucléaire iranien, les députés iraniens ont manifesté leur mécontentement au Parlement. En effet, mercredi 9 mai, les parlementaires iraniens ont brûlé un drapeau en papier des Etats-Unis, en plein hémicycle, tout en criant "Mort aux Etats-Unis !". Quelles sont  les lacunes ce traité ?
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Ivan Rioufol note que, de fait, "l'accord a permis à l’Iran des mollahs de multiplier les essais balistiques et de déstabiliser encore davantage le Yémen, la Syrie et le Liban. Il est donc loisible de constater, à ce premier stade, la légitimité des mises en garde de ceux qui s’inquiétaient de l’angélisme d’Obama et de la duplicité d’une dictature islamiste revendiquant vouloir la mort des Etats-Unis et d’Israël".
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Notons, aussi, un point de plus pour l'Iran et son allié syrien, au Liban. Vues à travers le prisme de l'affrontement irano-saoudien pour la suprématie au Proche-Orient, les élections législatives qui viennent de se dérouler au Liban ont permis à Téhéran de remporter une nouvelle manche.
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Son principal partenaire local, le Hezbollah chiite, a renforcé son emprise sur la scène politique libanaise tandis que le parti du Premier ministre Saad Hariri, qui est proche de Riyad, a perdu le tiers de ses sièges au Parlement.
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Iran : Une jeune femme malmenée par la police des mœurs car des mèches de cheveux dépassent. (Vidéo)

Les images d'une jeune femme prise à partie par la police des mœurs à Téhéran ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant de vives réactions. Les autorités ont condamné le comportement de la police et ont ouvert une enquête sur l'incident.

Une vidéo diffusée le 19 avril sur les réseaux sociaux a mis en émoi l'opinion publique iranienne. Dans la séquence qui dure un peu plus de deux minutes, une jeune femme qui se promène dans un parc de Téhéran se fait empoigner et malmener par un agent de la police des mœurs.

Sur les images, la jeune femme porte un voile, obligatoire dans les lieux publics, avec des mèches qui dépassent. «Mettez-vous sur le côté, animal !», crie un policière selon une traduction du site Les observateurs de France 24. Alors qu'une policière la saisit par les épaules et la secoue à plusieurs reprises, la jeune femme se débat et leur lance : « Lâchez-moi ! Ça fait trente ans que vous ne nous laissez pas vivre.» A la fin de la vidéo, la jeune femme est à terre sans son voile, visiblement choquée.

 

 

«La preuve de la férocité des patrouilles»

Relayée par la journaliste Masih Alinejad – fervente critique des autorités iraniennes aujourd'hui exilée aux Etats-Unis, et qui travaille pour le service perse de Voice of America – la séquence a cumulé plus de 2,7 millions de vues en quelques heures.

De internautes ont fait par de leur colère sur les réseaux sociaux vis-à-vis de la violence de la police mœurs, à l'image de l'actrice Taraneh Alidoosti. «Attraper le hijab des femmes, ou leurs cheveux, n’est pas une manière de les guider. C’est encore une fois la preuve de la férocité des patrouilles de la tyrannie et de la barbarie», a-t-elle écrit dans un message très partagé, avant d'ajouter à l'attention des autorités : «Ne prétendez pas que vous punirez la police cette fois-ci.»

L'incident a en outre fait réagir des responsables gouvernementaux comme la vice-présidente chargée des femmes et de la famille Massoumeh Ebtekar, qui a dénoncé dans un tweet le comportement de la police des mœurs. «Quelle justification peut avoir un tel comportement ?», s'est-elle interrogée.

Face au tollé provoqué, le porte-parole de la police, Saïd Montazer al-Mehdi, a dit regretter les violences de ses collègues en affirmant que la police n'approuvait «en aucune manière de tels comportements». Le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli, a ordonné l'ouverture d'une enquête après la diffusion de cette vidéo selon l'agence officielle Irna.

La loi en vigueur en Iran depuis la révolution islamique de 1979 impose aux femmes, Iraniennes ou étrangères, et quelle que soit leur religion ou croyance, de sortir tête voilée et le corps couvert d'un vêtement ample plus ou moins long. Lors de ses patrouilles, la police de la vertu peut ainsi se montrer plus ou moins zélée, comme en témoigne cette vidéo.

Source

Iran: 2 ans de prison pour avoir ôté son voile en public. “Cette femme “a encouragé la corruption morale” en public”

Une Iranienne ayant ôté son foulard en public pour protester contre l'obligation du port du voile a été condamnée à 24 mois de prison, dont trois fermes, a rapporté aujourd'hui l'agence Mizan online, qui dépend du pouvoir judiciaire. Le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, qui a annoncé la condamnation, n'a pas donné l'identité de cette femme mais a indiqué qu'il allait faire appel du jugement, selon Mizan.

Cette femme "a encouragé la corruption morale" en public, a-t-il affirmé, critiquant le caractère essentiellement suspensif de la peine imposée. Le parquet va demander une peine d'emprisonnement ferme de deux ans, a-t-il laissé entendre. Plus d'une trentaine d'Iraniennes ont été arrêtées depuis la fin décembre pour avoir enlevé leur voile en public dans un geste de défi à la loi. Elles ont été libérées pour la plupart mais sont poursuivies par la justice.

La loi en vigueur en Iran depuis la révolution islamique de 1979 impose aux femmes, Iraniennes ou étrangères, et quelle que soit leur religion ou croyance, de sortir tête voilée et le corps couvert d'un vêtement ample plus ou moins long. Toutefois, le zèle de la police des moeurs sur ce sujet a nettement diminué depuis une vingtaine d'années et un nombre croissant d'Iraniennes, à Téhéran et dans d'autres grandes villes du pays, laissent apparaître nettement leur chevelure.

Dans certains quartiers de la capitale, on voit régulièrement des femmes conduire leur voiture avec leur voile tombé sur les épaules. M. Dolatabadi a assuré qu'il n'avait plus l'intention d'accepter un tel comportement et qu'il avait donné l'ordre d'"immobiliser" les véhicules des conductrices récalcitrantes au port du voile. Pour lui, une certaine "tolérance" est possible vis-à-vis des femmes qui portent le voile de manière relâchée, "mais il faut agir avec force contre les personnes qui remettent en cause délibérément les règles en matière du voile islamique", rapporte Mizan online.

Source

Nos remerciements à Alain Jean-Mairet

 

