Stalinisme – Une experte sommée de quitter le plateau de BFMTV

   
Michel Garroté - "Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau", a donc raconté Hervé Béroud, directeur général de BFMTV. En effet, à l’occasion de la passation de pouvoir entre Barack Hussein Obama et Donald Trump, l’auteure Evelyne Joslain (spécialiste des Etats-Unis), était l’invitée de BFM TV. Spécialiste de la vie politique des Etats-Unis, cette dernière devait commenter l’investiture du nouveau président américain, mais tout ne s’est pas passé comme prévu sur le plateau de la chaîne d'information en continu.
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Procédé stalinien sur BFMTV :
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Au détour d'un échange sur le bilan du président sortant après huit années passées à la Maison Blanche, Evelyne Joslain a déclaré en plein direct : "Obama, franchement il fait partie des gens qui détestent l’Amérique. Il a servi son idéologie mais pas l’Amérique. Je remets en cause son patriotisme et sa dévotion à l’église qu’il fréquentait. Je pense qu’il était en désaccord avec lui-même sur beaucoup de choses".
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"Je pense qu’il était plus musulman dans son cœur que chrétien. Il n’a pas voulu prononcer le terme d’islamisme radical, ça lui écorchait les lèvres. Je pense que dans son cœur, il est musulman, mais on en a terminé avec lui, Dieu merci", a poursuivi Evelyne Joslain, avant d'être rapidement interrompue.
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D’après Buzz Feed et Atlantico, Evelyne Joslain a même été sommée de quitter le plateau. "Ce sont des propos scandaleux. On lui a demandé immédiatement de quitter le plateau. Elle nous a été recommandée par les 'Republicans Overseas' puisqu’on cherchait à avoir une sensibilité pro-Trump sur le plateau. C’était une mauvaise recommandation. Pour nous ce sont des propos inacceptables sur notre antenne. On les condamne fermement", a commenté Hervé Béroud, directeur général de BFMTV, contacté par Buzz feed.
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Les médias poursuivent la guerre contre Trump :
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Comble du culot, face aux soi-disant "mensonges" de la Maison Blanche (et donc de Donald Trump), des médias américains "s’interrogent" sur la crédibilité à donner aux informations officiellement transmises par la nouvelle présidence. C'est ce qu'on appelle "le paradigme inversé" : les journalistes gauchistes du Washington Post, du New York Times, de NBC et de CNN mentent à propos de Trump, tout en alléguant que ce serait, soi-disant, lui qui mentirait.
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La famille Obama est millionnaire :
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Concernant l'ancien locataire de la Maison blanche, Barack Hussein Obama disposera d'une pension annuelle de 205'700 dollars. En outre, Obama pourra devenir conférencier et toucher en moyenne 250'000 dollars par intervention. La famille Obama dispose déjà d'une richesse considérable, chiffrée à plus de 12 millions de dollars. Le couple Obama loue par ailleurs une maison dans le quartier très huppé de Kalorama, à Washington.
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Amateur de golf, l'ancien président américain souhaite aussi faire l'acquisition d'une demeure à Rancho Mirage, en Californie, un lieu considéré comme le paradis des golfeurs. Obama va en outre s'inspirer de Bill et Hillary Clinton, concrètement, en créant une fondation influente (ça promet...) et en intégrant le Conseil d'administration d'un grand groupe. Cette fonction s'accompagne généralement de revenus très confortables et de déplacements en avion privé.
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://www.atlantico.fr/pepites/obama-deteste-amerique-intervenante-priee-quitter-plateau-bfmtv-2941279.html?yahoo=1
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http://www.ojim.fr/une-essayiste-pro-trump-viree-du-plateau-de-bfmtv/
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http://www.lemonde.fr/international/article/2017/01/23/les-medias-americains-prets-a-revoir-leur-role-pendant-la-presidence-trump_5067667_3210.html
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http://www.atlantico.fr/pepites/etats-unis-pistes-barack-obama-pour-continuer-mener-train-vie-deja-tres-confortable-2944440.html?yahoo=1
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Alep représente un nouvel ordre mondial – mais certains Américains refusent de l’accepter

La tragédie de la guerre syrienne marque le déclin des États-Unis en tant que superpuissance incontestée

Par Shahir Shahidsaless

La brutale bataille d'Alep a tragiquement emporté des centaines de vies innocentes, dont de nombreux enfants.

Elle a finalement pris fin avec la défaite des groupes de combattants rebelles syriens – principalement Jabhat Fateh al-Sham (le Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda, qui s’est rebaptisé sous ce nom), Ahrar al-Sham et Jabha al-Shamiya – et la victoire des forces pro-Assad.

Cette tragédie est un rappel supplémentaire du fait que l’ère du monde unipolaire, caractérisée par la superpuissance incontestée des États-Unis depuis l'effondrement du bloc communiste en 1990, est arrivée à sa fin.

[…]

Dans un éditorial du 14 décembre, le comité de rédaction du Washington Post a écrit : « En refusant d'intervenir contre les atrocités du régime d'Assad... le président Obama a créé un vide comblé par Vladimir Poutine et les gardiens de la révolution iraniens ».

Ce groupe de l'élite américaine ne se rend pas compte que dans cette nouvelle ère, les États-Unis ne sont pas assez puissants pour projeter leur hégémonie autour du monde comme bon leur semble. En fait, les États-Unis ont tout fait pour faire tomber le dictateur syrien Bachar al-Assad, mais en vain.

[…]

Source : middleeasteye.net

L’équipe Trump – Retour à la culture judéo-chrétienne

   
Michel Garroté - Les castes politico-médiatiques occidentales vont encore s'étrangler de rage. Elles vont nous raconter que Trump, c'est le retour à "l'obscurantisme". Car en  effet, Donald Trump s'entoure de chrétiens convaincus. Le Site "Aleteia" a fait la liste des personnalités de culture judéo-chrétienne, qui entoureront Trump, dès son entrée à la Maison Blanche le 20 janvier 2017. Ce n'est donc pas le retour à "l'obscurantisme". C'est au contraire le retour à la Lumière, après huit années de présidence ténébreuse avec Barack Hussein et Michelle Obama (extraits adaptés du Site "Aleteia" ; voir lien vers source en bas de page) :
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Mike Pence, Vice-président, numéro 2 du pouvoir exécutif américain : Homme de confiance de Donald Trump, Mike Pence est un chrétien croyant et pratiquant. Né dans une famille irlandaise catholique à Colombus, dans l’Indiana, ancien élève de l’école paroissiale et enfant de chœur dans sa jeunesse, il se convertit au protestantisme évangélique au lycée. La gauche américaine le déteste depuis que, gouverneur de son État natal, il a fait adopter des restrictions à l’accès à l’avortement et une clause de consciences pour les officiers municipaux ne souhaitant pas célébrer de mariages gays. Les chrétiens qui n’y sont pas favorables ne pourront plus être menacés de prison ni accusés de nier les « droits de l’homme ». « I’m a Christian, a conservative and a Republican, in that order » : Je suis chrétien, conservateur et républicain, dans cet ordre, affirmait-il en octobre dernier.
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Steve Bannon, conseiller spécial du Président, l’éminence grise : Le principal stratège de la campagne électorale de Donald Trump est désormais son conseiller politique principal à la Maison Blanche. Steve Bannon, catholique pratiquant, croit fermement que les États-Unis ont une responsabilité dans la défense de la civilisation occidentale. Étant entendu que la civilisation occidentale s’appuie sur l’héritage judéo-chrétien qui lui a offert la primauté du droit et l’égalité devant la loi, le concept de droits de l’homme et les limites au pouvoir du gouvernement. Bannon considère que les démocrates ont bafoué ces règles civilisationnelles essentielles en tentant de dépouiller la sphère publique et politique de toute influence chrétienne. Steve Bannon avait donné une conférence au Vatican en 2014 via Skype, décrivant devant un public de responsables du Saint-Siège la « crise, tant du capitalisme que des fondements de l’Occident judéo-chrétien que nous traversons » appelant à un sursaut « dans nos croyances ».
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Reince Priebus, White House Chief of staff, numéro 1 de l’administration présidentielle : Directeur de cabinet du Président et premier fonctionnaire de la Maison Blanche. Ancien chef du Parti républicain, il est grec-orthodoxe pratiquant. Il anime toujours un cercle d’étude biblique et un groupe de prière pour les jeunes couples mariés.
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Jeff Sessions, Procureur général, 5e homme du gouvernement : United States Attorney General, Jeff Sessions est le ministre de la Justice de Donald Trump. Historiquement le seul membre du cabinet à ne pas porter le nom de Secretary. L’homme de loi, d’origine anglaise, est protestant méthodiste et très actif dans sa paroisse où il donne des cours d’éducation religieuse chaque dimanche. Tel les Castors Juniors Riri, Fifi et Loulou, célèbres neuveux de Balthasar Picsou, Jeff Sessions est Eagle Scout, le rang le plus haut qui soit chez les Boy Scouts américains.
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Mike Pompeo, le directeur de la CIA, les grandes oreilles de Trump : Le profil qui contraste le plus avec les fonctionnaires sortants de l’administration Obama. Plusieurs universitaires et observateurs politiques américains soutiennent que le prédécesseur et ancien patron du principal service d’espionnage américain d’Obama, John Brennan, se serait converti à l’islam pendant son service en Arabie Saoudite dans les années 90. Nombre d’experts ont dénoncé ces dernières années la naïveté d’un personnage clef du dispositif antiterroriste de l’administration sortante, pointant tour à tour la perméabilité de son entourage aux idées des Frères musulmans, son soutien aux rebelles syriens ou son bellicisme forcené, visant à engager l’armée US en Syrie. Le nouveau directeur de la CIA, Mike Pompeo, est pour sa part un protestant presbytérien, qui enseigne à l’école du dimanche de sa paroisse du Kansas (lui aussi !), il est membre du conseil diaconal de son église.
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Nikki Haley, ambassadrice auprès de l’Organisation des Nations unies, la bonne-parole de Trump : Gouverneure d’origine indienne de la Caroline du Sud, Sikh convertie au christianisme, son site internet annonce la couleur : « Ma foi au Christ a un impact profond sur ma vie quotidienne et je me tourne vers Lui pour obtenir les conseils nécessaires à chaque décision que je dois prendre ».
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Tom Price, ministre de la santé, numéro 10 de l’exécutif : Secretary of Health and Human Services, Tom Price est un protestant évangélique, réputé gros bosseur, fervent partisan au Congrès d’une politique chrétienne en matière d’avortement et de mariage.
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Le Docteur Ben Carson, ministre du logement, l’expert ès pauvreté : Le futur Secretary of Housing and Urban Development, chrétien protestant évangélique fervent, a grandi dans la ville économiquement sinistrée de Detroit (ancienne capitale d’une industrie automobile en lambeaux). Il est aujourd’hui l’un des neurochirurgiens les plus célèbres du monde. Carson place sa foi au centre de sa vie et lui prête sa capacité à s’élever au-dessus des circonstances douloureuses qu’il a traversées au long de son existence. Il sera en charge de la réduction de la pauvreté, particulièrement de la communauté noire-américaine et, par dessus tout, de redonner une vie économique et culturelle aux villes sinistrées américaines.
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Le général Michael Flynn, conseiller en sécurité nationale, le bras armé : Spécialiste du renseignement militaire, impétueux, viré par l’administration démocrate pour avoir dénoncé les lacunes de l’appareil sécuritaire américain face au terrorisme islamiste. D’ordinaire critique envers Moscou, il a rencontré Vladimir Poutine et déclaré vouloir travailler avec les Russes pour gagner la guerre contre le terrorisme. Il est catholique pratiquant.
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Betsy DeVos, ministre de l’éducation, l’atout social de Trump : La Secretary of Education Betsy DeVos, protestante calviniste, bénéficiera d’un pouvoir étendu pour remanier le système d’enseignement public américain. Sa foi chrétienne est au cœur de sa compréhension de l’identité nationale américaine. Elle soutient tout d’abord Marco Rubio, candidat catholique malheureux à la primaire républicaine avant de rejoindre le clan Trump. Soulevant régulièrement la question du monopole sur l’éducation des enfants américains des écoles gouvernementales (« les écoles publiques » en France), Betsy DeVos défend aussi l’idée d’un crédit d’impôt offert aux familles pauvres, en particulier aux minorités ethniques dans les centres-villes, où les écoles publiques sont délabrées, en sous-performance et fournissent de mauvaises conditions d’éducation, afin que les parents pauvres puissent envoyer leurs enfants dans de meilleures écoles en dehors de leur quartier (fin des extraits adaptés du Site "Aleteia" ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction & Adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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http://fr.aleteia.org/2016/12/21/diaporama-le-gouvernement-tres-chretien-de-donald-trump/
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La gauche caviar veut encore “invalider” la victoire de Trump

