Otages au Niger libérées, mais à quel prix ?
Enlevée en avril 2025 au Niger, la Suissesse Claudia Abbt a retrouvé la liberté avec une otage autrichienne. Leur arrivée en Libye met en lumière le rôle présumé du clan Haftar dans les négociations avec les djihadistes. Soulagement pour les familles, questions pour les États : qui a négocié, et à quelles conditions ?
Après dix-huit mois de captivité, Claudia Abbt est libre. La Suissesse, enlevée à Agadez en avril 2025, est arrivée mercredi 21 octobre à Benghazi avec l’Autrichienne Eva Gretzmacher, kidnappée en janvier. Le média nigérien Aïr Info relate leur libération et leur transfert en Libye. Le retour auprès des autorités nationales restait soumis à des formalités.
Les deux femmes auraient été détenues par l’État islamique au Sahel (EIS), implanté aux confins du Niger, du Mali et du Burkina Faso. La RTS souligne que Berne n’avait pas encore officiellement confirmé les modalités de l’opération.
Selon plusieurs informations concordantes, Saddam Haftar, fils de l’homme fort de l’Est libyen, aurait joué les intermédiaires. Un nouveau rôle diplomatique pour un clan surtout connu pour ses ambitions militaires. La médiation n’est toutefois pas officiellement documentée et aucun versement de rançon dans cette affaire n’est établi.
Or, les prises d’otages sont aussi une ressource pour les groupes armés : une enquête sur le financement de l’EIS décrit notamment les revenus tirés des rançons, du racket et des trafics. Libérer un captif est une victoire humaine, mais empêcher que cette industrie prospère reste autrement plus difficile.
Les rapts au Sahel connaissent, hélas ! des fins moins heureuses. Le précédent de la missionnaire suisse Béatrice Stöckli, enlevée au Mali en 2016 puis tuée par ses ravisseurs, rappelle le coût humain du djihadisme. À l’inverse, la Française Sophie Pétronin avait retrouvé la liberté en 2020, dans une opération accompagnée de libérations de prisonniers.
À l’époque, les débats sur les contreparties de la libération de Sophie Pétronin avaient déjà posé la question qui revient aujourd’hui : combien coûte la liberté d’un otage, et qui en paiera le prix demain ?
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