L’Iran innove avec un nouvel “axe de résistance” anti-israélien

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Michel Garroté  --  Le moins que l'on puisse dire, c'est que les médias francophones sont israélophobes (et souvent judéophobes par la même occasion). Quant à "l'antisionisme" des islamo-gauchistes, il est devenu la version "acceptable" de l'antisémitisme. Quand la presse parle d'Israël, c'est contre Israël. Et lorsque la presse parle des palestiniens, c'est en faveur des palestiniens. Ci-dessous, je publie une étude sur la guerre que l'Iran et ses alliés mènent contre Israël. On peut toujours me rétorquer que c'est une étude réalisée par un Juif Israélien, et, que, de ce fait, elle ne serait pas "neutre". Ce type de réaction me fait toujours sourire. Car elle insinue qu'un Juif Israélien, forcément, serait tendancieux, et, de ce fait, peu crédible, du seul fait qu'il est Juif Israélien.
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Dr. Doron Itzchakov, chercheur associé au Begin Sadat Center for Strategic Studies et à l' Alliance Center for Iranian Studies de l'université de Tel Aviv, écrit notamment : L'infiltration récente de l'espace aérien israélien par un drone iranien et les événements qui ont suivi se sont déroulés dans le contexte d'une transition de l'approche stratégique iranienne: elle est passée de l'intervention par des groupes supplétifs opérant secrètement à l’intervention directe d’un « axe de résistance » anti-israélien.  L'envoi d’un drone iranien dans le ciel israélien et l'escalade qui a suivi, ouvrent une nouvelle phase dans le conflit israélo-iranien, qui a jusqu'à présent été mené par des groupes supplétifs agissant dans le secret. Ce dernier incident introduit une nouvelle dimension dans le combat anti-israélien du régime islamique: la transition de l'implication indirecte à l'implication directe. Ce changement reflète entre autres, le renforcement de la confiance en soi du régime théocratique, un sentiment de réussite dans l'édification de «l'axe de la résistance» au cours des dernières années.
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Un examen de l'évolution de la politique anti-israélienne de la République islamique au cours des quatre dernières décennies illustre aisément l'ampleur du changement. Sur le plan idéologique, cette politique est conforme à la volonté du régime de faire preuve d'une loyauté sans compromis à la vision du monde du père fondateur de la République, l'ayatollah Khomeiny, avec ses aspects antisémites et antisionistes. Sur le plan stratégique, l'hostilité envers Israël donne au régime un puissant levier dans sa lutte pour l'hégémonie régionale et le leadership sur le monde musulman.
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Dans une large mesure, la création du Hezbollah en 1982 peut être considérée comme un signe précurseur de «l'axe de résistance» dirigé par l'Iran, terme inventé par Khomeiny après son plaidoyer en faveur du modèle wilayat al-faqih (gouvernance des docteurs de la foi) radicalement opposé aux normes du monde arabo-sunnite. La création du Hezbollah était une retombée du succès remporté par l'Iran, peu de temps auparavant, en fondant l’organisation Badr, composée de dissidents irakiens, qui combattirent à ses côtés pendant la guerre Iran-Irak (1980-88). La fidélité du Hezbollah à Téhéran était évidente, comme l’attestent une série de déclarations établissant clairement que fonctionner à partir d'ordres islamiques basés sur la wilayat al-faqih de Khomeiny était un des principaux aspects de sa vision du monde.
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Le Hezbollah a focalisé l'attention du public vers la fin 1983 avec une série d'attentats-suicides contre des cibles occidentales et israéliennes au Liban. Mais ses activités anti-israéliennes s'étendaient bien au-delà du pays des Cèdres. En mars 1992, pour se venger de l’élimination de Abbas Musawi un mois plus tôt, le Hezbollah provoqua une explosion dans l’enceinte de l'ambassade d'Israël à Buenos Aires. En juillet 1994, ce groupe lança une attaque terroriste contre le centre communautaire juif (AMIA) de la capitale argentine, qui fit 96 morts et plus de 50 blessés.
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Pour l'Iran, l'invasion de l'Irak par la coalition menée par les États-Unis en mars 2003 ouvrait l’opportunité de promouvoir un axe de la résistance en engageant des milices chiites opérant sous son égide. Peu de temps après l'invasion, Téhéran aida à la fondation de Jaish al-Mahdi (de Muqtada al-Sadr) et les milices Katay'b Hezbollah. Ces deux groupes lancèrent des opérations contre les forces de la coalition en Irak, dirigées par la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGR). Un peu plus tard, en 2007, le CGR a créé la milice Asaib Ahl al Haq dirigée par Kais al Khazali. Sept ans plus tard, en juin 2014, après la conquête de la ville de Mossoul par l'État islamique, l'Iran déploya le groupe al-Hashd al-Chaabab, une organisation commune de 40 milices qui opéraient aux côtés de l'armée irakienne pour libérer les territoires occupés [par l’État islamique]. Le procédé consistant à utiliser des groupes opérant par procuration convenait à Téhéran car il lui permettait d'intervenir sur une vaste échelle en Irak sans laisser sa signature dans les combats. Au fil du temps, la présence militaire iranienne dans divers endroits du Moyen-Orient illustrait cette tactique d’intervention par procuration.
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La guerre civile de Syrie, qui a débuté en mars 2011, a conduit à un changement de la stratégie du régime théocratique et à l'avènement d'un nouveau modèle. Soucieux de préserver le régime de Bashar Assad, Téhéran a intensifié considérablement son engagement militaire, mais il a également engagé des forces militaires régulières, ce qui contraste grandement avec son mode opératoire en Irak. En effet, au début de la guerre, l'Iran a utilisé sa méthode habituelle d'implantation de milices principalement chiites opérant sous son égide, mais son implication directe est allée rapidement bien au-delà du modèle irakien.
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Dans la pléthore de milices mises en place par l'Iran, il y avait la milice Zainbayun, composée de combattants pakistanais; la milice Fatmiyun, dont la plupart des combattants sont d'origine afghane et vivent en Iran (la plupart du temps sans statut défini), Harakat Hezbollah al-Nujaba sous le commandement d'Akram al-Qa'abi qui a établi il n'y a pas longtemps un autre bataillon, l'Armée de libération du Golan, dont le but est d'arracher cette région à Israël; la milice Abu al-Fadl al-Abbas, qui a opéré en Irak et en Syrie, et enfin Asa'ib Ahl al-Haq susmentionnée, également active dans les deux pays.
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La situation d'Assad semblait initialement désastreuse, mais avec le temps, l'Iran et la Russie ont réussi à consolider progressivement son régime. Ce succès, rendu possible par la présence massive des forces iraniennes, a offert à la République islamique l'occasion d'atteindre son objectif d'édification d’un «croissant chiite» réunissant Téhéran, le Liban, la Syrie, l'Irak et le Yémen. Le régime théocratique a commencé à planifier un corridor terrestre, pour aboutir à une continuité territoriale de l'Iran à la Méditerranée, en passant par l'Irak, la Syrie et le Liban. Pour y parvenir, considérant son contrôle sur le Liban comme acquis, Téhéran a obtenu l’aide de ses milices clientes pour prendre le contrôle des passages frontaliers entre l'Irak et la Syrie.
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Un élément clé de la nouvelle approche consistait à établir des bases iraniennes en Syrie. Certaines d'entre elles ont été implantées dans des bases et des aéroports syriens, d’autres ont été mises en place avec le Hezbollah, et d’autres encore ne sont occupées en exclusivité par l'Iran. Selon les informations disponibles, Téhéran dispose d’une présence permanente dans des bases proches de Deir az-Zor, d'Alep, d'As-Safira, d'Al-Qusair, etc. La construction de ces bases et la continuité territoriale à laquelle elles ont abouti, montrent que l’Iran a l'intention de rester sur le sol syrien à longue échéance.
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De nombreuses déclarations des commandants des milices et de hauts responsables de la défense iranienne indiquent clairement que la présence de Téhéran en Syrie a deux objectifs: stabiliser le régime d'Assad et promouvoir l'axe de résistance anti-israélienne. Le modèle iranien implique la création d'une chaîne de forces inféodées en appui à cet axe de résistance le long de la frontière nord d'Israël, comme Khomeiny l’avait envisagé. Le commandant du CGRI, Ali Jafari, a parlé de l'établissement d'une force de «Basij» internationale qui prendrait ses ordres à Téhéran. Sa déclaration visait à rendre bien clair que toutes les milices sous le contrôle de l'Iran dans toute la région, que ce soit en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban, deviendront une force transnationale unique opérant sous un même parapluie.
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L'hostilité de la République islamique à l'égard d'Israël est un fait avéré, mais le régime théocratique semble adopter une tactique différente et passer à une nouvelle étape de la lutte. La succession de déclarations belliqueuses s’en prenant à l'existence même d'Israël est maintenant soutenue par des mesures opérationnelles suggérant que l’objectif est désormais la confrontation sur le terrain. Au début, le régime révolutionnaire s’en est pris à Israël principalement sur le plan idéologique, par exemple en proclamant la Journée internationale de Jérusalem. Par la suite, l'Iran a adopté une stratégie de substitution, pour éviter de laisser la preuve directe de ses actions. Actuellement, Téhéran met en œuvre un modèle de participation directe. De l'effondrement du régime Ba'ath irakien à nos jours, le CGRI a acquis une expérience considérable en matière de guerre conventionnelle et de guerre asymétrique. Cette expérience a donné confiance aux décideurs iraniens et les déclarations du régime sont maintenant plus explicites que par le passé : il faudrait les prendre au sérieux, conclut le Dr. Doron Itzchakov.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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https://besacenter.org/perspectives-papers/iran-anti-israel-resistance/
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http://fim13.blogspot.ch/2018/02/liran-innove-avec-un-nouvel-axe-de.html#more
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Auteur : Dr. Doron Itzchakov, chercheur associé au Begin Sadat Center for Strategic Studies et à l' Alliance Center for Iranian Studies de l'université de Tel Aviv.
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Date de première publication : 20 février 2018, in BESA Center Perspective Papers n° 747
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Traduction : Jean-Pierre Bensimon
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L’Iran finance le terrorisme à coups de milliards de dollars

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Michel Garroté  --  L'Iran dépense plusieurs centaines de millions de dollars par an pour aider ses alliés dans les guerres au Proche et au Moyen Orient. Il est judicieux de rappeler cela, alors que l'Iran est en proie à un vaste mouvement de protestation contre la vie chère et la corruption du pouvoir et alors que certains manifestants stigmatisent l'intervention coûteuse de l'Iran dans les conflits régionaux, en Syrie, en Irak, au Liban, au Yémen, à Gaza, en Judée-Samarie et ailleurs.
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En effet, l'Iran, dirigé par le Guide suprême et les Pasdaran, met en place un croissant chiite influent qui englobe l'Irak, la Syrie, le Liban, le Yémen, Bahreïn, la bande de Gaza et la Judée-Samarie. Jeter un œil sur la taille de l'investissement iranien pour parvenir à une telle hégémonie dans la région, revient à estimer que Téhéran donne au Hezbollah entre 700 millions et un milliard de dollars par an.
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Depuis quelques mois, l'investissement dans le dossier "palestinien" est également à la hausse, dans un désir d'influence, avec une augmentation du financement de la bande de Gaza (Hamas et Jihad islamique), augmentation portée à 100 millions de dollars annuels. Ces données sont fournies par les services de renseignement occidentaux, russes et israéliens.
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L'Iran a dépensé des milliards de dollars depuis 2012, notamment pour la Syrie. Les mollahs iraniens ont environ 2'000 Pasdaran en Syrie, déployés aux côtés de 10'000 miliciens chiites et 8'000 combattants du Hezbollah.
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Le Hamas et le Jihad islamique ont reconnu le mois dernier être soutenus par l'Iran, ce qui laisse penser que l'Iran est en train de réorienter ses priorités régionales, alors que la guerre civile se termine en Syrie, au profit de son allié alaouite (chiite), Bachar al-Assad.
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Le Jihad islamique a fait savoir que le général iranien Ghassem Soleimani, homme clé de la guerre en Syrie, s'est entretenu avec ses dirigeants pour confirmer le soutien iranien à la "résistance palestinienne" (en clair au terrorisme "palestinien").
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A noter pour conclure que l'hégémonie de l'Iran chiite est en compétition avec l'hégémonie de l'Arabie saoudite sunnite. Selon les services de renseignement occidentaux, russes et israéliens, l'Etat hébreu devrait anéantir, une bonne fois pour toutes, le Hamas, le Hezbollah et le nucléaire offensif iranien, profitant du fait que l'actuel président américain n'est pas hostile à ce type d'opérations.
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Certes, cela renforcerait le rôle de l'Arabie saoudite dans la région, mais là aussi, les Etats-Unis et Israël sont d'accord pour prendre en temps voulu les mesures coercitives nécessaires.
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch, 4.1.2018
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Etats-Unis et Israël : accord secret sur l’Iran

