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David Goodhart : comment la peur du racisme a changé le Royaume-Uni

En s'appuyant sur l'affaire Henry Nowak, l'essayiste britannique David Goodhart dénonce, dans un entretien au Figaro, la « hantise du racisme » qui paralyserait depuis vingt-cinq ans les institutions de son pays. Du rapport Macpherson aux politiques de « diversité », il décrit une dérive qu'il juge corrigible par un simple « retour au bon sens ». Nous restituons d'abord son propos, puis nous en discutons la portée, non pour l'accuser d'en faire trop, mais pour montrer qu'il s'arrête trop tôt.

Dimitri Fontana
9 juin 2026
11 min de lecture

L’af­faire Hen­ry Nowak a pro­vo­qué une vive émo­tion au Royaume-Uni. Selon les élé­ments rap­por­tés par plu­sieurs médias, ce jeune homme de 18 ans, griè­ve­ment bles­sé lors d’une agres­sion au cou­teau à Sou­thamp­ton, a été menot­té par la police alors qu’il se vidait de son sang, tan­dis que son agres­seur affir­mait avoir été vic­time d’in­sultes racistes. Au-delà des cir­cons­tances pré­cises de cette affaire, l’é­pi­sode a ravi­vé un débat ancien sur la manière dont les ins­ti­tu­tions bri­tan­niques appré­hendent les ques­tions raciales.

Dans un entre­tien accor­dé au Figa­ro, l’es­sayiste bri­tan­nique David Good­hart voit dans cette affaire le symp­tôme d’une évo­lu­tion plus pro­fonde. Depuis plu­sieurs décen­nies, sou­tient-il, la lutte contre le racisme aurait pro­gres­si­ve­ment engen­dré un cli­mat de pré­cau­tion per­ma­nente au sein de l’ad­mi­nis­tra­tion, de la police et de la jus­tice. Cette sen­si­bi­li­té serait deve­nue dans cer­tains cas un fac­teur de para­ly­sie, au point d’empêcher les ins­ti­tu­tions d’a­gir nor­ma­le­ment lors­qu’elles craignent d’être accu­sées de “dis­cri­mi­na­tion”.

L’au­teur des Deux Clans ne remet pas en cause les pro­grès accom­plis par la socié­té bri­tan­nique depuis les années 1960. Mais il estime que cer­taines doc­trines issues des poli­tiques de diver­si­té, d’é­qui­té et d’in­clu­sion ont fini par pro­duire des effets contraires à ceux qu’elles pré­ten­daient recher­cher. Son ana­lyse sou­lève une ques­tion plus large, qui dépasse lar­ge­ment le cas bri­tan­nique : com­ment lut­ter contre les dis­cri­mi­na­tions sans créer de nou­veaux angles morts ins­ti­tu­tion­nels ? Et à par­tir de quel moment la peur d’être accu­sé de racisme devient-elle elle-même un pro­blème poli­tique ?

Nous pro­po­sons ci-des­sous un compte ren­du détaillé de son entre­tien, sui­vi d’un com­men­taire cri­tique exa­mi­nant les limites et les impli­ca­tions de son rai­son­ne­ment.

Résumé de l’entretien de David Goodheart au Figaro

Un schéma britannique : la violence comme tournant

Good­hart ins­crit l’é­pi­sode dans une his­toire longue. À inter­valles régu­liers, sou­tient-il, un acte violent met au jour une faille de socié­té et redes­sine la carte poli­tique. Il rap­pelle ain­si que les émeutes de Not­ting Hill, en 1958, pré­ci­pi­tèrent l’a­ban­don de la poli­tique d’im­mi­gra­tion de « porte ouverte » envers le Com­mon­wealth. Le meurtre en 1993 de l’a­do­les­cent noir Ste­phen Law­rence, sui­vi de l’in­ca­pa­ci­té de la police à punir ses meur­triers blancs, débou­cha selon lui sur le rap­port Mac­pher­son de 1999.

C’est ce docu­ment, affirme-t-il, qui consti­tue la matrice du fias­co actuel. S’il ciblait à juste titre des com­por­te­ments racistes réels, concède Good­hart, il a conclu que la police métro­po­li­taine était cou­pable de « racisme ins­ti­tu­tion­nel » − éti­quette aus­si­tôt adop­tée, déplore-t-il, par le NHS et la haute fonc­tion publique. Plus grave encore à ses yeux, le rap­port aurait posé que le sen­ti­ment d’être vic­time de racisme suf­fi­sait à l’é­ta­blir comme fait. Exit, dès lors, la pré­somp­tion d’in­no­cence et l’exa­men rigou­reux des preuves.

