Gala de gaffes à gogo : quand les malfrats donnent un coup de main à la police
En Thurgovie, un automobiliste transportant plus d’un kilo de drogue s’est fait remarquer parce qu’il roulait trop lentement. Petit florilège de malfrats dont le pire ennemi semble parfois être leur propre sens pratique.
Dans la nuit du 4 au 5 septembre, au poste-frontière de Kreuzlingen-Autobahn, les douaniers contrôlent une voiture qui avance à une « vitesse anormalement faible ». Son conducteur, un Slovaque de 29 ans, paraît « épuisé ». La fouille éclaire ce sens très personnel de la discrétion : 660 grammes d’ecstasy et 520 grammes d’amphétamine attendent dans une housse à vêtements. Les agents trouvent encore une matraque et un brouilleur de signaux. À trop bien respecter la loi, on court le risque de se faire remarquer.
Le procédé a déjà été testé. En 2014, à Winterthour, la police contrôle un cycliste parce qu’il roulait « anormalement lentement ». Il transportait 60 grammes d’héroïne, 2 000 francs et plus de 300 euros. Les Pieds nickelés avaient au moins des vélos qui avançaient.
La mécanique vient parfois au secours des forces de l’ordre : en 2016, près de Biaufond, une crevaison immobilise une voiture, les gardes-frontière en profitent pour la contrôler. Sous un siège se trouvent plus d’un kilo d’héroïne, de cocaïne et de méthamphétamine. Voilà un trafic qui est tombé à plat.
Fin 2009, à Zurich, un Suisse cache 1,3 kilo de cocaïne dans quatre piolets et ajoute une corde pour compléter son déguisement. Une bourde que n’aurait pas reniée Gaston Lagaffe : elle est trop courte pour l’escalade et le policier chargé du contrôle, qui pratique justement l’alpinisme, s’en rend compte aussitôt.
En mars 2026 à Diepoldsau, surpris en pleine action, un cambrioleur choisit pour refuge le contrepoids d’une grue, vingt mètres au-dessus du sol. Les pompiers le font redescendre et les policiers l’attendent en bas. En juin, un Suisse recherché en Allemagne fait plus simple : perdu près de la frontière, il demande son chemin à des policiers. Le mandat d’arrêt apparaît au contrôle : service après-vente impeccable.
La palme revient peut-être aux trafiquants qui, en 2022, ne récupèrent pas à temps un conteneur de café chargé de 500 kilos de cocaïne. Il poursuit sa route jusqu’à l’usine Nespresso de Romont, où des employés découvrent la marchandise. Un espresso à la coke, « What else ? »