   
Michel Garroté - Le collège électoral américain, composé de 538 Grands électeurs, doit confirmer, ce lundi 19 décembre 2016, le Républicain Donald Trump au poste de président des Etats-Unis. Ce vote ne devra pas modifier le scrutin, puisque le candidat républicain a été largement élu, avec 306 votes acquis, alors qu'il suffit de 270 pour l'emporter. Sa rivale Hillary Clinton n'a obtenu que 232 grands électeurs. Le vote de ces grands électeurs est une pure formalité et passe normalement inaperçu.
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Sauf que, détail aberrant,  les anti-Trump veulent convaincre 37 grands électeurs du Parti républicain "d'abandonner leur candidat". Bravo aux anti-Trump qui ne respectent pas le résultat des urnes, qui ne respectent pas le processus démocratique et qui espèrent encore "invalider" la victoire du Républicain Trump.
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Décidément, la gauche caviar américaine  et la "Grande presse" new-yorkaise et californienne  --  montre, une fois de plus, son vrai visage : elle se fiche de la démocratie et elle veut diriger elle-même le pays.
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Dans l'hypothèse - improbable - où les anti-Trump parviendraient à leurs fins, il reviendrait à la Chambre des représentants de désigner le successeur de Barack Hussein Obama. Si tel devait être le cas, le scandale serait évidemment de taille, mais la Chambre des représentants étant majoritairement aux mains des Républicains, Donald Trump l'emporterait tout de même. Les résultats seraient alors officiellement annoncés par le Congrès le 6 janvier. Quoi qu'il en soit, Trump entrera en fonction le 20 janvier 2017.
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Guerre en Syrie – La dhimmitude des Etats-Unis

   
Michel Garroté - Hélas, Donald Trump n'entrera en fonction que le 20 janvier 2017. Et, hélas, Barack Hussein Obama, en profite, et, en profitera encore, jusqu'au 20 janvier 2017, pour continuer de ficher le bazar, y compris en Syrie ; et pour continuer de servir ses maîtres saoudiens et qataris ; qui eux, soutiennent la Terreur génocidaire de l'Etat islamique (EI). A cause d'Obama, les Etats-Unis continuent de se ranger aux côtés des terroristes djihadiques, surnommés, pour la circonstance, "rebelles", "opposants", ou, ce qui est abject, islamistes "modérés" : c'est comme si l'on disait nazi "modéré" qui génocide "modérément".
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A ce propos, Olivier Hanne, chercheur-associé à l’université d’Aix-Marseille, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le siège d’Alep tourne définitivement en faveur du régime syrien, ce dont se réjouissent les populations à Damas et dans un grand nombre de villes du pays, même à Alep-Ouest. Cet enthousiasme n’a pas été relayé dans les médias européens, contribuant ainsi à nous masquer une partie de la réalité de ce théâtre.
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Les populations civiles d’Alep-Est n’étaient pas toutes ralliées aux djihadistes et islamistes rebelles, lesquels les ont empêchées de fuir lorsque les Russes et l’armée syrienne avaient laissé ouverts des corridors humanitaires.
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L’État islamique a repris Palmyre. Depuis une semaine déjà des rumeurs d’attaque massive de Daech couraient sur internet, annonçant la reprise prochaine de la ville antique, et cela malgré les bombardements russes. Cette réussite brutale et symbolique confirme que Daech n’est pas fragilisé en Syrie comme il peut l’être en Irak, quoique sa résistance à Mossoul, Kirkouk et Hawidja soit impressionnante.
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L’organisation a perdu du terrain dans le Nord de la Syrie face à l’armée turque et aux Kurdes, essentiellement en raison des frappes aériennes de la coalition. Pourtant, dès que les raids aériens se raréfient, le groupe conserve un dynamisme tactique incomparable. C’est le cas face au régime syrien et à l’aviation russe, qui n’ont pu assumer deux fronts à la fois : la bataille d’Alep et la contre-offensive autour de Palmyre.
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Cela signifie que le régime est plus fragile qu’il n’y paraît et que son objectif prioritaire est la défaite des djihadistes de Fatah al-Cham, l'ex-Jabhat al-Nosra. L’État islamique peut donc encore se maintenir longtemps en Syrie, ajoute Olivier Hanne (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction et adaptation de Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/
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Article à lire absolument – James Mattis, général de Marines, nouveau chef du Pentagone

   
Michel Garroté - James Mattis, général de Marines, vient d'être nommé par Donald Trump pour diriger le Pentagone. Celui qu'on appelle le "moine-guerrier" (il n'a jamais été marié) est également un homme d'une grande culture. Sa bibliothèque personnelle comporte plus de 7'000 volumes, et il transporte toujours avec lui les Méditations de Marc-Aurèle. En tant que commandant, il envoyait des listes de lecture, obligatoires, à tous ses subalternes, jusqu'à l'homme du rang. Pendant la Guerre en Irak, un collègue lui aurait demandé de parler de l'importance de la lecture pour les officiers militaires qui disent qu'ils sont "trop occupés pour lire".
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Sa réponse, publiée sur The Daily Caller, est vite devenue virale dans les cercles militaires et mérite d'être lue, car elle s'applique bien au-delà de la sphère strictement militaire (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : "Le problème avec le fait d'être trop occupé pour lire est qu'on apprend par l'expérience (ou par l'expérience de ses hommes), c'est-à-dire de la manière dure. En lisant, on apprend à travers les expériences des autres, ce qui est en général une meilleure manière de conduire ses affaires, surtout dans notre métier où les conséquences de l'incompétence sont si finales pour de jeunes hommes. Grâce à ma lecture, je n'ai jamais été pris de court par aucune situation, jamais sans savoir comment un problème a déjà été abordé (en bien ou en mal) avant.
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Cela ne me donne pas toutes les réponses, mais c'est une lumière dans un chemin qui est souvent sombre. Avec la [Task Force] 58, j'avais avec moi le livre de Slim, des livres sur les expériences des Russes et des Britanniques [en Afghanistan], et quelques autres. Avant d'aller en Irak, "Le Siège" (sur la défaite des British à Al Kut pendant la Première guerre mondiale) était une lecture obligatoire pour les officiers de terrain. J'ai lu en diagonale Les Septs piliers de la sagesse de T.E. Lawrence ; un bon livre sur la vie de Gertrude Bell (l'archéologue British qui a, en pratique, créé l'État irakien moderne après la Première guerre et la chute de l'Empire ottoman), et "De Beyrouth à Jérusalem".
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Je me suis aussi plongé dans le livre de Liddell Hart sur Sherman, et accordé beaucoup d'attention au livre de Fuller sur Alexandre le Grand (même si je n'aurais jamais imaginé que mon QG se situerait à seulement 500 mètres de là où son corps a été exposé à Babylone). Au bout du bout, avoir une vraie compréhension de l'histoire veut dire qu'on ne rencontre RIEN de nouveau sous le Soleil. On a tous ces intellectuels qui courent à droite à gauche et parlent de la "4ème génération de la guerre" et disent que la nature de la guerre a fondamentalement changé, que les tactiques sont complètement nouvelles, etc. Avec tout le respect que je leur dois, je dois dire : "Pas vraiment". Alex le Grand ne serait pas le moins du monde rendu perplexe par l'ennemi que nous combattons en ce moment en Irak, et nos dirigeants qui nous mènent dans ce combat rendent un mauvais service en n'étudiant pas (étudier, pas juste lire) les hommes qui sont passés avant nous.
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Cela fait 5'000 ans qu'on fait la guerre sur cette planète, et nous devrions nous inspirer de leur expérience. Improviser et remplir des morgues pendant qu'on essaye de se rendre compte de ce qui marche ou pas me rappelle les règles morales et le coût de l'incompétence dans notre profession. En tant qu'officiers dirigeants, nous sommes des coach et des sentinelles pour nos unités : comment coacher quoi que ce soit, si on ne sait rien de plus que la tactique, les techniques et les procédures ? Qu'est-ce qui se passe quand on est dans un champ de bataille dynamique et que la situation change trop rapidement pour que le QG puisse en être informé ? Est-ce qu'on ne s'adapte pas parce qu'on ne peut pas conceptualiser plus vite que l'adaptation de l'ennemi ? (Darwin a une très bonne théorie sur ce qui arrive à ceux qui ne peuvent pas s'adapter aux circonstances changeantes - et à l'ère de l'information, les choses peuvent changer de manière abrupte et à la vitesse de la lumière, surtout la supériorité morale que nos penseurs de régiments cèdent bien trop rapidement lors de nos combats récents.)
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Et comment peut-on être une sentinelle, et ne pas voir son unité prise au dépourvu, si on ne peut pas identifier les signes avant-coureurs  Que l'entraînement de son unité n'est pas suffisant pour s'atteler à une tâche qu'on n'a pas anticipée ? Peut-être que si on est dans une fonction support, à attendre des guerriers qu'ils précisent minutieusement ce qu'il y a à faire, on peut éviter les conséquences d'une absence de lecture. Ceux qui doivent s'adapter pour vaincre la volonté indépendante de l'ennemi n'ont pas ce luxe. Il n'y a là rien de nouveau dans l'approche des Marines. Avant le Koweït il y a 12 ans j'ai lu (et relu) le livre de Montgomery, "Grand Takes Command" (qui m'a appris comment les officiers doivent s'entendre, et que les relations entre les officiers sur le terrain sont plus importantes que les relations avec le QG), et d'autres.
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En conséquence, l'ennemi a payé le prix lorsque j'ai eu l'opportunité de les affronter, et je suis convaincu que beaucoup de mes jeunes hommes ont survécu parce que je n'ai pas gâché leurs vies parce que je n'avais pas de vision dans mon esprit de comment détruire l'ennemi avec le coût le plus minime pour nos troupes et pour les innocents sur le champ de bataille. J'espère que ça répond à votre question. Je mets mon assistant en copie s'il a quelque chose à rajouter. C'est le seul officier que je connais qui a lu plus que moi", conclut, dans The Daily Calmler, James Mattis, général de Marines, qui vient d'être nommé par Donald Trump pour diriger le Pentagone (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté pour lesobservateurs.ch
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http://dailycaller.com/2016/12/01/jim-mad-dog-mattis-once-wrote-a-letter-on-the-importance-of-reading-and-its-a-must-read/
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http://www.atlantico.fr/atlantico-light/prochain-ministre-defense-trump-est-auteur-cette-lettre-importante-importance-lecture-2896934.html#yBRYLR0lezIWkdgA.01
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http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
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USA – La foutaise du recomptage des voix

   
Michel Garroté - Les gauchistes américains demandent le recomptage des voix. L’objectif est moins de contester un résultat - l’avance de Trump est trop importante - que de dépasser la date-limite de transmission des résultats fixée pour l’élection formelle, par les grands électeurs, en ce mois de décembre. Il s’agit de rendre la désignation de Trump plus difficile et donc d’en saper la légitimité.
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En réalité, l’équipe de campagne de Hillary Clinton sait parfaitement qu’elle n’a aucune chance de renverser le verdict. Elle a même fait savoir qu’elle ne voyait aucun signe évident de fraude. Mais ces manœuvres de recomptage ont un coût (plusieurs millions de dollars). Pour financer les manœuvres, la fortune du milliardaire (et roi Ubu de la planète) Georges Soros est là, comme d'habitude...
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Michel Garroté
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Mais qui est donc Stephen Bannon ?

