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Schaffhouse : quand le projet d’attentat débouche sur un suivi en milieu ouvert

Deux individus habitant Schaffhouse seront jugés pour soutien à une organisation terroriste et préparation présumée d’attentats. Mineurs au moment des faits, ils vivent aujourd’hui en milieu ouvert : un choix légal, dont les raisons restent opaques.

La rédaction
10 septembre 2026
3 min de lecture

La justice schaffhousoise a bouclé une enquête ouverte au printemps 2024. Deux jeunes hommes aujourd’hui âgés de dix-huit ans doivent répondre devant la Chambre pénale des mineurs de soutien répété à une organisation terroriste. Lors de leur arrestation, durant le week-end de Pâques 2024, le détenteur de papiers suisses avait 15 ans, le ressortissant italien, 16. Ils étaient soupçonnés d’avoir soutenu l’État islamique et participé à la préparation d’attentats à l’explosif en Suisse. Peter Sticher, premier procureur, confirme que cette planification figure toujours au dossier.

L’affaire dépassait Schaffhouse. Les deux adolescents étaient en contact avec un troisième suspect, alors âgé de 18 ans et domicilié en Thurgovie. Le Ministère public de la Confédération avait aussi confirmé des liens avec des enquêtes menées en Allemagne. Quatre adolescents de quinze et seize ans y avaient été arrêtés à la même période pour des projets d’attentats islamistes. Leurs échanges évoquaient notamment des églises, synagogues et commissariats. Si ces cibles ne peuvent pas être attribuées aux deux habitants de Schaffhouse, elles éclairent la dimension transfrontalière du dossier, qui s’inscrit dans une menace plus large : Les Observateurs rappelaient en août que le Ministère public de la Confédération traitait 140 procédures liées au terrorisme djihadiste, après plusieurs passages à l’acte en Suisse depuis 2020.

Quelles mesures de sécurité ?

Après leur détention provisoire, les deux adolescents avaient été transférés fin avril 2024 dans une institution fermée pour observation et expertise. Dès novembre, ils avaient obtenu des assouplissements leur permettant de sortir sous conditions. Aujourd’hui, ils ne sont plus détenus. Selon 20 Minutes, ils font l’objet d’un accompagnement en milieu ouvert ; Radio Munot précise qu’une mesure de protection provisoire reste en vigueur.

La justice ne pouvait pas prolonger leur détention par simple précaution : chez les mineurs, la détention provisoire est exceptionnelle et suppose qu’aucune mesure de substitution ne suffise. Le droit permet cependant un placement fermé lorsque le jeune représente une grave menace pour des tiers et que l’enfermement est nécessaire pour les protéger. L’arsenal antiterroriste permet aussi, selon le risque, interdictions de contact ou de périmètre, obligation de se présenter et, sous conditions strictes, assignation à résidence. Rien de public n’indique si ces MPT (mesures policières de lutte contre le terrorisme) leur sont appliquées. La question porte donc sur le niveau de contrainte retenu : qu’ont conclu les expertises sur leur dangerosité actuelle pour justifier le passage du fermé à l’ouvert ? Les autorités ne le disent pas.

Après l’attaque de Winterthour, le sociologue des religions Johannes Saal mettait précisément en garde contre l’optimisme en matière de déradicalisation :

« Les données suggèrent que la plupart des personnes ne parviennent pas à se déradicaliser durablement. »

À Schaffhouse, c’est désormais sur cette évaluation hasardeuse du risque que repose le pari du milieu ouvert.

La rédaction
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