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Michel Garroté  --  Israël et les États-Unis ont élaboré, lors d'une rencontre secrète à la Maison-Blanche, un programme stratégique conjoint visant à contenir l'Iran. Le 12 décembre 2017, une délégation de fonctionnaires israéliens de la Défense, conduite par le conseiller israélien à la sécurité nationale Meir Ben-Shabbat, est arrivée aux États-Unis. Au cours de la visite, ils ont rencontré leurs collègues américains supervisés par le conseiller à la sécurité nationale du Président des États-Unis, Herbert McMaster.
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Au bout de deux jours de pourparlers, les États-Unis et Israël ont signé un Mémorandum de compréhension mutuelle (memorandum of understanding) sur le problème iranien. Le Mémorandum prévoit la création de quatre groupes de travail pour régler plusieurs questions clés relatives au programme offensif nucléaire et balistique iranien, et, à la livraison d'armes dans la région.
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Les quatre groupes de travail :
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Le premier groupe s'occupera d'une tâche secrète et diplomatique visant à contrer le volet militaire du programme nucléaire iranien. Le deuxième groupe travaillera à limiter la présence militaire de l'Iran dans la région, notamment en Syrie et au Liban. Le troisième groupe de travail cherchera à contenir le programme balistique de l'Iran et à limiter les tentatives de livrer des missiles iraniens au Hezbollah.
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Enfin, le quatrième groupe travaillera sur l'escalade de la tension dans la région qui est influencée par l'Iran. Des fonctionnaires israéliens de haut rang ont confirmé fin décembre 2017 que Washington et Jérusalem ont abouti à un accord stratégique sur le problème iranien.
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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déjà annoncé en novembre 2017 que son pays interviendra militairement dans la guerre civile syrienne si le président Bachar venait à autoriser l’Iran à implanter des bases militaires en Syrie.
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Le volet russe :
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Le directeur des services russes de renseignements extérieurs, Sergueï Naryshkin s'était rendu à Jérusalem le jeudi 29 novembre 2017, où il avait examiné les moyens de rallier Israël au plan de paix russe pour parvenir à une solution politique à la guerre civile syrienne. Sergueï Naryshkin avait déjà abordé le sujet avec le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, le chef du Mossad, Yossi Cohen et le conseiller israélien à la Sécurité nationale, Meir Ben Shabbat.
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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Pourquoi Donald Trump est-il bien vu en Israël ?

   
Michel Garroté  --  Ca pète de tous les côtés, comme dirait l'autre. Alors qu’un tir de missile, par des islamistes yéménites houthistes chiites, a visé l’aéroport international de Riyad, le samedi 4 novembre 2017, l’Arabie saoudite sunnite accuse l'Iran chiite de fournir à ces islamistes chiites des équipements militaires.
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D'autre part, le Premier ministre libanais Saad Hariri (qui détient également la nationalité saoudienne)  --  qui a annoncé, le même samedi 4 novembre 2017, sa démission depuis l'Arabie saoudite  --  a quitté Ryad pour Abou Dhabi, où il va s'entretenir avec le prince héritier des Emirats Arabes Unis, Mohamed bin Zayed al Nahyan (Puigdemont, Hariri, qu'est-ce qu'ils ont tous à se barrer comme ça à l'étranger ?).
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Le Premier ministre libanais, issu de la communauté sunnite, a invoqué des menaces sur sa vie et des agissements de l'Iran à travers son allié chiite libanais, le Hezbollah, déjà responsable de l'assassinat de son père, Rafik Hariri, en 2005 (Hariri a peur de se faire descendre par les allumés du Hezbollah et Puigdemont craint de finir sa vie dans une geôle madrilène où personne ne parle catalan, bon, c'est vrai que ce n'est pas très rigolo, mais tout de même, où donc est passé le temps des héros ?).
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Dans ce contexte, et, à propos de la situation au Proche et au Moyen Orient, à propos de Donald Trump et à propos d'Israël, Ivan Rioufol écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Les Français, très majoritairement, n’aiment pas Donald Trump. Mais les Israéliens, en tout cas, ne partagent pas cet unanimisme. Or leur lucidité concernant la lutte contre le totalitarisme islamique, leur ennemi déclaré et mortel, invite à se demander si l’opinion française ne se laisse pas endormir par l’anti-trumpisme moutonnier des médias.
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Ivan Rioufol : Rencontré samedi 4 novembre 2017 au soir à Jérusalem, le philosophe Michaël Bar-Zvi, confirme cette constatation que le visiteur peut faire à l’écoute de la rue israélienne : "Trump considère que le réel danger c’est l’Iran et il a raison". En tout cas, son discours du 21 mai 2017 à Riyad [Arabie saoudite]  --  qui enjoignait aux Etats musulmans de vaincre "l’extrémisme islamiste" alimenté par l’Iran  --  n’est pas pour rien dans le coup de force [ndmg - tout récent] du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman. Le soir même où j’interrogeais Bar-Zvi, poursuit Ivan Rioufol, au cours d’un dîner organisé [le samedi 4 novembre 2017] par une association juive de soutien au développement environnemental et économique d’Israël, le fils du roi Salman passait un grand coup de balai anti-corruption et anti-fondamentalisme dans les rangs les plus proches du pouvoir [voir plus haut ; il fera date dans l'histoire, ce samedi 4 novembre 2017...].
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[ndmg - en mai dernier, lors sa visite en Arabie saoudite, Trump a également secoué les wahhabites, les salafistes, comme il l'avait fait avec les Iraniens, invitant fermement les Saoud à donner chez eux un coup de balai anti-fondamentaliste ; en quelques semaines, on a vu la police religieuse du royaume de plus en plus marginalisée et près d’un millier d’imams et des notables religieux extrémistes ont été raflés].
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Ivan Rioufol : Walid Ben Talal, notamment propriétaire du George V à Paris, fait partie des personnalités arrêtées. L’intention du prince héritier est de rompre avec les Wahhabites et leur pression religieuse. "Nous n’allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d’idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant". Ce jeune dirigeant de 32 ans, appelé à succéder à son père malade [ndmg - malade, vieux et gaga], vient déjà d’autoriser les femmes à conduire. II semble vouloir aller vite dans les réformes.
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Ivan Rioufol : En fait, Trump partage avec les Israéliens un réalisme qui effraie la vieille Europe. Le rejet que suscite le président américain dans les médias n’est pas très éloigné de celui que rencontre l’Etat hébreu et son sionisme [ndmg - sachant que par-dessus le marché, presque plus personne, aujourd'hui, ne sait ce qu'est le sionisme]. La perspective de défendre une Patrie, quitte à passer par la guerre, est une issue inacceptable pour les esprits déjà soumis à l’idéologie de la table rase. Comme le rappelait Jean-François Revel, "l’idéologie n’étant pas tirée des faits, elle ne se sent jamais réfutée par eux".
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Ivan Rioufol : En France, la "parole libérée" n’est saluée que lorsqu’il s’agit d’accabler l’Occident. 'Le Monde' a consacré un dossier à "un antisémitisme du quotidien", sans que les mots islam, musulman, Coran, ne soient prononcés une seule fois. Les bourreaux d’Ilan Halimi, dont la stèle a été profanée, y sont encore décrits comme des "jeunes de Bagneux". Les Israéliens n’ont pas ces pudeurs, que Trump ne partage pas non plus. Le sentiment de sécurité que j’ai pu éprouver ces derniers jours dans le désert du Néguev comme dans la vieille ville de Jérusalem est à la mesure de la force mentale et de la détermination collective qui habitent la Nation israélienne.
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La France malade doit-elle tirer un trait sur son passé, sa culture, sa fierté, sa puissance, son dynamisme, pour plaire à ceux qui lui intiment de baisser les yeux, de courber l’échine, de s’excuser d’être encore là ? En Israël, des tomates poussent dans le désert et la voiture autonome de demain est testée dans un centre de recherche de Jérusalem. L’intention du prince saoudien, encouragé par Trump, est d’enfreindre l’interdit de faire des affaires avec les Juifs. En France les chiens aboient, en Israël la caravane passe, conclut Ivan Rioufol (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch, 7.11.2017
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http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2017/11/donald-trump-bien-vu-disrael.html
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L’Iran tient-il le monde entier en otage ?