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Michel Garroté - A propos de Donald Trump et de Stephen Bannon, j'avais publié, sur Les Observateurs, l'excellente analyse de Gilles William Goldnadel, intitulée "Trump et Bannon – Procès en sorcellerie" (voir premier lien vers source en bas de page). Ci-dessous, je publie les extraits d'une chronique publiée par Thomas Renaud sur le site catholique français 'Aleteia'.
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Cette chronique détaille le parcours professionnel et personnel de Stephen Bannon. Je n'approuve qu'en partie ce qu'écrit Thomas Renaud et cependant je publie sa chronique (serais-je "démocrate", moi le "facho" de service ?) car elle fournit des éléments intéressants sur Bannon, éléments que je n'ai trouvé nulle part ailleurs (et ce serait moi le "facho" ?...).
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Or donc, le chroniqueur - un brin progressiste et un brin anti-libéral - Thomas Renaud écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Il fut le premier membre de la future équipe du président Trump à être titularisé le 13 novembre dernier. Stephen Bannon sera l’un des hommes forts de la Maison-Blanche. Nommé « chef de la stratégie », il sera le plus proche conseiller de Donald Trump pour les quatre années à venir.
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Rares sont pourtant ceux qui savent qui il est réellement. Les grands médias français, qui ne se sont pas distingués par leur sens de la mesure durant la campagne présidentielle américaine, ne prennent pas de gants pour qualifier ce spin doctor atypique : « Idéologue incendiaire » pour Le Monde, « sulfureux stratège » pour France Info, le JDD titrant clairement « un raciste à la Maison-Blanche ».
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Comme cela est assez naturel pour les « conseillers de l’ombre », la biographie de Stephen Bannon est relativement méconnue. Quelques repères succincts permettent cependant de mieux comprendre son parcours. Né en Virginie, dans la ville de Norfolk, il a grandi dans une famille modeste d’origine irlandaise et a donc assez naturellement été élevé dans la religion catholique. Passé par la prestigieuse Virginia Tech, il obtint ensuite un master à l’université de Georgetown puis en 1983 un MBA de la Harvard Business School.
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Stephen Bannon débute sa carrière dans la finance, au sein de  la banque Goldman Sachs (ndmg - c'était à ses débuts et puis personne n'est parfait), avant de lancer sa propre banque d’investissement. C’est en misant sur des sociétés de production audiovisuelle qu’il découvre le monde médiatique. En 2012 il prend la tête de Breitbart News, fer de lance du Tea-Party aux États-Unis. Ce site d’information jouera un rôle de premier plan, notamment à travers les réseaux sociaux pour appuyer la candidature de Donald Trump et concentrer les tirs sur sa rivale Hillary Clinton. Stephen Bannon ne rejoindra officiellement l’équipe Trump que tardivement, le 17 août 2016.
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Stephen Bannon oriente son propos autour de deux grandes crises des sociétés occidentales. D’un côté, une crise du capitalisme qui a vu un « capitalisme éclairé » remplacé dans certains pays par le capitalisme d’État et dans d’autres par une vision ultralibérale débridée (ndmg - en France, dès que quelqu'un se dit 'libéral', on le dénonce comme 'ultralibéral'). De l’autre, une crise morale, celle de la sécularisation de masse, dont « la marche irrésistible de la pop culture » est l’incarnation. Cette double crise voit ses conséquences néfastes amplifiées par le jihadisme islamique qui profite de ces faiblesses.
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Si les positions de Stephen Bannon peuvent sembler particulièrement déroutantes à de nombreux catholiques, elles n’en ont pas moins rencontré un large échos auprès de la majorité chrétienne américaine. Il assume en effet clairement la théorie du choc des civilisations développée par Samuel Huntington. Il appelle à un front international des pays chrétiens pour défendre les chrétiens d’Orient et contrer la barbarie islamique.
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Et pour cela, les chrétiens doivent selon lui se mobiliser : « Que faisons-nous de notre argent ? Que faisons-nous de ce que la Providence nous a donné comme dons pour créer de la richesse et des emplois », demande-t-il. Avant de répondre : « Nous devons réinvestir tout cela pour des causes vertueuses ». comprendre : dans une résistance massive des chrétiens en Occident comme en Orient.
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Bannon appelle à un populisme chrétien — thème popularisé par un autre spin doctor, Français celui-ci : Patrick Buisson — contre le « parti de Davos », celui des super-élites mondialisées. En 2014, Stephen Bannon appelait à un « Tea-Party mondial », nom qu’il donnait au mouvement de fond qui voie l’émergence des partis populistes (ndmg - populaires, pas "populistes"...) en de très nombreux pays, ajoute Thomas Renaud (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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https://lesobservateurs.ch/2016/11/22/trump-bannon-proces-sorcellerie/
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http://fr.aleteia.org/2016/11/23/etats-unis-qui-est-vraiment-stephen-bannon/
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Il se prend pour qui, Obama ?

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Michel Garroté - Obama, encore locataire de la Maison-Blanche, a jugé que son successeur était un pragmatique qui aura du mal à démanteler les accords historiques comme sur le nucléaire iranien et le climat. Qu'est-ce qu'il en sait, Obama, hien ? Obama (qui s'offre actuellement une dernière tournée internationale - aux frais des contribuables américains - pour radoter ses bobards) a également assuré que Donald Trump était favorable à la solidité de l'Otan et de l'Alliance transatlantique. M'enfin qu'est-ce qu'il en sait, Obama, hien ?
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Mais il a aussi confié ses inquiétudes au sujet de la présidence Trump, qui débutera le 20 janvier 2017. Interrogé sur la nomination, comme chef de la stratégie à la Maison-Blanche, de Steve Bannon, Obama a déclaré : "Est-ce que j'ai des inquiétudes ? Absolument. Bien sûr que j'ai des inquiétudes. Lui et moi divergeons sur tout un tas de sujets". "Je crois qu'au bout du compte Donald Trump est un pragmatique. Et cela peut lui être utile, à partir du moment où il a de bonnes personnes autour de lui et qu'il sait clairement où il va", a ajouté Obama. Non mais quelle arrogance ?!
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Obama radote comme s'il était le papa qui parle de son fiston aux culottes courtes. Durant toute la campagne électorale, Obama, violant le devoir de réserve, n'a cessé de dénigrer et d'insulter Trump. On ne lui a pourtant rien demandé, à Obama-le-menteur. Et maintenant, profitant du fait qu'il reste à la Maison-Blanche jusqu'au 20 janvier 2017, Obama continue son manège, lui qui, pendant huit ans, a planté l'Amérique. Il se prend pour qui, Obama ? Non mais...
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Michel Garroté pour https://lesobservateurs.ch/

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Trump – La défaite des journalistes

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Michel Garroté - La victoire de Donald Trump, ce n'est pas seulement la défaite de Hillary Clinton. La victoire de Donald Trump, c'est aussi la défaite, la déroute, le Trafalgar, la Bérézina des journalistes, cette "sale race" de coqs morveux. Entre hier mercredi et aujourd'hui jeudi, je suis pris d'un fou rire à chaque fois que je les vois nous annoncer, à la télévision, la fin du monde, ni plus, ni moins. Arrogants et mauvais perdants, les journaleux nous prédisent maintenant l'Apocalypse. Sur le petit écran, ils se livrent à des grimaces, des tics nerveux, des contorsions faciales, des crispations du front jusqu'au menton, bref, c'est le cirque, le zoo, le sketch. Cela dit, j'ai tout de même trouvé quelques journalistes - en marge de la caste médiatique - dont je publie ci-dessous les analyses.
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Ainsi, dans le 'Wall Street Journal', Gerald Seib écrit notamment : “Pitoyables”. C’est par ce terme méprisant qu’Hillary Clinton a un jour brocardé les partisans de Donald Trump (“en gros, vous pouvez placer la moitié des partisans de Trump dans ce que j’appelle le panier des pitoyables”, a-t-elle déclaré en septembre). Une insulte dont ils se sont emparés avec fierté pour en faire un véritable symbole. Le 8 novembre, se parant de ce dédain de la classe politique comme d’un titre de gloire, la horde de Trump a réalisé une formidable percée dans le système électoral américain et offert au candidat républicain une victoire stupéfiante (voir lien vers source en bas de page).
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Dans 'La Stampa', Marco Tosatti, de son côté, écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La défaite la plus retentissante, ce n'est pas Hillary Clinton qui l'a subie. Ce qui l'a subie, c'est une façon de faire du journalisme qui ne pourrait pas être plus éloignée de ce que devraient être les règles du jeu. Aux États-Unis - et chez nous - les médias ont sans vergogne pris parti en faveur des lobbies de pouvoir et d'intérêts conduits par Clinton.
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Pas seulement dans les commentaires : en dissimulant des informations qui auraient pu faire du tort à la candidate démocrate, en exaltant au maximum de tous les aspects négatifs possibles et imaginables de son rival, en insultant - comme racistes, semi-analphabètes, bigots et ainsi de suite - tous ceux qui ne soutenaient pas la responsable du désastre libyen et syrien, grande alliée des Saoudiens et du Qatar, et financée par eux.
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Et pourtant, beaucoup d'informations qui jetaient une lumière inquiétante sur Hillary, ses relations, ses cadavres dans le placard, circulaient librement sur les réseaux sociaux et plus généralement sur Internet. Elles n'étaient pas reprises par les journaux liés à elle et aux gens qui dans l'ombre manœuvraient les financements, les sondages et l'opinion publique.
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Mais, évidemment, les électeurs, eux, ont vu, lu et entendu. Et le bon sens, la théologie du moindre mal, a prévalu. Il serait intéressant, d'un point de vue sociologique, de pouvoir éclaircir quel rôle les réseaux sociaux ont joué dans la formation de l'opinion des électeurs. En dépit de la grosse caisse que les médias, aux États-Unis ont battue sans relâche pour Hillary.
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Deux observations : tout d'abord, cette campagne a marqué - au cas où il en était besoin - la fin du mythe du journalisme anglo-saxon par rapport au reste du monde ; comme pour la couverture de la guerre en Syrie, les médias ont montré leur incapacité à mener à bien un travail impartial.
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Mais aussi l'incapacité à faire leur métier, c'est-à-dire à saisir des éléments de doute et d'incertitude. Quelle crédibilité aura perdu, aux États-Unis et chez nous, une information aussi clairement peu fiable ?, conclut Marco Tosatti (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).