Good­hart prend soin de dis­tin­guer ce cas de celui de George Floyd. La réac­tion bri­tan­nique au meurtre de Min­nea­po­lis lui paraît rétros­pec­ti­ve­ment dis­pro­por­tion­née. Selon lui, le mou­ve­ment Black Lives Mat­ter n’au­rait pas lais­sé d’hé­ri­tage durable, sinon le sen­ti­ment qu’il faut désor­mais retrou­ver son calme et abor­der la ques­tion raciale de façon plus ration­nelle.

L’appareil de la « diversité »

À mesure que la socié­té bri­tan­nique deve­nait, de son propre aveu, moins raciste et plus tolé­rante, un appa­reil bureau­cra­tique fon­dé sur les poli­tiques de Diver­si­té, Équi­té et Inclu­sion se serait ins­tal­lé dans les ins­ti­tu­tions. Selon les don­nées gou­ver­ne­men­tales qu’il cite, le pays comp­te­rait deux fois plus de « res­pon­sables de la diver­si­té » que tout autre. Le glis­se­ment séman­tique de l’« éga­li­té » vers l’« équi­té » impo­se­rait, ana­lyse-t-il, de trai­ter les groupes dif­fé­rem­ment au nom des injus­tices pas­sées.

L’i­dée d’une « police à deux vitesses », avan­cée par Nigel Farage, n’est pas pour lui un fan­tasme. Il cite le Plan d’ac­tion poli­cier pour la race du Col­lege of Poli­cing, dont la mise à jour de 2025 assu­me­rait vou­loir pro­duire une éga­li­té des résul­tats selon les groupes eth­niques tout en refu­sant d’être « aveugle à la cou­leur de peau ». Il évoque de même des direc­tives invi­tant les juges à exi­ger des rap­ports pré-sen­ten­ciels spé­ci­fiques pour les pré­ve­nus issus de mino­ri­tés − ce dont il déduit une inci­ta­tion à l’in­dul­gence pénale.

Good­hart se veut tou­te­fois nuan­cé : la dis­cri­mi­na­tion posi­tive, rap­pelle-t-il, demeure illé­gale au Royaume-Uni, et il dit dou­ter d’un biais direct et sys­té­ma­tique contre les Blancs.

Quand la peur paralyse

C’est ailleurs, selon lui, que le mal se loge : dans la para­ly­sie née de la han­tise d’être accu­sé de racisme. Il en énu­mère les drames. Le scan­dale des réseaux d’ex­ploi­ta­tion sexuelle − des dizaines de mil­liers de jeunes filles, dit-il, abu­sées sur des décen­nies par des réseaux d’hommes d’o­ri­gine pakis­ta­naise − dont le rap­port Casey aurait mon­tré que la crainte du racisme fut le prin­ci­pal fac­teur d’i­nac­tion. L’at­ten­tat de la Man­ches­ter Are­na en 2017, qu’un agent de sécu­ri­té aurait pu pré­ve­nir s’il n’a­vait redou­té une accu­sa­tion raciste. Les meurtres de Not­tin­gham en 2023, où les signaux d’a­larme auraient été négli­gés pour des rai­sons ana­logues.

Multiculturalisme : un bilan contrasté

Good­hart rela­ti­vise l’op­po­si­tion entre modèles bri­tan­nique et fran­çais. Les diver­gences, estime-t-il, seraient sur­tout d’ordre rhé­to­rique, les tra­jec­toires des deux pays demeu­rant en pra­tique assez proches.

Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme aurait réus­si pour cer­tains : les Bri­tan­niques d’o­ri­gine indienne ou chi­noise sur­pas­se­raient en moyenne la popu­la­tion blanche autoch­tone sur les plans sco­laire et éco­no­mique. Preuve, selon lui, qu’il ne s’a­git pas seule­ment d’une ques­tion de cou­leur de peau. Pour d’autres groupes, en par­ti­cu­lier la com­mu­nau­té pakis­ta­naise, il aurait favo­ri­sé l’é­mer­gence de socié­tés paral­lèles dans les anciennes villes indus­trielles du Nord. L’in­quié­tude sur la cohé­sion sociale se concen­tre­rait désor­mais, comme ailleurs en Europe, sur une mino­ri­té musul­mane qu’il décrit comme plus éloi­gnée des mœurs majo­ri­taires.

Il situe la racine du mal dans le poli­tique : dans les années 1990, sou­tient-il, le New Labour de Tony Blair, ayant accep­té l’hé­ri­tage éco­no­mique that­ché­rien, aurait cher­ché sa supé­rio­ri­té morale sur le ter­rain cultu­rel − ouver­ture à l’im­mi­gra­tion et prio­ri­té à l’é­ga­li­té raciale.