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Michel Garroté  --  La crise qui oppose la Corée du Nord aux Etats-Unis ne doit pas cacher le danger iranien qui risque d’être de même ampleur d’ici quelques années. L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU Nikki Haley a dénoncé la mauvaise foi iranienne et fait état de violations répétées de l’accord de Vienne imposé au forceps par Barack Obama.
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L’ambassadrice a laissé entendre que le président Donald Trump pourrait officiellement déclarer au mois d’octobre que l’Iran ne respecte pas les accords signés avec les grandes puissances et qu’il aurait sur quoi se baser. Le président américain doit s’exprimer devant le Congrès au mois d’octobre à propos de cet accord qu’il a  combattu dès la première heure.
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Nikki Haley n’a pas mâché ses mots : « L’Iran tient le monde entier en otage. Cet accord est très limité et vicié et il était destiné à échouer ». Elle a toutefois indiqué que les Etats-Unis ne se retireront pas forcément de l’accord et que la décision finale reste la prérogative exclusive du président américain. Selon la loi américaine, le secrétaire d’Etat US doit prouver tous les trois mois au Congrès que l’Iran respecte les clauses de l’accord. Aux mois d’avril et juin, la réponse avait été positive mais rien n’est sûr pour le mois d’octobre.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Le Hamas au Liban avec le Hezbollah sous la férule de l’Iran

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Michel Garroté  --  Le chef du Shin Bet (service de sécurité intérieure d'Israël), Nadav Argaman, a déclaré lors d'une toute récente réunion du cabinet de sécurité du gouvernement israélien que le Hamas approfondit ses liens stratégiques avec l'axe chiite dirigé par l'Iran en installant une base arrière au Liban. Nadav Aragaman a ajouté que le calme trompeur dans la Bande de Gaza n'est qu'un leurre. Ce calme est du au fait que le Hamas est en détresse stratégique et a du mal à présenter des projets pour apporter des solutions efficaces aux difficultés ressenties par les Gazaouis dans leur vie courante.
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Le dernier affrontement avec Tsahal a couté cher au mouvement terroriste et entrer dans un nouveau conflit direct avec Israël signerait la fin de sa domination dans l'enclave de Gaza. Du coup, le Hamas a décidé de créer une base arrière au Liban afin de pouvoir dans le futur déplacer le conflit. Il est évident que cela s'est fait avec l'accord du Hezbollah mais surtout avec l'accord de l'Iran, qui dirige en coulisse les opérations. L'avantage est que le Hezbollah, qui a perdu la moitié de ses soldats en Syrie, pourra bénéficier de nouvelles forces en cas de guerre contre Israël.
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Cela ne leur sert a rien à rien d'avoir des centaines de milliers de missiles s'il n'y a personne pour les lancer. De plus, le fait que le Hamas tente de déplacer le conflit au nord préservera la Bande de Gaza des frappes Israéliennes en cas de guerre. Tout cela se fait sous les yeux des soldats de la FINUL, qui sont censé désarmer le Sud du Liban. Le grand perdant dans cette histoire, ce sera le Liban, qui devra payer le prix d'éventuelles attaques contre Israël (voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://koide9enisrael.blogspot.ch/2017/09/le-hamas-installe-une-base-arriere-au.html
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Suède : une Iranienne convertie au christianisme risque l’expulsion et la mort dans son pays d’origine

Aideen Strandsson a déclaré à CBN News qu'elle s'était secrètement convertie au christianisme alors qu'elle vivait encore en Iran.

"Je lis la Bible et je comprends ce que Jésus dit au sujet de la paix, de l'amour, de la bonté et lorsque j'étais en Iran, je suis devenue une Chrétienne dans mon coeur" a-t-elle déclaré dans une interview avec Dale Hurd de CBN.

Il y a 3 ans, elle est allée en Suède et a déclaré publiquement sa nouvelle foi, mais sa demande d'asile a été refusée par des fonctionnaires et un tribunal.

"Ils ont estimé qu'ils ne croyaient pas que j'étais en danger et je pense que c'est la raison," dit-elle.

Le régime islamique en Iran persécute les chrétiens. Les églises domestiques sont perquisitionnées et fermées, et les dirigeants sont emprisonnés et souvent battus et torturés. Le régime suit la charia, qui appelle à la peine de mort pour les apostats - ceux qui quittent l'islam de suivre une autre foi.

« Tout le monde connaît la situation en Iran et dans l'islam. Dans la charia, la conversion des religions n'est pas acceptable et la punition à cet acte est la mort », a déclaré Strandsson.

Ses avocats continuent à se battre  pour son cas, mais avec deux refus, Strandsson déclare que sa situation est dangereuse.

"Je ne sais pas ce qui m'arrivera, je sais que le châtiment pour moi en Iran est la mort ... Je pense que Jésus va m'aider. Je suis confrontée à l'expulsion et je ne sais pas ce qui se passera. J'ai de l'espoir en Jésus, c'est juste le dernier espoir que j'ai dans ma vie. "

Source Traduction libre Schwarze Rose pour Les Observateurs.ch

Nos remerciements à Alain Jean-Mairet

 

 

 

Syrie – Le Tsar et le Sultan

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Michel Garroté  --  Le dictateur islamiste turc Erdogan va effectuer les 23 et 24 juillet 2017 une tournée dans le Golfe qui le conduira notamment au Qatar et en Arabie saoudite, en pleine crise diplomatique dans cette région. Erdogan se rendra également au Koweït, principal médiateur entre le Qatar et ses voisins du Golfe. La Turquie est un proche allié du Qatar et entretient aussi de bons rapports avec l’Arabie saoudite. L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte, qui ont coupé leurs relations diplomatiques avec le Qatar, accusent Doha de soutien actif aux islamistes extrémistes, d’être derrière des actions de déstabilisation dans la région et, au-delà, de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume saoudien sunnite.
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Ils ont présenté une série de demandes à Doha pour mettre fin à la crise parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazeera, la réduction de ses relations avec l’Iran ou la fermeture de la base turque au Qatar. L’ambassadeur d’Arabie saoudite en Algérie, Dr Sami Abdullah Al-Saleh, a tout récemment déclaré que le Hamas est une organisation terroriste. Selon lui, la seule solution est que le Qatar accepte toutes les revendications de l’Arabie saoudite et de ses alliés et cesse d’héberger et de financer les organisations terroristes. De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a dit espérer que la guerre au Yémen ne résulterait pas en confrontation directe entre l'Iran et l'Arabie saoudite. Mais, dans tout cela, quid de la Syrie ? Ci-dessous, les lectrices et lecteurs trouveront une intéressante interview de l'excellent géopoliticien Alexandre del Valle avec Lionel Baland du site Internet "Eurolibertés".
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Lionel Baland pour "Eurolibertés" (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Selon vous, l’objectif principal de la guerre en Irak est la création d’un Kurdistan indépendant ?
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Alexandre del Valle : Oui, en détruisant l’État irakien du parti Baas.
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Lionel Baland : La Turquie n’a pourtant pas intérêt à voir naître cet État indépendant. Pourquoi la Turquie a-t-elle combattu en Syrie le régime de Bachar el-Assad alors que cela peut conduire à l’indépendance du Kurdistan syrien ?
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Alexandre del Valle : La Turquie depuis Recep Tayyip Erdoğan n’est plus celle d’autrefois. Erdogan veut que la Turquie redevienne un peu l’Empire ottoman et il est une sorte de sultan qui défend les musulmans sunnites du monde entier. La Turquie désire jouer, à l’instar du Pakistan et de l’Arabie Saoudite, le rôle de leader des sunnites. Si vous êtes le leader des sunnites, vous êtes contre la pénétration iranienne en Irak et contre le pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie, car cela constitue l’axe chiite que vous combattez. Cela suit donc une certaine logique. Mais cela semble contradictoire par rapport à la situation passée car autrefois la Turquie, à l’époque kémaliste et militaire, ne résonnait pas en tant que pays sunnite.
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Alexandre del Valle : Avant, la Turquie était l’alliée de Bachar el-Assad, car, à l’époque, les militaires ne raisonnaient pas en tant que sunnites, mais comme des nationalistes. Et beaucoup étaient Alevis ou francs-maçons. Ils n’étaient pas du tout religieux. Depuis que les militaires ont été renversés et que les généraux sont devenus islamistes, la Turquie n’a plus du tout la même politique internationale qu’auparavant. Elle avait une diplomatie laïque et nationaliste qui s’entendait même avec Bachar el-Assad ou son père ou l’Iran chiite. Aujourd’hui, la Turquie est pan-islamiste et se veut le chef du monde sunnite et, par conséquent, elle soutient les sunnites, donc les rebelles en Syrie.
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Lionel Baland : Recep Tayyip Erdoğan est-il un nationaliste grand turc ou un islamiste ?
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Alexandre del Valle : Les deux. Ce qui caractérise l’idéologie, intitulée « vision nationale » (Millî Görüş), qui a formé Erdogan lorsqu’il était jeune, c’est un islamisme à la turque. C’est un vrai islamisme, mais au sein duquel la Turquie serait le concurrent des Arabes. Elle serait le vrai noyau de l’islam mondial alors que les Arabes, eux, prétendent être le cœur de l’islam. C’est un mélange de nationalisme turc très arrogant et très impérial, pan-turquiste et islamiste. Erdogan fait la synthèse national-islamiste, alors que les militaires kémalistes étaient contre l’islamisme. Ils étaient nationalistes laïques.
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Lionel Baland : Erdogan s’inspire-t-il malgré tout de Mustafa Kemal Atatürk ?
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Alexandre del Valle : Non. Si ce n’est à l’envers.
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Lionel Baland : Comment expliquez-vous l’évolution des relations entre la Russie et la Turquie ?
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Alexandre del Valle : Cela montre que le monde multipolaire ne relève pas du manichéisme ou du moralisme. La Turquie a agressé la Russie en abattant un avion russe. Une crise en a résulté, ainsi que des représailles économiques et diplomatiques. Tout à coup, Erdogan est ennuyé. Il y a une tentative de le renverser.
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Alexandre del Valle : Le président russe Vladimir Poutine, qui est un grand stratège et qui est patient, s’est dit : "Voilà une occasion de faire en sorte qu’Erdogan revienne dans mon giron, afin d’ennuyer les Occidentaux. Ceux-ci ont créé la Turquie pour endiguer la Russie, donc en tant que Russe, je n’ai pas intérêt à me brouiller longtemps avec les Turcs. J’ai intérêt à ce que les Turcs me mangent dans la main".
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Alexandre del Valle : Il a donc averti Erdogan et lui a sauvé la mise et ce dernier est venu le remercier. Il est devenu le copain de la Russie. Ils n’ont pas les mêmes intérêts, mais ils se sont dit qu’ils en ont ras le bol des Occidentaux qui les ont déçus et ont décidé de s’entendre, même s’ils ne sont pas d’accord sur la Syrie. Ils se sont partagé pragmatiquement le gâteau en Syrie : "Toi, tu peux aller là. Et moi, je peux aller là". Ils se sont entendus pragmatiquement en grande partie pour lutter contre l’hégémonie occidentale.
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Lionel Baland : Pourquoi Angela Merkel a-t-elle ouvert les frontières en 2015 aux migrants ?
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Alexandre del Valle : La Chancelière allemande Angela Merkel ne résonne pas comme les dirigeants français. L’Allemagne souffre d’une forte dénatalité. Les Allemands ne font plus d’enfants et ce pays a besoin de travailleurs car l’Allemagne est un producteur de biens manufacturés. L’Allemagne est un pays mercantiliste. Ce pays n’a pas les mêmes intérêts que la France. Elle s’est dit que les migrants clandestins constitueront une main-d’œuvre assez bien formée, car les migrants ne sont pas nécessairement des analphabètes et arrivent à se payer le voyage. Ces gens ne sont pas issus des milieux les plus pauvres. Elle s’est dit qu’elle disposera d’une main-d’œuvre à bon marché qu’elle régularisera. De plus, il y a le côté allemand hara-kiri afin de se faire pardonner – en acceptant des migrants – le passé du pays.
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Lionel Baland : Divers pays musulmans se disputent-ils le contrôle du financement des mosquées en Europe ?
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Alexandre del Valle : Oui, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Maroc, le Qatar, l’Algérie, le Pakistan, les Frères musulmans se disputent le contrôle et le financement des mosquées en Europe.
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Lionel Baland : Quelle est la position des Marocains ?
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Alexandre del Valle : Ils sont très souvent d’accord avec l’Arabie Saoudite. Ils ont un double jeu. Ils se disent modérés mais ils sont très alliés à l’Arabie Saoudite.
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Lionel Baland : Pour les musulmans est-il pire d’être chrétien ou athée ?
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Alexandre del Valle : Athée est le pire. Les chrétiens peuvent payer un impôt et se soumettre en étant inférieur. Les athées ne peuvent pas être épargnés s’ils ne se convertissent pas.
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Lionel Baland : Pourquoi les Yézidis sont persécutés ?
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Alexandre del Valle : Ils sont considérés comme païens et c’est ce qu’il y a de pire pour l’islam, au même titre que les athées.
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Lionel Baland : Pourquoi l’État islamique n’attaque-t-il pas Israël ?
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Alexandre del Valle : Je pense que la thèse diffusée dans le public qui veut qu’Israël et l’État islamique soient alliés relève des thèses complotistes. La raison est que le Hamas ne tolère pas de concurrence et a empêché l’État islamique d’entrer dans la zone palestinienne (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Source :
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http://eurolibertes.com/geopolitique/interview-dalexandre-del-valle/
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Internationalisation de la guerre en Syrie