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De son côté, dans 'Causeur', Elisabeth Lévy écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Voilà des années que les journalistes observent le plouc occidental avec mépris et suffisance, qu’ils dénoncent ses manières « déplorables », l’engueulent pour ses votes lamentables et lui prodiguent des leçons de maintien pour élargir son esprit étroit. Peut-être avez-vous raté cette breaking news : au lendemain de l’élection de Donald Trump, Marine Le Pen et l’éditorialiste du Monde ont eu exactement la même analyse. « Ce n’est pas la fin du monde, c’est la fin d’un monde », a déclaré la première (qui peut remercier sa plume pour cette belle formule). « L’élection de Donald Trump est un bouleversement majeur, une date pour les démocraties occidentales.
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"Comme la chute du Mur de Berlin, comme le 11-Septembre 2001, cet événement ouvre sur un nouveau monde", écrivait pour sa part Jérôme Fenoglio, le directeur du Monde qui, pour l’occasion, avait sorti les grands mots. Bien sûr, la convergence s’arrête là, car le rêve de la patronne du FN est le cauchemar du journaliste (et de 95% de ses confrères). Or, avec l’élection du « très controversé Donald Trump », comme on l’appelle désormais sur France Inter, ce rêve et ce cauchemar ont effectivement acquis une nouvelle consistance. Dans le nouveau monde dont on nous annonce l’avènement, Marine Le Pen aura probablement beaucoup plus de pouvoir que Jérôme Fenoglio.
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Et quoi qu’on pense de l’ascension annoncée de la première, on peut trouver quelques vertus à la déconfiture du second et de sa corporation. Voilà des années que Fenoglio et ses congénères observent le plouc occidental avec mépris et suffisance, qu’ils dénoncent ses manières « déplorables » comme dit Hillary Clinton, l’engueulent pour ses votes lamentables et  lui prodiguent en toute occasion des leçons de maintien destinées à élargir son esprit étroit, à désodoriser ses idées nauséabondes et à aérer ses peurs rances. Et voilà des années que le populo affirme avec constance qu’il ne veut pas du monde mondialisé et ouvert à tous les vents qu’on lui présente comme son avenir inéluctable.
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Le plouc qu’on appelle également petit blanc bien qu’il ne le soit pas toujours, veut des frontières à l’intérieur desquelles il pourra faire peuple en conservant ses traditions et ses petites manies. Certes, comme on le répète sur France Inter, Trump n’a pas été élu par les seuls ouvriers de l’Amérique périphérique, mais aussi par une Amérique blanche, aisée et conservatrice, bref  c’est un vote réactionnaire a conclu une journaliste soulagée. Il y a sans doute plus de gagnants de la mondialisation parmi les électeurs de Trump que parmi ceux de Marine Le Pen ou du Brexit, peut-être parce que la place dans le processus de production ne dit pas tout d’un homme. Et que, si la demande de réassurance nationale s’accroît à mesure que le revenu baisse, elle n’est pas réductible à un facteur économique.
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Le populo est populiste, se lamentent cependant les bonnes âmes qui ont renoncé à sauver le prolétariat ou plutôt en ont élu un nouveau. Alors, pour taper sur la tête des bonnes âmes ou au moins se la payer, le populo utilise, comme le disait Muray, le gourdin qu’il a sous la main, ici Trump, là Brexit et demain, peut-être Marine. Et tant qu’il ne trouvera pas de gourdins plus convenables, il se contentera de ceux-là qui ont au moins l’avantage de faire peur aux bien-pensants, qu’ils soient lecteurs du Monde ou du New York Times où une internaute confessait hier ne rien comprendre au pays où elle vit. Ça c’est sûr et c’est bien le problème. Quelqu’un qui a suivi la campagne à travers ces estimables journaux n’avait aucune chance de comprendre son issue.
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Je ne sais pas si on a raison d’avoir peur de Donald Trump dont certains de mes amis ne retiennent que le programme keynésien à la Roosevelt, comme si la colère anti-establishment dont il est le porte-parole devait nous faire oublier ses farces et attrapes en tout genre. En tout cas, à l’inverse de Barack Obama qui, accueilli tel le messie, ne pouvait que décevoir, Trump ne pourra nous décevoir qu’en bien. Je sais en revanche que, populiste, au-dessus de 50%, ça devient populaire. Ah oui, Hitler en 1933 aussi. Mais c’est un curieux syllogisme de déduire de la victoire relative du futur Führer dans une élection formellement démocratique que tout vainqueur qui nous déplairait est un héritier d’Hitler. Il y a quelques jours, Le Monde se désolait de ce qu’une partie des Français (suivez mon regard) n’adhérât plus au système démocratique et demandât de l’autorité, comme si les deux étaient antagonistes.
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Et les commentateurs qui, de Londres à New York, de Paris à Berlin, dénoncent avec constance les résultats des urnes, ne sont-ils pas  en rupture de démocratie ? Est-il bien démocratique d’afficher son mépris pour le cochon de votant ? « Trump se vautre dans le triomphe », titre aujourd’hui le New York Times sans le moindre égard pour les millions d’Américains qui l’ont choisi. Des populistes vous dit-on. Seulement, dans cette démocratie que les journalistes chérissent tant, un mauvais électeur pèse autant qu’un bon (aux Etats-Unis, un petit correctif fait remonter les ploucs). On l’a répété en boucle, sans en tirer la moindre conséquence : médias, analystes, sondeurs, se sont plantés en beauté.
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Ils n’ont rien vu venir, parce qu’au lieu de chercher à comprendre, ils s’efforcent de nier ce qui leur déplaît et de rééduquer ceux qui leur désobéissent. Le vote Trump est un bras d’honneur à  ceux qui prétendent savoir, à commencer par les journalistes. Ce qui signifie qu’eux et les autres prêchi-prêcheurs sont au moins en partie responsables du désastre qui les désole. Or, depuis hier, au lieu de se livrer à une salutaire autocritique et de se demander pourquoi ils ne comprennent rien aux sociétés dans lesquelles ils vivent, ils trépignent et redoublent de remontrances à l’égard des électeurs trumpistes. Désolée chers confrères et autres guides d’opinion, mais vous ne guidez plus grand-chose. Et le vent de panique qui souffle sur le quartier général est un spectacle plus réjouissant que celui de votre ancienne superbe, quand vous vous plaisiez à brûler quelques dissidents pour l’exemple.
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Aujourd’hui, vos bûchers ne brûlent plus et vos piloris n’intéressent plus personne, tant mieux. L’ennui, c’est que nous allons tous payer le prix de l’incroyable suffisance avec laquelle depuis des années, vous ignorez les aspirations de ceux qu’Orwell appelait les gens ordinaires, conclut Elisabeth Lévy (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-les-pitoyables-se-sont-bien-venges
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http://benoit-et-moi.fr/2016/actualite/trump-les-medias-en-accusation.html
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http://www.causeur.fr/trump-lepen-populisme-medias-brexit-40999.html
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Armée syrienne : les Etats-Unis comptent aider les combattants de l’EI à fuir Mossoul pour la Syrie

Alors que les forces irakiennes tentent de reconquérir la ville de Mossoul, l'armée syrienne a accusé la coalition internationale menée par les Etats-Unis de préparer le transfert des djihadistes de Daesh, présents dans la ville, vers la Syrie.

«Toute tentative de traversée de la frontière [irako-syrienne] est une attaque contre la souveraineté de la Syrie [...] et sera traitée avec toutes les forces disponibles», a prévenu l'armée syrienne dans un communiqué publié mardi 18 octobre. Celle-ci, en effet, accuse la coalition conduite par les Etats-Unis d'avoir pour projet d'aider les combattants du groupe terroriste Etat islamique (EI) se trouvant dans la ville de Mossoul, prise d'assaut par les troupes irakiennes, de fuir cette dernière.

En outre, le communiqué affirme que le plan des Etats-Unis prévoit de sécuriser le déplacement des djihadistes de Mossoul jusqu'à la Syrie voisine, afin de consolider la présence de Daesh dans ce pays et de créer «de nouveaux champs de bataille» dans l'est syrien.

Alliée des autorités en Irak, la coalition internationale menée par Washington soutient en Syrie les groupes d'insurgés combattant les forces gouvernementales.

Plus tôt dans la journée, le chef de la diplomatie russe, rappelant que la ville de Mossoul n'était pas totalement encerclée, avait affirmé que «le corridor ouvert pos[ait] le risque que les combattants de Daesh puissent fuir de Mossoul et partir pour la Syrie»

Source

Nos remerciements à Didier S.

Obama envisage des options militaires contre la Russie

   
Des responsables américains indiquent que l'administration Obama commence à envisager des "réponses plus fermes" à l'offensive du régime syrien soutenu par la Russie contre Alep, y compris des "options militaires". Obama aurait-il perdu la tête ? Le fait est que la Russie poursuit ses opérations aériennes en Syrie en dépit des appels du secrétaire d'Etat américain, John Kerry, en faveur d'un arrêt des bombardements dans les zones de combat, y compris à Alep.
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En dépit des appels du secrétaire d'Etat américain, John Kerry ? Depuis quand John Kerry serait-il le décideur de ce que la Russie devrait faire, ou ne pas faire, en Syrie ? Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, précise quant à lui que la poursuite des opérations aériennes russes se justifient par une guerre contre la terreur (ce qui est une simple mesure de bon sens, n'en déplaise aux Américains). Dmitri Peskov appelle les Etats-Unis à tenir leur promesse de distinguer les rebelles modérés opposés au régime Assad et les terroristes.
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En cela, Dmitri Peskov est trop gentil, car il n'y a pas de rebelles modérés opposés au régime Assad. Tous les rebelles syriens sont des islamistes. Et aucun islamiste n'est modéré. Le porte-parole russe juge par ailleurs maladroite et inutile la remarque du porte-parole du département d'Etat américain, John Kirby, qui estime que la poursuite de la violence en Syrie favorise l'émergence d'extrémistes qui peuvent "lancer des attaques contre les intérêts russes", peut-être même "contre des villes russes".
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John Kirby aurait-il, lui aussi, perdu la tête ? Les Russes devraient-ils cesser d'intervenir en Syrie parce que des islamistes syriens vont "bombarder des villes russes" ?... Souhaitons un prompt rétablissement à John Kirby qui souffre visiblement d'un burn out. Malgré la tension croissante entre Moscou et Washington, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov affirme que la Russie demeure prête à coopérer avec les Etats-Unis pour résoudre la crise syrienne. Il est vraiment trop gentil Dmitri Peskov...
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Michel Garroté

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Les islamistes syriens veulent le départ d’Assad

   
Michel Garroté - L'opposition islamiste syrienne a dévoilé un "plan de transition politique" prévoyant une phase de négociations avec le régime actuel, assortie d'une trêve, et, devant aboutir, primo, au départ du président Bachar al-Assad ; et secundo, à de nouvelles élections, locales, législatives et présidentielles.
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Ce "plan de transition politique" a été présenté par les principaux représentants de l'opposition islamiste syrienne et les principaux représentants de la rébellion islamiste syrienne. Il est appuyé par trois pays islamistes : la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar.
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Parmi les participants aux pourparlers durant la réunion, figurent, notamment, les chefs de la diplomatie du Royaume-Uni, de la Turquie, de l'Arabie saoudite, du Qatar, de l'Italie, de l'Union européenne et de la France, tandis que le chef de la diplomatie américaine doit intervenir par visioconférence. L'Allemagne est également représentée.
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Cette réunion (inutile comme toutes les autres ?) devrait permettre l'élaboration d'une position à faire valoir auprès des Etats-Unis, alors qu'il y aurait - selon l'opposition islamiste syrienne - des "rumeurs" sur la conclusion d'un accord russo-américain (on voit mal Poutine et Obama s'accorder sur un accord...).
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En clair, ce que veulent, de façon obsessionnelle, l'opposition islamiste syrienne et la rébellion islamiste syrienne, c'est - encore et toujours - le départ de Bachar al-Assad. Autant dire que ce nouveau "plan de transition politique" n'aboutira pas.
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Syrie – Le dossier de ‘LesObservateurs.ch’

