lundi 15 juin 2026
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Le 14 juin, votons OUI : la Suisse doit rester maîtresse de son avenir

Les Observateurs (la rédaction)
3 min de lecture

À une semaine du scru­tin, une chose frappe : jamais cam­pagne réfé­ren­daire n’au­ra char­rié autant d’ap­proxi­ma­tions et de contre-véri­tés.

Gros mensonges…

En tête de file, le conseiller fédé­ral socia­liste Beat Jans sillonne le pays pour annon­cer des catas­trophes ima­gi­naires. Un OUI à l’i­ni­tia­tive « Pas de Suisse à 10 mil­lions ! » fer­me­rait l’hô­pi­tal uni­ver­si­taire de Bâle « du jour au len­de­main », affirme-t-il. C’est faux, et il le sait. L’hô­pi­tal de Bâle emploie majo­ri­tai­re­ment des fron­ta­liers, qui ne font pas par­tie de la popu­la­tion rési­dente et ne sont donc pas tou­chés par l’i­ni­tia­tive. Quant aux méde­cins et soi­gnants for­més ici, ils res­te­ront. Voi­là com­ment on fabrique de la peur à par­tir de rien.

Repre­nons les faits, puisque nos adver­saires les fuient. Même en cas de OUI, près de 40 000 per­sonnes pour­ront immi­grer chaque année − y com­pris, natu­rel­le­ment, des méde­cins et du per­son­nel soi­gnant. La véri­té que la gauche tait, c’est qu’une infime frac­tion des arri­vants tra­vaille réel­le­ment dans la san­té : 1 % des méde­cins, 0,5 % du per­son­nel soi­gnant, soit 1,5 % des immi­grés en 2025. Pen­dant ce temps, 100 000 per­sonnes débarquent chaque année et ont elles-mêmes besoin de méde­cins, de soi­gnants, de lits d’hô­pi­tal. Chaque tranche de 100 000 nou­veaux arri­vants exige envi­ron 500 méde­cins, 2 000 soi­gnants et 420 lits sup­plé­men­taires. On fait venir du per­son­nel pour soi­gner les immi­grés, et l’on aggrave ain­si le besoin que l’on pré­ten­dait com­bler. C’est une spi­rale sans fin. Et l’on compte déjà près de 13 000 chô­meurs dans le sec­teur de la san­té et du social.

Cette même hypo­cri­sie nour­rit le dis­cours sur la pré­ten­due pénu­rie de main-d’œuvre. Depuis des années, cer­tains milieux éco­no­miques répètent que sans immi­gra­tion mas­sive, la Suisse man­que­rait de bras qua­li­fiés. Der­rière la for­mule mora­li­sa­trice se cache une réa­li­té moins avouable : la volon­té de main­te­nir un réser­voir de main-d’œuvre étran­gère bon mar­ché, flexible et jetable. Pen­dant qu’on importe des dizaines de mil­liers de tra­vailleurs, près de 230 000 per­sonnes cherchent un emploi dans notre pays, dont quan­ti­té de Suisses de plus de cin­quante ans, expé­ri­men­tés et com­pé­tents, mais jugés trop coû­teux. Voi­là le vrai scan­dale. La solu­tion durable n’est pas d’ou­vrir tou­jours plus grand les fron­tières : c’est de for­mer ici, de réin­té­grer nos chô­meurs et de valo­ri­ser les tra­vailleurs déjà pré­sents.

…et vérités

Car l’im­mi­gra­tion de masse a un coût immense pour cha­cun de nous. Loyers qui explosent − il faut bâtir près de 40 000 loge­ments par an pour la seule immi­gra­tion, et quatre sur cinq lui sont des­ti­nés −, routes satu­rées, trains bon­dés, terres agri­coles béton­nées, écoles et sys­tème de san­té sous pres­sion. La pros­pé­ri­té par habi­tant stagne. Quelle pros­pé­ri­té défend-on, au juste ? Celle des grands groupes qui pro­fitent d’un vivier tou­jours plus vaste, ou celle des familles suisses dont la qua­li­té de vie se dégrade d’an­née en année ?

Il y a aus­si un prin­cipe démo­cra­tique. En 2014, le peuple a accep­té l’i­ni­tia­tive contre l’im­mi­gra­tion de masse. Le Conseil fédé­ral et le Par­le­ment n’en ont rien fait. Onze ans plus tard, la popu­la­tion conti­nue de croître d’un mil­lion tous les dix ans, et nos ins­ti­tu­tions regardent ailleurs. Le 14 juin est l’oc­ca­sion de rap­pe­ler qui décide dans ce pays.

L’i­ni­tia­tive « Pas de Suisse à 10 mil­lions ! » n’est ni un repli ni une fer­me­ture. Per­sonne ne veut bar­ri­ca­der les fron­tières ni mettre en dan­ger la san­té de qui que ce soit. Elle demande du bon sens, de la mesure et de la res­pon­sa­bi­li­té : aucun pays n’ab­sorbe une crois­sance démo­gra­phique illi­mi­tée sans consé­quences. Pré­ser­vons ce que nous aimons. Le 14 juin, votons OUI − et obli­geons enfin le Conseil fédé­ral à agir.

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