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Michel Garroté  --  Les "experts" sur les questions du Moyen-Orient ont souvent tendance à livrer des analyses simplistes, du style "sunnites contre chiites" ou "c'est la faute aux Amériains" ou encore "Bachar al-Assad doit démissionner" sans oublier l'inévitable Russia-bashing "Poutine est une brute sanguinaire". Alors que ce qui se passe actuellement au Proche et au Moyen Orient est infiniment plus complexe. Par Exemple, la Turquie sunnite et l'Iran chiite ont une tactique commune dans le conflit entre l'Arabie Saoudite et le Qatar.
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Ce n'est pas une stratégie commune à long terme. C'est une tactique commune à court terme. Les Américains combattent l'Etat Islamique (EI). Ce qui ne les empêche nullement de combattre l'aviation et l'armée terrestre de Bachar al-Assad. L'Iran soutient le régime syrien, mais à long terme, celui-ci pourrait s'éloigner de l'Iran et se rapprocher encore davantage de la Russie (cf. photo en haut de cet article : troupes russes en Syrie). Bref, ce n'est pas la situation qui est compliquée mais le Proche et le Moyen Orient qui sont, comme ils l'ont toujours été, complexes.
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Qatar - Iran :
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"La pression, la menace et les sanctions ne sont pas une bonne solution pour régler les problèmes. L’Iran veut approfondir ses relations avec le Qatar et rejette le blocus imposé à l’émirat par l’Arabie saoudite et ses alliés, a affirmé, dimanche 25 juin 2017, le président-ayatollah Hassan Rohani lors d’un entretien téléphonique avec l’émir du Qatar. "La politique de Téhéran est de développer de plus en plus ses relations avec Doha", a déclaré le président-ayatollah Rohani lors de cet entretien avec le cheikh qatari Tamim ben Hamad Al-Thani, à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd El-Fitr. Il faut ici rappeler que le vrai chef de l'Etat iranien n'est autre que le Guide Suprême Khamenei. Si Rohani dit quelque chose, c'est qu'il a obtenu l'accord préalable de l'ayatollah Khamenei.
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Qatar - Turquie :
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Pour revenir au Qatar  --  principal allié arabe de la Turquie, avec laquelle il est lié depuis 2014 par un accord militaire de défense  --  ce "petit califat" peut compter sur le soutien inconditionnel du président-dictateur islamiste turc Erdogan et ce depuis le début de l'actuel conflit Arabie saoudite / Qatar. Erdogan estime que la liste de 13 demandes imposées au Qatar  --  parmi lesquelles la fermeture de la chaîne Al-Jazira, la remise à niveau des relations avec l'Iran et le retrait des troupes turques stationnées dans une base au Qatar  --  vont trop loin. Toutes ces précisions sont très importantes, car elles démontrent que si le Qatar est un tout petit émirat, il est tout de même soutenu - face aux Saoudiens - par ces deux géants que sont l'Iran et la Turquie.
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A propos de la Syrie (cf. photo en haut de cet article) en particulier et de la région en général, le géopoliticien Alexandre Del Valle, dans une  récente analyse, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le 18 juin dernier, un F-18 américain de la coalition internationale a abattu un avion de combat syrien (de fabrication russe). Il s’agit de la deuxième attaque américaine directe contre l’armée syrienne en dix jours, alors que les forces pro-gouvernementales syriennes venaient d’atteindre la frontière avec l'Irak en repoussant les terroristes de Da’esh. L’évènement a suscité une violente réaction diplomatique et stratégique de la part de la Russie, qui a suspendu immédiatement l'accord de Moscou de 2015 qui permettait jusqu’alors à Washington d’établir des mécanismes (« ligne rouge ») pour la prévention des accidents entre aéronefs des deux pays actifs sur le théâtre syrien.
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De facto, l’accord - pourtant hautement nécessaire sachant que des accidents et heurts pourraient déraper à chaque instant en Syrie -  a été annulé par l’attaque américaine contre les intérêts du partenaire russe qui n’a même pas été consulté. Escalade plus que prévisible : Moscou a immédiatement annoncé que les avions de toute armée (y compris américaine et de la coalition) s’en prenant aux intérêts de la Russie et de ses alliés à l'ouest de l'Euphrate en Syrie constitueraient désormais une cible légitime pour l’armée russe. Parallèlement, la semaine dernière, l'Iran, qui demeure le principal soutien politique et militaire (terrestre) du régime syrien, a lui aussi frappé directement en Syrie (à Deir ez Zor) des bases de l'Etat islamique, officiellement en représailles à l’attentat perpétré à Téhéran contre le mausolée de l’imam Khomeiny et le Parlement iranien.
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Pendant ce temps, les Etats-Unis intensifient leur présence en Syrie, via notamment le déploiement de lance-roquettes multiples HIMARS. Last but not least, en Arabie saoudite, en plein conflit diplomatique avec l’Iran et le Qatar, le roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud vient de désigner son fils Mohammed Ben Salman comme prince héritier, ce qui a bousculé cinq décennies de tradition politique saoudienne fondée sur un fonctionnement de désignation collégiale de l’héritier du trône. Or celui qui vient de bénéficier de cette révolution patrilinéaire directe n’est pas n’importe qui et est loin d’être le plus sage des héritiers prétendants : le très jeune et fougueux prince Salmane est un va-t-en guerre qui rêve de déclarer la guerre à l’Iran et d’envahir le Qatar.
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Il traîne d’ailleurs derrière lui une première guerre (indirectement tournée contre l’Iran) qui a fait pléthore de victimes civiles, celle du Yémen. Mohammed Ben Salman  accuse violemment le Qatar et l’Iran de soutenir le terrorisme, mais il n’a eu de cesse de soutenir sans réserve depuis le printemps arabe les djihadistes salafistes totalitaires en Syrie - pourtant liés aux terroristes d’Al-Qaïda. Il fait massacrer depuis des mois par son aviation des milliers de civils chiites yéménites, ce qui n’a fait en retour que renforcer l’aide iranienne aux rebelles chiites-houtistes. Essayons de tirer les leçons de ces évènements tous liés.
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La progression du camp syro-iranien et russe :
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Premièrement, il est clair que les alliés américano-sunnites ne voient pas d’un bon œil la progression des forces du camp opposé syro-iranien et russe face à Da’esh. En ce sens, la bataille de l’après Da’esh a bien commencé, et cela explique en partie l’intensification de l’internationalisation du conflit (frappes américaines contre l’armée syrienne ; frappe iranienne directe en Syrie ;  détérioration de la relation russo-américaine et fin de la désescalade entre les deux pays pour éviter un heurt direct, etc).
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Ils combattent l'EI mais ne sont pas amis du régime syrien :
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Deuxièmement, la frappe américaine contre un avion syrien s’inscrit dans le cadre des premières actions musclées de Trump en Syrie qui avaient essentiellement une dimension "communicationnelle". Pour la coalition anti-Da’esh pilotée par l’armée américaine, il s’agit là d’une façon de dire : « Nous combattons Da’esh mais nous ne sommes pas les amis du régime syrien», lui-même allié majeur régional de notre ennemi principal iranien ». Aussi ces frappes ne sont-elles pas du tout déterminantes contre l'armée syrienne. Pour le président américain - diabolisé en grande partie en raison de son prisme supposément « pro-russe » et de sa complaisance vis-à-vis du régime syrien - il s'agit surtout d'envoyer un message à ceux qui cherchent à le discréditer dans son propre camp républicain tendance interventionniste.
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Durant sa campagne électorale, Donald Trump avait juré mettre fin à l’interventionnisme et qu'il privilégierait la lutte contre le terrorisme, refusant même de considérer le régime syrien comme un ennemi. Cette vision est en train de voler officiellement en éclat, mais cela n’est pas vraiment surprenant, car, dans son programme, le président américain s’est montré extrêmement hostile envers l'Iran. Or, la Syrie est farouchement protégée par le gouvernement iranien, encore plus attaché à la personne de Bachar al-Assad (son obligé) que la Russie (qui accepte de le remplacer à terme). Dans ce contexte, le net rapprochement de Donald Trump qui a renouvelé le terrible « pacte du Quincy » avec l'Arabie Saoudite n’est pas non plus surprenant.
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Le message américano-saoudien consécutif aux bombardements américains en Syrie est destiné tant à l’Iran et à la Russie qu’au régime syrien qui n’est plus que l’ombre de lui-même et qui n’existe plus sans ses deux protecteurs: «Nous ne voulons plus que l'Iran étende son influence au Proche-Orient » et nous voulons endiguer la Russie en contribuant (avec les rebelles sunnites arabes et les Kurdes) à faire renverser le régime pro-russe en place. Les Etats-Unis semblent avoir désormais choisi la voie de la déstabilisation du camp iranien, tant en Iran, en aidant les rébellions ethniques iraniennes, qu’en Syrie ou au Yémen, où les Etats-Unis aident la coalition arabo-saoudienne qui bombarde les rebelles chiites-houtistes. La rupture réelle avec Obama, si enclin à composer avec les Mollahs, notamment dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, est là. Et l’Arabie est éprise de l’Oncle Donald car il va enfin créer les conditions d’un endiguement de Téhéran.
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Les bombardements américains sur Raqqa :
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Troisièmement, rappelons aussi que les frappes américaines ont eu lieu comme par hasard juste au moment où la coalition internationale a été pointée du doigt par les Nations Unies au sujet du nombre alarmant de victimes civiles lors de ses bombardements américains sur Raqqa, sans oublier le scandale de l’utilisation de munitions au phosphore blanc lors des bombardements sur Raqqa par la coalition qui a elle-même affirmé avoir recouru à cette substance notamment à Mossoul. Après avoir critiqué gravement pendant des mois la Russie – accusée de « crimes contre l’Humanité » - lorsque l’armée russe a pris Alep aux jihadistes – les Etats-Unis et les Occidentaux, pris en flagrant-délit de se comporter comme ceux qu’ils ont pointé du doigt (Syriens, Russes et Iraniens), étaient obligés de faire une diversion médiatique en visant le régime « génocidaire » honni de Damas. Mais la coalition ne peut plus faire croire qu'elle ne se rend pas compte que, dans ce genre de guerres, il y a forcément des dommages collatéraux.
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Stratégie pro-sunnite, anti-iranienne et anti-russe :
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Les masques sont tombés. La guerre psycho-médiatique reprend de plus belle dans le cadre d’une rivalité croissante entre le camp russo-irano-syrien et le camp américano-sunnite pour la transition en Syrie, jugée inévitable une fois Da’esh vaincu. Prisonniers de leur avidité économique et fidèles à leur stratégie pro-sunnite, anti-iranienne et anti-russe, les Etats-Unis semblent incapables de désigner l’ennemi principal. Incapable de hiérarchiser l’ennemi et de définir la menace principale, l'Amérique de Trump, qui promettait de clarifier les choses et de rompre avec la russophobie, a finalement choisi comme ennemi non pas le terrorisme djihadiste sunnite, mais aussi la Russie et surtout son allié russe.
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Ceci est une situation fort trouble, car en stratégie, on ne peut pas avoir deux (ou trois) ennemis en même temps, au risque de ne combattre efficacement aucun d’entre eux : par exemple, en Irak, face au jihadisme sunnite et surtout aux ex-baasistes de Saddam Hussein, les Etats-Unis soi-disant ennemis de l’Iran, ont permis en fait à Téhéran de contrôler la partie chiite de l’Irak. Puis dans leur volonté d’endiguer l’Iran révolutionnaire sur d’autres fronts, Washington est resté pieds et poings liés à la monarchie wahhabite saoudienne qui a pourtant créé l’ennemi salafiste-jihadiste que les Etats-Unis combattent également. Et pour continuer à endiguer « l’ennemi russe » post-soviétique, les Etats-Unis se sont privés d’une alliance russo-occidentale que Poutine avait pourtant proposé un an avant le 11 septembre en Afghanistan, notamment face à l’ennemi commun jihadiste-sunnite.
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Vente d'armes aux pays du Golfe :
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Plutôt que de se focaliser sur l'ennemi principal, le djihadisme islamiste sunnite, Washington et ses alliés considèrent qu'il y a au moins deux autres ennemis plus importants sur le long terme (avec la Chine), car de nature géostratégique : la Russie et l’Iran et leurs alliés (Syrie-Hezbollah). Le plus important aux yeux de Donald Trump reste certes surtout l’impératif catégorique de l’"America first". Et cela passe notamment par la vente d'armes, d'avions et autres marchandises aux pays du Golfe, clients incomparables. Toute la politique de Donald Trump, depuis quelques semaines, correspond en effet à cette tradition américaine d’« efficiency first for us » en matière de politique extérieure. En fin de compte, Trump est en train de se plier aux impératifs de cette stratégie géo-économique de long terme qui prime sur tout, car ces impératifs le dépassent. Le président américain ne pouvait pas à lui seul instaurer une collaboration étroite avec la Russie, intégrer le régime syrien dans la lutte contre l'islamisme radical ou encore rompre avec l'Arabie Saoudite, voire même le Pakistan. Le système qui est au-dessus de lui ne le permettra pas, précise Alexandre Del Valle (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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http://www.atlantico.fr/rdv/geopolitico-scanner/internationalisation-guerre-civile-en-syrie-escalade-generale-3089551.html
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Saoudiens et Qataris – Où en sommes-nous ?