   
Michel Garroté - C'est un épais dossier que je publie ci-dessous. Elijah J. Magnier analyse les trois sujets suivants : "Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles ont l’air d’être" ; "Le plan de démantèlement du Kurdistan" ; "Qu’en est-il d’ISIS ?". De son côté, Moon of Alabama se pose la question : "Qui l’emporte dans l’accord turco-russe ?". Et enfin, Samia Medawar analyse les structures tribales syriennes : "Le rôle des tribus en Syrie ?". Ces cinq sujets sont d'une actualité brûlante. Et pourtant, ils ne sont pas analysés - de façon rigoureuse - par les journaleux fumistes de nos médias occidentaux classiques.
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1- Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles ont l’air d’être :
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Elijah J. Magnier écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Poutine et Erdogan se sont mis d’accord sur une feuille de route restreinte en Syrie, les Kurdes et al-Nosra seront les principaux perdants. Pendant leur rencontre à Saint Petersbourg et les autres entretiens qui l’ont suivie, plus un échange de visites entre militaires de haut rang, la Russie et la Turquie se sont mises d’accord sur le rôle que les forces turques pourraient se voir offrir en Syrie, dans le cadre de paramètres spécifiques susceptibles de servir les intérêts des deux côtés, à condition que les limites  fixées soient respectées et que des garanties soient données par les deux parties.
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Les détails concernant la présence et le déploiement des forces turques sur le terrain ont fait l’objet de leurs discussions, y compris ce que chacun des côtés pourrait offrir pour déjouer le plan US de division de la Syrie, plan qui consistait à aider les Kurdes a établir un « état » désigné sous le nom de Rojava, censé s’étendre du nord-est au nord-ouest de la Syrie, avec une présence militaire US permanente sur son sol. Durant les cinq ans de guerre, Washington a toujours rejeté la demande d’Ankara de créer une zone d’exclusion aérienne (« no fly zone ») de 40 km de long et de 110 km de large, au-dessus de sa frontière avec la Syrie.
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Mais la Turquie se considérait en position de force pour imposer sa volonté aux USA, indirectement accusés d’avoir soutenu le coup d’État manqué de juillet dernier, qui a failli coûter la vie au président Recep Tayyib Erdogan. Le président turc choisit d’accuser son opposant politique Fetullah Gülen, qui réside aux USA, d’avoir comploté contre lui, plutôt que d’accuser explicitement l’administration US qui, jusqu’à présent, a toujours refusé de remettre Gülen à Erdogan.
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Les conversations de Poutine avec Erdogan ont mis fin à l’hostilité entre les deux pays qu’avait provoqué l’épisode du Su-24 abattu l’an dernier par les Turcs, à la frontière turco-syrienne. C’était le premier pas nécessaire pour permettre à l’armée turque et à ses alliés en Syrie d’entrer en territoire syrien sans être attaqués par la force aérienne russe basée en Syrie ou par ses missiles S-400, déployés pour braver et chasser tout jet turc venu soutenir les forces combattant au sol à l’intérieur du territoire de la Syrie.
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La Russie a décidé de reconnaître le bien-fondé de l’intervention turque destinée à arrêter les forces kurdes connues sous le nom d’YPG (Unités de Protection du Peuple), qui avaient pris le contrôle de Manbej après avoir défait le groupe de l’« État Islamique » (acronyme : ISIS), et qui se trouvaient aux portes de Jarablus, se dirigeant sur Azaz pour atteindre Afrin.
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Nous republions une analyse compilée par Elijah J. Magnier [Correspondant en chef international de Al Rai, ancien correspondant de guerre et analyste du Moyen Orient] relative à l’incursion turque en Syrie dans une perspective qui tient compte des récents accords russo-turcs. Bien que nous ne puissions prouver [et par conséquent confirmer] tous les points de cette analyse, nous considérons cependant qu’elle est, par certains aspects, très intéressante et utile. Poutine et Erdogan se sont mis d’accord sur une feuille de route restreinte en Syrie, les Kurdes et al-Nosra seront les principaux perdants
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Pendant leur rencontre à Saint Petersbourg et les autres entretiens qui l’ont suivie, plus un échange de visites entre militaires de haut rang, la Russie et la Turquie se sont mises d’accord sur le rôle que les forces turques pourraient se voir offrir en Syrie, dans le cadre de paramètres spécifiques susceptibles de servir les intérêts des deux côtés, à condition que les limites  fixées soient respectées et que des garanties soient données par les deux parties. Les détails concernant la présence et le déploiement des forces turques sur le terrain ont fait l’objet de leurs discussions, y compris ce que chacun des côtés pourrait offrir pour déjouer le plan US de division de la Syrie, plan qui consistait à aider les Kurdes a établir un « état » désigné sous le nom de Rojava, censé s’étendre du nord-est au nord-ouest de la Syrie, avec une présence militaire US permanente sur son sol. Durant les cinq ans de guerre, Washington a toujours rejeté la demande d’Ankara de créer une zone d’exclusion aérienne (« no fly zone ») de 40 km de long et de 110 km de large, au-dessus de sa frontière avec la Syrie.
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Mais la Turquie se considérait en position de force pour imposer sa volonté aux USA, indirectement accusés d’avoir soutenu le coup d’État manqué de juillet dernier, qui a failli coûter la vie au président Recep Tayyib Erdogan. Le président turc choisit d’accuser son opposant politique Fetullah Gülen, qui réside aux USA, d’avoir comploté contre lui, plutôt que d’accuser explicitement l’administration US qui, jusqu’à présent, a toujours refusé de remettre Gülen à Erdogan.
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Les conversations de Poutine avec Erdogan ont mis fin à l’hostilité entre les deux pays qu’avait provoqué l’épisode du Su-24 abattu l’an dernier par les Turcs, à la frontière turco-syrienne. C’était le premier pas nécessaire pour permettre à l’armée turque et à ses alliés en Syrie d’entrer en territoire syrien sans être attaqués par la force aérienne russe basée en Syrie ou par ses missiles S-400, déployés pour braver et chasser tout jet turc venu soutenir les forces combattant au sol à l’intérieur du territoire de la Syrie.
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La Russie a décidé de reconnaître le bien-fondé de l’intervention turque destinée à arrêter les forces kurdes connues sous le nom d’YPG (Unités de Protection du Peuple), qui avaient pris le contrôle de Manbej après avoir défait le groupe de l’« État Islamique » (acronyme : ISIS), et qui se trouvaient aux portes de Jarablus, se dirigeant sur Azaz pour atteindre Afrin.
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2- Plan de démantèlement du Kurdistan :
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Ankara s’est engagé à pourchasser ISIS le long de la frontière syrienne avec la Turquie et à empêcher les Kurdes de s’établir le long de cette frontière. La Russie a accepté l’incursion turque en territoire syrien à cause de l’hostilité déclarée des Kurdes envers le gouvernement de Damas, après que l’YPG ait attaqué et expulsé l’armée syrienne du centre-ville d’al-Hasakah vers les faubourgs, avec le soutien de l’aviation US, indication claire de l’intention d’entreprendre la partition de la Syrie. La Russie prend ainsi position contre un état kurde sous férule US dans la nouvelle base méditerranéenne du Kremlin : la Syrie. Les Kurdes, qui ont joui du soutien de Damas pendant ces cinq ans de guerre, croient que la rébellion n’a pas éclaté en vain, qu’elle faisait partie d’un plan pour démanteler la Syrie.
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La Russie comprend que les USA répugnent à exercer une influence sur leurs alliés au Moyen Orient pour qu’ils donnent ordre à leurs « délégués » en Syrie de se tenir à l’écart du groupe (ex) al-Nosra (al-Qaïda à Sham, nouvellement ré-étiqueté Jabhat Fateh al-Sham). La Turquie a fait savoir qu’elle était d’accord pour collaborer et ordonner à beaucoup de groupes rebelles qu’elle influence directement de rejeter l’unification, d’éviter la fusion proposée par al-Nosra et de prendre leurs distances d’avec les djihadistes, principalement dans la ville d’Alep au nord. Ces groupes reçoivent leur équipement logistique, financier, militaire, médical, leurs traitements médicaux et hospitalisations, l’accès au territoire et les renseignements secrets dont ils ont besoin de leurs sponsors au Moyen-Orient : le tout et toujours via la Turquie.
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En fait, beaucoup de ces groupes rebelles ont répondu à l’injonction d’Ankara d’attaquer ISIS et les territoires contrôlés par les Kurdes dans le nord de la Syrie, et ils se sont retirés des environs d’Alep pour rejoindre l’armée turque. D’autres ont exprimé la conviction que« continuer à se battre dans Alep est un objectif inutile ». Des groupes comme ceux de Nureddine Zinki, Faylaq al-Sham, Firqat Halza, Sultan Mourad et Istaqem kama Umert ont tous quitté le front d’Alep et rejeté l’union avec (ex)-al-Nosra ainsi qu’avec un des groupes islamistes les plus importants du nord, Ahrar al-Sham dont la direction est divisée sur ce point particulier. Ces groupes ont fini par recracher la promesse qu’ils avaient faite à (ex) al-Nosra de former ensemble un seul groupe si al-Nosra rompait ses liens avec Qaidat al-Jihad à Khorasan, ce qu’al-Nosra a fini par faire, mais sans obtenir l’union promise et la fusion désirée.
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De plus, la Turquie a montré sa capacité à changer la politique qu’elle poursuit de longue date à l’égard de Damas. Le Premier ministre, Binali Yildirim, a déclaré : « le président Bachar al-Assad peut être un partenaire dans cette phase de transition ». Le désaccord tactique sur l’avenir d’Assad à la tête de son pays reste une question en suspens, donc non résolue, dont la Russie estime que la solution revient de droit au peuple syrien. La Turquie est d’accord pour éviter tout contact ou affrontement avec l’armée syrienne, en soutien des rebelles et des djihadistes, principalement autour d’Alep. Ceci laisse (l’ex) al-Nosra pratiquement seul, avec quelques groupes mineurs, autour d’Alep, de Ramouseh et des académies, offrant ainsi une cible parfaite aux forces aériennes russes et US, si ces dernières veulent agir de concert, puisque les djihadistes sont isolés sur ce front.
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La Turquie a réussi à obtenir la bénédiction de Washington sur l’engagement de ses forces en Syrie, après cinq ans d’atermoiements et de refus sur la « no-fly zone » si désirée. Erdogan, tenant ferme le manche du rasoir, faisait chanter les États-Unis, inquiets de voir le président turc tomber dans les bras de la Russie, ce qui eût représenté une menace pour l’OTAN. Les USA avaient intérêt à le contenter, de sorte que l’attention soit détournée du rôle qu’il affirme que les USA ont joué et ne sont pas loin d’avoir orchestré dans le putsch de juillet dernier.
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Moscou a informé Damas du plan turc, quoi qu’en disent les démentis et les protestations que son ministre des Affaires étrangères a exprimées pour la façade contre l’intervention des forces turques sur son territoire. La Turquie faisait officiellement usage de son droit de« poursuivre les Kurdes du PKK, selon l’accord d’Adana de 1999 signé avec Damas ». En outre, la Turquie chassait ISIS du nord de la Syrie, région où ni Damas ni aucun de ses proches alliés sur le terrain ne souhaitaient s’engager dans un avenir prévisible. La Russie a bien conscience que ni l’armée syrienne ni les « délégués » de l’Iran (Afghanistan, Pakistan, Irak) ni le Hezbollah n’ont l’intention de pousser leurs forces vers Jarablus, al-Bab ou même Raqqah, camp retranché d’ISIS.
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La Russie a fait savoir clairement à la Turquie qu’elle ne tolérerait aucune violation de l’accord et aucune escarmouche avec l’armée syrienne, en traçant soigneusement les limites à ne pas dépasser, et elle a promis que sa force aérienne n’hésiterait pas à frapper l’armée turque ou ses « faisant fonction » en cas d’infraction de ce genre. La Russie a conseillé à la Syrie d’éviter toute objection officielle et tout dépôt de plainte devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies, quant à la présence de troupes turques sur son territoire. La Turquie protège des intérêts nationaux, empêche une partition de la Syrie, un possible soulèvement kurde à l’intérieur et un état Rojava à sa frontière, tout en empêchant une future implantation permanente de l’armée US en Syrie.
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Moscou a dit à Damas « la Turquie est partante pour rogner les ongles des pieds aux Kurdes, qui s’imaginent que les USA disposent d’une baguette magique capable de leur offrir un état en Syrie sans que personne soulève la moindre objection. L’YPG n’a aucune expérience préalable des armées américaines et de leur capacité à abandonner leurs protégés. L’YPG ne sait pas qu’elles l’abandonneront quand leurs intérêts en Turquie prévaudront, quoique les Kurdes aient laissé des centaines des leurs sur le champ de bataille dans la lutte contre ISIS ».
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Il est clair qu’aucun cessez-le-feu n’est possible en Syrie sans l’intervention directe des pays impliqués depuis cinq ans dans la guerre, sans qu’ils s’accordent pour imposer une solution générale et sans que toutes les forces soient réunies contre les djihadistes et tout ce qui fait obstacle à la paix, ISIS compris. La Turquie n’a réussi à obtenir aucun succès significatif sur le champ de bataille, par l’intermédiaire de ses « délégués », si ce n’est pour prendre le contrôle d’Idlib. C’est pourquoi la présence sur le terrain de l’« authentique » (la Turquie) équivaut au limogeage de l’« agent » (la pseudo-opposition syrienne connue sous le nom de « rebelles modérés »), et pourquoi tout succès stratégique significatif contre ISIS ou l’ASL ne peut être obtenu qu’avec l’aide de l’armée turque. Aujourd’hui, dans l’arène syrienne, Ankara ne peut plus se cacher derrière ses groupes d’intérims, puisque les principaux protagonistes ont été démasqués et que leur vrai rôle est connu de tous.
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Pour ce qui est des Kurdes, qui représentent quelque chose en Syrie, il faut qu’ils obtiennent un statut proportionné, sans devenir un outil utilisé qui serve à dépecer le pays. Comme la situation en Syri change continuellement, tout pépin qui surviendrait dans l’accord russe poussera les deux superpuissances directement impliquées – les USA et la Russie – a apporter aux Kurdes le soutien nécessaire pour qu’ils entraînent la Turquie dans le bourbier syrien et pour que les complexités du conflit syrien en reviennent à leur point de départ.
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3- Qu’en est-il d’ISIS :
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Cela ne fait aucun doute : le retrait d’ISIS du nord de la Syrie, laissant le champ libre à la Turquie et à ses « délégués », libérera un grand nombre de combattants qui pourront être investis contre l’Armée Syrienne à d’autres endroits comme Kuweires ou le long du désert de Syrie. Mais ces attaques attendues. ISIS n’a pas d’autres cibles pour l’instant, occupé qu’il est à rétrécir partout, en Syrie et en Irak. À la fin du compte, la question sera : Qui va en finir avec le camp retranché d’ISIS à Raqqah, avant que ses militants se dispersent ?
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Quelqu’un, chez ceux qui prennent les décisions, m’a dit : « Damas et ses alliés n’ont pas l’intention de sacrifier un seul homme pour reprendre le contrôle de Raqqah ». Si les USA, avec tous leurs « proxies », les Kurdes et même la Turquie veulent aller frapper à la porte de Raqqah, ils sont les très bienvenus. Alep, la Syrie centrale et le nord sont beaucoup plus importants. Donc, pas question d’envoyer des soldats s’épuiser contre ISIS, qui n’a plus que ce baroud d’honneur à espérer avant d’être balayé.
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On peut donc s’attendre à ce qu’ISIS reste encore un peu là, jusqu’à ce qu’on sache mieux qui s’asseoira sur le trône à Washington. Ce qui devrait retarder la décision quant au sort du territoire encore aux mains du groupe terroriste, jusqu’après février-mars 2017, conclut Elijah J. Magnier (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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4- Qui l’emporte dans l’accord turco-russe :