« Une grande par­tie du pro­blème en Grande-Bre­tagne est d’ordre poli­tique. Dans les années 1990, lorsque la gauche tra­di­tion­nelle sous Tony Blair a lar­ge­ment accep­té les réformes éco­no­miques de la période That­cher, elle a eu besoin de trou­ver un ter­rain pour se démar­quer des conser­va­teurs et se sen­tir mora­le­ment supé­rieure à eux. Elle l’a prin­ci­pa­le­ment trou­vé dans la sphère cultu­relle, et plus par­ti­cu­liè­re­ment en se mon­trant plus ouverte à l’immigration et en accor­dant une prio­ri­té abso­lue aux ques­tions d’égalité raciale. »

Good­hart se garde pour­tant, dans son pro­pos, de tout triom­pha­lisme. Les jeunes hommes noirs, les femmes musul­manes en tenue tra­di­tion­nelle souf­fri­raient encore, recon­naît-il, de sté­réo­types bien réels ; les plaintes pour racisme ne sau­raient à ses yeux être balayées d’un revers de main. Il ne s’a­git pas, insiste-t-il, de renier les pro­grès accom­plis depuis les années 1960 − mais de cor­ri­ger un excès de zèle dont l’af­faire Nowak offri­rait, peut-être, l’oc­ca­sion.

Commentaire critique : ce que Goodhart n’ose pas dire

L’écart entre les faits et la conclusion

On peut repro­cher beau­coup de choses à cet entre­tien. La gauche y ver­ra une dra­ma­ti­sa­tion, une généa­lo­gie sus­pecte qui fait remon­ter au rap­port Mac­pher­son une série de drames sans rap­port, un fait divers − l’af­faire Nowak − éri­gé en symp­tôme de civi­li­sa­tion. Cette cri­tique-là est connue, elle accuse Good­hart d’en faire trop. On vou­drait sou­te­nir ici l’in­verse : son défaut n’est pas l’ex­cès, c’est la pru­dence. Good­hart n’en dit pas trop : il s’ar­rête trop tôt.

Repre­nons ce qu’il affirme. Pen­dant des décen­nies, des dizaines de mil­liers de jeunes filles auraient été vio­lées en série, et la peur d’être trai­té de raciste aurait été le prin­ci­pal frein à l’ac­tion des auto­ri­tés. Un agent de sécu­ri­té aurait lais­sé pas­ser un kami­kaze par crainte d’une accu­sa­tion raciste, et vingt-deux per­sonnes sont mortes. Des signaux d’a­larme psy­chia­triques auraient été igno­rés pour ne pas alour­dir des sta­tis­tiques jugées dis­cri­mi­na­toires, et trois per­sonnes ont été tuées. Si l’on tient ces faits pour vrais − et Good­hart les tient pour vrais − quelle conclu­sion en tirer ?

La sienne tient en deux mots : « retrou­ver notre calme ». Il appelle à abor­der la ques­tion raciale de manière plus ration­nelle, à cor­ri­ger un « excès de zèle ». Il y a là une dis­pro­por­tion ver­ti­gi­neuse entre les pré­misses et la conclu­sion. On ne répond pas à un méca­nisme qui aurait coû­té des mil­liers de viols et des dizaines de morts par un appel à la séré­ni­té. Si le diag­nos­tic est exact, la conclu­sion devrait être brû­lante. Or la sienne est tiède.

Cette tié­deur n’est pas un hasard de plume. Elle est la signa­ture d’une stra­té­gie. Good­hart écrit dans un espace où dire ces choses coûte cher, et il paie son péage par avance. D’où la col­lec­tion de clauses pro­tec­trices : ne pas exa­gé­rer les pré­ju­gés anti­blancs, ne pas balayer les plaintes pour racisme, ne pas renier les pro­grès depuis les années 1960, les jeunes hommes noirs et les femmes musul­manes qui souffrent encore de dis­cri­mi­na­tions. Cha­cune de ces réserves est défen­dable iso­lé­ment. Ensemble, elles forment un sys­tème d’a­mor­tis­seurs qui désa­morce métho­di­que­ment la charge de son propre constat. Good­hart construit une bombe, puis passe la seconde moi­tié de l’en­tre­tien à en reti­rer le déto­na­teur.

L’accident ou la logique ?

Mais le pro­blème n’est pas seule­ment de pos­ture. Il est dans le cadre d’a­na­lyse lui-même. Good­hart traite ce qu’il décrit comme un dérè­gle­ment : un appa­reil DEI qui s’est « ins­tal­lé », une bureau­cra­tie deve­nue « intru­sive », un « excès » de sen­si­bi­li­té. Le voca­bu­laire est tout entier celui de l’ac­ci­dent, de la dérive, de la machine qui s’emballe. Et qui dit dérive dit retour pos­sible à la nor­male : il suf­fi­rait de réajus­ter, de reca­li­brer, de reve­nir au « bon sens ».