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J'aimerais revenir très brièvement, comme à mon habitude, sur le fait (déjà annoncé par Les Observateurs) que le roi Salmane d'Arabie saoudite, 81 ans (cf. photo), a nommé, mercredi 21 juin 2017, son jeune fils Mohammed (cf. photo), prince héritier, confirmant son ascension dans un contexte de double crise, d'une part avec le Qatar, et d'autre part, avec la guerre au Yémen. Le roi Salmane a ainsi évincé son neveu, le prince héritier Mohammed ben Nayef, et, à sa place, il a nommé, héritier du trône, son jeune fils, Mohammed ben Salmane, 31 ans.
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Mohammed ben Salmane est aussi Ministre de la Défense, Vice-Premier ministre, Conseiller spécial du roi Salmane et il est également président du Conseil des Affaires économiques et de Développement, Conseil qui supervise Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière du monde. Bref, le prince héritier Mohammed ben Salmane devient, de fait, le Numéro Un de la dynastie Al-Saoud, en attendant de devenir un jour le roi d'Arabie saoudite.
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Les "grands médias" allèguent que le jeune Mohammed ben Salmane serait un "modéré". Un wahhabite "modéré" qui va continuer à financer - comme son papa - le terrorisme sunnite salafiste à l'échelle planétaire ? La bonne blague !
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Signalons dans ce contexte que les Etats arabes, dont la puissante Arabie saoudite, qui ont suspendu leurs relations diplomatiques avec le Qatar ont livré leurs conditions pour une sortie de crise. Ils ont listé une série de revendications. En tête de leurs préoccupations, la rupture de tous liens avec les Frères musulmans, le groupe Etat islamique (soutenus en douce par les Qataris mais aussi par les Saoudiens...), Al Qaïda, le Hezbollah libanais chiite pro-iranien, le Hamas et le Front Fateh al Cham, ancienne branche syrienne d'Al Qaïda devenue indépendante.
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Le Qatar devra accepter d’extrader toutes les personnes considérées comme terroristes. Au-delà de ces liens avec les mouvances terroristes, l’Arabie Saoudite et ses alliés reprochent à l'émirat gazier sa proximité avec les ayatollahs iraniens, ennemis chiites depuis toujours des Saoudiens sunnites.
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Le Qatar sunnite devra donc réduire au strict minimum ses relations avec ce pays chiite. A noter que pour le moment, c’est l'Iran qui vient en aide à l’Emirat qarati. Plus de 1'000 tonnes de fruits et de légumes sont exportés chaque jour pour faire face au blocus du Qatar. La fermeture de la base militaire turque sur le sol qatari fait également partie des revendications. Un premier bateau turc chargé de soldats et de véhicules blindés a appareillé, jeudi 22 juin 2017, à destination du Qatar.
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Des denrées alimentaires ont également été fournies. Autre point : la fermeture de la chaine de télévision Al Jazeera et notamment ses antennes internationales. Les Etats arabes estiment que ce média crée des troubles dans la région et qu'il a une position pro-Frères musulmans, ce qui, du reste, est parfaitement exact.
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Terrorisme : faut-il frapper l’Arabie saoudite?