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Moon of Alabama écrit notamment (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : La frontière turco-syrienne entre Azaz, Al-Ra’i et Jarablus, avec ISIS au sud, a toujours été ouverte au trafic entre les deux zones. Maintenant, l’armée turque et les forces turques par procuration des « rebelles modérés » sont passées dans la bande de terre verte côté syrien. Cela n’a pas scellé ni fermé la frontière, comme d’autres pays l’avaient demandé. Cela a simplement déplacé la frontière plus au sud. Le passage entre la zone tenue par ISIS et la zone contrôlée par les Turcs sera désormais plus facile parce que les médias n’auront pas accès à la zone. Des deals seront conclus sans qu’on le voie, le trafic sera florissant et l’argent coulera à flot.
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Il n’y a pas eu le moindre combat entre ISIS et les forces turques pour cette bande de terre. Les Turcs ont dit à ISIS de se déplacer vers le sud et ISIS l’a fait avant que les Turcs et leurs mercenaires n’arrivent. Il n’y a pas eu une seule victime turque dans la lutte contre ISIS sur la zone. Le changement de limite territoriale s’est fait, de toute évidence, par consentement mutuel. C’est ridicule de la part de certains médias d’essayer de vendre cela comme la fermeture de la frontière ou l’isolement d’ISIS. C’est tout le contraire.
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Ce mouvement turc avait pour but principal d’empêcher les zones kurdes (en jaune) de l’est et de l’ouest de se rejoindre. Une bande de terre entièrement contrôlée par les Kurdes le long de la frontière l’aurait en effet scellée. le trafic d’ISIS n’aurait pas été autorisé à passer les points de contrôle kurdes. La Turquie va probablement essayer d’annexer la zone qu’elle a prise. Elle projette de construire des nouvelles villes du côté syrien pour abriter les réfugiés actuellement dans des camps en Turquie. La Turquie pourrait ainsi se décharger d’un gros fardeau que sa guerre contre la Syrie lui a mis sur le dos.
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La Russie et l’Iran ont accepté que la Turquie s’installe dans cette zone en échange de sa promesse de cesser son soutien à l’attaque contre la ville d’Alep. Il est encore trop tôt pour savoir si la Turquie à l’intention de tenir sa promesse. Une partie des combattants turcs par procuration impliqués dans l’attaque d’Alep ont été ramenés à l’arrière et déplacés vers la bande frontalière occupée aujourd’hui par la Turquie. Mais le soutien matériel à l’attaque sous forme de munitions et d’autres fournitures semble se poursuivre.
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Deux analystes respectables pensent que l’accord, même s’il n’est pas idéal, est toujours à l’avantage de la Russie et de la Syrie. Elie Magnier dit que la politique russe en Syrie est comme une poupée Matriochka, composée de poupées qui rentrent les unes dans les autres. La plus perfectionnée de ces poupées a 50 niveaux d’imbrication pour un total de 51 poupées. Selon Magnier : Poutine semble avoir sorti sa première poupée Matriochka en bombardant les ennemis de Damas en septembre dernier. Il a sorti la seconde poupée en acceptant un cessez-le-feu. Puis il a sorti une troisième poupée en aidant à assiéger Alep la première fois. Il a très habilement sorti la quatrième en soutenant Erdogan et en donnant son accord – avant Obama – pour que les troupes turques pénètrent en Syrie en toute sécurité.
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Si la Turquie ne tient pas ses engagements, ou si les États-Unis tentent un mauvais coup, on verra apparaître une des 47 poupées restantes sous forme d’un nouveau plan russe. Voilà l’avis de Raphaël Lebrujah sur Mediapart concernant l’accord turco-russe : Poutine vient de jouer un coup de maître. En effet, en plus d’avoir obtenu de nombreux avantages de la part d’Erdogan, il vient de jeter la Turquie, un vieil adversaire, dans l’enfer syrien. Erdogan s’est laissé emporter par son obsession, la lutte contre les kurdes.
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La Russie a réussi l’exploit de faire d’une pierre trois coups contre trois adversaires du régime : les Kurdes, les islamistes syriens et la Turquie. En déstabilisant les relations à l’intérieur de ces trois acteurs et en les jetant les uns contre les autres, c’est un coup de maître. Mieux, les américains semblent divisés entre les pro-turcs et les pro-kurdes. En effet, la CIA et les politiques américains apparaîtraient plus proches des intérêts turcs et le pentagone, de celui des Kurdes.
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Économiquement la Russie gagne en ouvrant à nouveau le commerce avec la Turquie. Les Islamistes « modérés » qui sont dans la nouvelle zone turque sont maintenant séparés des groupes d’Al-Qaïda qui sont autour d’Alep. Les Turcs et les Kurdes en Syrie seront occupés à se battre entre eux pour un bon moment. Et la Russie peut utiliser les Kurdes contre la Turquie si Erdogan lui joue des tours. Des armes antichars ou anti-aériennes envoyées en contrebande dans l’est de la Turquie à travers l’Arménie désavantageraient fort l’armée turque dans sa lutte contre le PKK local. L’armée de conscription turque, déjà affaiblie par les purges qui ont suivi le récent coup, ne peut pas subir de lourdes pertes sans alarmer l’opinion publique turque.
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ISIS va continuer d’être relié à la Turquie. Mais sa puissance de combat est fortement diminuée et il est déjà en train de repasser au mode guérilla. Il évite maintenant la plupart du temps les batailles ouvertes. Il finira par être écrasé. Toutefois ISIS peut nous réserver encore des surprises car il a du personnel très bien entraîné. Son nouveau chef militaire, Gulmurod Khalimov, est un officier des forces spéciales du Tadjikistan, qui a été très bien formé dans la lutte contre le terrorisme par des forces spéciales et des conseillers américains. Il remplace le défunt Abou Omar al-Shishani, un officier géorgien des forces spéciales tchétchènes, qui lui aussi avait été très bien formé dans la lutte contre le terrorisme par des forces spéciales et des conseillers américains. Mais regardez plutôt là-bas! Les Russes viennent juste de larguer une bombe baril ! Ici il n’y a rien à voir, rien du tout,  concut Moon of Alabama (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) .
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Haian Dukhan est doctorant au Center for Syrian Studies à l'université St Andrews en Écosse. Dawn Chatty est professeure d'anthropologie à Oxford et spécialiste des tribus au Moyen-Orient. Leurs analyses sur le rôle des "tribus" (ici le terme n'est pas utilisé au sens péjoratif) en Syrie a inspiré un artcile de Samia Medawar, article paru dans le quotidien libanais L'Orient-le-Jour, et dont je publie, ci-dessous, des extraits.
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5- Les tribus :
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Samia Medawar (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : L'une des facettes du conflit syrien les moins connues est sans doute le tribalisme, partie intégrante de la société locale. Très peu d'informations circulent en effet sur cet aspect pourtant crucial de la région, et donc des conflits qui y font rage. Si, de manière générale, la configuration tribale syrienne n'a pas évolué de manière significative depuis plus de 150 ans, les allégeances et différents moyens de subsistance de ces groupes ont en revanche considérablement changé. Par définition, l'identité des tribus syriennes, qui se trouvent des affiliations en Irak, en Jordanie, au Liban et jusqu'en Arabie saoudite, n'est pas fixe, et évolue en fonction des besoins et des réalités. Deux confédérations tribales majeures – et aux origines nobles – sont présentes au Proche-Orient : les Aneza et les Chamar, qui regroupent différents clans et tribus plus ou moins importants. Très majoritairement sunnites, ces tribus représentaient jusqu'à 2011, première année du conflit, entre 15 et 20 % de la population syrienne.
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Lorsque les troubles, puis la guerre, éclatent en Syrie, la plupart des tribus sont solidement ancrées dans la société syrienne. Certaines sont même très présentes au sein du gouvernement et des différentes administrations à travers le pays. Les Hassana, les Sbaa, les Fedaan, les Mouwwali, les Bani Khaled sont parmi les nombreuses familles à avoir des membres élus au Parlement, nommés maires, ou encore dans les différents services de renseignements et branches de l'armée. Certes, les relations entre le gouvernement syrien et les différents clans de la région n'ont pas toujours été au beau fixe. Mais la vie moderne et différents besoins poussent ces familles à la sédentarisation et donc à plus de stabilité en termes d'alliances.
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Lorsque Hafez el-Assad arrive au pouvoir au début des années 1970, il n'hésite pas à utiliser les réseaux étendus de ces familles pourtant difficiles d'accès à qui n'en fait pas partie. Assad père, puis son fils Bachar après lui, met en place de nouveaux leaders tribaux non traditionnels qui servent ses intérêts et non ceux de la tribu, ce qui, explique Haian Dukhan, doctorant au Center for Syrian Studies, à l'université St Andrews en Écosse, et travaillant sur les relations entre États et tribus, a contribué à profondément modifier la structure de ces clans.
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Dans les années 1980, Hafez el-Assad fait face à une insurrection islamiste menée par les Frères musulmans, qui comptent à l'époque des dizaines de milliers de membres. Le président syrien n'hésite pas alors à utiliser les liens tissés avec les tribus syriennes pour écraser la confrérie. En échange, il leur donne, entre autres, « le droit de suivre leurs propres lois, et de régler leurs contentieux à leur manière », c'est-à-dire selon le système traditionnel qui leur est propre, rappelle Dawn Chatty, professeure d'anthropologie à Oxford et spécialiste des tribus au Moyen-Orient. Quant aux plus petites tribus, généralement spécialisées dans l'élevage de moutons, Assad père les engage dans les services de sécurité, surtout au Liban, dans la plaine de la Békaa, leur permettant de s'enrichir et donc de resserrer les liens avec le régime de Damas et le parti Baas, ajoute la professeure. Les tribus concernées par ces faveurs vont bien entendu soutenir le régime dès le début du soulèvement en 2011.
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Déjà désunies, les tribus et les sous-groupes qui les composent se divisent alors davantage, « poussant les jeunes des tribus à perdre toute confiance en leurs leaders, et permettant l'émergence d'un nouveau leadership en contrepoids aux anciens leaders », estime M. Dukhan. Certaines prennent position avec le régime, comme les Tay (à Hassaké), les Berri (à Alep, par exemple), les Bani Ezz (très présents dans la province d'Idleb, et représentés par le parlementaire Cheikh Ahmad Darwiche), les Hadidiyine, dont l'un des membres les plus éminents n'est autre que le ministre de la Défense actuel, Fahed Jassem el-Freij, les Baqara, les Charabiyine pour n'en citer que quelques-unes.
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D'autres se rangent du côté de l'opposition et font défection. Ce fut, par exemple, le cas de l'ambassadeur syrien en Irak, Nawaf Farès, en 2012, membre des Aqidat, l'une des principales tribus du pays et de la région. L'Armée syrienne libre et les Comités locaux de coordination (CLC, important réseau de militants syriens antirégime), ainsi que les célèbres Casques blancs (secouristes) comprennent dans leurs rangs de nombreux membres de clan, comme le cheikh Abdallah Melhem, membre important du leadership de la tribu Hassana. Parmi les tribus à s'être rangées du côté de l'opposition : les Chamar, Aqidat, Mouwwali, Bani Khaled... La plupart des familles tribales sont d'ailleurs déchirées par ces prises de position ; de nombreuses milices pro et antirégime portent le même nom, qui est généralement inspiré par celui de la tribu, ajoutant encore à la confusion ambiante. La personnalité la plus importante à s'être ralliée à l'opposition politique reste Ahmad Jarba, chef bédouin de la tribu Chamar, et qui fut président de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR) de 2013 à 2014. L'organisation, fondée au début de la guerre civile syrienne, réunit les principales composantes de l'opposition, dont le Conseil national syrien (CNS).
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Certains clans ont bien tenté de rester neutres et de ne prendre part à aucun affrontement, mais les circonstances en ont voulu autrement. Ainsi, les Chaaïtat, tristement célèbres pour avoir été massacrés par centaines en l'espace de quelques jours à peine par l'État islamique en décembre 2014, ont fini par se ranger aux côtés du régime ou de l'opposition pour se battre contre le groupe terroriste, notamment dans la région de Deir Ezzor. La raison principale du massacre ? Des puits de pétrole et d'eau contrôlés par les Chaaïtat, et que l'EI cherchait à s'approprier. D'autres clans, comme les Baqara, les Charabiyine, les Chamar, rejoignent divers groupes anti-EI et/ou antirégime, comme la Nouvelle armée syrienne (NAS, non islamiste et entraînée par les Américains et les Britanniques), l'ASL, les Forces démocratiques syriennes (FDS, arabo-kurdes), des milices armées à l'instar de Liwaa Thouwwar al-Raqqa, etc.
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En revanche, certaines tribus n'hésitent pas non plus à s'allier à l'EI, par obligation, mais également par opportunisme, bien plus que par conviction. Il reste néanmoins difficile de savoir quels sont les chiffres réels, en raison du chaos généré par le conflit et dont les différents bilans restent approximatifs. Mais l'importance du système tribal n'est pas à négliger, et les différentes puissances régionales et occidentales ont à plus d'une reprise tenté de rallier ces clans afin de réduire, sinon stopper, les violences et de combattre l'EI. Si les pays de la région comme l'Arabie saoudite et la Jordanie financent certains groupes en fonction de leurs appartenances tribales et autres affiliations, les Occidentaux n'ont toutefois pas su vérifier la véracité des informations recueillies sur ces tribus et donc profiter de leurs réseaux.
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« Je suis tombé une fois sur un article du quotidien britannique The Independent daté de juillet 2015 et dont le titre fait référence à des discussions secrètes entre des leaders occidentaux et des leaders de tribus syriennes à Genève », raconte Haian Dukhan. « Entre autres, était mentionné Ayid el-Outaifi, du clan Outayfiat de Palmyre, et appartenant à la confédération tribale Aneza. Sauf que je n'ai jamais entendu parler de ce clan. J'ai enquêté et posé des questions à mes contacts au sein de la confédération Aneza, et personne n'en a entendu parler non plus. » Le chercheur réalise très vite que le « leader tribal » en question n'est autre qu'un ressortissant syrien ordinaire résidant en Turquie, et qui s'est fait passer pour ce qu'il n'était pas. « Il a réussi à arriver à Genève, et à se faire interviewer par les médias. Les Occidentaux n'ont même pas pensé enquêter sur leurs interlocuteurs, des tribus supposées combattre à leurs côtés », déplore le doctorant, pour lequel ces clans restent un atout inexploité.
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Il est certes impossible de mobiliser toutes les tribus pour qu'elles combattent toutes du même côté, ayant de tous temps été en guerre entre elles. « Ce sera toujours le cas », affirme fermement M. Dukhan, pour qui elles seront toujours manipulées par les puissances régionales pour leurs intérêts. « Le régime a quand même eu plus de succès que les autres protagonistes du conflit pour recruter parmi les clans et tribus », notamment après leur avoir promis plus de droits, de privilèges, et aussi parce qu'il a une longue histoire de négociations avec les tribus syriennes.
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Même son de cloche pour Dawn Chatty, selon laquelle certains leaders claniques sont certes très charismatiques et ont beaucoup de popularité, et donc de soutiens, mais restent ancrés dans leurs propres intérêts. « Ces leaders sont plus intéressés à protéger les Syriens, et le pays, d'un morcellement potentiel. S'ils doivent s'unir, ce serait pour combattre l'EI et le chasser du pays, plutôt que de combattre le gouvernement », juge la professeure. « Ils sont très pragmatiques, ils ne vont pas combattre un gouvernement soutenu par l'Iran et la Russie. » La possibilité d'une cohésion des tribus contre l'EI reste donc envisageable, d'autant plus que des alliances avec certains clans kurdes pour combattre le groupe dans le nord syrien existent déjà. Mais le feront-elles sans armes et sans garanties, conclut Samia Medawar (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://arretsurinfo.ch/syrie-les-choses-ne-sont-pas-toujours-ce-quelles-ont-lair-detre/
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http://arretsurinfo.ch/syrie-qui-lemporte-dans-laccord-turco-russe/
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http://www.lorientlejour.com/article/1004993/quel-role-pour-les-tribus-en-syrie-.html
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Obama a donné 400 millions de dollars en espèces à l’Iran

