Faux policiers : une vieille arnaque, une industrie bien moderne
Depuis juillet, 28 escroqueries au faux policier ou faux banquier ont frappé Neuchâtel. Une vieille combine devenue industrie romande, avec des réseaux organisés opérant notamment depuis la France.
Environ 180 000 francs envolés et quinze auteurs identifiés. C’est le bilan provisoire des 28 escroqueries au faux policier ou faux banquier signalées depuis début juillet dans le canton de Neuchâtel, dont la police a annoncé que trois nouvelles affaires ont encore été enregistrées la semaine dernière. Les auteurs présumés ont été interpellés dans les trois cas.
La recette est éprouvée : un faux policier ou employé de banque appelle, annonce le piratage d’un compte et maintient généralement sa victime, souvent âgée, au téléphone pendant qu’un « coursier » vient récupérer carte, espèces ou valeurs. Raffinement du procédé : certains escrocs demandent même de couper la carte bancaire en deux, en prenant soin d’épargner la puce. Ils peuvent ensuite la reconstituer alors que son propriétaire la croit inutilisable.
Neuchâtel subit ainsi un nouvel épisode d’une industrie désormais bien documentée. Depuis 2022, les polices romandes ont reçu plus de 5 000 plaintes, pour plus de 18 millions de francs de préjudice. Les autorités attribuent ces escroqueries à des groupes organisés opérant principalement depuis la France, qui recrutent leurs coursiers, souvent de jeunes adultes, notamment sur les réseaux sociaux.
Le phénomène commence à avoir ses habitués dans nos colonnes. À Lausanne, une septuagénaire avait récemment perdu près de 30 000 francs dans une arnaque au faux banquier dont les deux suspects arrêtés étaient français et domiciliés en France. En juin, plusieurs faux policiers avaient déjà été interpellés en Valais, parmi lesquels deux titulaires de papiers français. Et l’usurpation de la confiance accordée aux institutions connaît d’autres variantes : dans l’Ouest lausannois, de fausses amendes munies de QR codes tentaient encore, en juin, de récupérer les coordonnées bancaires des automobilistes.
Précisons que la police neuchâteloise n’a pas communiqué la nationalité des quinze auteurs identifiés dans la vague actuelle. La filière française est établie à l’échelle romande, elle ne peut donc pas automatiquement être attribuée aux 28 cas neuchâtelois.