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Michel Garroté  --  Choisir entre les Saoudiens sunnites et les Iraniens chiites, serait-ce choisir entre la peste et le choléra ? Serait-ce choisir entre une monarchie sunnite intégriste et une république chiite, elle aussi intégriste ? A cet égard, force est de constater que les "experts" en la matière et leurs inepties font sourire. De l'Arabie saoudite et de l'Iran, lequel des deux est le plus grand pourvoyeur de terrorisme en Europe, à Nice, Paris, Manchester et Berlin ? Certes, les actes terroristes perpétrés en Europe l'ont été par des terroristes sunnites, se réclamant de l'Etat Islamique (EI), lui aussi sunnite (depuis 2014, 600 personnes ont perdu la vie, dans les attentats de l’Etat Islamique en Europe).
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Mais l'Iran chiite finance des organisations terroristes chiites, telles que le Hezbollah terroriste chiite libanais, le Hamas terroriste gazaoui (pourtant sunnite), certaines factions arabes sunnites en Judée-Samarie (dite également "Cisjordanie") et des groupes chiites (terroristes, et, pas terroristes) en Irak, en Syrie, au Yémen et au Bahreïn. Au stade actuel, la situation en Syrie semblerait être prioritaire. Est-ce vrai ? Au stade actuel, c'est peut-être vrai. Mais le douloureux problème des actes terroristes perpétrés en Europe, n'est-il pas, lui aussi, prioritaire, notamment aux yeux des peuples européens, qui en ont assez, et, dont l'avis, n'intéresse pas leurs propres dirigeants ? Un autre problème pourrait être considéré comme prioritaire.
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C'est celui des dirigeants iraniens face à l'Arabie saoudite. Dans l'islam, 80% des musulmans sont sunnites et 20% sont chiites. Les saoudiens, les qataris sont sunnites. Ils sont suspectés de financer le terrorisme sunnite, y compris le terrorisme sunnite de l'Etat Islamique (EI), en Syrie, en Irak et en Europe. L'Iran chiite intervient en Syrie, dirigée par des alaouites (donc des chiites) et en Irak, dirigé par des sunnites, des chiites et des kurdes. Pour anéantir l'Etat Islamique en Syrie, on peut compter sur l'Iran et la Russie. Et pour mettre fin aux actes terroristes sunnites perpétrés en Europe, sur qui peut-on compter ? Sur nos dirigeants ? Certainement pas. Car nos dirigeants sont à l'abri du terrorisme.
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Pourquoi sont-ils à l'abri du terrorisme ? Parce qu'ils sont hyper protégés par les services de sécurité. Le terrorisme est ainsi "réservé au peuple". Le thème du présent article c'est, d'une part, le terrorisme (sunnite) ; et d'autre part, l'Arabie saoudite. Vu sous ces deux angles (et sans compter le problème de la Syrie dirigée par des alaouites, une composante du monde chiite), le problème majeur ne serait-ce pas, finalement, l'Arabie saoudite sunnite qui commande, au plan religieux - via sa monarchie et via La Mecque - 80% des musulmans de la planète, notamment ceux du Moyen-Orient ?
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Si la réponse à cette question était "oui", alors, au stade actuel, nos principaux ennemis, ce seraient, peut-être, les saoudiens. Mais dans ce cas, la coalition occidentale en Syrie et en Irak, et, les forces russes déployées en Syrie, ne devraient-elles pas, un jour, intervenir contre l'Arabie saoudite, sur son territoire, et, dans son espace aérien ?
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Le Hezbollah chiite libanais téléguidé par l'Iran :
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Le Hezbollah chiite libanais, téléguidé par l'Iran, a réorganisé ses forces en Syrie et au Liban. Le Hezbollah a retiré ses unités d’élite – y compris la division Al-Radwan – de Syrie et les a transférées au Sud-Liban, au sud du Litani, sur le front avec Israël. la division Al-Radwan, équipée de matériel logistique spécial, est stationnée dans la région des fermes de Chebaa et se trouve en état d’alerte maximale. En effet, les dirigeants du Hezbollah - sur ordre des dirigeants militaires iraniens - ont commencé à retirer leurs unités d’élite de diverses régions et villes en Syrie.
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L’organisation terroriste libanaise a déplacé ces unités vers des régions militairement sensibles au Liban, et, les a remplacées en Syrie, par des unités de commandos d’infanterie moins entraînées. Les dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne (CGRI), ont approuvé un retrait partiel du Hezbollah de Syrie, ainsi que des changements dans le déploiement de ses forces militaires, après une réunion, à Damas, entre les Iraniens et les haut-commandants de l’armée russe. En clair, le Hezbollah chiite libanais redéploie sa branche militaire afin de se focaliser sur une nouvelle et éventuelle confrontation qu'il envisagerait contre Israël.
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Les milices chiites irakiennes soutenues par l'Iran :
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Des miliciens chiites irakiens (les Forces de Mobilisation populaire) soutenus par l'Iran ont annoncé - dimanche 28 mai 2017 - avoir chassé les djihadistes sunnites de l'Etat Islamique (EI) de plusieurs villages situés à l'ouest de Mossoul et avoir progressé en direction de la frontière syrienne. Parmi les villages repris par les Forces de Mobilisation populaire figure celui de Kojo, où l'EI avait enlevé des centaines de femmes yézidies. Kojo et plusieurs autres villages de la région montagneuse du Sindjar vont ainsi être restitués à la communauté yézidie.
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Pendant que l'armée et la police irakiennes concentrent leurs efforts sur la reprise de Mossoul - où l'EI sunnite ne tient plus qu'une petite enclave autour de la vieille ville - les miliciens chiites irakiens visent à sécuriser la frontière irako-syrienne, en coordination avec les forces du président syrien Bachar al Assad. Cette région frontalière est pour le moment, contrôlée, pour partie, par l'EI, et, pour l'autre, par les miliciens kurdes syriens.
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Le Guide suprême de la Révolution islamique iranienne :
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Le Guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, véritable chef de l'Iran chiite (auquel est soumis le mollah et "président" Rohani), a déclaré, samedi 27 mai 2017, que les dirigeants sunnites saoudiens courraient à leur perte pour s'être alignés sur les Etats-Unis. L'ayatollah Ali Khamenei a en effet déclaré : "Les dirigeants saoudiens agissent chaleureusement avec les ennemis de l'islam tout en adoptant une conduite opposée envers les populations musulmanes chiites du Bahreïn et du Yémen". Ils encourent une chute certaine".
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L'Iran chiite et les Etats arabes sunnites du Golfe soutiennent des camps opposés dans les guerres en Syrie, au Yémen et au Bahreïn. Les mauvaises relations entre Iraniens et Saoudiens, se sont encore détériorées, après la visite de Donald Trump en Arabie saoudite. Le président américain a accusé - à juste titre - l'Iran de soutenir le terrorisme dans la région. L'Iran dément ces accusations et accuse l'Arabie saoudite d'être la source véritable de financement des djihadistes sunnites, y compris de l'EI. Cette accusation, portée par l'Iran contre l'Arabie saoudite, est, semble-t-il, parfaitement exacte.
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Certains diront que Trump ne s'en prendra pas aux Saoudiens, parce qu'il vient de signer avec eux un gros contrat d’armement ; et parce qu'il fait de l'Arabie saoudite un partenaire majeur de la lutte antiterroriste. D'autres diront que notre ennemi le plus dangereux, c'est l'Iran, en raison de son programme nucléaire offensif toujours en vigueur (je pense qu'on peut compter sur Israël pour régler ce problème dans le "temps favorable"). D'autres encore, diront que nous payons aujourd'hui le prix de 40 ans de "politique arabe" complice du monde arabo-musulman (de l'Organisation de la Coopération Islamique et de ses Etats-membres). Certes. Mais la question demeure : la coalition occidentale en Syrie et en Irak, et, les forces russes déployées en Syrie, ne devraient-elles pas, un jour, intervenir contre l'Arabie saoudite, sur son territoire, et, dans son espace aérien ?
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Michel Garroté pour Les Observateurs
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Hypocrisie: Lorsque les féministes du gouvernement suédois mettent le hijab durant leur visite en Iran

Dans une déclaration qui est devenue virale sur Twitter et Facebook, UNWatch, une ONG des droits de l'homme installée à Genève, a exprimé sa déception en constatant que le gouvernement suédois, qui se présente comme étant le premier gouvernement féministe au monde, a sacrifié ses principes et a trahi les droits des femmes iraniennes lorsque la Ministre du Commerce Ann Linde et d'autres membres féminins ont rencontré samedi le président Rouhani en portant des hijabs, des tchadors et de longs manteaux, par respect aux lois iraniennes oppressives et injustes qui rendent le hijab obligatoire - malgré le fait que Stockholm promette de promouvoir "une perspective d'égalité entre les sexes" au niveau international, et d'adopter une "politique étrangère féministe" dans laquelle "l'égalité entre les femmes et les hommes est un objectif fondamental."