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Dans le plus grand secret, le gouvernement américain a organisé le transfert de 400 millions de dollars, en espèces, vers l'Iran, en janvier (voir lien vers source en bas de page). Ceci au même moment que quatre américains détenus par le régime iranien ont été libérés. C'est la révélation de Jay Solomon et Carol E. Lee du Wall Street Journal, citant plusieurs sources parlementaires, ainsi que de gouvernements américain et européens.
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Les billets de banque, d'euros, de francs suisses et d'autres monnaies, ont été chargés sur des palettes, puis dans un avion cargo banalisé, avant d'être envoyés en Iran. L'argent a été procuré auprès des banques centrales de la Suisse et des Pays-Bas, qui ont ensuite été remboursées par le gouvernement américain. L'opération a été personnellement approuvée par Barack Hussein Obama.
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Michel Garroté
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https://fr.news.yahoo.com/%C3%A9tats-unis-donn%C3%A9-400-millions-dollars-%C3%A9sp%C3%A8ces-%C3%A0-110022117.html?nhp=1
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Après le drame de Dallas, formidable témoignage d’un policier noir sur le racisme aux Etats Unis

Dans l’émotion des tensions raciales aux États-Unis après les récentes manifestations du mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») et le drame de Dallas, un officier de police noir, Jay Stalien, a rédigé sur sa page Facebook une lettre ouverte qui a été partagée par 80 000 personnes en trois jours. En voici la traduction littérale :

Suite sur Dreuz

Etats-Unis: derrière le “encore un Noir tué par des policiers blancs”

Par Benoît Rayski,  journaliste et essayiste

La presse française vit au rythme des émeutes noires qui secouent les Etats-Unis dès qu’un Noir est tué par un policier blanc. Quand c’est un policier noir – il y en a beaucoup dans les rangs de la police américaine – qui tue un Noir – et ça arrive souvent –, il n’y a pas d’émeute !