C’est ici que sa mesure devient aveu­gle­ment. Car ce qu’il décrit n’a rien d’un déra­page. Le Plan d’ac­tion poli­cier pour la race qu’il cite ne déraille pas : il fait exac­te­ment ce qu’il annonce. Quand il pro­clame vou­loir pro­duire une « éga­li­té des résul­tats » et refu­ser d’être « aveugle à la cou­leur de peau », il énonce une doc­trine cohé­rente, assu­mée, écrite noir sur blanc. Les direc­tives au Conseil de la magis­tra­ture ne sont pas des bavures de fonc­tion­naires zélés : ce sont des normes, publiées, moti­vées, appli­quées. Good­hart le voit − il cite les textes − mais il refuse d’en tirer la consé­quence. Il appelle « excès » ce qui est une archi­tec­ture.

La dif­fé­rence n’est pas séman­tique. Un excès se cor­rige ; une archi­tec­ture se démonte. Si la sub­sti­tu­tion de l’« équi­té » à l’« éga­li­té » est un prin­cipe orga­ni­sa­teur, alors un appel au « calme » est non seule­ment insuf­fi­sant, il est contra­dic­toire : on ne ramène pas au bon sens une ins­ti­tu­tion dont le bon sens nou­veau est pré­ci­sé­ment ce que l’on conteste. Good­hart veut gué­rir le symp­tôme en lais­sant intacte la logique qui le pro­duit. C’est pour­quoi son « retour au bon sens » a quelque chose d’in­can­ta­toire. Il ne dit pas par quel méca­nisme une ins­ti­tu­tion renon­ce­rait à une doc­trine ins­crite dans ses textes fon­da­teurs, finan­cée, dotée de per­son­nel, et mora­le­ment valo­ri­sée par l’é­lite qui la dirige.

Ce que la prudence lui interdit de penser

Le plus révé­la­teur est peut-être sa généa­lo­gie poli­tique. Good­hart impute la dérive au New Labour de Blair, qui aurait inves­ti le ter­rain cultu­rel pour se dis­tin­guer après s’être ral­lié à l’é­co­no­mie that­ché­rienne. L’a­na­lyse est fine. Mais elle s’ar­rête au seuil de sa propre logique. Si la prio­ri­té à l’é­ga­li­té raciale fut le mar­queur de dis­tinc­tion morale d’une classe diri­geante, alors le phé­no­mène n’est pas une erreur intel­lec­tuelle qu’un meilleur argu­ment pour­rait cor­ri­ger : c’est un inté­rêt de classe, un mode de repro­duc­tion d’une élite. On ne réfute pas un inté­rêt par du bon sens. Good­hart, qui a for­gé l’op­po­si­tion féconde des Anyw­heres et des Somew­heres, pos­sède pour­tant tous les outils pour aller jusque-là. Il s’ar­rête. Sa propre grille d’a­na­lyse le mène­rait à une conclu­sion que sa pru­dence lui inter­dit de for­mu­ler.

Une réserve sur notre critique

La cri­tique que nous venons de for­mu­ler reste, par construc­tion, une posi­tion par­mi d’autres. Elle sup­pose que les faits soient tels que Good­hart les rap­porte, que la « peur du racisme » ait bien été le fac­teur cau­sal qu’il décrit, que les textes DEI pro­duisent les effets qu’on leur prête. Si l’on récuse ces pré­misses, lui repro­cher sa tié­deur n’a plus de sens. Et l’on peut tou­jours objec­ter que la mesure de Good­hart est peut-être de la pro­bi­té intel­lec­tuelle plu­tôt que de la lâche­té.

Mais cette objec­tion, à la réflexion, se retourne contre lui. Car la pro­bi­té n’au­rait pas com­man­dé le silence ni l’ap­pel au « calme » : elle aurait com­man­dé d’al­ler au bout des faits qu’il tient lui-même pour éta­blis. On n’est pas plus hon­nête parce qu’on conclut plus mol­le­ment ; on l’est parce qu’on accepte le poids de ce qu’on a démon­tré. Good­hart a réuni les pièces d’un réqui­si­toire et s’est arrê­té avant le ver­dict. Ce n’est pas de la pru­dence intel­lec­tuelle − c’est une démons­tra­tion qui refuse de se recon­naître. Et c’est pré­ci­sé­ment ce que l’af­faire Nowak, si elle dit ce qu’il pré­tend, ne lui per­met­tra plus très long­temps.

Dimitri Fontana
Dimitri Fontana

Dimitri Fontana est un observateur des grands enjeux contemporains. Il s’intéresse particulièrement aux questions de société, aux mutations politiques européennes et aux dynamiques géopolitiques à l’œuvre en Europe de l’Est. Ses travaux portent sur les rapports de force culturels, identitaires et stratégiques qui traversent le continent.

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