 

En faisant cela, les dirigeantes suédoises ont ignoré l'appel lancé récemment par l'activiste des droits des femmes iraniennes Masih Alinejad qui a exhorté les politiciennes européennes "à défendre leur propre dignité" et à refuser de courber l'échine face à l'obligation du port du hijab lors des visites en Iran.

Alinrejad a créé une page Facebook dédiée aux femmes iraniennes afin de résister à la loi et les incitant à montrer leurs cheveux en tant qu'acte de résistance. Cette page compte aujourd'hui 1 million d'internautes

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"Les politiciennes européennes sont des hypocrites», déclare Alinejad. "Elles se tiennent avec les femmes musulmanes françaises et condamnent le bannissement du burkini - car elles pensent que la contrainte est mauvaise, mais quand cela se passe en Iran, elles se soucient seulement de l'argent."

 

La scène qui s'est déroulée samedi à Téhéran était aussi un contraste frappant avec la position féministe du Vice-Premier Ministre Isabella Lövin à l'encontre du président américain Donald Trump. Elle a écrit dans un tweet viral, puis dans le Gardien op-ed de la semaine dernière, que "le monde a besoin d'un leadership fort pour les droits des femmes".

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La députée suédoise Isabella Lovin se moque de Donald Trump.

 

La ministre du Commerce Ann Linde, qui a signé plusieurs accords avec des ministres iraniens, tout en portant un voile, "ne voit pas de conflit" entre la politique des droits de l'homme de son gouvernement et la signature des accords commerciaux avec une dictature oppressive qui torture les prisonniers, persécute les homosexuels (...).

Source Traduction Schwarze Rose pour Les Observateurs.ch

Bientôt la fin du Hezbollah ?

   
Michel Garroté - Selon la propagande hezbollahi, reprise telle quelle par nos médias, le Hezbollah serait, soi-disant, un "parti politique libanais pro-syrien". C'est inexact. Le Hezbollah est, d'abord et avant tout, un groupe terroriste chiite doublé d'une légion -- mercenaire et étrangère -- financée et téléguidée par les mollahs intégristes chiites iraniens. Le Hezbollah tient le Liban sous sa coupe depuis de très nombreuses années. Il est muni de missiles de moyenne portée qui représentent une menace létale pour la moitié Nord d'Israël et sa population. Il opère principalement au Pays du Cèdre et en Syrie, mais aussi dans d'autres pays.
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Il a perpétré des attentats en Argentine, sur le Continent africain et ailleurs. Il est très actif dans le trafic d'armes et de drogues. Mais les guerres en Syrie, en Irak et au Yémen ayant changé la donne, le Hezbollah se retrouve désormais -- pour la première fois -- dans une situation précaire. Ainsi, il n'est pas à exclure qu'Israël profite du fait que la donne ait changé, pour anéantir définitivement le Hezbollah et ses divers réseaux. Du reste, en ce début 2017, l'Etat hébreu considère le Hezbollah comme la première et principale menace pesant sur le pays.
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Vu d'Israël :
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Dans une analyse intitulée "Défis d’Israël : le Hezbollah au premier rang", Shraga Blum écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : L’Institut de Recherche de la Sécurité Nationale (INSS), dirigé par Amos Yadlin a publié son rapport pour 2017 et a notamment établi un classement des menaces auxquelles l’Etat d’Israël devra faire face. Cette fois-ci, le Hezbollah passe devant l’Iran comme menace principale et potentielle, contrairement à l’an passé où l’organisation terroriste chiite semblait affaiblie à cause de son implication en Syrie. Mais durant l’année 2016, Tsahal et les experts militaires ont constaté que malgré ses nombreuses pertes, le Hezbollah réussit à se maintenir et même à agrandir de manière significative son arsenal militaire au Liban. Selon l’INSS, les responsables de l’armement au Hezbollah ont depuis longtemps cessé d’évaluer le nombre de missiles en leur possession mais le classent en fonction de leur portée et de la qualité de leur précision, ce qui est très inquiétant.
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Shraga Blum : L’INSS rappelle que le Hezbollah possède aujourd’hui des missiles capables d’atteindre n’importe quel point en Israël et un armement capable de poser de sérieux problèmes tant à l’armée de l’air qu’à la marine ou même aux forces terrestres. On estime aussi que la guerre en Syrie à certes réduit le nombre de combattants du Hezbollah mais a simultanément entraîné et aguerri ceux qui reviendront des combats. Mais Tsahal a déjà prévenu à plusieurs reprises: en cas de nouvelle confrontation avec le Hezbollah, Israël ne prendra pas de gants et de nombreux libanais périront et des infrastructures nationales seront détruites, car l’Etat juif ne pourra se permettre un conflit dans la durée avec une organisation disposant d’un tel arsenal. Dans une interview au site américain Defense News, un officier supérieur de Tsahal, qui a gardé l’anonymat a prévenu lundi que Tsahal avait déjà des plans d’attaque préventive contre le Hezbollah en cas de besoin, conclut Shraga Blum (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Vu du Liban :
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Dans une analyse intitulée "Le Hezbollah craint la consécration d’un front chrétien et le risque de 'déviation' d'Aoun", Philippe Abi-Akl écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le Hezbollah est sérieusement inquiet de l'alliance qui s'est établie entre le Courant patriotique libre et les Forces libanaises (ndmg - le parti chrétien de Samir Geagea) à la veille de la présidentielle. Une appréhension confortée d'une part par le discours d'investiture à connotation purement nationale, et d'autre part les prises de position successives affichées par le chef du CPL, Gebran Bassil, et le président Michel Aoun (ndmg - jusqu'à présent Michel Aoun était l'allié du Hezbollah). Le tout couronné par l'annonce faite par le chef de l'État de renouer avec l'Arabie saoudite, qui figure en tête de liste de ses déplacements à l'extérieur. Dans certains milieux chiites informés non proches du Hezbollah, on affirme que ce dernier a de plus en plus d'appréhensions face au rapprochement entre le CPL et les FL. C'est la raison pour laquelle il œuvre actuellement à saper par tous les moyens l'alliance entre ces deux formations chrétiennes tout en faisant en sorte de couper court à toute tentative de leur part de mettre sur pied d'autres alliances politiques avec le courant du Futur et le PSP. Le parti chiite craint en effet une emprise des Forces libanaises sur la rue chrétienne, maintenant que Michel Aoun a été propulsé à Baabda. Samir Geagea peut désormais mettre à profit ses relations avec le CPL et le président pour consolider sa position, leur alliance devant être consolidée un peu plus lors des prochaines législatives que les deux formations comptent mener ensemble via des listes conjointes établies sur l'ensemble du territoire.
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Philippe Abi-Akl : D'ailleurs, la proposition de présenter 128 candidats dans toutes les circonscriptions est on ne peut plus symbolique, le message étant que l'alliance entre les deux formations n'a pas un caractère chrétien mais surtout national. À l'instar du Front du rassemblement consultatif créé de toutes pièces en 2003 par les Syriens pour contrer la rencontre de Kornet Chehwane, le Hezbollah entend réitérer la stratégie en parrainant un front chrétien face au tandem CPL-FL. Ce front serait ainsi appelé à s'élargir pour englober des personnalités musulmanes telles que le président du Parlement Nabih Berry, qui sert depuis quelque temps de façade au parti chiite, lequel cherche à éviter tout affrontement direct avec les aounistes tout en continuant de soutenir officiellement le nouveau mandat. En même temps, le Hezbollah continue de protester de sa bonne foi face aux accusations selon lesquelles il appréhenderait l'alliance FL-CPL et tout rapprochement de ces formations avec le courant du Futur et le PSP de Walid Joumblatt. C'est dans ce contexte qu'il faudra d'ailleurs interpréter la visite « préventive » effectuée à Walid Joumblatt à son domicile rue Clemenceau par une délégation du parti, notamment pour convaincre ce dernier de rester aux côtés du président de l'Assemblée Nabih Berry sans être tenté de lorgner ailleurs.
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Philippe Abi-Akl : Lors de cette rencontre, les membres de la délégation se sont attelés à rassurer le leader druze au sujet de la prochaine échéance électorale, en lui affirmant que la future loi, quelle qu'elle soit, ne sera adoptée que si elle prend en considération les appréhensions de M. Joumblatt en termes de représentation. Objectif : tenir le leader druze loin des alliances concoctées autour du mandat, une mission d'autant plus cruciale que le parti chiite craint d'ores et déjà les résultats des prochaines élections ainsi qu'un scénario similaire à celui des législatives de 2009 qui s'étaient conclues par une victoire du 14 Mars. D'ailleurs, commentent des sources politiques chiites, il ne faut surtout pas croire que le Hezbollah, qui revendique haut et fort la proportionnelle, souhaite réellement son adoption, et ce pour des raisons simples : le Hezbollah, qui n'est plus sûr de sa popularité d'antan dans les milieux chiites, notamment après son intervention en Syrie et le nombre de morts occasionnés dans ses rangs, risque d'en payer le prix dans les urnes. Comme il ne peut non plus réitérer le scénario sanglant des combats de rue déclenchés le 7 mai 2008, il a opté pour l'heure pour la flexibilité et la main tendue dont les députés du parti se sont fait l'écho lors du vote de confiance au Parlement, conclut Philippe Abi-Akl (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Sources :
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http://www.lphinfo.com/defis-disrael-hezbollah-premier-rang/
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http://www.lorientlejour.com/article/1026679/le-hezbollah-craint-la-consecration-dun-front-chretien-et-le-risque-de-deviation-de-aoun.html
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