Suite sur Causeur

Obama est un véritable désastre

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Michel Garroté - Je l'ai déjà écrit maintes fois : Obama est le pire président que les Etats-Unis aient connu ; pire que Bill Clinton et pire que Jimmy Carter. Obama est islamo-gauchiste, et, à ce titre, il soutient, d'une part, les lobbies homosexualistes ; et d'autre part, l'islamisme en général et l'islamisme saoudien en particulier (c'est contradictoire, mais c'est pourtant bien cela, l'islamo-gauchisme, aux Etats-Unis et en Europe). En outre, Obama s'avère être un homme dangereux pour son pays et pour le monde en matière géopolitique. Ses provocations irresponsables à l'égard de la Russie en sont un exemple parmi d'autres.  A propos d'Obama-l'imposteur, je publie, ci-dessous, les extraits de deux analyses remarquables qui se complètent, celle de Christian Vanneste et celle de Gilles William Goldnadel. Le vrai Obama se révèle au grand jour et c'est un véritable désastre.
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Christian Vanneste écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : L’illusion « Obama » se dissipe avant qu’il ne quitte la scène. Le microcosme médiatique français n’a cessé de le porter au pinacle. Les politiciens de notre pays à droite et à gauche ont sombré dans l’Obamania dont le comble a été atteint avec son « Prix Nobel de la Paix » décerné prématurément par ses amis sociaux-démocrates norvégiens. Sous des dehors de bon mari et père de famille attentif, d’américain moyen proche des gens, Obama a été le vecteur d’une idéologie camouflé en icône. La silhouette élégante, la démarche souple et un certain sens de la formule du premier « noir » élu à la Présidence des Etats-Unis avaient séduit.
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Avec lui, l'Amérique tournait la page de la discrimination raciale dont les habitants afro-américains de la Nouvelle-Orléans avaient pointé la persistance. Avec lui, et sa promesse d' »obamacare », les Etats-Unis ouvraient une ère de solidarité sociale à l’égard des plus démunis. Mais non seulement le « Nobel de la Paix », qui voulait marier la démocratie et un monde musulman auquel il distribuait les marques de respect, n’a pas mis fin aux guerres, mais il les a relancées ou multipliées. L’Etat islamique a profité de son inaction en Irak, de son action souterraine en Syrie contre Bachar Al-Assad, pour s’implanter et diffuser des métastases des Philippines au Nigéria. La menace des Talibans subsiste en Afghanistan. Le désordre et la subversion qui règnent au sud et à l’Est de la Méditerranée exposent l’Europe à une vague migratoire et à un terrorisme qui ne suscitent chez le locataire de la Maison Blanche que des paroles de compassion et d’encouragement.
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Le Nobel de la Paix aura surtout rallumé la guerre froide contre la Russie. En envenimant au-delà du raisonnable la question ukrainienne, en poussant cette première Russie de Kiev à entrer dans l’organisation occidentale contre la Russie, en contestant le retour évidemment légitime, historiquement et culturellement, de la Crimée à la Russie, Washington veut prioritairement interdire à Moscou de jouer dans la cour des grands. Enfin, la déception monte aujourd’hui dans la « communauté » noire des USA. Celui qui symbolisait la fin de toute ségrégation n’aura finalement réussi qu’à attiser les aigreurs. En stigmatisant le racisme de la police, en dénonçant « un grave problème », Obama aura amorcé un mouvement de protestation, qui s’est traduit par l’assassinat de cinq policiers par un ancien militaire noir. La stratégie victimaire et non violente pour attirer la compassion du public par le biais des médias a été télescopée par le terrorisme qui inverse victimes et compassion.
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Obama, coincé entre les deux mouvements contraires a botté en touche en désignant, à son habitude, les armes comme coupable principal. C’était le seul argument de campagne qui lui restait. Mais, la dangerosité statistique de la population afro-américaine est un fait. Sur 165'068 meurtres commis entre 2000 et 2010, on dénombre 4'157 noirs tués par des blancs ( 879 sont policiers ), 37'345 blancs par des blancs, 8'062 blancs par des noirs, 46'852 noirs par des noirs. Les meurtres interraciaux sont minoritaires, mais la surcriminalité des Afro-américains qui ne représentent que 13% de la population est avérée puisqu’ils ont été responsables de 52% des homicides entre 1980 et 2008. L’icône communautaire aura donc déçu.
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Sa dénégation de la division des Américains est un aveu. Loin de les unir, en développant le thème communautaire, il aura accentué les fractures. En fait, l’enthousiasme des bobos du journalisme parisien pour le personnage réside dans le partage de l’idéologie de la nouvelle gauche. Le prolétariat industriel a diminué en nombre et n’hésite pas à voter pour la droite conservatrice car il se sent menacé dans son identité et dans son existence même. La gauche libertaire ne songe nullement à le protéger. Elle est pour la mondialisation des échanges, le remplacement des populations, la discrimination positive en faveur des minorités.
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Obama aura été le représentant idéologique américain « soft » de cette tendance. Son soutien au groupe de pression LGBT en est l’expression la plus révélatrice. Cette position inconfortable pour le grand allié des Saoudiens s’exprime sans détour vis-à-vis de pays moins riches et aura été imposée par le biais de la Cour Suprême aux Etats, au mépris de la démocratie. Elle l’aura largement emporté sur la défense des noirs dont la situation a peu changé, conclut Christian Vanneste (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Gilles William Goldnadel écrit (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) : Le drame de Dallas est révélateur d'une racialisation inquiétante des rapports sociaux accompagnée d'un antiracisme à géométrie variable. Après le drame d'Orlando, inutile de chercher dans les oraisons présidentielles la raison islamiste. Le « la » du diapason était ainsi donné aux médias bien disposés pour l'unisson : la faute aux armes à feu, à l'homophobie (et tant pis pour les orientations sexuelles du terroriste) mais pas question de réclamer des comptes à l'Autre es qualité de musulman radical. Après le carnage cruel de Dallas, un mot manquait cruellement au discours du premier Américain : « raciste ». Un Noir, adepte du suprématisme noir, déclarait avoir massacré des policiers blancs pour venger des crimes commis par d'autres policiers blancs.
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Mais le mot qui serait venu naturellement aux lèvres de n'importe qui si, par exemple improbable, un Français voulait tuer un musulman intégriste pour venger le 13 novembre ou un délinquant Noir parce qu'il aurait été volé par un autre Noir, manquait. Comme si, ici, l'évocation du racisme d'un noir, forcément victime par essence, était impossible à dire. Et comme si le blanc, par essence raciste, n'était jamais totalement innocent. C'est dans le creux vertigineux de ce manque que niche une grande partie du drame racial qui enlaidit la vie. À ce stade, les mots sont impuissants pour dire l'échec calamiteux du premier président noir des États-Unis d'Amérique dans sa tentative alléguée d'avoir voulu apaiser les tensions raciales. Sans doute, le ver était logé dans le fruit racialiste de ceux qui exultaient au soir de son élection, non en raison de son habileté oratoire incontestable, de son intelligence, de son élégance et de sa prestance, mais à raison essentiellement essentialiste de la couleur de sa peau.
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Et ce président n'aura eu de cesse depuis le début de sa présidence d'accuser la police d'être raciste envers les noirs et de s'en prendre particulièrement aux policiers blancs ou, plus largement, à tous les blancs susceptibles de se défendre contre des criminels. Obama s'est appuyé pour cela sur les professionnels de la tension raciale tel Al Sharpton, et a accordé ces derniers mois son soutien à des organisations extrémistes ouvertement anti policières telles que Black Lives Matter. À chaque fois qu'une polémique a défrayé la chronique policière et criminelle (Trayvon Martin à Stanford en Floride, Michael Brown Ferguson dans le Missouri ou Freddy Gray à Baltimore), à chaque fois Obama, pour le plus grand plaisir de la presse de gauche et des démocrates gauchisants, a pris parti systématiquement contre la police. On a vu plus tard que la justice voyait les choses moins simplement et moins systématiquement.
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J'affirme que considérer l'ensemble des faits divers précités comme le résultat d'un racisme évident plutôt que celui de l'instinct de peur ou même de la défense légitime relève d'une spéculation intellectuelle infiniment plus oiseuse que lorsqu'il s'agit de caractériser l'acte d'un criminel qui fait un carton sur des policiers blancs uniquement parce qu'ils sont blancs. Et pourtant, dans l'hypothèse spéculative, on affirme le racisme, et dans le cas indiscutable, on le passe sous silence. De même, je réfute par principe l'évidence propagée ad nauseam de ce que la justice américaine aurait, à chaque fois qu'elle a relaxé un policier mis en cause, fait montre de partialité. Après tout, en France aussi, des politiciens spéculant façon Benoît Hamon ont critiqué des décisions bien fondées en droit comme en fait comme dans l'affaire Ziad et Bounia. À la suite de ces spéculations médiatiques et politiques, on imagine avec quelle sérénité intellectuelle les prochains juges américains appréhenderont les prochains « dérapages policiers » qui seront déférés devant eux. L'opinion publique, cette catin, n'a rien à faire dans le prétoire déclarait autrefois mon confrère Moro-Giafferi. C'est loin.
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Dans ce cadre intellectuel vicié, un cercle culturel vicieux s'est agrandi sans fin. Le sort des Noirs américains, leur situation sociale et culturelle se sont, depuis les années 60, très considérablement améliorés. J'affirme qu'aujourd'hui, que par une dynamique perverse et dialectique, une sorte de choc en retour et d'un excès l'autre, les vecteurs principaux d'agrandissement du cercle vicieux se nomment racialisme obsessionnel et antiracisme professionnel, avec leur cortège de culture de l'excuse et de victimisation systématiques a priori. De ce point de vue, Barack Obama en aura été à la fois le triste héros et la victime consentante. Mais on aurait tort de penser que ces deux fléaux n'ont pas franchi allègrement l'Atlantique.
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Que penser par exemple, puisqu'il faut parler vrai, de cet article publié sans le moindre recul le 5 juillet dans notre vespéral national et intitulé : « Dans les banlieues populaires, l'absence de Benzema ne passe (toujours) pas » ? : « On veut pas de reubeus en équipe de France, on l'entend beaucoup. Il y a une identification aux joueurs exclus ». « Bien sûr, il y a Sissoko, Pogba qui viennent de la région parisienne, mais ma génération est déçue qu'il n'y ait pas de reubeus des quartiers, des mecs qui nous ressemblent » fait dire la journaliste à des figures de l'immigration arabo-maghrébine. Bref de l'ethnicisme tranquille et assumé: c'est bien qu'il y ait des Noirs mais il faudrait aussi des Arabes. Quant à savoir la répartition quantitative entre marocains et algériens, l'article ne le dit pas. Les mêmes qui n'avaient pas de mots assez durs pour Nadine Morano.
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Heureusement, il n'y a pas que cela. Le Portugal a battu la France. L'immigration portugaise est une chance pour la France. C'est dit, conclut  Gilles William Goldnadel (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Introduction, adaptation et mise en page de Michel Garroté
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http://www.christianvanneste.fr/2016/07/10/lillusion-obama-se-dissipe/
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http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/07/11/31002-20160711ARTFIG00151-goldnadel-apres-dallas-la-consternante-absence-du-mot-racisme.php
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Le scandale des “enfants jetables” aux Etats-Unis

Par Camille Broyart

[...] Aux Etats-Unis, la réadoption est un phénomène très courant qui connaît même un essor depuis quelques années. Retour sur une pratique choquante.

Sur 100 00 enfants adoptés chaque année aux Etats-Unis, 1/4 sont abandonnés par leur famille adoptive, selon une estimation des services publics américains. En effet, dans ce pays, les parents adoptifs déçus ont deux possibilités pour se séparer de l'enfant. Ils peuvent, en toute légalité, "rendre" l'enfant ou lui trouver une autre famille. Les ex-parents justifient souvent cette séparation par une incompatibilité d'humeur, un enfant jugé trop caractériel ou trop effacé au sein de la famille. La réadoption profite également aux individus en mal d'enfant puisqu'elle est deux fois moins cher qu'une procédure classique (5 000 euros environ). Cette pratique aussi appelée "rehoming" n'est pas encadrée par la loi, le processus peut donc se répéter à l'infini.

Cède enfants de "seconde main"

La réadoption est d'autant plus cruelle que les procédés pour leur trouver une nouvelle famille sont surprenants. En effet, il n'est pas rare de voir des petites annonces sur internet, dans un journal ou des prospectus à ce sujet. Des agences spécialisées dans la réadoption ont même leur propre catalogue en ligne qui recense l'ensemble des profils d'"enfants disponibles". Ces derniers sont alors assimilés à des objets encombrants dont on souhaite se séparer car on se serait lassé.

ENFANTS EN VEDETTE VENDREDI : JESS & LIAM. Aujourd'hui, nous mettons à l'honneur 2 chers enfants : Jess et Liam.Cliquez sur la photo de chaque enfant pour plus d'informations. 2500$ Disponibles pour l'adoption !

Pire encore, dans un reportage diffusé sur France 5, une agence de Plennsylvanie va encore plus loin en présentant des adolescents orphelins d'une manière peu commune. Tel un concours de beauté, des ados défilent sur un tapis rouge et sous les applaudissements des adultes. La scène paraît irréelle, pourtant, les enfants sont bien en train de se "vendre" pour intégrer une famille. Si l'un d'entre eux a la chance d'avoir retenu l'attention d'une famille, il passe ensuite un entretien dans lequel il tentera une nouvelle fois de les convaincre. Après quoi, si l'enfant fait l'unanimité, il sera soumis à une période d'essai, comme quand on souscrit à un abonnement internet ou à une salle de gym... Selon les organisateurs, ce système de présentation permet une rencontre plus détendue. Mais lorsque l'on regarde de plus près ces enfants, ils sont terriblement stressés par l'idée de ne pas plaire.

 

Ce système cause de graves déséquilibres chez l'enfant et peut être à l'origine d'une dépression, d'un isolement et d'un manque certain de confiance en lui...

Des enfants en danger

L'aspect consumériste de cette démarche ne dérange pas. Ce qui a fait réagir l'Amérique, c'est les nombreuses affaires d'abus sexuel. En effet, aucune vérification n'est faite concernant les antécédents judiciaires des adoptants. Cela laisse alors le champ libre aux prédateurs sexuels qui profitent de ce système. Il y a quelques mois une affaire avait d'ailleurs mis en lumière ce business scandaleux lorsque le député républicain, Justin Harris, avait proposé ses jumelles de six ans à un de ses amis professeur. Celui-ci s'est avéré être un pédophile. Suite à ce drame, les deux petites ont réintégré un foyer et le député qui avait confié ses enfants a été obligé de démissionner.

Des mesures insuffisantes​

Un homme se bat pour encadrer et limiter cette pratique. Il s'agit de James Langevin, député du 2ème district de Rhode Island, lui-même adopté. Pour que le projet de loi qu'il rédige puisse être mis en place, il faudrait, selon ses estimations, 50 millions de dollars, une chose impossible dans le contexte actuel.
Pourtant, des changements simples peuvent être opérés comme vérifier les antécédents judiciaires et sociaux des parents adoptifs, interdire la publication de photos d'enfants ... mais, personne ne semble agir.

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